‹ Recherches sur le traitement du cancer, par la compression méthodique simple ou combinée, et sur l'histoire générale de la même maladie, suivies de notes 1.̊ sur les forces et la dynamétrie vitales; 2.̊ sur l'inflammation et l'état fébrile (volume 2)Chapitre 8 sur 105 · QUATRIÈME FAIT · texte numérisé non relu

QUATRIÈME FAIT

Au commencement de juillet 1826 , je fus consulté par madame de S....i , âgée de quarante ans. Issue d’une mère délicate et d’un père très-fort, madame de S.... fut réglée à quinze ans, mariée à seize et demi, et devint mère de sept enfans dont elle a nourri plusieurs.

Vers trente-huit ans, madame de S.... s’aperçut d’un engorgement assez sensible au-dessus du mamelon du sein droit. Cette tumeur , qui n’avait été douloureuse qu’à son début , était ensuite restée indolente au toucher sans donner

lieu à dautres douleurs qu’à des élancemens spontanés qui s’étendaient de la tumeur à l’aisselle, Lorsque j’examinai madame de S...., l’en-

gorgement dont il s’agit avait le volume d’un œuf de pigeon , et formait un relief plus éminent que le mamelon lui-même , il était sans adhé-^ rences et recouvert d’une peau saine.

Je conseillai l’emploi de la compression avec des disques d’agaric intercalés entre les jets d’une bande de flanelle , de manière à former un cône tronqué dont la base reposait sur l’engorgement. J’avais proposé aussi l’extrait de ciguë et - l’bydriodate de potasse à l’intérieur ; le premier n’a pas été pris régulièrement , et le dernier n’a pas été employé. ^

Après avoir été plus fréquens pendant les premiers jours de l’usage de la compression , les élancemens s’éloignèrent et diminuèrent, de ma-* nière qu’il n’y en avait plus à la fin du premier mois. Le 26 octobre 1826, cet engorgement était entièrement dissipé depuis plusieurs semaines. M. le docteur Trannoy, d’Amiens, connaît parfaitement la malade et le traitement qu’elle a suivi. Madame de S.... continue à jouir d’une bonne santé, malgré les soins douloureux qu’elle donne à une fille chérie affectée d’une maladie vertébrale.

Ce fait prouve :

I®. Que la compression seule suffit sans le secours d’aucun traitement antécédent, comme

dans le premier cas, et sans aucun traitement interne concomitant j

Que la compression méthodique n’augmente pas les adhérences d’une tumeur du sein de deux ans de date, dure, indolente et accompagnée d’élanccmens spontanés.

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