‹ Recherches sur les Anilines ChloréesChapitre 8 sur 21 · ER ES · texte numérisé non relu

ER ES

Le chloroplatinate d’aniline monochlorée (6) peut être représenté par la formule 2(C'?H$CIAz,HCDPICI*, Il se forme quand on précipite par le chlorure de platine une solution aqueuse concentrée de chlorhydrate d’aniline monochlorée, mais la quantité de produit que l’on obtient ainsi est très-petite à cause de la faible solubilité du chlorhydrate. Il se dépose plus abondamment quand on abandonne la liqueur à l’évaporation spontanée. Ce sel constitue des aiguilles jaunes peu solubles dans l’eau et dans l’alcool froid.

Le chlorhydraie double d’aniline monochlorée (B) et d’étain (pro-

tosel), 2SnCl,C'?HCISAz,HCI, cristallise très-facilement et très-nettement en prismes volumineux, incolores et très-brillants qui paraissent dérivés d’un prisme rhomboïdal droit. Il se forme dans la réaction de production de l’aniline quand l’étain est en excès. Comme son isomère («), l’eau pure le détruit : on ne peut le purifier par cristallisation que dans des liqueurs très-fortement acides.

Il est possible que l’aniline monochlorée (8) soit identique à la parachloraniline que M. Griess a obtenue par la réduction de la paranitrochlorobenzine. Cependant cette identité ne peut être complétement établie, pour le moment du moins, la parachloraniline n'étant encore que fort peu connue.

IT. Aniline monochlorée nitrée (2).

Lorsqu'on traite par la méthode générale que j'ai indiquée (page 9) la benzine monochlorée binitrée («), C'*H°CI(AzO"}, on obtient un sel déliquescent qui n’est autre chose que le chlorhydrate double d’étain (protosel ou persel) et d’aniline monochlorée nitrée (x). L’aniline qu’il renferme s’est formée par la réaction suivante :

C:2H°CI (AzO‘}? + 68n + 6HCI — C'H°CI(AzO!) Az + 2H°0? + 6SnC1

Si l’on cherche à isoler ce chlorhydrate double en évaporant la liqueur, il se détruit : l’aniline nitrochlorée étant un alcali extrêmement peu énergique, son sel se trouve saponifié par l’eau à l'ébullition, de telle sorte qu’elle ne tarde pas à se précipiter sous forme d’une huile qui s’altère rapidement à l’air et brunit.

Pour préparer l’aniline monochlorée mononitrée (&), on étend d’eau la liqueur, on la précipite par l'hydrogène sulfuré en excès, on filtre et l’on ajoute un alcali. L’aniline se précipiteen flocons : on la sépare en agitant la liqueur avec de l’éther qui dissout rapidement le produit organique en question, tandis que la liqueur aqueuse reste chargée d’une matière floconneuse verdâtre dont la teinte s’accentue de plus en plus par l’action de la lumière. En distillant l’éther on obtient comme résidu l’aniline nitrochlorée. On purifie celle-ci par des cristallisations dans l’alcool qui la dissout en abondance à chaud et la laisse déposer en grande partie par le refroidissement. |

Elle m’a donné à l’analyse les résultats qui suivent :

CH CI(AzO®) Az I Il t C 41.74 41.41 » y»

L’aniline monochlorée nitrée (4) est un corps cristallisé, incolore lorsqu'il est pur, mais généralement coloré en brun par l’action de la lumière et de l’air. Il donne dans l’alcool des cristaux trèsvolumineux et très-nets auxquels M. Des Cloizeaux a trouvé les caractères suivants :

« Prisme rhomboïdal droit de 40924 :

Angles mesurés calculés. LS 1 A En EP RS + A 109°24"-(moy.). . . .». *109°24* m sunimu(suregt}e ss (iOue USE ES 1026: LS 2 HEPVAME 70.36 RON OU ee en 0 161. 4 à 160°20'. . . . 160.32 mSUO ASURM)St -ontbyeleotit. 90/40,à 90.26.51. - 89.56 DT CHR ER ue cellier pi FSU OR RT S 70.28 PA A AN UT D DE Mt VE Tee LU OL CE NS PME 109.32 U''BUT. 0 AIO) PRES MR NE UE 4115:25 2119.20, Le 1145.25 a sur a! (sur l’arête m sur m). . . . 64.10 à 64.90. . . . 64.35 at sur nt RUE 49, SHC RSI 145.46 à 445.54: 001: “445,51

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Double réfraction énergique.

