‹ Recherches sur le traitement du cancer, par la compression méthodique simple ou combinée, et sur l'histoire générale de la même maladie, suivies de notes 1.̊ sur les forces et la dynamétrie vitales; 2.̊ sur l'inflammation et l'état fébrileChapitre 9 sur 66 · VI · texte numérisé non relu

VI

Résolution spontanée ou artificielle des engorge-

mens diffus .

Des engorgemens chroniques extérieurs et intérieurs, plus ou moins durs, inégaux , lancinans et semblables à ceux cpii deviennent cancéreux, se sont résous spontanément, ou ont fini par céder à des moyens généraux ou locaux , qui n’ont pas été les mêmes dans tous les cas. Un tel fait doit fixer l’attention sur les circonstances dans lesquelles il a eu lieu , et sur les moyens dont l’usage a semblé concourir à le produire.

Je n ignore pas les objections qu’on a dû faire

contre la nature cancéreuse des tumeurs qui ont disparu spontanément, ou par des traitemens internes, généraux ou spécifiques , dirigés contre une cause spéciale lorsqu’on a cru pouvoir la supposer *, mais n’en serait-il pas de même des tumeurs cancéreuses qui ont été résoutes par la compression seule ou combinée , si on n’eùt vu la maladie en quelque sorte à découvert dans plusieurs cas , et si un nombre irrécusable de témoins compétens n’avait vérifié avec soin l’exactitude du diagnostic des tumeurs cancéreuses qui se sont dissipées parfois si facilement. (Voyez les Ier, 4e, i Ie, i5e, 16e , 54° , 57e, 59e faits , etc.) Je puis donc dire sans crainte de me tromper que des tumeurs cancéreuses non-ulcérées , et même ulcérées, ont été guéries. Depuis les faits relatifs aux effets de la compression, je suis fondé a penser également que des tumeurs intérieures portant les caractères cancéreux ont pu disparaître spontanément ou être guéries par un traitement interne spécifique (1).

(i) Voici ce que dit à ce sujet Alexandre Monro, l’un des hommes qui ont le mieux connu les maladies cancéreuses : « Je conviens que la résolution d’un cancer est une chose fort rare ; mais ayant vu guérir deux tumeurs decette nature , ou du moins que j’ai supposées telles , je ne voudrais pas nier absolument que cela ne fût possible.» (Essais de médecine cV Edimbourg . tom. V, art. xxxn.)

ÏOO

fi survient dans le sein droit d’une personne un engorgement qui se soutient depuis l’âge de la puberté jusque vers quarante-cinq ans, époque â laquelle il se résout spontanément en meme temps qu’un autre se développe dans le sein gauche, et cet engorgement, qui remplace le premier, est le sujet du 10e fait. Sous quelque point de vue qu’on considère cette disparition , il restera toujours qu’un engorgement chronique du sein droit , indolent au toucher , mais avec des élancemens spontanés, a disparu après trente ans de durée, à l’approche de la cessation des règles , et a été remplacé dans le sein opposé par un autre dont l’examen a démontré la nature cancéreuse.

Lorsque les engorgemens sont récens et que la compression a été bien ménagée , ils disparaissent sans laisser de traces, comme chez les sujets des 1er, 4% i5e, 16e, 19e faits, etc. Mais iln’en est pas ainsi lorsqu’ils sont anciens *, car alors il reste un tissu condensé et semi-fibreux, comme on a pu le voir chez les sujets des 1 7% 22e et 24e faits de la Ire partie.

Jusqu’à présent il n’y a eu aucune menace de récidive chez les personnes dont les engorgemens ont disparu entièrement par la compression, et je dois en dire autant de celles chez qui des en-

ÎOI

gorgemens intérieurs ont été résous depuis dixhuit ou vingt ans par la ciguë ou le cura famis. Si la pratique d’un seul homme peut fournir de semblables résultats, il est permis de croire qu’ils se multiplieront lorsque la manière d’employer les moyens sous l’influence desquels la résolution s’est opérée sera mieux connue, que les cas de leur convenance seront mieux déterminés , et qu’ils seront employés dès le début des maladies qui nous occupent.

La résolution d’un engorgement manifestement carcinomateux pouvant paraître absolument impossible, je propose a la méditation des observateurs les faits suivans , que je dois à M. le professeur Dumëril et à M. le docteur Parent du Châtelet, agrégé à la Faculté de Médecine de Paris.

Faits communiqués par M. le professeur Du-

méril .

Une dame, demeurant rue Garencière, affectée d’un véritable cancer au sein , adhérent , présentait une tumeur inégale , dure , accompagnée d’élancemens spontanés et d’induration sur le trajet des lymphatiques jusqu’à Faisselle. M. le professeur Dubois, consulté, ne crut pas devoir

pratiquer l’ablation , tant les signes de la caehexie cancéreuse lui parurent prononcés. La malade fut en conséquence traitée uniquement par l’application de cataplasmes de farine de lin et de seigle, saupoudrés de ciguë. On administrait en même temps à 1 intérieur les pilules d’extrait de ciguë avec fécule.

Il y a maintenant plus de quinze ans que la malade est parfaitement guérie.

M. Duméril, sans contester l’efficacité que plusieurs praticiens attribuent à la ciguë, croit que les cataplasmes , en se durcissant , surtout ceux dans lesquels entrait la farine de seigle, joints à l’application des bandages qui les soutenaient, ont agi par la compression , à laquelle il attribue en partie la guérison de cette maladie.

Le second fait qui m’a été communiqué par le même praticien est celui d’une dame qui demeurait rue de Pûchelieu , vis-à-vis la fontaine \ elle présentait les mêmes symptômes que la première. M. Dupuytren ne voulut pas l’opérer, par les mêmes raisons qui avaient empêché M. Dubois de faire l’ablation du premier cancer. Elle fut traitée comme la première , et il y a au moins douze ans qu’elle est absolument guérie.

io3

Fait communiqué par M. le docteur Furent du

Châtelet .

« Madame D... avait une mère qui mourut à quatre-vingts ans , portant au sein un cancer ulcère depuis quinze ans : le père de cette dame avait succombe à un sarcocèle, autant, toutefois, que j’en puis juger par la description qu’elle m’en lit , lorsque je lui adressai quelques questions dans le cours de sa maladie,

» Madame D... était tourmentée depuis son enfance par un principe vague , que tous les médecins qu’elle consulta regardèrent comme dartre ux et qui fut traité en conséquence. Ce principe, qui avait le plus ordinairement son siège à la face , y déterminait une éruption habituelle de petits boutons qui paraissaient et disparaissaient sans cesse; la peau de cette partie était plombée , terreuse , et présentait la rigidité et la sécheresse qui caractérisent une vieillesse avancée ; la menstruation fut toujours régulière. Madame D... eut à vingt ans une fille qu’elle nourrit, et qui se porte bien. Un régime doux, lacté et végétal, lui fut toujours nécessaire, elle ne s’en écarta jamais.

» A quarante-huit ans, madame D... éprouva

au printemps de 1824 quelques indispositions qui, revenant périodiquement à l’époque des règles, furent attribuées à l’âge critique; elle devint de ma part l’objet de soins plus assidus. On remarqua une altération plus grande dans la couleur naturelle de la peaü du visage; le sommeil et l’appétit éprouvèrent des variations et des oscillations continuelles ; enfin , depuis près de six mois il existait un état intermédiaire entre la santé et la maladie, lorsque madame D... se plaignit dans un des 'seins d’une douleur, y qu’elle ressentait depuis plus de deux mois sans en parler à personne.

» L’ayant examinée, je trouvai dans le sein droit , à la partie supérieure et interne , une tumeur de la grosseur d’un œuf de pigeon , mobile , non adhérente à la peau ; assez douloureuse à la pression, plus douloureuse aux époques menstruelles, et accompagnée de deux petits engorgemens sous Faisselle du même côté. - •

» La malade s’étant refusée à l’application des

sangsues , elle fut traitée par les cataplasmes tantôt émolliens , tantôt narcotiques. On employa la ciguë, la pulpe de carotte et autres substances appliquées extérieurement ; car l’état de l’estomac ne permettait pas de lui administrer à l’intérieur le moindre médicament ; le lait était la

io5

seule nourriture qui convînt à la malade et qu’elle pût digérer.

» Six mois s’écoulèrent avant que la malade me permît d’appeler en consultation un chirurgien célèbre, tant elle redoutait une opération. Elle consentit enfin à voir 3VI. Dupuytreri, qui trouva la tumeur dans l’état suivant : elle avait à-peuprès doublé de volume et présentait celui d’un petit œuf de poule , elle s’était approchée de la peau , avec laquelle elle avait contracté des adhéreuces intimes , et formait à l’extérieur deux saillies ou mamelons d’une couleur légèrement bleuâtre et d’une grande sensibilité : la même adhérence existait avec les muscles pectoraux et tout le tissu cellulaire environnant. Les engorgemens axillaires n’avaient pas augmenté de volume, mais étaient devenus plus douloureux. La tumeur était le siège de forts élancemens qui réveillaient fort souvent la malade.

)> M. Dupuytren considérant cette tumeur et surtout la maigreur et la cachexie générale de cètte malade, ne jugea pas convenable de l’opérer. Il me dit que le cancer récidiverait certainement. Il me détourna même de l’idée que j’avais d’appliquer quelques sangsues, dans la crainte, me dit-il , que chaque piqûre ne devînt elle-même un petit cancer, tant l’état général lui parut

io6

avancé . A cette époque, les règles n’avaient pas paru depuis trois mois.

» Contre mon attente, ce mal local cessa de faire des progrès ; mais il survint de temps en temps des douleurs de tête très-fortes qui duraient pendant deux ou trois jours et disparaissaient ensuite. D’abord supportables , elles devinrent plus tard intolérables au point de rendre l’existence pénible et fastidieuse. Elles avaient leur siège à la partie droite et supérieure de la tête , et, dans les accès, la malade les comparait à l’action de lames d’ins trumens tranchans qu’on enfoncerait à plusieurs reprises dans la substance cérébrale. Le quinquina donné pour combattre la périodicité resta sans succès*, les dérivatifs accompagnés de réfrigérans sur la tête n’eurent pas un meilleur effet \ il n’y eut que les sangsues appliquées au cou qui apportèrent quelquefois un peu de soulagement. Dans un espace de huit mois, à dater de la visite de M. Dupuytren, ces douleurs , d’intermittentes qu’elles étaient d’abord, devinrent continuelles } mais, chose fort remarquable , c’est que , pendant ce temps , la tumeur du sein non-seulement cessa d’être douloureuse , mais disparut même en partie , au point de ne laisser quune petite tumeur de la grosseur d’un noyau d! abricot } auquel la peau

io 7

res tait adhérente. Aucun topique ne fut employé y on se contenta d’appliquer des bandes de coton sur la partie malade.

» A cette époque, madame D... fut prise subitement d’une série de symptômes qui me parurent caractériser une véritable apoplexie : perte de connaissance, hémiplégie du côté opposé à la douleur de tête , lenteur excessive du pouls , pupilles insensibles à la lumière, carus profond. Une saignée générale , des sangsues appliquées au cou, de la glace sur la tête et autres moyens, n’amènent aucun changement. Au troisième jour, la malade ouvre les yeux , les mouvemens reviennent, ainsi que la connaissance*, elle peut se lever , marcher , et se livrer à l’espoir d’une guérison prochaine.

» Après trois semaines, même état apoplectique accompagné des mêmes symptômes ; on le combat avec aussi peu de succès par les mêmes moyens } il se prolonge pendant cinq jours , au bout desquels les fonctions se rétablissent dans le premier état.

» Huit jours ne se sont pas écoulés, que tous les accidens décrits précédemment reparaissent. Cette fois-ci ils durent neuf jours entiers, pendant lesquels on ne fait que soutenir la malade en lui faisant avaler du bouillon et du vin d’Es-

pagne. A la fin du neuvième jour la malade ouvre les yeux et recouvre toutes ses facultés. Pendant tout le temps que se prolongea cet état léthargique , le pouls battait à peine trente-cinq pulsations par minutes.

» Après deux jours d’un état passable, les accidens des autres accès reparaissent , et la malade expire sans agitation, neuf mois après la visite de M. Dupuytren, et après deux ans à dater du moment des premiers accidens.

