‹ Recherches sur le traitement du cancer, par la compression méthodique simple ou combinée, et sur l'histoire générale de la même maladie, suivies de notes 1.̊ sur les forces et la dynamétrie vitales; 2.̊ sur l'inflammation et l'état fébrileChapitre 47 sur 66 · C. L’action organique vitale, une fois établie, entre · texte numérisé non relu

C. L’action organique vitale, une fois établie, entre

tient spontanément un rafraîchissement ou une sédation organique, au moyen de laquelle, lors même que 1^ température extérieure s’élève après la naissance audessus de celle de 5i° de Réaumur, la température organique ne se met pas en équilibre, et reste vers celle de 3i°, à moins que la résistance vilale ne succombe sous une sur-stimulation excessive.

De même que l’action du sédatif radical ou celle des sédatifs spéciaux peut devenir excessive , de même l’inaction organique vitale ou la sédation spontanée peut descendre trop bas et déterminer la sur-sédation, la pâleur, le froid ou la suspension de l’hématose, et la mort de la partie par ce mécanisme , si elle est locale , ou celle de l’individu, si elle est générale.

3°. A. Je dis que le sec, par quelque agent qu’il soit appliqué, est le radical de tous les toniques. En effet, il n’y a point d'augmentation du ton ou de la résistance vitale saus diminution de l’humidité ou de l’eau contenue dans les tissus et les fluides vivans, et sans augmentation de leur capacité électrique, ces deux phénomènes étant constamment en raison inverse l’un de l’autre. Dans les temps secs , chauds ou froids, l’atmosphère est très-isolante et l’organisme est chargé d’électricité (1) avec un sentiment de force et de vigueur remarquable. Dans les temps humides 3 chauds ou froids, l’atmosphère est très conductrice de l’électricité, et on éprouve un sentiment de débilitation plus ou moins considérable. Dans les temps orageux ,

(1) Dans les temps secs , le linge qui touche le corps, agité dans l’obscurité , donne des étincelles , ce qui n’arrive pas dans les temps humides.

avec surcharge électrique de l’atmosphère, l’organisme éprouve des perturbations plus ou moins considérables et fâcheuses , selon le degré de production ou d’absorption d’humidité qui accompagne constamment les météores électriques, pendant lesquels les fonctions des corps vivans sont fortifiées en raison de la sécheresse , ou débilitées en proportion de l’humidité, tandis que les substances animales mortes tombent brusquement en putréfaction. On peut donc dire que le sec des corps vivans représente leur sur-électrisation comme leur humidité donne la mesure de leur désélectrisation. Sécheresse et sur-électrisation , humidité et désélectrisation sont donc des expressions synonymes.

Dans l’économie, l’action de la motilité contractile ou de l’électricité organique fortifie toutes les fondions et dessèche le corps; l’inaction musculaire, au contraire, débilite toutes les fonctions et laisse les tissus abreuvés d’un surcroît d’humidité qui les dispose à la putréfaction , par un mécanisme bien différent de celui d’une fatigue excessive qui développe les fièvres typhoïdes et charbonneuses.

Un surcroît de sécheresse atmosphérique, en augmentant la vigueur ou la tonicité vitale, rend l’action des stimulans communs et spéciaux plus énergique sur les organes vivans; d’où il résulte que le sec, qui ne stimule pas, semble stimulant, en devenant la cause que l’organisme répond mieux à ses stimulus accoutumés. C’est comme si je disais que le bois sec brûle mieux que celui qui est humide, ou que la tension plus grande, de la corde du luth fait qu’elle résonne mieux sous l’archet qui la stimule.

B. Outre l’électrique retenu clans l’organisme ( par la sécheresse atmosphérique et par celle des surfaces tégumentaires qui l’isolent) , considéré comme radical de tous les toniques, les sens spéciaux, distincts et confus , reconnaissent des toniques aussi spéciaux , qui sont à chaque sens spécial ce que la présence de l’électrique et le sec ou l’absence de l’humidité, en certaines proportions , sont au sens vital. Tous les toniques spéciaux, qui fortifient les appareils des fonctions spéciales distinctes et confuses, ne sont au fond que des succédanés du tonique radical du sens vital; car leur action est réglée par l’état du ton ou de la résistance vitale, et se trouve inséparable de l’état d’hygrométrie atmosphérique et organique, et par conséquent de la coopération de l’électrique qui préside à la combinaison aqueuse de l’oxygène et de l’hydrogène.

