CH
CG ch:
Ces substances, abandonnées à l’air libre, luisent toutes dans l’obscurité à des degrés divers. Leur phosphorescence est d’autant plus marquée qu’elles sont plus volatiles, c'est-à-dire, qu’elles sont moins élevées dans la série à laquelle elles appartiennent.
Dans tous les cas, la phosphorescence a sa cause dans une oxydation. Le nuage blanc, opaque, formé par les éthers thiosulfocarboniques, nuage qu'il est extraordinairement difficile de condenser, contient de l'acide sulfurique ; 1l ne se forme pas dans l'hydrogène, le gaz carbonique, mais se manifeste au moment où ces gaz chargés de vapeurs organiques se répandent dans l’air.
Grâce à l’obligeance de M. Delépine (?), nous avons
1) Voir M. DeLÉPinE, Comptes rendus, t. 150, 1910, p. 836.
(on (?) Qu'il nous soit permis de le remercier ici sincèrement.
pu disposer de quelques centimètres cubes de trois de ces substances. Nous les désignerons par les lettres A, B, C. OCH:
La substance A CSC est fortement phospho- DS CH: Lea!
rescentle et donne à l'air des nuages bien visibles avec une odeur qui rappelle celle de l'ozone. Le point d’ébullition est HOT OC2H5 La substance B CSC estun peu moins phos- NS CH: P phorescente et donne des nuages moins épais. Son point d’ébullition est 1822.
ÿ OO CHS La substance C (CS/ bout à 1092°; elle fume KN(CH:) JA énormément à l'air et possède une odeur fétide. Sa phosphorescence est faible et n'apparait bien que lorsqu'on insuffle de l’air.
Étant donnée la faible quantité de matière dont nous
B QUUTION
Fig. 16.
disposions, et l'extrême volatilité de toutes ces substances, nous avons renoncé à employer une méthode de courant gazeux. Il nous a paru préférable d'utiliser un simple condensateur plan (fig. 16), dont une armature est reliée à l’électromètre et dont l’autre porte un disque de papier buvard légèrement humecté de la substance à étudier. On charge l’armature inférieure (qui porte la substance) à un potentiel positif ou négatif de go volts et on observe l’élec-
tromètre. La distance des armatures est de 2°",5 et leur diamètre de 8°",5 environ.
Les substances À et B ont donné à l’électromètre des effets rigoureusement nuls. Nous entendons par là qu’on pouvait maintenir l’électromètre isolé pendant 1 ou 2 minutes sans que le spot se déplace de plus de 3 divisions. Étant donnée la grande stabilité de lélectromètre pendant cette série d'expériences, on peut conclure, en toule certitude, à l’absence complète d’ionisation.
La substance C a donné des effets extrêmement petits, très irréguliers, ne dépassant jamais 10 divisions à la minute. Nous concluons ici encore à lPabsence d’ionisaion. La stabilité un peu moindre de lélectromètre pendant ces mesures explique très bien les effets tout à fait infimes qu’on à constatés. Rappelons d’ailleurs que dans ces expériences on a constamment entre les plateaux du condensateur un nuage abondant de fumées blanchâtres.
M. Delépine a montré très nettement que les phénomènes de luminosité dont il s’agit ici sont liés à une véritable combustion. Nous avons songé à répéter avec ces substances l'expérience de la séparation de la phosphorescence. On y arrive aisément en plaçant à l'entrée d’un tube de verre très long un peu de papier buvard humecté d’un éther thiosulfocarbonique. En envoyant à travers le tube un courant d’air suffisamment rapide, on voit la phosphorescence s’allonger, puis se séparer de la subslance. On peut également la chasser hors du tube et observer un jet luminescent dans l’atmosphère. Enfin, on réussit sans peine l'expérience des bulles phosphorescentes. La colonne phosphorescente qu’on obtient avec la substance À ressemble d’une manière surprenante à la colonne phosphorescente que donne le phosphore.