PREMIÈRE NOTE
( l'omë II , page 5. )
Recherches sur les forces vitales .
J’entends par for ce vitale, la puissance physiologique ou la faculté plus ou moins énergique, par laquelle les organes vivans exercent leurs fonctions spéciales soùs Faction de stimulus également spéciaux. La connaissance des stimulus spéciaux des organes ou de leurs réactifs physiques étant nécessaire pour en étudier les fonctions avec succès, je crois devoir analyser les lois de l’existence physique des stimulus pour les sens, avant de passer à l’étude des lois d’existence physiologique ou vitale des sens pour les stimulus. Cette marche paraîtra naturelle, si on prend garde que la coexistence dans l’organisme de phénomènes physiques et physiologiques suppose nécessairement entre eux une grande similitude de lois. Il est inutile d’avertir que je prends pour terme de comparaison , l’homme jouissant de la santé sous l’influence d’une action , d’une alimentation, de vêtemens, d’une atmosphère et d’un climat, au moyen desquels il peut la conserver*
Tout phénomène physique présente à considérer îe support du phénomène , le stimulus du support et les propriétés ou capacités spéciales du support et du stimulus qui concourent à produire le phénomène. Le support , le stimulus et leurs capacités réciproques constituent donc l’appareil d’un phénomène quelconque. Soit prise pour exemple la coloration , propriété, capacité ou force d’être vu, qui fait exister les corps pour la vision; il faut pour l’étudier dans ses élémens examiner :
Le support de ce phénomène, c’est-à-dire, le corps, la substance, ou le conducteur qui ie supporte, et qui est la première condition d’existence de la coloration ;
La lumière rayonnante qui prête ses couleurs à tous les corps conducteurs ou supports colorahîes , et constitue ia seconde condition d’existence du phénomène de la coloration ;
3°. La capacité réciproque des supports colorahîes et de la lumière qui les colore, laquelle constitue la troisième condition d’existence de la coloration.
La coloration cesse dans l’obscurité , pour recommencer aussitôt que la lumière rayonnante éclaire de nouveau les corps qui ont pour elle des capacités différentes, puisqu’elle les colore diversement, ou bien ne les colore point du tout, quoiqu’elle soit la même. Des conducteurs et un principe inerte n’auraient les uns sur les autres aucune action; la coloration, qui résulte de l’action de la lumière sur les corps, suppose donc , pour la production des couleurs, le concours des capacités réciproques des supports colorables et du stimulus qui les colore. *
Ou voit par ce qui précède, que tout appareil de coloration se compose d’un support ou conducteur, d’un stimulus ou principe colorant ou rendant visible, et de leurs capacités physiques réciproques. Un corps coloré n'entre en action , comme appareil visible de coloration, qu’à l’aide d’un appareil de vision qui puisse en apprécier les couleurs. La coordonnation indispensable de ces trois conditions pour l’existence du phénomène de la coloration constitue sa cause efficiente, qui ne se trouve dans aucune des conditions prise séparément.
Les différences et les modifications de la coloration des corps peuvent indiquer:
i°. ÏJne différence de nature qui, par exemple, est évidente entre les divers oxides du même métal qu’on distingue par divers réactifs , comme entre un fil de soie blanche et un fil de soie jaune qui ne sont pas également propres à recevoir certaines teintures ;
a0. Le degré ou l’espèce de lumière qui éclaire le corps coloré dont la coloration subit des modifications relatives à la quantité et à la nature de la lumière qui les colore ;
5°. Les hallucinations ou les illusions dont la capacité visuelle des organes de la vision est susceptible,
La coloration, comme phénomène physique, devient donc un moyen métrique, un réactif ^yo^yc à fournir, suivant les circonstances, des données sur l’état du corps coloré , de la lumière qui le colore, et des organes qui ont la puissance ou la force d’en apprécier les couleurs ou de les voir.
Telle est l’analyse de la coloration, applicable à tous les phénomènes physiques, sans que j’entende en excepter aucun ; telles sont les trois conditions de leur développe-
ment; telle est la loi à laquelle ils» sont tous soumis dans les molécules comme dans les masses.
