‹ Recherches sur le traitement du cancer, par la compression méthodique simple ou combinée, et sur l'histoire générale de la même maladie, suivies de notes 1.̊ sur les forces et la dynamétrie vitales; 2.̊ sur l'inflammation et l'état fébrile (volume 2)Chapitre 89 sur 105 · FAITS NOUVEAUX · texte numérisé non relu

FAITS NOUVEAUX

Guérisons.

Premier Fait» — Mademoiselle , âgée de \ingt-six ans , grande et svelte, avait eu des engorgemens strumeux dans son enfance.

A vingt-trois ans, douleur rhumatique de la lianclie gauche, détruite par l’usage des eaux du Mont-d’Or.

A vingt- trois ans et demi, tuméfaction d’un ganglion lymphatique sous le bras gauche , et à la partie externe du sein du même coté commencement d’un engorgement ovoïde diffus encore élastique. Cet engorgement a deux pouces et demi dans son grand diamètre , et deux pouces dans le petit; il augmente de volume à l’époque des règles; il n’est pas douloureux au toucher , mais il est depuis quelque temps le siège d’élanccmens spontanés. Le traitement par la compression a été commencé le 2 avril 1828. Les éianccmens spontanés ont promptement disparu. L’engorgement du sein était résolu dès le mois de mai. M* le docteur Vassal a examiné cette

personne avec moi.

Deiiocihme Fait, — Matlemoisçlle , âg.'c Je quarante ans, présenté une déviation de la colonne vertébrale, augmentée à l’époque de la puberté. Elle a eu des engelures et est sujette à des sueurs de pieds habituelles. Ses règles peu abondantes n’ont paru que depuis l’âge de vingtun ans ; leurs retours sont annoncés par la tuméfaction des seins , qui deviennent alors douloureux.

Depuis six ou sept ans mademoiselle était sujette à des gastralgies, qui avaient augmenté depuis trois ans, mais qui, depuis trois mois , ont été remplacées par des espèces de migraine aux approches des règles.

Depuis trois mois environ il s’est développé à la partie externe du sein droit un engorgement permanent, qui s’étend de la partie externe du sein jusqu’au mamelon : il est mobile , du volume du doigt et a dix-huit lignes de long*, audessus du mamelon du meme sein on trouve un second engorgement de meme nature et du volume d’une olive *, il est mobile comme le premier, mais il est indolent et assez dur, tandis que l’autre est sensible au toucher, et légèrement compressible ou élastique.

La compression a été commencée le 9 avril 1828*, en quelques semaines ces deux engorge-

inens ont disparu , et cette personne a joui d’une meilleure santé qu’auparavant.

Troisième Fait, — Madame , âgée de vingt-six ans, est grande, svelte et bien réglée *, elle a été mariée à dix-sept ans et demi , et a eu trois enfans qu elle a nourris et qui sont tous bien portans. A vingt-un ans et demi, elle beurte la partie interne du sein gauche (ses seins sont volumineux) contre la pomme de la rampe d’un escalier qu’elle descendait très-vite. La douleur fut vive dans le moment du coup j mais elle cessa enfin. Cependant madame ayant souffert de nouveau à l’endroit frappé, finit, après quelques mois, par y découvrir une tumeur , qui a été le siège d’élancemens spontanés pendant ses deux dernières grossesses , durant ses derniers allaitemens et à l’époque de ses règles. Le 26 juillet 1828, la tumeur rénittente qui occupe la partie interne et supérieure du sein gauche a deux pouces dans son grand diamètre , et quatorze ou quinze lignes dans le petit*, elle est le siège d’élancemens spontanés vifs.

Le traitement par la compression commencé immédiatement, les douleurs ont cessé en peu de jours, et en six semaines il ne restait plus de traces de la tumeur. La malade a continué depuis lors a jouir de la meilleure santé.

- Quatrième Fait, assez replète et àgèe de quarante-sept ans, est née d’une mère aiFectëe de sciatique *, à quinze ou seize ans , elle a été réglée en petite quantité et avec difficulté. Mariée à vingt-huit, la malade a eu deux couches et une fausse couche ; à l’âge de quarantedeux ans, elle a eu un rhumatisme articulaire quia duré une semaine et demie*, depuis cette époque à-peu-près elle souffre de la hanche gauche.

