RECHERCHES SUR LES ACTIONS CITIMIQUES. [OÙ
produits de combustion vive du soufre (Berthelot), n'est
pas ionisé lors de sa formation.
Pourtant nous avions déjà une raison de croire à l’absence d’ionisation. Si lon remplace le laveur à eau disullée, qui, lors de nos expériences sur le soufre, était mis à la sortie des appareils, par un petit flacon de Durand renfermant une solution de chlorure de baryum, on continue à observer l’apparition brusque d’un épais nuage quand on passe du régime de phosphorescence au régime de flamme : en même temps, il se forme dans le flacon un louche bien visible constitué par du sulfate de baryte. Mais ce louche n’augmente pas d'importance lorsqu'on élève la température du four de facon à obtenir des déviations parfois très fortes à l’électromètre. Dans bien des cas, l'élévation entraînait même une diminution dans la quanuité de sulfate de baryte formée en un temps donné. Il ne paraît pas y avoir de corrélation entre les effets d’ionisalon lus à l’électromètre et la formation d’acide sulfurique.
Il a néanmoins semblé nécessaire de décider, par des expériences directes, si oxydation de l’anhydride sulfureux en anhydride sulfurique est ou n’est pas accompagnée d’ionisation.
Les expériences sur ce sujet se heurtent à quelques diflicultés. Si l’on veut éviter les hautes températures et accroître le rendement, il faut uuliser un catalyseur, tel que la mousse de platine, et ce corps est particulièrement favorable aux effets d’ionisation thermique. D'autre part, ’anhydride sulfurique est d’une activité chimique telle, qu'il détruit instantanément tous les isolements. Enfia, il est nécessaire de placer le condensateur de mesure aussi près que possible de lPappareil producteur d’anhydride sulfurique si l’on veut recueillir les petits ions qui peuvent se former. La chaleur est alors un nouvel obstacle à la conservation des isolants. La première difficulté a été
résolue d’une manière satisfaisante en opérant sur des quantités très petites de mousse de platine (1 ou 2 gr.) et en évilant de pousser la température au delà de 410°. D'ailleurs, le platine ne commence à émettre de charges d’une façon notable qu’au voisinage du rouge sombre, et ces charges sont d’abord seulement positives. Par précaution, on a généralement disposé les connexions de façon à recueillir des charges négatives. L’échauffement des tubes métalliques a été réduit par une réfrigération constamment entretenue, à l’aide de coton imbibé d’eau. Quant à l'attaque de l’ébonite par l'anhydride sulfurique, elle a été combattue avec succès par l'emploi du condensateur à soufflage.
L’anbhydride sulfurique est produit par le procédé de contact en envoyant dans un tube chauffé électriquement à 400° environ un mélange d’air et d’anhydride sulfureux, tous deux desséchés par l’anh ydride phosphorique. Le gaz sulfureux a été produit soit par combustion du soufre, soit par attaque du mercure au moyen d'acide sulfurique concentré ou encore puisé dans un siphon ou une bouteile métallique à pointeau donnant un dégagement régulier. Au milieu du four, on place une petite nacelle de laiton ou de porcelaine contenant la mousse de platine. La formation d'anhydride sulfurique se constate aisément par la production de fumées blanches à la sortie des appareils. On la contrôle en faisant barboter les gaz dans un flacon à chlorure de baryum. Un indice particulièrement sensible est la formation, sur les parties des tubes de verre souillées accidentellement par un léger dépôt de soufre, d’un liquide rougeâtre, huileux, fumant énergiquement, el laissant redéposer du soufre au contact de Pair humide.
Un grand nombre de dispositifs ont été uulisés. On s’est préoccupé surtout de rapprocher autant que possible le condensateur de mesure du four à mousse de platine, afin de recueillir éventuellement les ions de grande mobi-