L’action directe des substances alcooliques , aromatiques, balsamiques, huileuses, etc. sur la peau et sur l’appareil digestif, et l’action indirecte des mêmes substances sur tout l’organisme par le tact général ; l’action du sang rouge sur la résistance vitale et sur la puissance d’action spéciale des organes de tous les sens distincts, et sur celle de tous les organes des sens confus; cette action, dis-je, bien comprise, donnera une idée suffisante de ce que j’entends par toniques spéciaux suc cédanés du tonique radical. L’électrique ajouté ou le ionique radical est non seulement en rapport direct avec le sens vital , mais encore avec le tact général.

Il est remarquable que tous les toniques spéciaux des fonctions spéciales sont d’autant plus favorables à la combustion qu'ils sont plus toniques et moins conduc-

teurs de l’électrique. Il résulte de là qu’on peut juger du degré et du mode fixe, ou diffusible de leur action tonique par leur degré et leur mode de combustibilité, depuis l’éther , l'alcool, les vins, les balsamiques, les aromatiques, les huiles essentielles et les huiles fixes, jusqu’aux substances qui ont des propriétés mixtes, comme les alimens , le lait et le sang. Les substances toniques non seulement ne mouillent pas, mais détruisent les effets de l’humidité, embaument, et sont mauvais conducteurs de l’électrique, quoiqu’elles le dégagent facilement par le frottement.

C. L’action organique vitale, nécessaire à l’existence de toutes les fonctions biosiques , une fois établie, entretient spontanément le ton organique ou la résistance vitale, au moyen de laquelle, lors même que l’humidité extérieure devient telle , que les appareils électriques restent sans action, comme cela arrive aux Antilles, et que les produits organiques morts se corrompent, la débilitation organique ne suit pas la même progression , à moins que la résistance vitale ne succombe par un affaiblissement excessif.

De même que l’action du tonique radical et celle des toniques spéciaux peuvent devenir excessives, de même la tonification ou l’augmentation spontanée de la tension vitale peut devenir excessive et amener la sur-lonification ou l’oppression des forces , et la mort de la partie, si elle est locale, ou celle de l’individu si elle est générale, et cela même par la combustion spontanée.

4°. ^/. Je dis que Y humidité ou l’eau , sous quelque forme qu’elle soit appliquée, est le radical de tous les atoniques ou relàchans. En effet , il n’y a point de dimi-

nution du ton , d’atonie ou d’affaiblissement de la résistance vitale sans augmentation de l’humidité, et sans que le corps perde de sa capacité électrique, ces deux phénomènes étant toujours en raison inverse l’un de l’autre.

Un surcroît d’humidité atmosphérique, en diminuant la vigueur ou la tonicité vitale et organique, diminue l’énergie de l’action des stimulans spéciaux et communs sur les organes vivans. D’où il arrive que l’humidité, qui n’est pas sédative de sa nature , semble sédative, en devenant la cause que l’organisme mis en relâchement ou en atonie ne répond pas aux stimulans ordinaires, et éprouve une influence plus considérable des sédatifs auxquels il est cependant habitué. C’est comme si je disais que le bois vert ou humide brûle moins facilement que le sec ; ou que la corde détendue éprouve moins d’influence de l’archet, et en éprouve davantage des doigts que celle qui est tendue convenablement et qui leur résiste.

B. Outre la sur-abondance de l’humidité et la soustraction de l’électrique atmosphérique et organique , considérée comme radical de tous les relâchans ou agens atomiques , les sens spéciaux distincts et confus reconnaissent des atomiques ou des relâchans spéciaux, qui sont pour chaque sens spécial ce que la présence de l’humidité et l’absence de l’électrique en certaines proportions sont au sens vital. Tous les relâchans qui débilitent les appareils des fonctions spéciales distinctes ou confuses y ne sont au fond que des succédanés du relâchant ou de l’atonique radical du sens vital ; car leur action est subordonnée à l’état du ton ou de la ré-

sistauce vitale ; de même que l’action des toniques est inséparable de l’état hygrométrique, atmosphérique et organique, qui ne peut exister sans le concours de l'électrique.