. Vers quarante-six ans, la malade a commencé à reconnaître à la partie supérieure du sein gauche un engorgement, qui est devenu consécutivement le siège d’élancemens spontanés *, le sein

droit lui-mème est devenu douloureux ; on a inu-

tilement employé les sangsues sept ou huit fois, au nombre de vingt ou vingt-cinq chaque fois, les applications de carotte, les fumigations, la ciguë, etc., etc. La tumeur et les éîancemens ont continué à augmenter, et les règles ont cessé.

Le 7 août 1828, la tumeur fort rénittente et de deux pouces et demi de diamètre à sa base, représentait la moitié d’une orange un peu déprimée, et occupait toute la partie supérieure du sein gauche. Cette personne a été examinée chez moi, et vue chez elle par M. le docteur Ridlier , médecin de la Charité, et par plusieurs de nos

confrères dont les noms m’e'chappent. Le traitement immédiatement commencé par la seule compression, la tumeur a diminué peu^à-peu , les élancemens ont cessé , et après quelques mois il n’est plus resté aucune trace d’engorgement. La cessation des règles a obligé de tirer un peu de sang. Cette personne jouit de la meilleure santé qu’elle ait eue depuis long-temps.

Cinquième Fait, — Madame est âgée de cinquante-trois ans et porte une poitrine catarrhale; ses règles ont encore paru en juillet 1828. Depuis six ans environ, il s’est peu-à^peu développé dans le sein droit, surtout à sa partie externe, ua engorgement rénittent, qui est le siège d’élancemens spontanés. Le 25 août, l’engorgement encore compressible de la partie externe du sein droit avait trois pouces de large à sa base en tout sens, et un pouce et demi d’épais-' seur. Le traitement commencé ce jour-là meme par la seule compression , les élancemens ont disparu en peu de jours , et l’engorgement lui-méme s’est totalement dissipé en six semaines ou deux mois.

Sixième Fait. — ■ Miss âgée de quarante

ans, est bien réglée. A trente-huit ans, elle reçoit un coup au sein gauche par une porte à demi-ouverte, et perd de vue cet accident. J3e-

puis le mois de juin 1828 jusqnau mois d’oc-»tobre suivant , îe sein gauche s’est tuméfié et est devenu sensible. Examiné le 20 octobre , il pré* sentait une tumeur ovoïde, aplatie, rénittente et assez égale , ayant quatre pouces dans son grand diamètre, qui est transversal , deux pouces et demi dans le petit , et deux pouees d’épaisseur y elle occupe une plus grande étendue dans la partie externe du sein que dans la partie interne y le mamelon est parfaitement sain, aussi bien que les ganglions axillaires* La compression fut commencée immédiatement : la tumeur a diminué successivement de volume , et a perdu en même temps de sa densité ; ses restes ont fini par se confondre avec les parties voisines, dont on ne les distinguait plus la dernière fois que j’ai examiné cette personne, au mois de février 1829. La tumeur, dans le cours du traitement, est devenue plusieurs fois sensible , douloureuse même: des sangsues ont été appliquées, ainsi que des cataplasmes de pain ou de riz*, des bains ont été employés. La bouffissure qui a suivi parfois l’application des sangsues, a cédé aux cataplasmes et à la compression, qui était reprise aussitôt que la douleur avait cessé ou diminué. On a administré quelques purgatifs. M. le professeur Marjolin et M. le docteur Castre verde ont vu miss

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avec moi, ainsi qu’un docteur anglais.

Septième Fait, — Madame âgée de vingtun ans 5 est svelte et délicate. Depuis dix mois elle a reconnu à la partie supérieure et externe du sein gauche un engorgement olivaire de huit lignes dans son grand diamètre *, il est assez rénittent et mobile. On a employé inutilement depuis huit mois une foule de fondans sous différentes formes, la ciguë, l’iode, etc. , etc. Tous ces faits ont été reconnus par M. le professeur Marjolin^ comme par moi, le ^4 janvier 1829, époque ou la compression a été commencée : le 10, février, on ne retrouvait presque plus le noyau qui était réduit au volume d’un petit haricot très-souple, qui se perdait dans les parties voisines. Le d. mars suivant, la tumeur avait disparu-, on a appliqué trois fois des sangsues. M. Masson a constaté ces faits comme moi.

