‹ Recherches sur le traitement du cancer, par la compression méthodique simple ou combinée, et sur l'histoire générale de la même maladie, suivies de notes 1.̊ sur les forces et la dynamétrie vitales; 2.̊ sur l'inflammation et l'état fébrile (volume 2)Chapitre 39 sur 105 · TRENTE-NEUVIÈME FAIT · texte numérisé non relu

TRENTE-NEUVIÈME FAIT

Au commencement du mois de mai 1827 , je fus consulté, des Pays-Bas, pour madame G...., que je renvoyai à M. le docteur Baud, professeur de chirurgie à l’université de Louvain , qui m’adressa ensuite sur la malade le rapport suivant :

« Madame G.... est âgée de cinquante-six ans;

elle a eu dix enfans qu’elle a presque tous nourris; en outre, elle a eu sept fausses-couches, dont la dernière, qui eut lieu il y a six ou sept ans, contenait trois germes ; le second sortit deux mois après le premier^ et le troisième vingtsept jours après le second ; bientôt elle se rétablit , et jouit, dès-lors^^ d’une santé assez bonne; les règles cessèrent sans accidens, etc. Cependant il y a environ dix-huit mois qu’elle s’aperçut, par hasard^ d’un engorgement dans Faisselle droite ; comme il était indolent^ elle ne crut pas devoir consulter son médecin ; mais la tumeur fit insensiblement des progrès et s’avança en dedans jusqu’à un pouce environ du sternum. Peu après , cette dernière partie ayant été trop serrée par le buse du corset, s’ulcère et devint douloureuse. Alors son médecin fit appliquer quelques sangsues , et tint la malade à l’usage du muriate d’or, à la dose de trois ou quatre seizièmes de grain par jour. La douleur diminua en grande partie, et la tumeur devint stationnaire. Voici son état actuel : tumeur très-dure, s’étendant depuis la partie la plus élevée de Faisselle jusque près du sternum ; elle a environ deux à trois pouces de hauteur et deux pouces d’épaisseur d’avant en arrière dans sa partie la plus large, et un pouce dans celle qui est la plus étroite : celle-ci corres-

pond à l’aisselle. La suppuration peu abondante est de mauvaise odeur comme dans ces maladies ; la tumeur est ulcérëe dans un pouce d’ëtendue de haut en bas, et presque autant d’avant en arrière. Le reste est dur et bosselé, surtout en dehors; en un mot, c’est un cancer bien caractérisé : l’ensemble de la tumeur est un peu mobile depuis l’aisselle jusqu’au sternum; les douleurs ne sont pas très-aiguës, toutefois elles s’exaspèrent de temps à autre ; l’état général est satisfaisant , l’appétit bon, le teint coloré, le moral point abattu; beaucoup d’espoir de guérison.

Maintenant dites-moi ce que je dois faire; je vous avoue franchement que votre méthode me paraît inadmissible: j’ai, jusqu’à présent, employé la compression comme je vous l’ai vu faire, et j’ai réduit la tumeur à son plus petit volume , mais actuellement je ne gagne plus rien. Je panse l’ulcère avec l’eau phagédénique ; la malade n a pas pu supporter la solution de chlorure de sodium quoique affaiblie. »

Je répondis àM. Baud, que le cas était si grave, que mon avis était de se borner à enrayer la marche de la maladie : i°. en augmentant le nombre des disques d’agaric sur la tumeur , afin de rendre la compression plus facile et plus égale ; â®. en comprimant doucement et exactement

Faisselle avec une pelote particulière; 3®. enfin^ en pansant Fulcère avec de l’agaric mollet lavé et trempé dans Fliuile d’amandes douces battue avec une petite proportion de jus de citron , ou dans du miel rosat.

IN’ayant pas alors terminé mon travail sur le cancer, je ne pouvais mettre M. Baud à meme de comparer ce fait avec le onzième et les autres cas de cancers ulcérés qui se sont offerts à moi, et dans lesquels j’ai cru pouvoir terminer la cure par la cautérisation seule ou suivie de l’ablation. (Outre le onzième fait, voyez les dix-septième, vingt-deuxième, vingt- quatrième vingt-cinquième, vingt- huitième, quarante-unième et quarante-sixième . )

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