L’action directe des substances aqueuses , mucilagineuses, gélatineuses et féculentes sur la peau et l’appareil digestif, et indirecte sur tout l’organisme par le tact général ; l’action du sang noir sur la résistance vitale et sur la puissance d’action spéciale des organes de tous les sens distincts, vue , ouïe, etc. , et sur celle de tous les organes des sens confus digestifs, circulatoires, respiratoires, etc. 5 cette action, bien saisie, fera comprendre suffisamment ce que j’entends par reiâcfians , ou atoniques spéciaux succédanés de l’ato» nique radical. L’humidité ajoutée est non seulement en rapport avec le sens vital, mais encore avec le tact général.

il est nécessaire de remarquer ici que tous les relâcha ns ou atoniques spéciaux des fonctions spéciales sont d’autant moins favorables à la combustion qu’ils sont plus atoniques , c’est-à-dire plus aqueux , ou plus humides, et plus conducteurs de l’électrique, par conséquent. D’après cela , on juge de leurs propriétés relâchantes ou atoniques par le degré et le mode de leur opposition à la combustion, depuis l’eau pure jusqu’aux substances qui en contiennent le moins. Les substances gélatineuses et mucilagineuses rendent miscibles les toniques avec les atoniques ou les substances aqueuses. Les substances atoniques , outre qu’elles mouillent, détruisent les effets du sec, et pourrissent ou oxydent, et

sont bons conducteurs de l’électrique, quoiqu'elles le fournissent difficilement par le frottement.

C. L’action organique vitale , une fois établie, entretient spontanément la fluidité des liquides animaux et la souplesse des tissus organiques vivans nécessaires à l’exercice de toutes les fonctions vitales spéciales; de manière que lors même que la sécheresse extérieure devient l’aridité et que les moindres frottemens du corps dégagent de l’électricité, on ne voit pas le ton vital s’élever au point de produire la combustion spontanée , hors le cas où les phénomènes de la vie sont immédiatement remplacés parles phénomènes physiques, lorsque le défaut d’humidité convenable au-dehors et audedans livre l’organisme aune surcharge électrique excessive.

De même que l’action du relâchant ou atonique radical et celle des atoniques spéciaux peut deyenir excessive , de même l’atonification ou la diminution spontanée du ton vital peut devenir excessive et amener l’atonie ou l’extinction des forces et la mort de la partie ou de l’individu par une putréfaction anticipée.

D’après les rapproehemens qui précèdent , on voit que la stimulation , la sédation , la tonification et V atonification organiques dépendent :

i°. D’agens communs qui, par le sens vital et le tact général , exercent sur toute l’économie animale une action uniforme ;

2°. D’agens spéciaux dont inaction est relative à la spécialité des sens distincts et confus;

5°. Enfin , que l’état de stimulation , de sédation , de

tonification et d’atonification se développe spontanément par les forces organiques elles-mêmes , indépendamment d’agens nouveaux ajoutés à l’organisme.

Je termine ces considérations sur les phénomènes de la stimulation , de la sédation, de la tonification et de fatonification organiques, en faisant remarquer quelques lois qui y ont rapport.

i°. Pendant la sur-stimulation des fonctions vitales et spéciales, l’action des sédatifs communs et spéciaux est plus vivement sentie, et il en résulte une perturbation plus grande et même funeste si cette action est plus instantanée et plus violente. Exemple : faction du froid sur le corps échauffé.

2°. Pendant l’état de sur-sédation des mêmes fonctions, l’action des slimulans est d’autant plus fortement sentie et devient d’autant plus facilement funeste, qu’elle est plus soudaine et plus vive. Exemple : l’action de la chaleur sur les membres gelés.

3°. La tonification fait supporter d’autant plus facilement faction des atoniques qu’elle est plus considérable; et il en est de même de l’atonie qui fait supporter faction des toniques avec d’autant plus d’avantages qu’elle est plus prononcée, en supposant cependant que la réaction vitale puisse encore avoir lieu. Exemple : l’effet sur l’organisme des transitions atmosphériques du sec à l’humidité et de l’humidité à la sécheresse : barométrie rhumalique .