Les phénomènes physiologiques en rapports coordonnés avec les phénomènes physiques sont d'une nature très-différente , sans doute; mais si la physique nous présente des corps visibles , la physiologie nou< montre des organes voyons , dont les phénomènes, sont soumis aux mêmes lois que les phénomènes des corps colorés, et auxquels la même analyse est applicable. En effet, si je prends pour exemple le phénomène de la vision , propriété, capacité ou force de voir , comme j’ai pris d’abord celui de la coloration ou force d’être vu , je trouve :
i°. Le support du phénomène de la vision, ou l’œil, qui est l’organe sensible ou voyant , et la première condition du phénomène ;
2°. Le principe qui donne au germe le pouvoir* de so développer avec tous les organes qui appartiennent à l’espèce de l’être vivant dont il provient; le principe qui, au moyen des organes en général et de l’œil en particulier, donne au germe développé la sensibilité et l’existence par le sentiment, aussi nécessaire à la vision que la lumière rayonnante est indispensable à la coloration et à l’existence visible des corps. Un œuf non fécondé jpqurrit dans le nid où il est couvé ; une branche séparée du tronc dont elle reçoit la vie meurt incontinent, et n’est plus propre à remplir ses fonctions spéciales , si , en se séparant de sa lige, elle n’emporte dans quelque bourgeon, comme le germe , la puissance vitale toute entière. Ce principe, dont le germe et les corps vivons sont les supports ou conducteurs exclusifs et spéciaux , constitue
pour moi le principe de la vie ou le principe vital. 11 est la seconde condition de la vision. Sa nature n'est pas pins nécessaire à pénétrer, pour étudier la vie et la vision, que celle de la lumière rayonnante, pour connaître les couleurs et la coloration ; mais les lois d’après lesquelles il est transmis par la génération, conservé par l’exercice des fonctions, altéré par leur abus, et perdu avec elles à des conditions thermométrîques , éîectrornélriques , gazométriques , hygrométriques , déterminées, ces lois, dis-je, sont d’une haute importance.
5°. Si l’œil est inerte ou privé de la vie par sphacèle, par exemple, il n’y a point de vision ; il faut donc, pour voir , que l’œil soit vivant , c’est-à-dire qu’il ait les propriétés ou les forces de la vie. Si la rétine est devenue insensible à la lumière, comme dans l’amaurose, la vue est éteinte, quoique l’œil soit vivant dans ses tissus ; il faut donc, pour voir , que l’œil ait sa sensibilité spéciale, dont l’exercice, suspendu dans l’obscurité, recommence aussitôt que la lumière rayonnante reparaît. Pour que le phénomène de la vision s’opère, il est donc nécessaire que la capacité réciproque de l'œii et du principe de la vie, l’un pour l’autre, soit dans un rapport convenable , ainsi que celle de la lumière rayonnante et des organes de la vue. La vision suppose donc des propriétés, forcer ou capacités dans l’organe, dans le principe de la vie et dans les objets visibles; ces propriétés sont la troisième condition d’existence de la vision.
Comme phénomène physiologique, la vision suppose un organe spécial , le principe qui le rend vivant et voyant , et les propriétés ou forces vitales et spéciales de
tous les deux. L'appareil physiologique de la vision , ainsi composé, n’entre en action qu’à l’aide d’un appareil physique de coloration rendu visible. L’analyse des phénomènes physiologiques ne démontre donc pas moins évidemment l’existence des capacités, forces ou propriétés vitales dans les organes, que l'étude des phénomènes physiques ne découvre les capacités ou propriétés physiques dans les corps.
Les modifications do la vision peuvent indiquer :
i°. L’état ou les différences de l’organisation des yeux ;
2°. Le degré ou le mode de leur vitalité ou de leur capacité visuelle ;
3°. Les vices de la lumière qui éclaire et colore les corps.
La vision, comme phénomène physiologique , peut donc devenir un moyen métrique ou un réactif propre à fournir, selon les circonstances, des données sur l’état des yeux, sur leur puissance visuelle et sur l'état de la coloration des corps 3 ce qui oblige de distinguer soigneusement Y action, du pouvoir de la produire, simple propriété ou force qui n’est pas l’action.
Il ne s’agit pas ici de chercher entre les phénomènes physiques et physiologiques des analogies de nature qui n*y sont pas ; carie phénomène qui rend visible ne peut pas être de même nature que celui qui rend voyant . Dans ces phénomènes si différées , la similitude des lois est cependant évidente. En effet, dans les deux séries, les phénomènes supposent des supports dont les propriétés n’entrent en exercice que sous l’influence d’un stimulus, lequel, dans un cas comme dans l’autre, ne
peut être saisi qu’au moyen tle scs conducteurs spé* ciaux.
