‹ Recherches sur le traitement du cancer, par la compression méthodique simple ou combinée, et sur l'histoire générale de la même maladie, suivies de notes 1.̊ sur les forces et la dynamétrie vitales; 2.̊ sur l'inflammation et l'état fébrileChapitre 46 sur 66 · II. 'i · texte numérisé non relu

II. 'i

lation ont besoin de repos ou de la suspension de la stimulation pour y être sensibles de nouveau ; ainsi qu’après une sédation ou un repos plus ou moins soutenu le besoin ou l'appétit d’action se fait sentir. C'est la loi qui oblige l’ivrogne et le glouton à suspendre l’ingestion des boissons et des alimens lorsqu’ils sont saturés, et l’utérus à expulser le fruit delà coneeption lorsqu’il est saturé de l’action de fournir les élémens de la nutrition intrà-utérine , comme le fœtus de les recevoir tout préparés; c’est la même loi qui rompt la société des organes qui constituent l’économie animale lorsqu’ils sont saturés d’action outre mesure, dans l’état de maladie ou de décrépitude. Il ne s’agit pas ici d’expliquer le mécanisme inaccessible des phénomènes organiques de la vie; mais d’étudier les lois bien connues qui règlent la conduite cà tenir pour favoriser leur développement et leur suspension. N’est-il pas en effet plus important de connaître la marche spontanée et les moyens de suppression d’une fièvre intermittente que d’en pénétrer le mécanisme? A quoi servirait au médecin de connaître parfaitement le. mécanisme de la digestion, de la génération, d’une fracture ou d'une plaie, s’il ignorait les lois de l’hygiène qui regardent la digestion normale , celles de l’accouchement naturel , ou de la formation du cal et de la cicatrisation, et les conditions nécessaires pour les obtenir.

Si les lois de la saturation organique sont évidentes dans la suspension des phénomènes physiologiques , celles de Yhabitude ne le sont pas moins dans leur reproduction. Le retour et les modifications périodiques de la veille et alu sommeil , de l’appétit d’alimens et de

boissons, du besoin des excrétions alvines ou urina'res> des fonctions complémentaires spéciales, menstruelles, hémorrhoïdales, hémîcraniques , arthritiques, névrosiques, etc., et des fonctions vitales communes , sont soumis à des lois souvent irrégulières, mais aussi, souvent, si rigoureuses , qu’il est difficile d’y méconnaître la puissance de l'habitude , dont l’organisme devient l’esclave d’autant plus docile qu’elle a vieilli davantage. De celte observation naît la loi de remplacer une habitude physiologique qui cesse spontanément par une autre, lo rsque d’elle-même l’économie n’en prend pas de nouvelles qui soient sans inconvéniens. De là la nécessité d’opposer à une habitude physiologique anormale ou pathologique des modifications vitales nouvelles par des stimulations ou des sédations successives, ou par des perturbations méthodiques qui ramènent les mouvemens organiques dans leur rectitude normale, ou les empêchent de retomber dans l’ornière de l’habitude.

Recherches sur les fièvres biosiques avec matière et

sans matière.

Soulever ici la question de l’humorisme et du solidîsme n’est- ce pas risquer de s'engager dans un dédale sans issue? Je ne dois pas le penser, s’il y a quelque, exactitude dans les rapprochemens auxquels je me suis livré jusqu’ici au sujet des lois de l’état fébrile en général et des fièvres biosiques en particulier. Je suivrai donc la même marche dans ces recherches sur les lièvres biosiques avec et sans matière.

• Si on étudie les lois des modifications des fonctions de l’appareil tégumentaire externe, on trouve :

i°. Que des vêtemens insolites et surtout l’application de substances plus ou moins stimulantes, sédatives 9 toniques ou relâchantes , modifient les fonctions vitales spéciales , diaphoniques * etc. , et ensuite les fondions vitales communes , nu tritivcs, etc, , de la peau. Personne ne peut ici méconnaître l’existence d’un agent physique comme modificateur de l’appareil cutané vivant ; telle est l’idée radicale des modifications

organiques vitales par un agent physique nouveau, ou par une cause matérielle épier asique ou surajoutée k l’organisme.

2°. On trouve que la peau modifiée spontanément , sans cause physique évidente, ou même parle simple état hygrométrique latent de l’atmosphère , etc. , supporte ses vêtemens ordinaires d’une manière si différente de celle qui lui est habituelle, qu’ils deviennent pour elle des agens de sur-stimulation, de sur-sédation, desurtonification ou de sur-relâchement, selon la modification qu’elle a éprouvée dans son tact général distinct ou dans sa sensibilité vitale commune . il est clair dans ce cas que les vêtemens étant les mêmes que de coutume, ce n’est pas en eux qu’il faut chercher la raison delà sur-stimulation, sur-sédation, etc. éprouvée , mais bien dans les modifications physiologiques survenues dans la peau , quelles qu’elles soient. Telle me semble l’idée des vices de fonctions de la peau sans agent physique nouveau, ou sans cause matérielle épicrasîque ou sur-ajouîée.

Si de l’appareil tégumentaire extérieur nous passons à l’appareil tégumentaire inférieur, le résultat sera le même. En effet :

i°. Des alimens insolites et surtout des substances vénéneuses ou vireuses plus ou moins stimulantes , sédatives, toniques ou atoniques , modifient les fonctions assimilatrices spéciales de l’appareil digestif et ses fonctions vitales communes. Qui pourrait méconnaître ici, comme cause de la dyspepsie et des phlegmasies gastro-intestinales, l’action d’un agent physique, modificateur de l’appareil digestif vivant, dans ses fonctions spéciales et communes? Telle est l'idée fondamentale des vices de fonction des organes digestifs par un agent physique nouveau , ou par une cause matérielle èpicrasique ou sur-ajoutée.

2®. L’appareil digestif modifié dans sa manière de sentir, spontanément ou par quelque variation atmosphérique, par quelque impression morale, etc., ne supporte plus ses alimens ordinaires, ou même les rejette en raison de la sur-stimulation, sur-sédation , etc. qu’il en éprouve. Les alimens étant les mêmes, il est évident, dans cet exemple comme dans l’autre, qu’il faut chercher la cause des accidens dans les modifications éprouvées par l’appareil , et non pas dans un stimulus insolite j car les organes digestifs sont accoutumés aux alimens , comme la pe ,u à ses vêtemens : ces agens n’agissent comme sur-stimulans, etc., sur leurs appareils que lorsqu’ils ont éprouvé des changemens dans leur susceptibilité. Or, dans le cas dont il s’agit, il peut arriver que les vices des fonctions digestives subsistent quoique la quantité des alimens soit diminuée , et qu’ils

soient plus doux encore que de coutume. Telle rne semble l'idée fondamentale des vices de la digestion sans agent physique nouveau, c’est-à-dire sans cause matérielle épier asique ou sur-ajoulée.

Si après avoir interrogé la peau et l’appareil digestif on s’adresse à l’appareil circulatoire, la réponse sera la même, car :

i°. L’absorption et l’introduction ou l’injection dans l'appareil circulatoire de substances virulentes , vénéneuses ou vireuses , trouble les fonctions de cet appareil, même jusqu’à devenir mortelle. L’état pléthorique, l’inoculation variolique d’une substance virulente spéciale, produite par un corps organisé vivant, mais présentée sur un corps inorganique, etc., fournissent des exemples très-sensibles des troubles circulatoires par un agent physique nouveau , ou par une cause matérielle épi îrasique ou sur-ajouîée.

26. Les (roubles spontanés des fonctions de l’appareil circulatoire survenant par les variations atmosphériques ou quelque impression morale, etc. , sans changement et sans addition évidente au fluide hématosique, annoncent manifestement que cet appareil ne supporte plus ses stimulus ordinaires comme de coutume, et donnent très-bien l’idée des indigestions vasculaires béma logiques, sans agent physique nouveau, c’est-àdire sans cause matérielle épicrasique ou sur-ajoutée.

L'appareil respiratoire se présente également à l’observateur dans deux circonstances très-différentes :

i°. Dans celle où un gaz non respirabîe étant offert à ect appareil, il survient asphyxie accidentelle par les vices d’un gaz méphitique stimulant, sédatif, etc. , in-

troduit dans les bronches. Telle est l’idée de l'asphyxie par cause matérielle ajoutée ; exemple : l’azote, etc.

2°. Dans la circonstance où les poumons cessent spontanément de pouvoir remplir les fonctions assimilatrices de la respiration par extinction de leurs propriétés vitales; tel est le cas de l'asphyxie des agonisans, etc. Telle est la racine des altérations spontanées de l’hématose rutilante dans les poumons ou, des asphyxies sans cause matérielle ajoutée.

Enfin l’étude des lois des fonctions vitales communes , de la calorification et celle de la nutrition des parenchymes, donne les mêmes résultats que celle des lois des fonctions de la peau , de l’appareil digestif, de l’appareil circulatoire et de l’appareil respiratoire, etc. , car :

i°. La température et la nutrition des organes éprouvent des modifications en plus ou en moins, ou des perturbations soudaines ou habituelles, parce que la température atmosphérique ou l’hématose en ont éprouvé d’abord, et on a par-là l’idée des modifications vitales et organiques par des agens physiques nouveaux ou des causes matérielles épicrasiques.

2°. La température et la nutrition organiques éprouvent des changemens spontanés par des impressions morales , etc. , sans rapport avec des variations de température atmosphérique ou avec des vices apparens de l’hématose, et font voir alors des modifications vitales et organiques sans agens physiques nouveaux ou sans cause matérielle èpicrasique.

L’appareil nerveux est soumis aux mêmes lois dans ses fondions et dans ses troubles. En effet :

i”. L’exercice des fondions des sens distincts a Heu par l’action de leurs stimulus spéciaux et habituels qui en sont les conditions physiques extérieures. Ces agens peuvent être vicieux, îa lumière, les sons, les configurations, etc. ; et alors les vices des fonctions des sens distincts dépendent de ceux de leurs stimulus spéciaux, comme dans d’autres cas ils naissent des lésions organiques des appareils physiques des sens eux-mêmes.

2°. Les troubles des fonctions des sens distincts peuvent être ii dépendons des vices de leurs stimulus spéciaux, comme lorsque la vue, l'ouïe, le loucher, l’odorat, le goût, le tact général , îa motilité et le sens interne distincts sont en perturbation par celle des organes des sens confus de l’appareil digestif, de l’appareil circulatoire, de l’appareil respiratoire, des appareils sécréteurs, des appareils trophiques, des appareils sexuels et du sens vital lui-même. On vient de voir que chaque sens confus peut éprouver dans ses fonctions spéciales des troubles par les vices de ses stimulus spéciaux j hé bien , il faut maintenant reconnaître que leurs troubles spontanés peuvent dépendre de celui des fonctions des sens distincts, sans changement dans les stimulus spéciaux des appareils dont je parle. Ainsi, on observe des vices de la digestion, de la circulation, de îa respiration , des sécrétions, des excrétions, des appétences sexuelles , et enfin de la température et de la nutrition organiques par les troubles des fonctions des sens distincts; en sorte qu’il est vrai de dire que les sens distincts sont troublés, ou entrent en délire ou en ivresse par les perturbations des sens confus ou latens; et, en

sens contraire, que les sens confus sont mis cri perlur bation ou en délire par les vices d’action des sens distincts.

Déplus, ainsi qu’on voit l’altération des fonctions d'un sens distinct troubler les fonctions des autres sens distincts, de même on observe des altérations d’un sens confus par les troubles des fonctions de quelque autre

sens confus.

Il est clair que dans tous ces phénomènes de l’action des organes vivans les uns sur les autres, qui reposent tous sur le tact général distinct et sur le sens vital commun, il ne s’agit pas des stimulus spéciaux de chaque sens en particulier, mais d’un stimulus commun qui peut éveiller spontanément leurs fonctions spéciales , comme lorsque la vue d’un mets éveille l’appétit ou la soif, etc., ou quand une digestion pénible produit les illusions fantastiques des songes ou de l’ivresse, etc.

Dans fous ces cas ,

i°. Les modifications vitales spontanées rendues générales ou localisées par le tact général (qui de l’organisme entier ne fait qu’un seul sens, ainsi que je l’ai dit) cessent souvent sans excrétion évidente d’aucun produit physique nouveau ; tout se passe dans l’action vitale des organes dont les troubles spontanés cessent, après des oscillations plus ou moins prolongées et plus ou moins violentes, et tout rentre peu-à-peu dans l’équilibre organique des fonctions, à moins que la perturbation n’ait été excessive-

2°. Les modifications vitales accidentelles qui dépendent d’un agent physique nouveau ou d’une cause matérielle épicrasique. cessent très-rarement sans la sécré-

lion évidente d’un produit physique nouveau et insolite, dont l’excrétion semble la condition ordinaire du retour de l’état normal, lorsque cette cause matérielle n’a pu être neutralisée par les forces organiques assimilatrices.

