CINQUANTE-NEUVIÈME FAIT
Madame D... , âgée de quarante ans , et d’un assez grand embonpoint , est issue d’un père sujet à des coliques néphrétiques *, réglée à douze ans , elle a été mariée à dix-sept , et a eu deux accoiichemens heureux, l’un à dix-huit ans et l’autre à vingt. A vingt-quatre ans , tandis qu’elle nourrissait son troisième enfant, elle éprouva une violente impression morale , qui fut suivie d’un
abcès au sein gauche. Elle se rétablit facilement de cet accident *, mais elle est restée depuis lors sujette à des migraines , et après l’âge de trente ans 5 à des coliques néphrétiques qui demandent un traitement antiphlogistique.
Au mois de mai 1827 , sans avoir reçu de coup, madame D s’est aperçue d’un engorge¬
ment au milieu du sein gauche ; depuis ce temps la tumeur est devenue plus douloureuse-, et a augmenté de volume a chaque époque des menstrues , qui continuent de paraître régulièrement. Au commencement d’octobre , cet engorgement, assez dur , inégal et douloureux au toucher dans un point, sans changement de couleur à la peau^ est mobile, arrondi, et présente trois pouces de largeur , sur deux pouces environ d’épaisseur. Le mamelon n’est point malade, et il n’y a point de ganglions lymphatiques engorgés dans l’aisselle.
Un bandage compressif est appliqué , le i4 octobre , avec des disques d’agaric et des bandes de percale *, la première bande est de près de trois pouces de large , et la seconde de deux pouces et un quart. Chez les personnes qui ont de l’embonpoint, il est nécessaire de commencer le bandage avec une bande large, afin d’emboîter facilement et solidement les mamelles sans les blesser ;
mais il est plus avantageux de terminer ensuite l’appareil avee une bande plus étroite , qui s’applique plus exaetement sur des parties sphéroïdes.
A la fin d’oetobre , l’engorgement très -diminué n’a plus de limites distinctes , parce qu’il a perdu une grande partie de sa dureté : en sorte qu’une tumeur très-rénitente, de trois pouces, se trouve en quinze jours réduite à deux pouces au plus de largeur, et se rapproche de jour en jour davantage de la densité naturelle de la glande mammaire. ^
1°. Ce fait prouve, avec d’autres, l’avantage de commencer le traitement avant qu’il soit survenu aucune désorganisation dans la partie engorgée.
2°. La compression modérée , qui est exercée dans ce cas , n’a présenté aucune espèce d’inconvénient : le sommeil n’a pas éprouvé de dérangement , et toutes les fonctions sont dans' le meilleur état.
3®. Je pense que ce traitement aura un résultat aussi prompt que satisfaisant.