Ces lois, évidentes dans la production de la coloration et de la vision, ne le sont pas moins dans celle du son et de l’audition, des saveurs et de la dégustation, des odeurs et de l’odoration , des configurations et de leur appréciation, des combinaisons chimiques et des assimilations physiologiques , qui sout en rapport coordonné, comme la coloration et la vision. Soit pris pour exemple le phénomène de la combinaison ou de l’assimilation chimique, propriété, capacité ou force moléculaire des corps de se combiner ou de s’assimiler réciproquement :
i°. Toute combinaison chimique suppose un appareil
composé de deux corps au moins qui se modifient l’un
l’autre en se combinant, et constituent la première
condition de tous les phénomènes chimiques, lesquels
ne sont , au fond , que des assimila lions des corps les uns
par les autres. Soit donné un sel : Tacide et la buse qui
le composent éprouvent par leur combinaison une modification qui les rapproche, les associe ou les assimile l’un à l'autre, de manière à former un produit homogène spécial.
2*. Aucune combinaison ou assimilation chimique ne peut s’opérer sans un stimulus , intermédiaire indispensable entre les élémens de l’appareil d’assimilation pour mettre en exercice les propriétés de se combiner qu’ils ont en puissance. Il faut qu’au moins l’un des deux corps à combiner soit fluide; il faut donc que le principe thermométrique y soit dans une proportion déterminée pour que la combinaison des deux corps s’opère, en sorte qu’on peut dire à quels degrés du lher-
momèlre elle commencera, se soutiendra et finira; d’autre pirt , il n’est aucune combinaison ou assimilation chimique dans laquelle il n’y ait absorption ou dégagement du principe de l’électricité comme du principe de la chaleur, depuis la congélation jusqu’à la combustion : d’où il faut absolument conclure que les principes dynamiques, connus sous les noms de calorique et d1 électrique , sont la seconde, puissante et nécessaire condition de tout phénomène de combinaison ou d’assimilation chimique, dans quelque vase et dans quelque milieu gazeux qu’il s’opère.
5°. Toute combinaison ou assimilation chimique suppose une capacité ou des propriétés d’action dans les corps qui agissent l’un sur l’autre pour se combiner ou s’assimiler réciproquement et dans les stimulus , par l’action desquels s’opère la combinaison ou l’assimilation. Cette capacité spéciale des substances ou supports et des stimulus, est la troisième condition du phénomène qui nous occupe.
L’action du calorique et de l’électrique étant reconnue inséparable de tout phénomène d’assimilation ou de combinaison chimique , on est conduit à demander si ces principes ne communiquent pas aux corps leurs propriétés chimiques, en raison de leurs capacités réciproques, comme la lumière , en raison de sa capacité pour les surfaces colorables et de leurs capacités pour elle , prête des couleurs qui ne leur appar¬
tiennent pas.
La réponse à cette demande sera affirmative, si on réfléchit que, ainsi que la coloration des corps , nulle en l’absence de ia lumière , se montre avec netteté à
un degré de clarté déterminé , et avec la confusion du blanc qui éblouit à une lumière excessive ; de même, les pr opriétés chimiques des corps , nulles à un froid détermine qui condense , se manifestent distinctement à une chaleur tempérée, et confusément à une température très-élevée qui brûle.
De plus, si on considère que tous les agens thérapeutiques, destinés à modifier l0s fonctions organiques, ont une action spéciale stimulante, sédative, tonique ou relâchante, et peuvent n’être que des succédanés des agens physiques qui ont l’action uniforme du calorique en plus ou de la chaleur qui stimule, du calorique en moins ou du froid qui tempère, du sec qui fortifie et de 1 humidité qui débilite, on en reviendra peut-être à chercher de nouveau les racines de la thérapeutique dans l’action du chaud, du froid, du sec et de l’humidité, les modificateurs les plus puissans et les plus léguliers de l’organisme. Ces idées seront développées dans un travail qui d.oj| suivre celui-ci.
Les différences et les modifications des assimilations physiques des corps peuvent indiquer :
i . La nature différente des corps assimilés ou combinés ;
2°. Le degré de leur capacité ou susceptibilité pour l’assimilation ;
û°. Les dépravations dont les organes appréciateurs et modificateurs sont susceptibles.
L’assimilation , comme phénomène physique, est donc un moyen de mesurer l’état des corps assimilés , celui de leurs propriétés ou capacités physiques , ou e calorique et l’électrique qui les mettent en action, ti
enfin celui des sens qui les apprécient et des appareils qui les modifient.