» L’examen du cadavre fait avec M. le docteur Lenormand , nous a offert les particularités suivantes :

» En palpant la masse cérébrale , on remarqua une dureté assez grande à la partie supérieure

et antérieure du lobe droit; l’arachnoïde adlié-

rait à cette dureté dans une étendue d’un à deux centimètres.

» Une incision longitudinale pratiquée sur fe lobe , fit reconnaître au-dessous de cette dureté une tumeur de la grosseur d’un petit œuf, nageant pour ainsi dire dans la masse cérébrale, qui avait éprouvé un ramollissement considérable et presque une diffluence tout autour de la tumeur 5 ce ramollissement s’étendait à plus d un centimètre dans toutes les directions.

» La tumeur examinée attentivement présenta

trois fausses membranes qui l’entouraient exao* tement. La plus extérieure était molle, épaisse, et se détruisait avec la plus grande facilité ; la seconde, plus mince, avait plus de consistance; la troisième pouvait être comparée à de l’albumine concrète. C’est au centre de ces trois membranes que la tumeur formait un noyau de la grosseur d’une noix ordinaire ; elle était dure, solide, résistante, un peu inégale et légèrement grisâtre; coupée en travers, elle présenta une organisation blanchâtre, dure, offrant tous les caractères du carcinome ; ce qui fut reconnu par M. Cruveilhier qui examina la pièce, laquelle est conservée dans l’esprit de vin.

» Toutes les autres parties de l’encéphale étaient saines ; il en était de même des organes des autres cavités , cpii furent examinés l’un après l’autre avec le plus grand soin.

» Le sein qui avait été le siège des accidens primitifs était revenu au volume de l’autre; la tumeur qu’il contenait avait en grande partie disparu. On ne voyait ni la couleur bleuâtre, ni les deux pointes saillantes qui existaient lors de la visite de M. Dupuytren. Une dissection [attentive fit seulement reconnaître à la place qu’elle occupait une substance fibreuse de la grosseur d’une cerise, adhérente à la peau, laquelle avait

recouvre en grande partie dans rot endroit son organisation primitive. »

I.Æ fait de M. Parent, en montrant la résolution spontanée d'un engorgement carcinomateux, suivie d'un autre engorgement de même nature , peut conduire à admettre </eV rru'tustiist's cancihvuses.

Le l'ait suivant conduit à penser que dans certains cas la diathèse cancéreuse peut $?user sans métastase : madame G...., alors âgée de quarante-quatre ans, grêle, mal réglée et très-sanguine, portait, il y a douze ans, dans la région du colon droit, une tumeur fixe, qui était le siège dVlaneemens spontanés très-vifs , avec des irradiations très -douloureuses , dont les exacerbations, malgré le régime le [dus sévère, ramenaient souvent la nécessité de la saignée, seul moyen de soulagement véritable pour elle. Je crus à l'existence d une tumeur de nature cancéreuse dans cette région du canal intestinal, et MM. Fouquier etMarjolin , qui ont vu la malade avec moi , ont partagé la même opinion. On a continué a saigner cette personne, très -atïaiblie et très-maigre, lorsque l'intensité des aeeidens le demandait. L'époque de la cessation des règles est arrivée*, les douleurs de la région cavale ou colique ont diminué. Madame G a cessé d'être sai-

g née aussi souvent, et a repris de l’embonpoint et de la santé. Elle est actuellement âgée de plus de cinquante-six ans.

ARTICLE If.

7 CMF.iatS CK ncp.rkcses circonscrites.

Outre les engorgernens cancéreux diffus dont j’ai parié dans I article précédent, on observe des tumeurs de même nature, circonscrites et comme enkystées, qui semblent se développer dans le tissu cellulaire ambiant ou inter-parenchymateux des organes.

Si ces tumeurs isolées étaient moins fréquentes et n’arrivaient jamais qu’au voisinage des grands viscères, comme les glandes mammaires, le testicule, le foie, la rate, etc., on pourrait croire qu elles ont toujours leur siège dans quelque rudiment ou appendice de l’organe voisin analogue à ces corps hépatiques, spléniques, mammaires et testiculaires qu’on trouve isolés comme des .5 ateilites dans le voisinage du foie , de la rate, etc.

