Conclusion des expériences de phosphorescence
Bien que notre étude ait porté sur un nombre de cas restreint, elle permet de tirer certaines conclusions.
En montrant que l’ionisation par le phosphore est un cas particulier de l’ionisation par flamme, nous avons enlevé au cas du phosphore son caractère exceptionnel. Il nous est apparu comme identique aux combus- Uons usuelles.
Mais l’étude de divers autres exemples nous a montré que l’ionisation par flamme n’est pas un phénomène général, comme on le pensait. Si les flammes usuelles sont conductrices, elles tiennent sans doute cette propriété d’äutres causes que de la combustion. En tous cas, le soufre, l’arsenic et divers corps organiques brûlent sans donner d’ionisation.
La différence entre les flammes isolantes et les flammes conductrices a-t-elle son origine dans les différences de température? C’est l’idée qui semble d’abord la plus naturelle, puisque nous savons que dans la flamme Bunsen les parties Les plus chaudes sont aussi les plus conductrices.
Ici l'exemple du phosphore se présente de nouveau et il reprend un caractère exceptionnel. De toutes les flammes étudiées par nous, la phosphorescence du phosphore est celle qui se produit à plus basse température. C'est peut-être celle dont Paction ionisante est la plus énergique (t). En tous cas, le soufre et l’arsenic, à tem-
(:) Nous avons recherché si l’ionisation par le phosphore n’était pas due à la lumière ultraviolette émise par la phosphorescence même. Eu plaçant un fragment de phosphore dans un tube de quartz parcouru par un courant d'air, nous n'avons obtenu aucun effet de décharge sur une lame de zinc chargée négativement, La combustion vive du phosphore donne le même résultat. Elster et Geitel avaient déjà signalé que la phosphorescence du phosphore n’agit pas sur le zinc à travers une fenêtre de gypse,
pérature plus élevée, donnent des flammes isolantes.
Étant donné le peu de connaissances acquises sur ce sujet, il convient de s'abstenir d’hypothèses. De nouvelles recherches montreront peut-être que la notion de température, qui s'applique à des moyennes, n’est pas suffisamment complète pour caractériser l’état d’une flamme, et qu'il faut, pour comprendre les phénomènes d’ionisation, entrer plus en détail dans le mécanisme de la combustion: