‹ Recherches sur le traitement du cancer, par la compression méthodique simple ou combinée, et sur l'histoire générale de la même maladie, suivies de notes 1.̊ sur les forces et la dynamétrie vitales; 2.̊ sur l'inflammation et l'état fébrileChapitre 43 sur 66 · Un refroidissement ou un sentiment de froid · texte numérisé non relu

Un refroidissement ou un sentiment de froid

plus ou moins pénible , ivec sédation générale de toutes les fonctions;

3°. Une augmentation de température ou un sentiment de chaleur plus ou moins insupportable , avec sur-stimulation générale de toutes les fonciions ;

4". Un sentiment général de tension désagréable ;

5°. Un surcroît de colorai ion et de développement des vaisseaux de la grande circulation sanguine, et des capillaires sanguins qui les unissent 5 et des modifications plus ou moins remarquables dans l’hématose qui s’y opère ;

6°. Un sentiment de pulsation générale, etUaugmentation de la fréquence et de la force des mouvemens du cœur et des artères; un sentiment de gêne des organes contractiles qui président à la respiration; le trouble des mouvemens des organes contractiles de la digestion et même l’état de fatigue des organes contractiles soumis à la volonté /

7*. Une augmentation générale de l’influence sympathique ou du consensus réciproque des organes ;

8°. Des produits sécrétoires nouveaux , diaphoniques, urinaires, stercoraux, hémorrhagiques ou autres;

g°. Enfin, le rétablissement de l’état normal ou la guérison.

Telle est la série des phénomènes spontanés et caractéristiques d’une fièvre complète , ou si l’on veut d’une phlegmasie générale régulière, dans les trois périodes de concentration , d’expansion et de sécrétion

fébriles.

La fièvre peut survenir accidentellement sous l’influence d’une soustraction ou d’une addition du calorique, c’est-à-dire du froid ou de la chaleur extérieurs dont l’action peut aller jusqu'à causer la mort; mais l’état fébrile peut survenir aussi spontanément par les changemens spontanés que peuvent éprouver le sentiment de la température organique par les vices du tact général, et la calorification elle-même par les vices du

sens vital; ainsi l’action de la température extérieure peut produire la fièvre qui peut aussi naître spontanément. Ceci demande quelques développemens.

i°. Tous les sens distincts, comme les sens confus sont soumis à des stimulus spéciaux, qui, en agissant sur Jes organes, les mettent en aciion. Cela est évident pour les sens distincts de la vue, de l’ouïe, du toucher, de l’odorat, du goût , de l’irritabilité motile qui donne le sentiment de la pesanteur des objets extérieurs; cela est évident, dis-je, surtout pour le tact général, qui donne directement par toutes les parties du corps le sentiment spécial de température chaude ou froide, de pulsation , de piqûre et de formication ; îe tact général, que tous les autres sens supposent et qui ne les suppose pas, donne directement aussi , par les impressions des autres sens distincts et des sens confus qu’il associe, le sentiment de bien-être et de malaise , de plaisir et de douleur. Cela est manifeste pour les sens confus des organes ganglionnaires auxquels nous devons îe sentiment de la faim et de la soif, ou des besoins d’alimens, de boissons et d’air respirable , ainsi que celui des besoins d’excrétions urinaire, stercorale et sexuelle; cela n’est pas moins clair pour le sens interne commun dont les organes des autres sens distincts et confus sont les stimulus spéciaux par leurs impressions : de manière que quoique, dans l’état normal, chacun d’eux n’y fasse naître que celles qui lui sont propres, il peut cependant , dans l’état anormal, y réveiller les impressions des autres sens , comme cela arrive dans l’ivresse , les songes et les délires par l’état morbide ou le malaise de l’organe de chaque sens distinct ou confus en particulier Exemple : le malaise de

l’eslomac réveille l’idée d’obje's vus, entendus, etc., qui ont causé du malaise, comme la vue de certains objets ou l’audition de certains sons réveillent l'idée du malaise gastrique ou autre qu’ils ont causé.

