‹ Recherches sur le traitement du cancer, par la compression méthodique simple ou combinée, et sur l'histoire générale de la même maladie, suivies de notes 1.̊ sur les forces et la dynamétrie vitales; 2.̊ sur l'inflammation et l'état fébrile (volume 2)Chapitre 57 sur 105 · CINQUANTE-SIXIÈME FAIT · texte numérisé non relu

CINQUANTE-SIXIÈME FAIT

Madame M.... , âgée de cinquante ans, bien réglée depuis seize ans jusqu’à quarante -huit, n’a eu qu’un seul enfant qu’elle n’a point allaité. Six mois après la cessation du flux menstruel, sans aucune percussion antécédente, elle a reconnu, en dehors du sein droite un engorgement qui, depuis dix -huit mois, a augmenté peu-àpeu. Le i3 août 1827 , jour de son entrée à l’Ho-

tel-Dieu^ la tumeur, dure, inégale, mobile et indolente, avait le volume d’un œuf de poule un peu aplati; la peau qui recouvrait cet engorgement adhérait à sa partie moyenne, sans être entièrement désorganisée; par sa partie antérieure , cette tumeur se confondait avec la glande mammaire, dont on ne pouvait l’isoler, par un prolongement décroissant de densité en approchant du mamelon ; par sa partie postérieure, elle se liait à une chaîne de ganglions tuméfiés , qui allaient se perdre dans Faisselle.

La compression fut commencée le 19 août^ avec une pelote d’agaric et des bandes de linge. La malade supporta , d’abord avec peine , le bandage auquel elle s’est ensuite parfaitement habituée.

A la fin du mois d’octobre , la tumeur réduite à deux lignes d’épaisseur n’en avait plus que neuf ou dix de long sur six ou sept de large. Elle adhérait moins intimement à la peau qu’auparavant; son prolongement antérieur avait disparu, et toute la chaîne de ganglions , qui se rendait vers Faisselle, était réduite à deux ou trois granulations qui diminuaient de jour en jour. .

L’état de la dameM.... a été constaté à la fin de septembre par MM. Breschet^ Kapeler et Marjolin, et à la fin d’octobre par M. Fleury, j

chirurgien en chef de l’Hôtel-Dieu de Clermonl'^ Ferrand.

1“. La nature cancëreuse de cette affection, reconnue depuis plus de dix-huit mois, ne peut être douteuse malgré l’absence des douleurs.

2°. La diminution de la tumeur a été d’abord rapide , mais son adhérence aux tégumens retardera la résolution des restes de son noyau.

3°. On peut rapprocher ce fait du cinquième et du vingt-septième, et meme , pour le début, de celui de madame L . . . . , de la barrière de Sèvres, cité dans l’introduction. J’espère avoir dans ce cas un succès complet par la seule compression.

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