‹ Recherches sur le traitement du cancer, par la compression méthodique simple ou combinée, et sur l'histoire générale de la même maladie, suivies de notes 1.̊ sur les forces et la dynamétrie vitales; 2.̊ sur l'inflammation et l'état fébrileChapitre 16 sur 66 · DURÉE DES MALADIES CANCEREUSES · texte numérisé non relu

DURÉE DES MALADIES CANCEREUSES

La durée totale des maladies cancéreuses hypertrophiques ne peut être calculée qu’approximativement , parce que plusieurs circonstances peuvent la modifier. En effet, outre le caractère de sthénie , d’asthénie , d’ataxie ou de résistance morbide des fonctions de l’organe malade sur le vice desquelles repose le mécanisme de l’affection locale , il faut tenir compte de la manière d’être ou de l’état sthénique, asthénique, ataxique ou réfractaire des fonctions en général ou de la constitution. Si l’organe malade et l’économie sont en harmonie d’activité ou sthénie , comme chez le sujet du douzième fait , la durée de la maladie s’étendra au-delà de trois, quatre, cinq, six ans, à compter du moment où l'affection locale sortira d’inertie; si l’activité de l’organe malade se trouve en opposition avec 1 état passif ou asthénique de l’organisme , comme chez les sujets lymphatiques des septième et trentecinquième faits , la marche delà maladie sera plus rapide et elle durera moins de deux ans et même de dix-huit mois, à dater de l’époque où l’affec-

tion locale passera de l’etat stationnaire à celui d’activité.

La durée de l’état stationnaire peut être de plusieurs septénaires d’années , comme on le voit chez les personnes des 5% i4e faits, etc.

Lorsque la maladie locale a un caractère ataxique et que la constitution elle -même présente plus ou moins de débilité et d’incohérence entre les fonctions , alors il n’y a point de période stationnaire , et la durée de la maladie n’est que de quelques mois , comme chez la personne du 26e fait. Le caractère ataxique peut exister^ lors même que la maladie est accidentelle , comme chez le sujet du 5oe fait.

Lorsque le cancer est atrophique , il reste ordinairement stationnaire pendant un nombre d’années plus ou moins considérable, comme chez les sujets des 5° et i4e faits. On peut voir sur ce point les Recherches de M. Rouzet sur les Cancers chroniques .

Toutes choses égales d’ailleurs , les tumeurs isolées , ainsi que les engorgemens diffus qui sont indolens et présentent la dureté chondroïde, peuvent rester stationnaires pendant un, deux , trois, quatre , cinq septénaires d’années avant de sortir de leur inertie \ il n’en est pas ainsi des engorgemens diffus et des tumeurs isolées qui, avec

une consistance moindre, sont dès leur début le siège de douleurs spontanées lancinantes ou brûlantes*, car ceux-ci n’ont point d’état stationnaire et leur durée se circonscrit dans l’espace de dix-huit mois à deux ou trois ans au plus. Les ulcères primitifs secs, croûteuxetindolens, suivent la marche des tumeurs dures et indolentes, et restent stationnaires pendant beaucoup d’années , à moins que des irritations continuelles ne donnent une impulsion fâcheuse qui développe les douleurs spontanées lancinantes et brûlantes ; alors la durée ne sera que de deux , trois ou quatre années.

Les ulcères cancéreux primitivement humides, fongueux et douloureux , durent autant que les précédens à compter de l’époque ou ceux-ci sortent de leur état stationnaire.

Dans tous les cas, les phénomènes qui annon^ cent qu’un engorgement , une tumeur ou un ulcère cancéreux sort de sa période d’inertie, indiquent que la maladie ne durera pas plus de deux^ trois ou quatre ans , et même beaucoup moins.

Lors même que la constitution d’une personne malade résiste pendant long- temps à la propagation d’une maladie cancéreuse locale , dès que celle-ci a fait une impression générale et que

l’état de cachexie cancéreuse est prononcé, toute résistance cesse, et alors les accidens consécutifs augmentent si sensiblement de jour en jour, que la durée de la maladie ne peut plus se calculer que par mois ou par semaines.

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