Telle me semble la distinction naturelle des maladies humorales et non humorales, ou des affections avec matière et sans matière, avec et sans crise évidente.

Les organes des sens distincts ne sont pas plus exempts de cette loi que ceux des sens confus, car :

i°. Toute action régulière des organes des sens distincts par leurs stimulus spéciaux se lie, comme cause, à la réaction organique contractile , et aux locomotions normales qui en résultent comme effets ou produits spéciaux. On éprouve, par la destruction mécanique ou chimique des organes du tact général et du sens vital , ou des tissus organiques vivans , on éprouve, dis- je, une douleur morale ou physique violente. Si les organes locomoteurs de la voix ou des membres, si quelque organe sécréteur, lacrymal par exemple, ne fournissent pas une réaction normale suffisante, l’indiéidu restera en souffrance; mais si la réaction s’opère sur le sens vital des appareils des sens confus les plus directement nécessaires à la continuation de la vie, comme ceux de la circulation, de la respiration ou des fonctions nerveuses ganglionnaires , l’individu pourra succomber immédiatement.

2°. Toute action anormale des organes des sens dis-

tincts, sans leurs stimulus spéciaux , n’est pas ordinairement suivie d'une réaction organique régulière et correspondante à celle qui a lieu dans l’action des organes par leurs stimulus spéciaux ; mais d’une réaction

anormale ou délirante ; ou bien l’action spontanée ou anormale n’est suivie d’aucune réaction évidente sans que la vie soit compromise. C’est ce qu’on observe dans les scènes des songes, du somnambulisme, de l’ivresse, du délire et dans les douleurs qui n’ont pas de cause physique locale évidente , quelque violentes qu’elles soient d’ailleurs.

Le sens vital commun présente encore à l’observa* tion les mêmes lois qu’on vient de remarquer dans les autres. En effet :

i°. Lorsque les fonctions vitales communes de la calorification et du ton ou de la résistance vitale en plus ou en moins, ainsi que la nutrition, sont directement lésées par les vices de leurs stimulus spéciaux directs, qui sont la température extérieure et le fluide nutritif commun dans lequel puisent tous les sécréteurs parenchymateux, alors la température, la résistance vitale et même la structure organique normales sont en souffrance. Les-Ÿices physiques qui dérivent de cette cause sont frappans dans les cas où un principe hétérogène inoculé par un procédé quelconque, altère l’hématose, et, par elle, les phénomènes parenchymateux. Cette altération organique des parenchymes vivans par les vices directs de l’action vitale est évidente, comme fait physique, dans les maladies syphilitiques, scorbutiques, scrophuleuses , etc., etc. , quelque théorie qu’on adopte sur son mécanisme intime. C’est ià le produit des vices de l’action vitale par ses stimulus physiques directs.

2°. Lorsque les mêmes fonctions vitales communes de la calorification et le ton ou la résistance vitale en plus ou en moms, ainsi que la nutrition , sont altérés

sans changement dans leurs stimulas directs , il est plus rare que des altérations organiques des parenchymes en soient les effets.

Il suffira, pour se convaincre de cette vérité, de considérer ce qui se'passe dans les tissus et dans les parenchymes des organes par l’exercice de leurs fonctions [spéciales, qui ne sont pas leurs fonctions vitales communes. La stimulation , la sédation, etc., de l’appareil digestif, de l'appareil circulatoire , de l’appareil respiratoire, de l’appareil sécrétoire, des appareils trophiques, des appareils générateurs et celles des appareils des sens distincts, ne sont pas des causes aussi ordinaires de l’altération des parenchymes des organes, que l’action du fluide hématosique qui les nourrit directement. On supporte de longues fatigues des appareils des fonctions spéciales avant qu’il y survienne aucune des lésions organiques qui sont si constantes dans les vices constitutionnels, dont tant de raisons physiologiques conduisent à pla'cer le siège dans le fluide sanguin.

