‹ Recherches sur les anésthesiques en général leurs effets physiologiques et pathologiques et sur l'agent chimique qui, spécialement, produit l'anethésieChapitre 12 sur 16 · MOYEN DE COMBATTRE LES ACCIDENTS · texte numérisé non relu

MOYEN DE COMBATTRE LES ACCIDENTS

Si, malgré les précautions inspirées par la prudence et l'expérience, les accidents se manifestent, il faut aussitôt recourir aux moyens les plus actifs pour les combattre. Le premier soin doit être d'enlever l'agent anesthésique, de renouveler l'air chargé des vapeurs du chloroforme, d'ouvrir la fenêtre et la

porte, d'établir un courant qui entraine rapidement les émanations dangereuses, de jeter à la face de l'eau froide, d'approcher des narines des sels irritants, du vinaigre ou de l'ammoniaque liquide, de faire des frictions sur tout le corps avec des serviettes chaudes ou des flanelles imprégnées de liquide stimulant, de titiller la luette avec des barbes de plume, d'introduire dans la bouche et le pharynx de l'eau contenant de l'alcali volatil, surtout lorsque l'agent anesthésique estl'aeide carbonique ou l'oxyde de carbone.

Dans le cas évident de syncope , M. Mercier a conseillé la compression des artères axillaires et l'aorte abdominale, afin de faire refluer le sang vers le cœur et le cerveau. M. Nelaton a préconisé le soulèvement des membres inférieurs en laissant la tête et la poitrine dans les régions les plus déclives.

Il est utile de provoquer une respiration artificielle en exerçant une compression alternative des parois thoruciques, en faisant des insufflations de bouche à bouche ou à l'aide d'une pompe à asphyxie.

M. Lecoq, chirurgien de la marine ainsi que M. Jobert de Lamballe se sont bien trouvés de l'action de l'électricité, et M. Snow n'a pas craint de recourir à l'acupuncture en enfonçant de longues aiguilles jusque dans l'épaisseur des parois ventriculaires du cœur. MM. Blanchet et Duroy ont conseillé l'injection du gaz oxygène dansles poumons. Enfin, comme ces moyens sont restés presque toujours impuissants, on a conseillé la cautérisation avec le fer rouge sur différentes parlies du corps.

Quel que soit le résultat des efforts employés pour conjurer les accidents, le médecin doit conserver la fermeté et le calme qui permettent de dominer les situations les plus douloureuses, et n'abandonner le malheureux que lorsqu'il n'est plus permis de conserver aucun espoir de le rappeler à la vie.

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