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Inflammation des tumeurs cancéreuses .
II est une époque de la durée des tumeurs squirrheuses , où il devient impossible d’empécher qu’elles ne s’enflamment et ne finissent par s’ulcérer. Si la tumeur est solidement et exactement enkystée, le malade la supporte longtemps sans que sa constitution en souffre : c’est ce qui est arrivé chez les sujets des 10e et 44e faits ? dont la guérison paraît solide. Au contraire , la santé des personnes des 25e, 35e, 4^e bdts s’est promptement altérée et la récidive a été immédiate chez les deux dernières.
Pour bien entendre les effets de l inflammation sur les tumeurs cancéreuses, il faut la considérer lorsqu’elle se développe , soit dans la tumeur dont elle produit ou accélère la décomposition et dont elle accroît l’influence sur l’organisme, soit dans les parties saines qui environnent la maladie locale. Dans ce dernier cas, la tumeur peut être séparée comme un corps étranger ou une escarre , si l’inflammation en occupe toute la circonférence à un degré suflisant. C’est ce qu’on a observé quelquefois (Ledr an, M. Riehcrand), et
ce qui a failli arriver aux sujets des 1 2e et 1 3* faits , chez qui l’élimination a été incomplète, parce que ces deux per so n n es ay an t des en gorge m ens d i ffus e t non pas des tumeurs isolées et enkystées , Tinflammation est tombée en partie sur la périphérie de la tumeur et en partie sur les tissus sains qui l’entouraient. Cette circonstance explique trèsbien la présence d’un pus louable dans certaines tumeurs cancéreuses autour desquelles il se fait des tentatives d’élimination des parties malades* Chez la personne du a5° fait de la première partie, et chez celle du 6e de la deuxième, la îièvre a présenté les symptômes des maladies aiguës. L’apyrexie observée chez le sujet du 45e fait dans le dernier mois, malgré le marasme, prouve (lue la fièvre n’est pas essentielle aux maladies cancéreuses, meme les plus graves, quoiqu’elle puisse s’y joindre dans di fférens cas : elle paraît > dans la maladie dont il s’agit, accélérer le développement de la cachexie et de tous les aecidens secondaires.
s- iv.
Ulcération des tumeurs circonscntcs .
L’ulcération est une suite naturelle du ramoL
lissement et de l'inflammation des tumeurs cancéreuses \ parfois ces tumeurs restent stationnaires pendant quelque temps sans que la constitution en souffre évidemment , si ce n’est par l’engorgement des ganglions, comme on peut en voir des exemples chez les sujets des i Ie, 22e , 28e, 29e , 4 Ie et 46e faits. Le plus souvent , l’époque de la formation des ulcères secondaires par l’ouverture des tumeurs cancéreuses est celle de l’infection générale de l’organisme, si déjà elle 11’avait lieu auparavant : c’est ce qu’on a vu chez les personnes des 1 3e , 24e , 25e , 38° et 48e faits de la première partie, et chez celle du 6e de la seconde. D’autres fois la constitution ne semble pas souffrir ; l’ulcère éprouve des diminutions et des augmentations alternatives *, cependant la maladie locale gagne les parties voisines, et enfin toute l’économie tombe dans la cachexie cancéreuse : tel est le cas du sujet du 12e fait.
Lorsque des dégénérescences cancéreuses se trouvent jointes dans le meme organe à des productions fibreuses napiformes, comme cela arrive fréquemment dans l’utérus , on trouve quelquefois dans la tumeur fibreuse des portions ossifiées que l’ulcéra tion de la partie cancéreuse a commencé à détruire. Cette observation fait également ressortir la différence de nature des pro-
ductions fibreuses et squirrheuses , et le mécanisme de la destruction des corps fibreux par les affections cancéreuses qui peuvent s’y trouver associées.
Destruction spontanée et artificielle des tumeurs
circonscrites .
Ce que j’ai dit de la destruction spontanée ou artificielle des engorgemens cancéreux diffus s’applique surtout aux tumeurs squirrheuses.
L’ablation n’a de succès solides, que lorsque la tumeur est fortement enkystée et qu’on opère avant que les parois des vaisseaux veineux ou lympbatiques et le tissu cellulaire soient devenus malades à une distance trop grande du foyer , pour qu’on puisse enlever toutes les parties affectées que la vue ni le toucher ne peuvent toujours distinguer. Plus ces maladies sont anciennes, plus on doit craindre que le tissu cellulaire , les vaisseaux lymphatiques et les veines y aient déjà pris part.
Il m’a semblé que le nitrate de mercure avait plus d’affinité avec les tissus déjà malades qu’avec les tissus sains : serait-ce là une des raisons pour lesquelles les ulcères cancéreux prennent un si
bel aspect après son emploi? Cette affinité donnerait un moyen d’atteindre, par la cautérisation , toute la partie malade des organes plus sûrement que par l’instrument tranchant. La récidive n’a point eu lieu chez les personnes chez lesquelles la cautérisation a suffi ou a été combinée avec l’ablation , comme chez les sujets des 3e, iie, i4e, 17e et 22e faits. Cet objet me semble devoir fixer l’attention des praticiens, afin de déterminer avec justesse la part que la eautérisation , et spécialement avec le nitrate de mercure ou avec une préparation arsenicale , doit avoir dans la destruction artificielle des tumeurs cancéreuses , soit avant , soit après l’ablation.
Il faut appliquer ici ce que j’ai dit au sujet des récidives des engorgemens diffus. Les tumeurs squirrheuses présentent beaucoup de différences dans leur organisation *, mais lorsqu’elles sont suivies de récidive , quelle qu’ait été la nature des squirrhes qui ont précédé , les productions secondaires offrent toutes l’aspect néphroïde ou solanoïde , et passent à l’état encéphalo’ïde. Indépendamment de la cachexie cancéreuse quelles finissent par amener^ cette identité de nature des tumeurs cancéreuses consécutives , telle que j’ai pu l’observer me semble une
preuve invincible que toutes les affections squirrheuses, quelqu’aspect quelles présentent, appartiennent à la meme famille.