D’autres exemples rendront ces lois encore plus sensibles. Une personne éprouve une sédation accidentelle par le froid extérieur de faUnosphère ou d’un bain frais; il faut prendre garde que cette sédation sera di»

hi

versement répétée par les appareils intérieurs, et que si les stimulus spéciaux de ces appareils ne sont pas modifiés en même temps que la sensibilité de leurs appareils , il arrivera que la peau mise en sédation dans son tact général trouvera trop chauds ou trop stimulans des corps qui lui paraissaient très-tempérés auparavant, et ne pourra en soutenir le contact sans être sur-stimulée , et les objets du toucher deviendront des causes de douleur. On Verra les organes des autres sens, en sédation de leur tact général, soutenir plus difficilement qu’auparavant leurs stimulus ordinaires : l’appareil digestif, en sédation de son tact général, rejetera les substances qu’il contenait et supportait facilement auparavant; et il en sera de même des autres appareils. Qu’arrivera-til à l’appareil circulatoire ? Mis en sédation par son consensus avec la peau , par le tact générai qui leur est commun , l’appareil circulatoire ressentira plus vivement qcfaunaravant faction stimulante du fluide sanguin , ses mouvemens s’accéléreront , et celle accélération retentira dans tout l’organisme; l’appareil respiratoire ressentira le premier contre-coup de cette réaction vasculaire, en raison de la sédation qu’il aura éprouvée de son côté; les appareils sécréteurs, mis en sédation, refuseront d’abord le fluide commun ou les matériaux de leurs produits sécrétoires; puis, apprivoisés peu-à-peu par la réaction générale , on les verra reprendre leurs fonctions et terminer la suite des phénomènes de la sédation et de la sur-stimulation dont la modification du tact général a été l’occasion. Il en sera de même de la circulation capillaire qui avait éprouvé de si grands cbangemens pendant l’état de

sédation. Les grands excréteurs, durant l’éréthisme de la sédation , se débarrassent souvent des substances qu’ils contiennent, comme l’estomac ; et par la même raison les absorbans refusent de remplir leurs fonctions.

Si la sédation , au lieu de dépendre d’une impression extérieure, dépend de celle d’un miasme marématique ou d’une modification spontanée de l’action vitale de l’organisme, les choses ne se passent pas différemment : l’état de sédation du point où commence le frisson spontané s’étend successivement à tous les appareils des sens distincts et confus , avec la même suite de phénomènes que je viens d’indiquer comme les résultats d’une sédation accidentelle.

S’il s’agit d’une sur-stimuîaiion accidentelle par la modification des stimulus extérieurs ou intérieurs , la série des phénomènes organiques sera encore la même, moins la sédation préliminaire.

S’il est question d’une sur-stimulation spontanée, la série des phénomènes organiques sera encore la même que dans la sédation spontanée, mais sans le stade de sédation et sans l’addition de stimulus nouveaux; seulement les stimulus ordinaires ont pris une activité qu’ils n’avaient pas auparavant , comme lorsque le sang est devenu plus rutilant ou plus couenneux que de coutume.

Dans la sur-tonification accidentelle on spontanée, l’organisme réagit avec énergie en raison de sa puissance vitale et des sur-stimulations ou des sur-sédations accidentelles ou spontanées qu’il éprouve.

Dans l’atonie accidentelle ou spontanée, l’organisme

réagit faiblement, en raison de sa débilité vitale, qui neutralise le pouvoir des stimulans et des sédatifs accidentels, éteint toutes les stimulations et sédations spontanées.

Ici se présente une réflexion : dans l’exemple que je viens de choisir pour l’étude des phénomènes de la sur-stimulalion , de la sur-sédation , de la sur-tonification et de l’atonie vitales et spéciales, accidentelles et spontanées, ne dirait-on pas que j’ai eu en vue les phénomènes de Tétât fébrile ou de la fièvre? Cela est vrai, et prouve clairement que la fièvre ne consiste au fond que dans une combinaison et une succession régulière ou irrégulière des phénomènes de la sur stimulation, delà sur-sédation, delà sur-tonification et de la sur-atonification vitales et spéciales, accidentelles et spontanées de l’organisme vivant dans son ensemble, comme la phîegmasie ou la pyrexie locale dans une modification locale correspondante des mêmes phénomènes.

