‹ Recherches sur le traitement du cancer, par la compression méthodique simple ou combinée, et sur l'histoire générale de la même maladie, suivies de notes 1.̊ sur les forces et la dynamétrie vitales; 2.̊ sur l'inflammation et l'état fébrile (volume 2)Chapitre 87 sur 105 · AVIS SUR QUELQUES MOYENS THÉRAPEUTIQUES · texte numérisé non relu

AVIS SUR QUELQUES MOYENS THÉRAPEUTIQUES

1 . Les douches en arrosoir, et dirigées sur les seins d’une manière oblique, ont paru favoriser la résolution chez les sujets des 58 et Sg® faits. J’ai mis en usage de préférence l’eau artificielle

de Plombières. On refait le bandage aussitôt après la douche.

2. J’ai employé sur les engorgemens desseins du cérat, auquel j’ai fait ajouter un demi-gros de safran et d’un scrupule à un demi-gros d’hydriodate de potasse par once. J’ai eu soin de protéger le mamelon contre l’action de ce moyen par un petit disque d’agaric. On renouvelle Fonction en meme temps que le bandage *, on s’est servi de ce cérat avant les douches chez les sujets des 58* et Sg® faits; je n’ai point constaté qu’il ait accéléré la marche du traitement.

3. Après le traitement terminé , j’ai cru , surtout lorsque la maladie était ancienne , devoir faire établir un exutoire au bras ou à la jambe. J’ai évité de le faire appliquer au bras, du côté oii les ganglions lymphatiques de Faisselle avaient été engorgés.

4. Avec les exutoires j^ai employé des minoratifs doux chez le sujet du i4^ fait, d’abord toutes les semaines , tous les quinze jours , ensuite tous les mois , et on en éloignera les époques de plus en plus.

5. Je pense que les eaux minérales en bains, en douches et à l’intérieur , deviendront utiles à plusieurs personnes , pour favoriser l’action de la compression et pour assurer la durée des succès obtenus par ce moyen. L’histoire de presque toutes les eaux minérales fournit des exemples de résolution d’engorgemens des seins , et j’en connais de remarquables par les eaux de Plombières. Quoiqu’on ait peut-être pris des tumeurs inflammatoires chroniques pour des tumeurs squirrheuses , l’usage des eaux minérales étant souvent propre à ramener et à maintenir à l’état normal la nutrition du sein, de l’utérus, etc. , lorsqu’ils ont éprouvé des engorgemens, ce moyen peut contribuer à affermir la guérison dés personnes qui en feront usage.

6. Quoique je redoute l’emploi des préparations arsenicales, surtout au voisinage du nez et de la bouche , je ne veux point passer sous silence que ce moyen est employé avec succès à l’hôpital Saint-Louis, et je crois devoir rapporter ici le fait suivant.

Cancer giiè ri par roæide blanc âf arsenic y appll’-

qué à V extérieur,

M. Marshall, qui a publié cette observation dans l’ouvrage intitulé Remarks on arsenic y etc, y rapporte d’abord ce que M» Orfila a écrit sur le danger de l’application topique de quelques préparationsarsenicales,etparticulièrement de celle qui est connue sous le nom de pâte arsenicale. D’après M . Marshall , les préparations de ce genre ne sont tiès- dangereuses que parce que leur forme, soit pulvérulente, soit en dissolution , les rend plus faciles a être absorbées *, il pense que les oxides ou les sulfures d’arsenic incorporés dans des substances grasses échappent beaucoup plus facilement à l’absorption.