Recherches sur tes lois delà stimulation , de ta sédation, de ta tonification et de € atonie des fonctions organiques dans V état fébrile.

Pour êlre bien entendues, ces modifications de l’organisme demandent quelques développemens que je présenterai rapidement dans l’ordre suivant.

i°. Le radical de tous les stimuians ou de tous les excitateurs de l’action organique est la chaleur ou le calorique ajouté à l’organisme vivant par un conducteur qui lui en cède et même l’en surcharge au point de

produire la stupeur et de rendre la vie et ses fonctions impossibles par le phénomène de la combustion.

2°. Le radical de tous les sédatifs ou de tous les modérateurs de Faction organique est le froid ou le calorique soustrait de l’organisme vivant par un conducteur qui le lui enlève et même l’en prive au point de rendre la vie et ses fonctions impossibles par le phénomène de la congélation.

5°. Le radical de tous les toniques ou fortifians des fonctions organiques est Y humidité soustraite de l’organisme vivant par des conducteurs qui i’en privent au point de rendre impossibles les fonctions de la vie par le phénomène de la dessiccation.

4*. Le radical cîe tous les atoniques, reîàchans ou débilita us de Faction organique, est Y humidité ajoutée au corps vivant par des conducteurs qui lui en cèdent , et même Feu surchargent au point de le ramollir et de rendre les fonctions de la vie impossibles par Fexcès du ramollissement des solides et de la diffluence des liquides.

i°. A. Je dis que la chaleur est le radical de tous les stimulons , car nul autre excitateur que le calorique ajouté ne peut éveiller directement les fonctions vitales qui sont en puissance dans le germe de l’œuf fécondé, dans lequel n’existent pas encore les organes des fonctions spéciales de l'individu à éclore. Le germe est donc en rapport direct avec le calorique par le sens vital latent qui lui est commun avec l’individu développé et vivant; ce dernier a, de plus, le tact général évident qui est en rapport avec le sens vital , et l’est aussi avec le calorique. Le calorique seul, en effet, peut retrouver

les fonctions spéciales du dormeur assoupi , et auquel l’abaissement de la température extérieure ne laisse en exercice que les fonctions vitales communes dans un état si latent que la grande circulation hématosique , comme celle du système vasculaire de la fausse membrane , semble réduite à un simple mouvement systaltique des vaisseaux, qui agitent imperceptiblement le fluide qu’ils contiennent par leur contraction et leur relâchement alternatifs, qui lui conservent sa fluidité, sans locomotion progressive, en attendant le réveil du mouvement circulatoire sous l’influence de la chaleur.

B. Outre le calorique ajouté comme radical de tous les stimuîans, les sens spéciaux distincts et confus reconnaissent des slimulans aussi spéciaux, qui sont à chaque sens spécial en particulier ce que la chaleur est au sens vital. Tous les slimulans spéciaux qui mettent en action les fonctions spèciales distinctes , la vue, l’ouïe, le toucher, l’odorat, le goût, le tact général, l’irritabilité et le sens interne commun; tous les stimuîans spéciaux qui mettent en exercice les fonctions spéciales confuses des organes digestifs, circulatoires, respiratoires, sécréteurs, trophiques et générateurs; tous ces stimuîans spéciaux, dis-je, ne sont au fond que des succédanés du stimulant radical du sens vital. En elfet, leur action est réglée par la température atmosphérique et parla température organique (représentant l’action vitale ), et se trouve par conséquent inséparable de la coopération du calorique. La clarté pour les yeux, le son pour les oreilles, la solidité des corps configurés pour le toucher , les arômes piquans , les saveurs fortes, la température chaude pour le tact

général, l’impulsion pour les organes contractiles et l'action des sens externes sur le sens interne commun , donnent l’idée des stimulans spéciaux des sens distincts, comme les propriétés alcalines, salines, etc*, des alimens, du sang, des substances à excréter , et les propriétés trop oxygénées de l’air qui doit être respiré , donnent l’idée des stimulans spéciaux des sens confus, ainsi que du tact général, comme sens mixte.