2°. Tous les sens distincts et confus, ainsi que la sensibilité commune latente ou le sens vital sur lequel reposent les sens spéciaux qui président à la spécialité des sécrétions et de la nutrition des parenchymes, le sens vital sur lequel reposent aussi l’inflammation et la cicatrisation des organes qui reçoivent des nerfs, de ceux dont les nerfs sont paralysés ou coupés, de ceux qui n’en reçoivent pas, comme les fausses membranes organisées, et des nerfs et du cerveau eux-mêmes; tous les sens, dis- je, y compris le sens vital, peuvent entrer en action en l’absence de leurs stimulus spéciaux. Celte assertion est évidente par les hallucinations de la vue, les sons entendus sans bruit, les illusions du toucher, les odorations sans corps odorables, les saveurs sans corps rapides, les sentimens de chaleur et de froid, de piqûre et de formication sans cause physique; le sentiment de pesanteur spontanée des membres; la faim dans la boulimie , la soif dans i’hydropisie et Tivrognerie , le besoin d’air dans les asthmatiques, le ténesme vésical et rectal sans matières à évacuer ; la chose n’est pas moins démontrée dans les chaleurs , les froids , et les douleurs spontanées des fièvres ardentes et algides, dans les asphyxies spontanées sans gaz méphitique ou les nitrifications excessives et spontanées du sang sans cause extérieure évidente; enfin elle est certaine pour les modifications spontanées des sécrétions et des nutritions, îorsqu’e'les s'éloignent de l’état normal comme lors-

qu’elles y reviennent spontanément. Ces exemples sont suffisans pour éclaircir le mécanisme des phénomènes spontanés de la fièvre, et pour révéler la loi générale en vertu de laquelle se de'veîoppect et cessent spontanément la sur-sédation , la sur-stimulation et les sursécrélions fébriles, c’est-à-dire toutes les modifications spontanées des phénomènes du sens vital.

Si le degré de la fièvre générale est considérable , l°s

fonctions nerveuses sont lésées; les fonctions de la Ioco-

motion non soumise et soumise a la volonté, les assimilations digestives , hématosiques et nutritives , et enfin toutes les sécrétions sont modifiées plus ou moins, ainsi que le consensus sympathique des sens distincts et confus, ou, en d’autres termes, l'organisme est ébranlé dans ses fondemens. Son existence vitale menacée peut succomber immédiatement à l’excès du froid , de la chaleur ou de la sécrétion, comme on le voit dans les algides, les ardentes , les suettes, etc. , lors même que les fonctions spéeiales*des sens distincts se soutiennent encore avec une apparence d’état normal ; si la vie résiste , des sécrétions, des exanthèmes, des phîegmasies , des éliminations s’établissent et la santé renaît avec l’ordre organique.

Venons maintenant à étudier les phénomènes de l’état inflammatoire des organes, et nous verrons s’ils diflèrent de ceux de l’état fébrile général dans leur marche et leur essence.

Une personne éprouve:

i°. Un malaise spontané et local;

2®. Un refroidissement ou un sentiment de froid plus ou moins sensible;

3°. Une augmentation de température ou un sentiment de chaleur avec sur-stimulation locale du sens vital ;

4°. Une tuméfaction ou un sentiment de tension plus ou moins* pénible;

5*. Une rougeur ou un développement de vaisseaux sanguins , signes certains de l'eTat nouveau et spécial de l’hématose locale ;

6°. Un sentiment de pulsation, et le rétablissement plus ou moins prompt de la rougeur si on la fait disparaître par la pression;

y°. Une augmentation de l’action sympathique de la partie malade sur les autres et des autres sur elle;

8° Un produit sécrétoire nouveau ou du pus;

9°. Enfin, le rétablissement de l’état normal ou la guérison.