Si on passe aux phénomènes physiologiques , on y trouve des lois toutes semblables dans la propriété , capacité ou force de combiner , ou d’assimiler les substances alimentaires et nutritives les unes avec les autres,,. En effet :
i®. Toute combinaison ou assimilation physiologique suppose un appareil organique dans lequel des élémens sont modifiés ou combinés d’une manière spéciale. En appareil organique est donc la première condition de tout phénomène d’assimilation vitale , qui n’est au fond qu’une combinaison de substances diverses dans et par un appareil physiologique spécial. Soit donné le chyme : les substances alimentaires dont il est composé éprouvent dans l’appareil digestif une combinaison et une modification qui les associent ou les assimilent les unes aux autres, de manière à en former un produit homogène
2°. Aucune assimilation physiologique ne peut s’opérer sans l’état physiologique de son appareil spécial, et, par conséquent, sans un stimulus vital, intermédiaire indispensable entre l'appareil et les substances à assimiler, pour mettre en exercice les propriétés qu’elles n’ont qu’en puissance. Il faut que la vie ou l’action physiologique soit à un degré déterminé , pour que la combinaison physiologique des substances alimentaires ait lieu : en sorte qu’on peut dire à quel degré d’énergie vitale l’assimilation chymeuse et hématusique commencera, se soutiendra et finira, comme on peut annoncer celui de la chaleur physique auquel la nutrition du
poulet dans l’œuf commencera, se soutiendra et cessera, L’état de vie, ou le principe vital, est donc la seconde condition d’existence de toute assimilation physiologique quelconque.
3°. Toute assimilation physiologique suppose des capacités ou propriétés spéciales dans les substances à assimiler et dans Lappareil vivant qui agit sur elles, pour régler leurs combinaisons ou assimilations physiologiques, et obtenir un produit spécial ; cette capacité réciproque est la troisième condition du phénomène que nous analysons.
Avant de passer outre, je dois faire remarquer ques comme il n’est aucune assimilation physiologique dans laquelle il n’y ait absorption ou dégagement spontané de chaleur et d'électricité, depuis le refroidissement spontané le plus violent jusqu’à la combustion également spontanée, il peut sembler permis de conclure que les principes dynamiques, connus sous les noms de calorique et d’ électrique , sont la même chose que le principe de la vie.
En effet, le calorique et l’électrique étant reconnus une condition indispensable des assimilations vitales comme des assimiL ’ons physiques, on est conduit à demander si ces r xipes ne prêtent pas aux organes les propriétés vitales , comme ils donnent aux corps leurs propriétés chimiques , ou comme la lumière leur communique ses couleurs.
La réponse à cette question sera négative, si on réfléchit qu’en l’absence d’un germe spécial , c’est-à-dire d’un appareil vital , ou après l’extinction de la vie dans cet appareil , le calorique et l’électrique n’ont en puis-
sauce que «les phénomènes physiques ou chimiques , au moyen des substances qui deviennent leurs conducteurs dans une proportion quelconque. Si l’œuf n’est pas fécondé , ou si le germe en est mort , il pourrit à la chaleur , ou il y cuit, et il en est de même du poulet, lorsqu'il est privé de vie. Tout le problème repose donc sur ce principe, inconnu dans sa nature, dont le germe est le spécial et nécessaire conducteur à une température déterminée que le corps vivant conserve, transmet , et perd à des conditions également déterminées.