)) M. W...., âgé de vin^t-sii ans , jouissant en apparence d’une bonne santé^ portait une tumeur cancéreuse, qui s’était développée depuis quatorze mois sur les glandes inguinales du côté droit. Quand on l’observa d’abord dans l’état squirrheux, elle avait un volume qui n’excédait pas celui d’un petit pois ; mais elle augmenta rapidement*, peu de temps après, elle avait la grosseur d’un œuf de pigeon, elle était le siège d’élancemens , d’un prurit brûlant, et s’accom-

pagnait de douleurs coiiüniiclles dans les lombes. Environ six semaines après, la tumeur s’ouvrit spontanément, et l’ouverture fut agrandie par un chirurgien de la campagne, qui conseilla les émoliiens *, cependant de fréepientes hémorrhagies se manifestaient sans aucune cause excitante, et la tumeur s’étendait en prenant un caractère plus fâcheux. Voyant sa maladie empirer de jour en jour sans qn aucun des topiques multipliés dont on avait fait usage eut pu en arrêter les progrès, ce jeune homme se décida à venir à Londres , oii il se confia aux soins de M. Marshall.

La tumeur ulcérée était considéralde, parsemée d’indurations*, une inflammation de mauvaise nature l’environnait de toutes parts , et semblait indiquer que toutes les parties voisines allaient être envahies par l’affection cancéreuse. Les bords étaient comme découpés, et il s’écoulait sans cesse de la plaie une suppuration iclioreuse très-fétide. On mit en usage les fomentations, les cataplasmes et même les sangsues , pour borner les progrès de l’inflammation. On eut recours aussi aux purgatifl) de loin en loin, à l’extrait de ciguë et a quelques opiacés pendant la nuit. Ces moyens diminuèrent l’inflammation an bout de quelques jours; mais il était évident qu’on ne pouvait espérer d’obtenir un soulagement réel

qu’en attaquant le fond de la maladie et en dcîruKsantles glandes cancéreuses. Ce fut dans ce dessein que la préparation suivante fut proposée et appliquée sur la surface de la plaie, en ayant soin de l’étendre sur de la charpie mollette. (Cérat^ une demi-once ; oxide blanc d’ arsenic et soufre lavé, de chaque un scrupule,) Mêlez pour faire un onguent.

Après les premières applications de cette pommade escarrliotique, on augmenta graduellement la proportion d’arsenic et de soufre , que l’on porta à un gros chacun par once de cérat. On l’appliquait pendant trois jours de suite, alors on discontinuait les applications, et on attendait la chute des escarres avant de les recommencer. -Après plusieurs applications toujours faites avec la même précaution , la tumeur se trouva détruite par la chute de ces escarres successives ; les glandes se dégorgèrent à dater d’un mois des premières applications *, les bords de la plaie furent rapprochés par des bandelettes agglutinatives et par un bandage convenable ; la cicatrice ne tarda point à se faire et à se consolider à la manière de celles des plaies ordinaires. »

On ne perdra pas de vue, lorsqu’on aura fait une ablation , que ce n’est pas au moment de

1 operation qu’il convient de faire l’application de la préparation arsenicale, mais à la levée du premier appareil ; car alors les eCTets de l’absorpdion sont moins à redouter.

Comme sur un sujet de l’importance de celui qui nous occupe il ne faut rien négliger de ce qui peut mettre sur la voie pour arriver à des résultats satisfaisons, voici quelques renseignemens sur un moyen nouveau: M. Charpentier qui, après s’étre long-temps occupé de chimie, se livre maintenant à l’étude de la médecine^ semble dans quelques cas d’engorgemens cancéreux avoir retiré des avantages des embrocations faites avec une huile animale quelconque, dans laquelle on aurait fait bouillir une certaine quantité de feuilles de belladone , une.première demipinte employée, il continue par une seconde, dans laquelle, outre la belladone, se trouve une certaine proportion de poudre de lézards tués dans l’alcool ; en même temps , il fait prendre trois fois par jour deux pilules composées avec cette même poudre, et de quatre grains chacune : leur effet évident, dit-on, est de produire la salivation sans excoriations buccales. On conçoit qu’il serait facile de prendre un autre véhicule que l’huile animale ainsi le rob de daucus ou

le suc frais de la meme plante , etc. ^ d’associer la poudre de lézarda l’extrall de ciguë ordinaire ou à l’extrait de ciguë préparé à la vapeur. Je reparlerai de ces moyens un peu plus loin, au quatrième fait des succès incomplets.

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