‹ Recherches sur le traitement du cancer, par la compression méthodique simple ou combinée, et sur l'histoire générale de la même maladie, suivies de notes 1.̊ sur les forces et la dynamétrie vitales; 2.̊ sur l'inflammation et l'état fébrile (volume 2)Chapitre 84 sur 105 · III · texte numérisé non relu

III

Ablation,

L’ablation doit-elle être préférée à la cautérisation ? La plus grande facilité d’enlever par la première toute la maladie apparente , et l’impossibilité de l’atteindre par la dernière dans beaucoup de cas , semble de prime-abord résoudre la question affirmativement. Mais si on vient à reconnaître que les récidives sont plus promptes après l’ablation isolée qu’après la cautérisation faite avant ou après l’ablation , on sera conduit à examiner la chose de plus près , afin de déterminer les cas de préférence de l’un de ces moyens à l’autre, et ceux où il peut être utile de les réunir. Le cancer du sujet du fait étant ulcéré , manifestement encéphaloïde et déjà compliqué de fièvre lente , on ne pouvait recourir à la simple ablation , qui , dans ce cas , est toujours

îsiiivie d’une récidive plus ou moins prompte. Plus tard j’avais espéré réussir par l’ablation chez le sujet du 45^ fait, dont la maladie a reparu, malgré toutes les précautions que j’ai prises en employant l’incision avec l’énucléation sans suspendre la compression. Après l’ablation , la maladie a repullulé sous la cicatrice, oii elle a été réprimée parla compression; ensuite plus bas, oii elle a été cautérisée *, et enfin elle s’est montrée de nouveau au-dessous de la clavicule , avec tuméfaction du bras gauche d’abord , et puis du droit.

J’ai comprimé et cautérisé avant d’en venir a l’ablation chez les sujets des 3®, i4% 17% 18® et 22® faits; et il est remarquable qu’après aucune de ces ablations consécutives à la compression et à la cautérisation il n’y a eu de récidive jusqu’à présent.

D’après cela , avant de pratiquer l’ablation chez le sujet du 45^ fait, n’aurais-je pas dû commencer son traitement en ouvrant largement avec la potasse caustique la tumeur à l’endroit ramolli , pour continuer ensuite la destruction de la substance encéphaloïde avec le nitrate de mercure , et terminer par l'ablation?

Cette méthode , dans laquelle la compression ,

la cautérisation l’ablation se trouvent eoinbinées, est sans doute très-douloureuse*, mais si ^lle est plus sure, elle doit être préférée, et je ferai à ce sujet les remarques suivantes , afin d’appeler l’attention sur l’examen de cette question. La douleur de la cautérisation est stimulante, développe le pouls et produit la fièvre , tandis que la douleur de l’incision concentre le pouls et produit un état de refroidissement lipothymique et spasmodique , dont certains sujets ne peuvent se relever. La douleur du déchirement dans rénucléation semble tenir le milieu , par ses effets sur l’organisme, entre celle de la cautérisation et celle de l’ablation. ( Vojez le 22® fait.)

Le nitrate de mercure dont l’emploi est suivi de Laffaissement des ganglions lymphatiques engorgés, comme chez les sujets des 4i® et 46^ faits , ou de leur augmentation , comme chez ceux des i4® et 25v, outre son action locale, par une affinité plus grande pour les tissus malades que pour ceux qui sont sains, peut en avoir une générale par suite de son absorption , car je l’ai vu déterminer le ptyalisme. D’ailleurs, il est possible que la douleur de la cautérisation, lors même qu’on ne peut se servir de cette dernière pour détruire

toute la tumeur^ dispose l’organisme de manière à diminuer sa susceptibilité pour la récidive après l’ablation de ce qui peut en être resté (i).

L’énucléation, chez le sujet du lo fait, a été précédée de la cautérisation de la peau , qui a produit de la fièvre; l’incision n’a été qu’un très-petit accessoire dans l’opération, qui a été suivie de la pourriture d’hôpital , dont la douleur prolongée a pu équivaloir à celle d’une seconde cautérisation. La meme chose est arrivée après l’ablation, à la personne du fait, chez qui la guérison se soutient parfaitement.

Quant à la manière de procéder à l’ablation , on se conformera à la situation et à l’étendue des tumeurs , en employant le procédé ordinaire. On peut voir, aux 3% io% i4% 17% 18% 22® et 45® faits, les modificationsque j’ai cru devoir faire dans chacun de ces cas.

Dans des circonstances analogues je conseillerai , jusqu’à ce que de nouvelles observations le contre-indiquent, de faire précéder l’ablation par la cautérisation. Il serait possible que j’eusse sauvé le sujet du 25® fait, si, après avoir cautérisé vivement, en y comprenant la tumeur sü-

(i) Ce fait n’aurait rien de plus extraordinaire que la préservation de la petite-vérole par la vaccine.

périfiure, j eusse enlevé toute la base de l’engorgement.

Dans le 3*" lait, la cautérisation a été consécutive à l’énucléation , comme la pourriture d’hôpital l’a été à l’ablation dans les lo® et 17®; mais, dans tous ces cas , les malades ont eu à supporter la douleur de la cautérisation et celle de l’ablation.

Je n’entre ici dans aucune considération générale sur l’ablation des cancers utérins ; on verra dans chaque fait particulier ce que j’ai cru pouvoir faire par l’ablation dans ces sortes de cas,

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