TRENTE-QUATRIÈME FAIT
Mademoiselle C , âgée de trente-un ans,
grande et svelte , est issue de parens sains *, son père est âgé de soixante-sept ans ; elle a perdu sa mère apoplectique à l’âge de cinquante-neuf ans. Cependant trois personnes de la famille de mademoiselle C.... ont eu des maladies chroniques des glandes mammaires : une grand’tante ayant fait une chute sur le sein droit , y eut un engorgement , fut opérée , et mourut peu de temps après ; chez une tante , vers l’époque de la cessation de ses règles, et sans cause connue, il se développa dans le sein gauche un engorgement , auquel plus tard il se joignit de la dyspnée, et
elle succomba assez promptement^ une de ses sœurs^ morte phthisique à vingt- six ans, portait depuis quelques années une tumeur dans le sein droit.
Mademoiselle C...., d’une santé délicate et sujette aux catarrhes pulmonaires , a au cou, depuis son enfapçe, des ganglions lymphatiques tuméfiés. Il y a cinq ans qu’à la suite d’une émotion morale pénible elle fut saisie d’une douleur vive à la partie supérieure et externe du sein droit, oii il se développa un engorgement. Aujourd’hui 26 avril 1827 , cette tumeur, d’une forme ovoïde, est dure , mobile , et a près de deux pouces dans son grand diamètre. Il n’existe au-, eun engorgement dans Faisselle. Les sangsues, les douches d’Aix-la-Chapelle, le sel ammoniac...., ayant été employés inutilement, on a renoncé à toute espèce de traitement depuis deux ans.
La compression est commencée le 26 avril 1827, au moyen de discpies d’agaric et de bandes de percale.
Le 2 1 mai , la tumeur est devenue comme flottante , tant elle est mobile ; elle a perdu beaucoup de sa densité^ son diamètre longitudinal n’a plus que quinze lignes , et elle est dimimiéç en tout sens. Depuis son retour en pro-
vince la tumeur a encore Ix^aucoup perdu de son volume.
i”. La diminution de cet engorgement a etc assez rapide, quoicpi’il remonte à plus de cinq ans.
2®. On doit d’autant mieux espérer un succès définitif que la tumeur n’a aucune adhérence avec la peau restée parfaitement saine.
3®. L’affection locale dont il s’agit s’est développée sous l’influence de causes morales sans le concours d’aucune cause physique locale connue.
Je donnerai la terminaison de cette maladie dans le supplément.