. Au sujet de la dame M. le professeur

Marjolin nous dit qu’une dame de Pontoise, qui portait dans le sein une tumeur du volume d’un oeuf, avait été traitée par la compression, et qu’il ne restait de la tumeur qu’un noyau souple et se confondant avec les parties voisines , toutes les fois que la tumeur en se résolvant devient souple et perd de sa consistance. La résolution paraît certaine jusqu’à présent.

Huitième Fait - Madame de , âgée de

quarante-six uns , assez replète , encore bien réglée et même plus abondamment depuis un an , est asthmatique et sujette à des palpitations. Au commencement de février 1829 , elle reconnut dans la partie externe du sein gauche un engorgement indolent et proéminent , formant une tumeur de deux pouces et demi de diamètre en tout sens à sa base, et de près de deux pouces d’épaisseur. Cette personne a été vue par M. le professeur Marjolin, chez lui et chez moi, et il a rc* connu la tumeur dont je viens de parler, ainsi que M. le docteur Salmade, médecin ordinaire de la malade, M. le docteur Lucas, médecin de Son Altesse Royale Madame la Dauphine , et M. le docteur Ratheau , agrégé a la Faculté de Paris. Le traitement a été commencé le 18 février par la seule compression *, la tumeur a diminué rapidement, de manière que moins de deux mois après il ne restait qu’un noyau souple , de quelques lignes seulement , et dans les conditions les plus favorables à une résolution complète , qui s’est achevée à la campagne. La dyspnée et "les palpitations ont plutôt diminué qu’augmenté.

Neuvième Fait, — Madame assez replète^ est âgée de quarante-un ans. Réglée à quatorze,

elle l’a été régulièrement jiisqu’àqiiai ante, époque depuis laquelle elle éprouve des retards*, elle est mariée depuis douze ans, et n’a point eu d’enfans : elle souffre de gastralgie et de spasmes hystériques. 11 y a huit ans, elle a reçu au sein gauche un coup de coude assez violent pour lui causer une perte complète de connaissance. Il se forma à l’endroit frappé une tumeur olivaire, sur laquelle elle n’a appliqué que de la râpure de carotte. Depuis un an elle éprouve dans la partie affectée du sein des élancemens plus fréquens et plus vifs qu’auparavant, surtout à l’époque où les règles reparaissent. Aujourd’hui, 1 4 juillet 1829, elle porte à la partie inférieure du sein gauche deux tumeurs olivaires , qui , assez rénittentes, paraissent en relevant la mamelle, dont le tiers inférieur a une consistance plus grande que le reste. Le traitement par la seule compression commencé immédiatement, a été suivi d’un tel succès, que l’engorgement du tiers inférieur de la glande mammaire a disparu en peu de jours. Les deux petites tumeurs olivaires ont perdu leur rénittence, et sont devenues aussi souples que le reste du sein, dont on les distingue a peine.

Dlæieme Fait,' — Mademoiselle âgée de

vingl-cinq ans, portant une déviation de la co-

lonne vertébrale, est bien rëglëe. Elle reçut, il y a deux ans, un coup à la partie supërieure du sein droit, où est survenu ensuite un engorgement qui, aujourd’hui i4 juillet 1829, a pi US de deux pouces dans son grand diamètre ] sa partie centrale forme un noyau plus dense , qui est le siëge d’ëlancemens spontane's. La compression est commencée avec l’agaric , à l’aide d’un simple corset ( paresseuse ) croisant par derrière et hxant la pelote sur la partie engorgée du sein. Le 25 juillet , les ëîancemens avaient cessé depuis plusieurs jours , les trois quarts de l’engorgement étaient dissipés, et on ne distinguait presque plus son noyau, qui se confondait avec les parties voisines. Le 8 août, l’engorgement était àrpeu-près dissipé, et ses restes si souples qu’il n’en restera plus de traces avant peu.