Mais la variété du siège et la fréquence des tumeurs cancéreuses d’abord isolées du parenchyme des organes, empêchent d’admettre pour toutes l’explication qui n’en ferait qu’une mani-

festation pathologique de la variété de structure organique dont il vient d’être parle. Quoique cette cause des tumeurs cancéreuses enkystées ne soit pas générale , je pense cependant quelle doit être prise en considération pour les tumeurs enkystées qui surviennent dans les seins ou autour de ces organes *, car j’ai vu autour des glandes mammaires ou dans leur intérieur de petits corps mammiformes qui ne tenaient au corps de la mamelle que par des filamens qui pouvaient n être que des vaisseaux sanguins ou galactophores, ou des nerfs. J’ai trouvé pareillement un troisième testicule très-petit et présentant la même organisation et la même sensibilité que les deux autres. Cela posé , on conçoit facilement comment un coup sur la glande mammaire ou à coté d’elle pourra devenir la cause d’une tumeur circonscrite et mobile dans le sein , comme chez les sujets des ier, 23e, 5 Ie, 54e et 55e faits, ou dans son voisinage, comme chez ceux des 14e , 29e et 5oe.

L’histoire des tumeurs cancéreuses circonscrites ayant les plus grands rapports avec celle des engorgemens diffus de même nature, je suivrai pour son développement l’ordre que j’ai adopté pour celle de ces derniers.

s. ier- -

Invasion.

Quoi qu’il en soit de leur siège primitif, les tumeurs squirrheuses se développent tantôt spontanément hors de l’organe , du sein par exemple , comme chez les sujets des 5e, i3e, 27% 33e et 4oe faits , ou dans cet organe , comme chez ceux des 10% 17e, 26e, 37°, 4?e et ^9% et tantôt accidentellement à la suite de coups hors du sein , ainsi que chez le sujet du 5oe , ou dans le sein, ainsi que chez les sujets des icr, 16e, 62e, etc.

La tumeur , d’abord très-petite et peu sensible au toucher , s’accroît successivement en envahissant les parties du voisinage qu’elle écarte et qui s’atrophient à mesure qu’elle augmente de volume. Si la tumeur n’est pas enkystée, le tissu cellulaire ambiant et les organes voisins finissent par s’engorger et concourir à augmenter le volume de l’affection primitive, comme chez les sujets des 6 8 et 7e faits. Il arrive quelquefois que les autres parties de l’organe dans lequel se trouve la tumeur , au lieu de se tuméfier , semblent se racornir, comme cela est arrivé chez le sujet du 35e fait , dont le sein malade , bien que présen- IL 8

tant une tumeur arrondie de quatre pouces de diamètre , était cependant moins volumineux que la utre.

À mesure que les tumeurs cancéreuses enkystées font des progrès, elles finissent par perdre de leur mobilité; ce qui arrive de diverses manières : i°. par la seule augmentation de leur masse ; 2 par la propagation de la maladie au tissu cellulaire du voisinage, qui devient plus dense et borne de plus en plus les mouvemcns de la tumeur , lesquels cessent enfin tout- à-fait par son adhérence aux parties solides adjacentes , comme chez les sujets des 2e et 9e faits , etc.

Tantôt les tumeurs squirrheuses sont uniques, comme chez les sujets des 4e et 5qe faits , et tantôt , au contraire, elles sont multiples, comme chez ceux des 1 9e et 54e , etc. La multiplicité des points de départ annonce que beaucoup de ganglions présentent la disposition à la dégénérescence cancéreuse.

Les douleurs des squirrhes isolés enkystés et non enkystés se comportent comme celles des engorgemens diffus : souvent, presque nulles au début de la maladie, elles finissent par devenir intolérables dans ses progrès. Leur caractère ordinaire est de se manifester par des élancemens spontanés, qui, d’abord très-obtus, 11e sont que

des picotemens, lesquels dans la suite deviennent des élancemens aigus et décbirans. Ce caractère distingue parfaitement les douleurs pongitives, pulsatives, brûlantes, gravatives et continues du phlegmon, des douleurs transitoires, d'abord intermittentes et toujours rémittentes, des tumeurs squirrheuses , qui , indolentes au toucher, deviennent parfois le siège d’élancemens après qu’on les a palpées, tandis que les douleurs du phlegmon se développent pendant la pression.

Page 1