Plan des axes optiques bissectant l’angle obtus # sur m. Bissectrice aiguë positive, normale à l’arête m sur m. Forte dispersion des axes : p v.

Écartement apparent dans l'huile et dans Pair : 2H — 7634, d’où 2E— 13032 (rayons rouges) 11.40 ; — 195.53 (rayons bleus). »

L’aniline monochlorée nitrée (4) ne présente à la température ordinaire aucune odeur bien sensible. Elle fond à 87 degrés et est susceptible d’une surfusion assez marquée : fondue, elle se solidifie à une température à peine inférieure quand elle est en contact avec un de ses cristaux. À une température supérieure à 300 degrés, elle entre en ébullition et commence à distiller en s’altérant, puis tout à coup, une réaction des plus énergiques se déclarant, elle se décompose, se boursoufle et se transforme enfin en un charbon volumineux et brillant. -

Elle est fort peu soluble dans l’eau froide et un peu plus soluble dans l’eau chaude qui la laisse déposer par le refroidissement sous forme de cristaux parfois assez gros. L'alcool, comme je l'ai dit, la dissout abondamment, surtout à chaud: il en est de même de l’éther. Le sulfure de carbone, au contraire, la dissout peu.

Sa solution aqueuse donne avec l’hypochlorite de chaux un précipité marron rougeâtre. Le produit de la réaction, agité avec de l’éther, cède à celui-ci la matière colorante. L'acide sulfurique dilué diminue la coloration de la liqueur éthérée en prenant lui-même une teinte rose. Le même réactif décolore la liqueur aqueuse.

La benzine monochlorée nitrée (x) se dissout dans l’acide sulfurique concentré en se colorant en rose. L’eau détruit la coloration ainsi produite. Si l’on ajoute une trace d'acide nitrique à la solution sulfurique, le mélange jaunit immédiatement. Le produit de la réaction étendu d’eau présente une teinte jaune très-vive qui se rapproche de celle de l'acide picrique.

Ce corps a une grande tendance à s’oxyder: sa solution alcoolique noircit à l’air très-rapidement. L’acide chromique l’altère énergiquement : lorsqu'on le pulvérise et qu’on l’humecte d’eau, puis qu’on le mélange avec l’acide chromique, la réaction se fait avec

une élévation de température très-forte; le produit est une substance résinoide marron.

L’aniline monochlorée nitrée (x) possède des propriétés alcalines beaucoup moins marquées que celles des anilines monochlorées (à) et (6). Ses sels se dédoublent assez facilement par l’action de l’eau, surtout à chaud. [ls présentent, comme l’aniline elle-même, une grande tendance à s’oxyder. Tous rougissent énergiquement le tournesol,

Le sulfate d'aniline monochlorée nitrée (x) cristallise très-bien en aiguilles prismatiques fines et solides, lorsqu'on abandonne au refroidissement sa solution aqueuse saturée à chaud. Il est assez soluble dans l’eau froide et peu soluble dans l'alcool. | |

Le chlorhydrate d’aniline monochlorée nitrée (4) est un sel déliquescent. Je n’ai pu le faire cristalliser, même en évaporant dans le vide sa solution aqueuse. Une ébullition prolongée l’altère.

Le nitrate d’aniline monochlorée nitrée (x) ne s’obtient pas, non plus cristallisé et s’altère très-rapidement. Il est toujours rougeûtre. Lorsqu'on le chauffe à une température élevée, sa coloration s’accentue de plus en plus et passe bientôt au rouge sang intense. Une petite quantité d’eau ajoutée au produit le décolore immédiatement.

Le chloroplatinaie d’aniline monochlorée nitrée (x) est un fort beau composé qui se forme en abondance quand on précipite par le chlorure de platine une solution concentrée de chlorhydrate d’aniline monochlorée nitrée (x) : ce dernier sel étant très-soluble, la production du composé platinique peut être assez abondante pour que la liqueur se prenne en masse. Îl constitue des aiguilles prismatiques jaunes, très-nettes et très-brillantes, insolubles dans l’eau, fort solubles au contraire dans l'alcool. Parfois ce composé ne se forme pas immédiatement ; il suffit aiors d’agiter la liqueur avec une baguette pour le voir se produire aussitôt.

Les chlorures doubles d’étain et d'aniline monochlorée nitrée (2) sont déliquescents.

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