Qui peut méconnaître ici la série des phénomènes spontanés et caractéristiques d’une phlegmasie complète, ou si l’on veut d’une fièvre iocaie spontanée avec toutes ses périodes? En effet , dans une inflammation régulière on observe trois ordres de phénomènes: la concentration plus ou moins sensible de Faction vitale locale 9 son expansion et la sécrétion qui rétablit l’ordre ; cependant la réfrigération , par son excès , peut aller jusqu’à la gangrène; et il en est de même de la chaleur. La suppuration peut aussi être excessive.

On voit par cet exemple que je regarde une inflammation , accidentelle ou spontanée, comme une fièvre locale, qui est aux fonctions vitales ou végétatives communes d’un organe ce que la fièvre générale est à l’économie toute entière , c’est-à-dire aux fonctions yitales spéciales des appareils généraux par l'association du

tact général et du sens vital qui leur sont communs. On se convaincra davantage de l’intimité de ce rapport en revenant sur l'analyse des phénomènes d’une fièvre générale régulière.

Chaque organe, dout^d’une vie végétative particulière qui peut se soutenir môme en l’absence de son artère et de sa veine, comme je l’ai fait sentir dans une autre note , chaque organe a pour ses tissus élémentaires ses maladies vitales ou ses fièvres, comme l’organisme a les siennes pour ses appareils généraux d’assimilation, d’hématose et dé sentiment. La vie est malade dans un cas comme dans l’autre. Faut-il, dès-lors, s’étonner de l’association fréquente des fièvres locales et générales?

Ici je dois faire observer qu’il y a une grande différence entre les troubles des appareils qui ne se lient pas à l’affection des fonctions vitales. Autre chose est un délire par une affection morale ou par une méningite; autre chose est une lésion de la vue par fatigue d’exercice de l’organe ou par son inflammation ou sa gangrène. Une personne a une névrose douloureuse qui passe d’un endroit du corps à l’autre avec la rapidité de l’éclair, une crampe, etc. , la douleur est violente : qui verra là une maladie vitale ? Qu’on examine la manière dont l’organisme supporte les douleurs nerveuses et les douleurs inflammatoires quoique moins fortes, et qu’on prononce entre les dangers de la douleur atroce d’une migraine et ceux d’une méningite très-peu douloureuse. Un homme a couru, il a le pouls fréquent et de la dyspnée ; lin autre a trop mangé , s’est enivré et vomit; cet autre est dans les convulsions d’une épi-

lepsîe , etc. , etc. , que Ton compare le danger, dans ces cas, avec celui qu'entraîne une intermittente pernicieuse céphalalgique, dyspnéique, cholérique, spasmodique , etc. Si l'expérience démontre entre ces affections une distance immense, il faut absolument distinguer les lésions des fonctions vitales communes ou du sens vital des lésions des fonctions organiques spéciales ou des sens spéciaux : ainsi on distingue l’ophfhalmie de l’éréthisme de la rétine et de l’amaurose , î’otile de l’éréthisme du nerf acoustique et de la paralysie acoustique , et enfin la fièvre générale d’une simple sur-stimulation ou d’un collapsus nerveux généraux.

Il est important de reconnaître qu’en vertu des lois du consensus ou de l’association physiologique des appareils et des tissus organiques, par le tact général qui leur est commun, l’état fébrile local çt généra), peut être développé par les lésions des fondions spéciales des organes des sens distincts et confus , comme par les lésions des fonctions vitales communes des tissus. Cette observation donne la raison du développement de l’état fébrile par des commotions physiologiques quelconques des fonctions spéciales, et celle du trouble des fonctions spéciales par celui des fonctions vitales.

La sur-stimulation locale du tact général et du sens vital dans un tissu, et leur sur-stimulation générale dans tout l’organisme, donnent lieu d’observer les effets suivans :

i°. L’addition locale du calorique par des conducteurs plus chauds que le corps, et l’application locale de substances alcalines et stimulantes ou des acides concentrés produisent le sentiment d’une chaleur et d’u«e

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