Les stimulus spéciaux qui entretiennent les fonctions spéciales ne peuvent faire éclore l’œuf fécondé qui n’a pas encore les fonctions spéciales, ni réveiller le dormeur assoupi par le froid ; ils ne peuvent donc remplacer pour les fonctions vitales le stimulant radical ou la chaleur, qui peut seule éveiller le dormeur et obliger le germe à fournir ou à produire les organes des fonctions spéciales appropriés aux stimulans spéciaux. Le calorique en plus ou en moins règle ensuite l’action de ces mêmes stimulans spéciaux sur les organes spéciaux auprès desquels ils le remplacent pour leurs fonctions spéciales, comme la lumière réfléchie par un corps coloré ou poli remplace pour les yeux la lumière directe d’un foyer lumineux qui les éblouirait.

C. L’action organique vitale, une fois développée, entretient spontanément une chaleur ou une stimulation organique spontanée, au moyen de laquelle , lors même que la température extérieure tombe après la naissance au-dessous de celle de 5i° de Réaumur qui a été nécessaire pour donner l’impulsion aux fonctions vitales , la température organique reste cependant vers 5i0 du même thermomètre, à moins que la résistance vitale ne succombe sous une sur-sédation excessive.

De même que l’action du stimulant radical et celle desstimulans spéciaux peut devenir excessive , de même l’action organique vitale ou la stimulation spontanée peut s’élever trop haut et déterminer la sur-stimulation, la rutilance, la chaleur ou un surcroît d’hématose, et la mort de la partie par ce mécanisme, si elle constitue une phlegmasie locale, ou celle de l’individu si elle est générale, et constitue une fièvre biosique.

2°. A. Je dis que le froid est le radical de tous les sédatifs, car nul autre modérateur que le calorique soustrait ne peut tempérer directement les fonctions vitales qui sont en puissance dans le germe fécondé de l’œuf dans lequel n’existe encore aucun des organes des fonctions spéciales. L’absence d’une proportion convenable de calorique ou sa soustraction portée à un certain point produit le phénomène de la congélation et éteint même la puissance de l’action vitale dans le germe congelé, fa soustraction du calorique ou le froid

ôèe au donneur l’exercice de ses fonctions spéciales, et

finit même par éteindre ses fonctions vitales lorsque la suspension de la circulation hématosique et la cessation du mouvement vasculaire sysfaltique, dernier effort de l’action circulatoire , a laissé coaguler ou congeler le fluide sanguin dans tous ses canaux, dans lesquels cette circonstance rend désormais le rétablissement de la circulation impossible au réveil des fonctions spéciales , dont les fonctions vitales ne peuvent se passer pour se soutenir que pendant un temps déterminé.

B. Outre le calorique soustrait, comme radical de tous les sédatifs ,' les sens spéciaux distincts et confus reconnaissent des sédatifs aussi spéciaux qui sont à

chaque sens spécial en particulier ce que 1 e froid est au sens vital. Tous ces sédatifs spéciaux , qui tempèrent les fonctions spéciales distinctes et confuses, ne sont au fond que des succédanés du sédatif radical du sens vital ; car leur action est réglée par la température atmosphérique et par la température organique, et se trouve par conséquent inséparable de la coopération du calorique. L’obscurité pour l’œil, le silence pour l’oreille, la fluidité informe pour le toucher, l’absence d’odeur pour l’odorat , l’insipidité pour le goût, la température froide pour le tact général, le repos pour les organes contractiles et l’absence de l’action des sens externes pour le sens interne commun, donnent l’idée des sédatifs spéciaux pour les sens distincts, comme les propriétés acerbes des alimens, du sang et des substances à excréter, ainsi que ies propriétés trop azotiques de l’air qui doit être respiré, etc., donnent l’idée des sédatifs spéciaux des sens confus et du tact général, comme sens mixte.

Les sédatifs spéciaux qui tempèrent les fonctions spéciales, ne peuvent tempérer dans l’œuf fécondé des fonctions spéciales qu’il n’a pas encore en sa puissance ; ils ne sauraient donc tenir lieu pour le sens vital du sédatif radical , ou du froid qui peut seul suspendre par le sommeil les fonctions spéciales du dormeur. Le calorique, en moins ou en plus, règle ensuite l’action de ces mêmes sédatifs spéciaux sur les organes -spéciaux auprès desquels ils le remplacent pour leurs fonctions spéciales, comme la couleur obscure réfléchie par un corps noir remplace pour les yeux l’absence de ia lumière ou la sédation de l’obscurité.

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