Onzième Fait. — Madame âgée de trente-

six ans , a été réglée â quatorze ans et a joui d’une bonne santé. U y a six ans, étant enceinte, elle reconnut à la partie supérieure du sein gauche une tumeur roulante qui n’a point disparu pendant un nourrissage de quatorze mois. Depuis quatre ans , cette tumeur est devenue le siège d’élancemens spontanés, qui cependant avaient diminué depuis un an par Eusage d’une peau de cigne. Aujourd’hui 2 1 juillet

i82<j5 la tumeur ovoïde et rénittente dont je parle a un pouce et demi dans son grand diamètre. En peu de jours cette tumeur a tellement perdu de sa consistance et de son volume, qu’elle se confond déjà avec les parties voisines. On doit compter sur une résolution prompte et complète , à en juger par les cas analogues. Madame a pour médecin M. le docteur Casi^ mir de la Rochelle.

Douzième Fait, — Madame épouse d’un pharmacien d’Angoulême, aujourd’hui dentiste à Paris , portait depuis plus de deux ans , dans le sein droit , un engorgement ovoïde de quinze ou dix-huit lignes dans son grand diamètre. Lorsqu’elle me consulta en 1826, je conseillai la compression avec l’agaric , elle retourna chez elle. L’engorgement a disparu promptement et complètement par la seule compression, que madame a cessée depuis long-temps. M. le docteur Rullier, médecin à la Charité , a vu cette personne , et l’a entendue faire le récit de la guérison d’une dame de sa connaissance, qui portait un engorgement dans un sein , et à qui elle apprit à faire le bandage compressif.

Treizième Fait, — Je place ici ce qui a rapport à la demoiselle âgée de vingt-sept

ans. Cette personne qui a été vue, pendant le

second semestre de 1 828 , au n° 9 de la salle Saint-Lazare, portait depuis deux ans environ , à la partie externe du sein gauche , un engorgement inégal du volume et de la forme d’un œuf de poule. Soumis à la compression pendant plusieurs mois 5 cet engorgement a perdu les deux tiers ou les trois quarts de son volume , et a diminué en même temps de consistance. Depuis le mois de décembre 1828, la compression a été faite avec très-peu de soin pendant deux mois encore , et enfin tout-à-fait suspendue depuis lors. Malgré cette cessation , la tumeur a continué à diminuer en se divisant en plusieurs lobules très-souples et se perdant dans les parties voisines. Aujourd’hui il ne reste de toute la tumeur que le volume d’une aveline et celui de deux haricots auprès. Ces restes sont sans dureté, et suivent la marche de tous ceux dont la résolution a continué après la cessation de la compression.

Quatorzième Fait. — Le i5 juin 1829, M. le docteur Arnaud , qui avait suivi à l’Hôtel-Dieu des traitemens d’engorgement mammaire, fut mandé pour madame âgée de trente-six ans, délicate et mère de deux enfans. Depuis près de sept ans elle éprouvait dans le sein droit des douleurs causées par une tumeur du volume d’une petite noix : cette tumeur, douloureuse au

toucher, était mobile et sans adhérences \ la glande mammaire qui la contenait et la peau qui la recouvrait étaient dans l’état normal , ainsi que les ganglions lymphatiques de l’aisselle. La compression fut commencée dès le lendemain , et chaque jour l’appareil fut renouvcdé ^ à chaque pansement , avant l’application du bandage, on faisait sur la tumeur des frictions avec la pommade hydriodatée. Dès le lo juillet, l’engorgement était diminué de moitié et les douleurs avaient cessé. La résolution a continué à marcher de telle manière que, dès les premiers jours d’août, il n'a plus été possible de retrouver de traces de la tumeur dans un sein peu volumineux, et dans l’examen duquel par conséquent aucun engorgement n’a pu échapper. M. le docteur Arnaud continue à donner des soins dans cette famille , et madame à jouir de la meilleure santé ^

sans ressentiment de ses douleurs.

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