II. i
clans le plus grand nombre des cas. Cette repullulation arrive tantôt au lieu meme qu’occupait le cancer, et tantôt dans des parties plus ou moins éloignées *, tantôt elle est immédiate, et tantôt il s’écoule un temps plus ou moins long avant que la récidive se manifeste. La reproduction annonce que la susceptibilité cancéreuse se réveille dans le meme lieu oii elle avait produit ses premiers effets, ou qu’elle entre en action dans de nouveaux organes.
ic. Lorsque la maladie cancéreuse se montre dans des régions de l’organe différentes de celles qui avaient d’abord été affectées, il est facile d’entendre que cela peut arriver parce que la meme susceptibilité cpii avait dominé dans un point existait aussi dans les autres , où elle s’éveille plus tôt ou plus tard. Il n’est pas nécessaire d’avoir recours à un vice général pour l’explication de ce phénomène. La manière d’agir de la compression locale méthodique prouve que l’affection développée n’est encore que locale, sans rien préjuger sur la nature de la disposition ou diathèse locale cancéreuse.
2 °. Lorsque la maladie se développe dans des ganglions lymphatiques recevant leurs vaisseaux de For gane malade , il ne faut pas oublier qu’il y a aussi ordinairement des communications ner-
yeuses, et que la simple douleur d’un organe, même sans absorption nuisible, peut amener l’engorgement des ganglions lymphatiques qui sont
en rapport avec la partie souffrante, et par conséquent que ces ganglions peuvent prendre facilement le même ton vital que les organes malades, et reproduire leurs maladies. Il peut donc arriver que le consensus d’influence réciproque entre l’organe et ses ganglions lymphatiques développe, non pas la susceptibilité cancéreuse qui est commune à tous les tissus, mais un état nouveau, en vertu duquel cette susceptibilité locale augmentée deviendra une disposition prochaine, qui entrera en action dans le ganglion d’une manière aussi réfractaire que dans la partie primitivement affectée.
5°. Lorsque la maladie recommence dans des organes éloignés , symétriques ou non symétriques, il ne faut pas oublier comment, en vertu de l’association vitale des organes , il arrive que la manière d’être de l’un, ou ses maladies, se répète dans l’autre*, comment un vésicatoire, par exemple, appliqué à un bras, détermine en même temps la formation d’une phlyctène à l’endroit où il est et à l’endroit correspondant de l’autre bras où il n'est pas *, il ne faudra pas perdre de vue qu’un vésicatoire appliqué sur le ventre a été
suivi d’une plaque inflammatoire sur le péritoine. Ce phénomène a frappe M. le professeur Marjolin comme moi (i).
Il résulte de l’association des organes par le consensus organique, et de la similitude de leur disposition locale à la dégénérescence cancéreuse, que le cancer peut se développer simultanément ou successivement dans plusieurs endroits , sans qu’il soit besoin d’un vice humoral primitif pour se rendre raison de ce fait, et sans constituer primitivement autre chose que des affections locales, lors meme qu’elles frappent d’abord sur tout un système de tissu , ou sur différais organes, sur toute la peau , par exemple , comme dans les sujets des 33e et 36e faits; mais il n’en est pas ainsi lorsque l’affection de divers organes est consécutive à la cachexie cancéreuse.
J’ai cru devoir insister sur cette manière d’envisager l’étiologie du cancer et scs récidives, parce quelle est moins décourageante pour l’homme de Fart , et sur-tout parce qu’elle est en rapport avec les succès obtenus dans plu—
(1) L’association des organes d’un côté du corps à l’autre est tellement prononcée chez M. D.... , que lorsqu’il éprouve même une blessure d’un côté, il se développe un état inflammatoire au point symétriquement correspondant du côté opposé : un coup à la jambe a été suivi d’une rougeur au mOme,endrûît de l’autre jambe.
sieurs cas par la méthode de traitement qui fait l’objet de mes recherches.