Chez un sujet fort, les organes présentant une grande résistance vitale, c’est-à-dire étant en vigueur , la stimulation des fonctions vitales spéciales et communes est facilement supportée , et souvent même lorsqu’elle va jusqu’à la sur- stimulation excessive ou jusqu’à Yoppressio virium, des anciens, c’est-à-dire jusqu’à la stupeur .

Chez un sujet faible, les organes présentant peu de résistance vitale, ou étant en faiblesse ou en éréthisme y la stimulation des fonctions vitales spéciales et com* mîmes est mal suppoitée; et ces fonctions cessent avec la vie par Yeætinctio virium.

Recherches sur V Éréthisme comparé à la vigueur ; et sur la force et la faiblesse physiologiques .

J’ai parlé de Y éréthisme ; et d’après ce qu]on en dit et ce qu’on en écrit, on n’est pas d’accord sur la valeur de cette expression. Un exemple me semble nécessaire pour s’entendre sur cet objet; je le prendrai dans un sens distinct ; les applications en seront faciles aux autres.

L’œil, pour l’exercice convenable de scs fonctions spéciales, a besoin:

i°. D’un degré déterminé de lumière rayonnante ou de clarté, qui est celle du jour ordinaire.

A. Au-dessus de cette proportion de son stimulus spécial extérieur , l'œil s’élève à la sur-stimulation spéciale avec intensité de la vision, vigueur de Uorgane et diminution de sa susceptibilité; et si la proportion est encore augmentée, il arrive jusqu'à la stupeur de la vue ou à l’éblouissement spécial qu’on pourrait appeler hyperstimulation organique spéciale avec suspension des fonctions spéciales, ce qui constitue la cécité par excès des stimulus extérieurs, ou l’amaurose par oppressio virium.

B. Au-dessous de la proportion ordinaire de lumière, l’œil entre en sur-sédation spéciale avec obscurcissement de la vision , et éréthisme ou surcroît de susceptibilité de l’organe; et si cette proportion est diminuée jusqu'à une obscurité plus ou moins complète, il tombe dans Y extinction ou la suspension de la vision, qu’un

pourrait appeler hypersédation visuelle avec cécité par défaut des stimulus extérieurs , ou amaurose par défaut de stimulus ou suspension de stimulation.

2°. Pour l’exercice de ses fonctions, l’œil a besoin d’un degré déterminé de résistance ou d’énergie vitale, qui est celle qui lui fait supporter facilement ses fonctions au degré ordinaire de la lumière atmosphérique, lorsque le tonique vital commun dés organes ou le sang est dans une juste proportion dans l’appareil circulatoire.

A. Au-dessus de cette proportion convenable du tonique vital commun ou du sang, l’œil passe à la sur -tonification vitale avec excès de vigueur de ses fonctions spéciales ; et si la pléthore continue à aug-. rnenter , il parvient jusqu’à V hyper tonification avec stupeur ou éblouissement vital , et suspension des fonctions spéciales, cécité ou amaurose par excès du tonique vital commun des organes.

B. Au-dessous de la proportion convenable du tonique vital commun ou du sang, l’œil entre en atonie vitale, avec défaut de vigueur ou éréthisme de ses fonctions spéciales; et si la proportion de la quantité du sang diminue par hémorrhagie, il arrive jusqu’à Yhyper atonie avec extinction vitale et suspension des fonctions spéciales, cécité ou amaurose par spoliation du tonique vital commun des organes.

Résumons : i°. L’œil sain qui est en simple sur-stimulation par surcroît de son stimulus spécial ou du tonique vital, avec intensité de la vision , soutient facilement l’exercice de ses fonctions spéciales, jusqu’aux accidens de la stupeur, soit qu’elle ait lieu par les modi-

fications du stimulus extérieur ou rr celles des agens intérieurs.

2°. L’œil sain qui a été en sur-sédation par spoliation de son stimulus spécial ou du tonique vital , avec obscurcissement de la vision, est en surcroît de susceptibilité ou en éréthisme , et supporte difficilement l’exercice de ses fonctions spéciales, jusqu’au moment de leur extinction , soit qu’elle ait lieu par les modifications ou soustractions des stimulus extérieurs, ou par celles des agens intérieurs.