Le principe contenu dans la semence ou dans l’œuf fécondé* qui vivifie l’organisme qui en provient, et dont faction vitale est suspendue par un froid rigoureux , soutenue par une température modérée, et détruite par une chaleur brûlante , ce principe dynamique , quel qu’il soit, est celui de la vie ou la lumière vitale, et suit les mêmes lois que les principes dynamiques présidant aux phénomènes physiques* En effet, le principe de la vie produit les phénomènes de la (lèvre algide , de la congélation spontanée de l’organisme dans le climat brûlant des marais pontins, comme ceux de la fièvre ardente et de la combustion spontanée sous la zone glacée. Ainsi, d’une part, le principe vital, qui soutient la vie et la chaleur organique au même degré , sous des températures si différentes, le principe vital qui maintient l’électricité organique chez la torpille, au milieu des eaux de la mer qui devraient la lui enlever, le principe vital qui soutient l’électricité organique , sous le climat des Antilles, dans le temps même où les machines électriques ne peuvent fournir d'électricité physique , la lumière vitale qui rend l’insecle lumineux
dans l’obscurité la plus profonde, le principe vital , dis-je, n’est ni la lumière physique, ni le calorique, ni l’électrique qu’elle met en œuvre, et dont elle se joue également sur les organes auxquels elle prête sa puissance vitale; comme la lumière physique prêle sa puissance lumineuse au miroir qui éclaire et échauffe par elle, quoiqu’il n'ait en lui ni la lumière ni la chaleur# D’autre part , si on considère que, dans l’organisme , le principe vital donne la puissance 1°. de Yaction ou de la stimulation vitale spontanée, de la chaleur et de la rubéfaction des organes; 2°. de Y inaction ou de la sédation vitale spontanée, du rafraîchissement et de la décoloration des organes; et 3°.. de l'aptitude et de la résistance ou non résistance des organes à l’exercice de leurs fonctions , c’est-à-dire de la vigueur ou de l’énergie vitale, on viendra à reconnaître an-dedans de l’organisme vivant un régulateur de la température
comme de la force organique. L’action du principe vital
donne une raison suffisante du pouvoir de l’organisme vivant, dans la marche spontanée des maladies abandonnées à elles-mêmes, et éclaire sur l’action des agens thérapeutiques destinés à la modifier.
La chaleur physique produit l’action organique , mais l’action organique spontanée ou volontaire ne produitelle pas la chaleur physiologique qui empêche l’organisme vivant de se refroidir dans un milieu moins chaud que lui ? le froid physique modère l’action organique , mais l’inaction organique spontanée ou volontaire ne produit-elle pas la réfrigération physiologique qui s’oppose à ce que le corps vivant s’échauffe à l’excès dans
un milieu plus chaud que lui? des conducteurs saturés d’électrique peuvent le céder à l’organisme au point de le foudroyer, mais l’organisme se crée lui-même une électricité constante, même dans des milieux et dans des temps où nos appareils électriques artificiels sont sans action.
Ces faits prouvent que le calorique et l’électrique sont pour les germes et les organes des stimulus puissans,mais la manière dont le germe et les organes les mettent en œuvre dans les actions organiques prouve que ces grands agens de la nature physique ne sont dans la nature physiologique que des instrumensdu principe vital dont les germes et les organes vivans sont les seuls conducteurs.
D’après ce qui précède, on voit, en étudiant les modifications des assimilations physiologiques, qu’elles ne sont, en effets que les modifications de l'action du principe vital dans les organes assimilateurs en exercice. Les variations des fonctions spéciales n’étant que l’expression de celles de l’action vitale, présentent un dynamètre naturel pour mesurer l'état normal et anormal de la résistance vitale par celui des fonctions physiologiques. Parmi les fonctions, la chaleur et l’électricité organiques, ou la température et les locomo tions physiologiques spontanées 9 font connaître au médecin l’état de bien-être ou de malaise vital, local et général , conformément à des lois analogues à celles d’après lesquelles un corps eu mouvement donne la mesure de l’impulsion qu’il a reçue au physicien qui sait l’interroger.
Les différences et les modifications des assimilations physiologiques ou des fonctions assimilatrices des corps vivans peuvent faire connaître :
i°. Le bon ou le mauvais état des appareils assimilateurs;
2°. Le degré de leur vitalité ou de leur capacité physiologique assimilatrice :
5°. Les vices des substances qui sont à assimiler.
Les assimilations organiques, comme phénomène physiologique, sont donc un moyen métrique de l’état des appareils assimilateurs 3 de celui de leur capacité physiologique, ou du principe vital qui les met en ac tion , et enfin de l’état des substances à assimiler.
S’il entrait dans mes vues de démontrer la différence de nature des corps inorganiques et des corps vivans, j’en trouverais les preuves dans l’antagonisme coordonné des phénomènes physiques et physiologiques dont je viens de parler; mais en même temps j’aurais à faire remarquer que les uns et les autres sont soumis à des lois semblables dans deux séries si opposées. En effet :
i°. Les phénomènes physiques ne se développent qu’à la condition d’un support pourvu de capacités ou propriétés physiques, et d’un stimulus ou puissance: la même loi s’observe dans les phénomènes physiologiques qui n’existent qu’à la condition d’un organe ou support pourvu de capacités physiologiques ou vitales, et d’un stimulus ou puissance. Si on veut pénétrer la nature des conditions d’existence d'un phénomène physique, on trouve des actions également physiques qui annoncent un corps; mais si on veut scruter cc support d’action dans