TABLEAU DES CONDITIONS D’EXISTENCE DES MALADIES
CANCÉREUSES
Toutes les conditions de développement des maladies cancéreuses se rangent naturellement dans trois séries, qui sont les influences physiques, physiologiques et morales.
§. Ier-
Conditions physiques .
Toutes les violences locales , même insuffisantes pour déterminer l’état inflammatoire des organes, peuvent devenir des occasions du déve-
loppement du cancer, et surtout lorsque la disposition locale à cette maladie est fortement prononcée. Les coups, une pression inégalé et douloureuse, les plus légers frotlemens , les a gens chimiques les plus ordinaires peuvent avoir un aussi fâcheux résultat chez des personnes dont les apparences de santé ne conduiraient pas à le prévoir.
Conditions physiologiques .
L’action vitale peut faire développer spontanément ou accidentellement les maladies cancéreuses. Il faut la considérer: i°. comme congéniale dans les susceptibilités, dispositions et diathèses cancéreuses qu’on apporte en naissant, et qui constituent la cause productrice spéciale des cancers. Cette cause nécessaire et intrinsèque attend pour entrer en action une cause commune ou occasionelle •,
2°. Comme modifiée dans les diverses périodes de la vie ou dans les différens âges , les maladies cancéreuses survenant plus ordinairement à une époque de la vie qu’à une autre , ainsi sous l’influence de l’age mûr , qui en devient une cause occasionelle \
5°. Comme altérée chez toute sorte de sujets, et
a tout âge, par des habitudes de stimulation ou de commotion des organes , par les produits d 'autres maladies y lorsqu’ils sont absorbés; le virus syphilitique, par exemple, produisant la syphilis ou le vice vénérien par les produits résorbés des organes devenus cancéreux et engendrant des cancers secondaires ; par la cessation de phénomènes physiologiques , ou pathologiques habituels y ou périodiques , comme les règles ^ les hémorrhoïdes , les migraines , les sueurs des pieds, les accès de goutte, etc. (i), qui sont autant de causes occasionelles différentes.
Conditions morales.
L’action morale agit sur Féconomie animale de la manière la plus évidente, et il est remarquable, au sujet du développement des maladies cancéreuses , qu’un grand nombre n’ont commencé qu’après que l’organisme a été modifié par les peines, les contrariétés, les frayeurs, les colères ou autres impressions morales fâcheuses plus ou moins vives et passagères ou habituelles.
(i) On peut , pour la marche , revoir le chapitre des préludes.
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Les affections morales, comme tontes les autres influences dont j ai parlé, font partie des lieuæ communs étiologiques de toutes les maladies *, aussi ne les ai-je qualifiées que du nom de causes occasioneiies , réservant le nom de cause pour la disposition organique en vertu de laquelle les maladies cancéreuses se développent spontanément comme par les influences accidentelles.
Je termine ce que j’avais à dire sur les conditions de développement des cancers en faisant observer de nouveau que leur cause intime paraît résider dans la susceptibilité spéciale qui existe chez toute sorte de personnes dans certains organes où elle incube , et dans lesquels elle ne s’éveille qu’à l’occasion de diverses influences dépourvues de toute action spécifique, et qui, par conséquent, ne sont que des occasions et non pas des causes; car elles développent indistinctement une maladie ou une autre ^ selon la disposition du sujet.
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