Un œil exercé au grand jour, sans excès, le supporte facilement, ainsi que son action , et distingue clairement les objets. Voilà la vigueur. Si la lumière augmente, il tombe dans la stupeur ou l’éblouissement. Un œil tenu dans l’obscurité et ramené au jour ne le supporte plus avec facilité, il clignote pour lire l’écrit qu’on lui présente, et cela est même impossible pendant un certain temps pour l’œil qui a séjourné dans l’obscurité. Voilà l’éréthisme.

Dans la réplétion modérée de l’appareil sanguin , l’œil soutient son action et le grand jour avec facilité; mais dès que la pléthore se manifeste, l’œil tombe dans la sur-tonification , et ensuite dans la stupeur ou dans l’éblouissement pléthorique. Dans la spoliation hémorrhagique , l’œil clignote pour fixer les objets, et ne peut soutenir l’exercice de ses fonctions ni le grand jour; et la vue s’éteint enfin par l’excès de la spoliation sanguine, comme la puissance contractile du cœur et tous les autres sens dans la lipothymie.

Si j’ai bien fait entendre ma pensée, il est clair qu’il faut appliquer à tous les sens distincts et confus spé-

ciaux et commun^ ce que je viens de dire à l’occasion de la vue. Ainsi, pour les sens évîdens et distincts: l'oreille , dans les mêmes circonstances, a son état de sur-stimulation et de sur-tonification , et de vigueur jusqu’à l’assourdissement par le bruit ou la pléthore, comme elle a sa sur-sédation et son éréthisme jusqu’à la surdité par le silence et par l’hémorrhagie. Le toucher pour les configurations et non configurations; l’odorat pour les odeurs; le goût pour les saveurs; le tact général pour les températures; la contractilité'musculaire pour les mouvemens organiques évidens, et le gens interne commun pour la convergence des impressions des sens distincts spéciaux, sont absolument dans le même cas que les organes de la vue.

Quant aux sens latens et confus : l’appareil digestif présente le sentiment du besoin d’alimens et de boissons, exagéré ou éteint ; et la faiblesse du glouton et de l’ivrogne sur-saturés qui demande la diète, à côté de celle du malheureux qui suceomi e à l’inanition et n’a besoin que d’aHmens. L'appareil circulatoire montre la faiblesse du pléthorique qui cède à la saignée, à cô;é de la débilité de l'hémorrhagique que dissipe un bouillon. L’apt)areil respiratoire fait voir la faiblesse de celui qui respire un air trop chargé d’oxygène , près de celui qui s'étcint dans l’asphyxie par un gaz non respirable. L’appareil sécréteur et excréteur nous montre les accidens de faiblesse qui dérivent de la rétention des produits des sécrétions et des excrétions , à côté de ceux qui naissent des évacuations excessives. La nutrition donne le spectacle de la faiblesse par hypertrophie à côté de celui de la débilité atrophique. Enfin le sens vital latent commun

nous fait voir la faiblesse vitale de la gangrène inflammatoire en pendant de la débilité vitale de la gangrène sénile.

Les considérations qui précèdent , sur les lois de la force et de la faiblesse organiques, prennent de l'importance, si on fait attention que la fièvre et l’inflammation ou la sur-stimulation vitale générale et locale de l’organisme peuvent se développer dans des sujets forts ou dans des sujets faibles, par tous les mécanismes que je viens de passer en revue; et il sera assurément impossible que l’état fébrile ou inflammatoire se comporte de la même manière dans tous ces cas, et qu’il demande dans tous le même mode de traitement. Un homme bien portant et bien nourri , un autre qui a éprouvé une hémorrhagie et qui est dans la disette , un homme qui relève d’une maladie grave, un scrophuleux, un syphilitique , un scorbutique, etc. , sont pris de pleurésie ou de fièvre aiguë ; pense-t-on que la conduite devra être la même pour tous?

Recherches sur la dépravation , la perversion ou le

délire des fonctions des sens distincts et confus.

Outre le phénomène de la sur-stimulation et de la stupeur ou de l’oppression vitale, de la sur-sédation et de l’extinction vitale , de la sur-tonification et de la sthénie ou vigueur vitale, de la sur-atonification et de l’asthénie ou débilité vitale , il faut tenir compte d’un autre phénomène physiologique que je désignerai sous le nom de dépravation ou de perversion. En effet, non seulement les fonctions des sens distincts et confus peu-

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