PREMIER FAIT
En 1807, madame R , àgee de ving“Six ans
et issue d\ine famille scrophuleiise , me consulta pour un fongus ulcère de la joue gauelie. Cette tumeur , dont Forigine remontait à plusieurs mois , avait quatorze ou quinze lignes de largeur sur cinq ou six de relief *, sa superficie fournissait un pus visqueux qui, en se dessèeliaiiT, encroûtait à sa circonférence la peau restée saine ; d’ailleurs il n y avait point de ganglions engorgés dans le voisinage.
Encouragé par d’autres faits , je cautérisai la tumeur avec du nitrate de mercure liquide , au moyen d’un pinceau de charpie. Après une seconde cautérisation portée jusqu’au point qui me parut nécessaire, une suppuration loiialAle s’établit à la chute de l’escarre, cpii laissa à dé ^ couvert une plaie de bonne nature dont la cicatrisation ne se fit point long-temps attendre :
en eflet , un mois après la dernière cautérisation, il ne restait de traeesdu fongus qu’une eicatrice rose, très-unie, et se confondant insensiblement avec la peau * dix-huit mois après , il était impossible de distinguer sur quelle joue avait existé cette maladie dégoûtante, dont la personne n’a pas eu le moindre ressentiment depuis vingt ans.
1°. Je n’ai point considéré ce fongus comme cancéreux, mais comme scrophuleux, et si jë l’ai cité de prime-abord , c’est paree que son traitement m’a conduit à l’application du nitrate de mercure à des cas plus graves.
2'". Je n’ai employé, dans le traitement de cette afïection , que la cautérisation , et à l’intérieur le sirop antiscorbutique et l’infusion de houblon.
3®. Je ne pense pas, et ce fait confirme mon opinion , qu’on puisse obtenir, par les préparations arsénicales , une plus belle cicatrice que par le nitrate de mercure , qui n’a pas leurs inconvéniens.
Je pourrais citer beaucoup d’autres faits analogues , dans lesquels j’ai obtenu le même succès , par le même moyen , sans le concours de la compression. Je me borne au suivant, parce qu’il appartient plus directement au cancer.