SOMA
Nous avons déjà dit que le corps ou soma est composé d’un certain nombre d’anneaux ou segments disposés en série linéaire et nous avons indiqué plus haut les variations dont ce nombre est susceptible; nous avons vu aussi que, chez les Aphroditiens, les segments successifs ne sont pas semblables entre eux et qu’il y a alternance de formes dans les appendices, certains anneaux portant des élytres, dont les autres sont dépourvus.
Répartition des élytres. — Nous commencerons par étudier le mode de répartition des élytres ; il est sujet à des variations très considérables, dont l'explication ne saurait être trouvée dans l’état actuel de nos connaissances.
Tout d’abord, le nombre des élytres varie beaucoup. Le minimum observé est de 16 (8 paires) chez Polynoe pelagica ViauiEr qui n’est d'ailleurs peut-être qu'une forme larvaire. Quelques espèces | Polynoe (Herdmaneila) ascidioides Mac-Ixrosx, Macellicephala mirabilis Mac-Inrosx] n’ont que 18 élytres. Mais généralement il y en a 12 paires, ou davantage.
Le mode de répartition des 12 premières paires est très constant dans toute la famille : on les trouve toujours sur les segments 2, 4, 51, de 11, LT LP
Cette règle ne souffre que trois exceptions: la première est fournie par les Polylepidiens, pourvus d’élytres sur tous les segments ; les deux autres se rencontrent dans les genres Hemilepidia (élytres
on —
sur les segments 2, 4, 6,8, 10, 12, 14, 16, 18, 20, 22, 24) et Eulepis ; Eulepis hamifera Gr. a la 12° paire sur le segment 24 (au lieu de 23) ; et Eulepis Wynwvillei Mac-Ixrosu présente une répartition tout à-fait aberrante sur les segments 2, 3, 4. 6, 8, 10, 12, 14, 16, 18, 20, 23; i paraït en être de même chez £wlepis Challengeriæ Mac- INrosH. Comme on le verra plus loin, j'ai cru devoir baser sur ce caractère une coupe générique nouvelle, Pareulepis.
Je désignerai, avec SaviGeny, sous le nom d’élytres supplèmenlaires ceux qui se trouvent en plus des 12 paires dont il vient d'être parlé.
Chez les Acoëtiens, des élytres supplémentaires sont insérés sur tous les segments de rang impair qui suivent le 24°.
Il en est de mème dans les genres Peisidice Jonnsox et Haswellia n. g., qui constituent la tribu nouvelle des Peisidicinæ, définie plus Join. .
Chez les Sigalioniens il peut exister des élytres sur tous les segments au delà du 23°, ou bien, plus rarement, sur les segments 25, 27 et sur tous ceux qui suivent le 27°.
Les Polylepidiens ont, nous l'avons vu, des élytres sur tous les segments.
L'Eulepis hamifera Gr. porte des élytres supplémentaires sur tous les anneaux qui suivent le 27°.
L'Eulepis (Pareulepis) Wyiwviller a, d'après Mac-I[Ntosx, des élytres supplémentaires sur les segments 28, 29, 30 et suivants. Mais la figure que donne l’auteur semble indiquer qu'au delà du 23° tous les segments sont pourvus d’élytres.
Chez les Hermioniens, les élvtres supplémentaires, lorsqu'il en existe, sont insérés en général sur les segments 26, 29, 32, et ainsi de suite, de 3 en 3 anneaux. Mais il peut y avoir exception pour certaines espèces d'un genre qui, par ailleurs se conforme à la règle; c'est ainsi que Lætmatonice Kinbergi porte la 15° paire sur le segment 25 (au lieu de 26) et les suivantes sur les 28°, 31°, 34° anneaux
Chez les Polynoiniens, il y a lieu d'établir tout d'abord deux groupes: certaines formes ont à la partie postérieure du corps un grand nombre d'anneaux, tous semblables entre eux, tous pourvus de cirres dorsaux et non recouverts par les élytres; nous dirons que ces formes sont incompièlement vèlues ; ailleurs, au contraire, l'alternance des cirres et des élytres se poursuit, suivant les règles
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exposées plus loin, jusqu’à l'extrémité postérieure du soma et cela de façon telle que 3 ou 4 segments seulement existent entre le: dernier anneau élytrigère et le pygidium, en sorte que lon pue dire que ces formes sont complètement vêlues.
Cette distinction essentielle une fois établie l’on peut noter que le nombre total des élytres est souvent de 30, et alors les trois dernières paires se trouvent insérées sur les segments 26. 29, 32; c'est le cas, par exemple, pour la majorité des Harmothoe, pour les Nychia, formes complètement vêlues, et, parmi les formes incomplètement vêtues, pour les Hermadion, les Lagisca, les Nemidia, les Polynoe.
Il peut cependant n’exister que 12 paires d’ élytres (Lepidonotus s. str. KBG) ou 13 (la plupart des Zphione) et, dans ce dernier cas, c'est encore le 26° anneau qui porte les deux élytres supplémentaires.
Mais il y a aussi des formes qui ont plus de 30 élytres; c’est ce que l’on observe dans le genre Halosydna K8& ; il y a ici de 18 à 21 paires d’élytres et leur mode variable de répartition permet de classer les espèces en groupes qui n’ont d’ailleurs qu’une valeur purement taxonomique; ainsi, chez Halosydna gelatinosa SARS, les élytres supplémentaires sont insérés sur les segments 26, 29, 32, 39, 38, 41 ; chez H. brevisetosa KBG on les trouve aux 25°, 27°, 28°, 30°, 31°et 33° anneaux ; l’H. elegans a 19 paires d’élytres réparties sur les segments 2, 4, 5, 7, 9...., 28, 25, 27, 28, 30, 31, 34, 36.
Quelques Harmothoe aussi ont 32 ou 36 élvtres.
Le genre Polyeunoa MAc-INrosx a 19 paires d’élytres ; les 16 premières sont groupées dans la région antérieure du corps sur les segments 2, 4, 5, 7...., 23, 26; la 17° est séparée de la 16° par 6 anneaux ; 12 segments s’intercalent entre les 17° et 18° paires ; cette dernière n’est séparée que par un segment de la 19°, après laquelle on trouve une série de 22 segments dont la plupart sont naturellement découverts.
Certaines formes à corps très long, enfin, complètement vêtues, possèdent un nombre considérable d'élytres. Chez ces Polynoiniens (Acholoe, Lepidasthenia) les élytres supplémentaires se trouvent aux segments 26, 29, 32, et ainsi de suite, de 3 en 3.
La forme décrite par Wegsrer [79] sous le nom de Lepidametria commensalis possède également des élytres très nombreux répartis sur toute la lôngueur du corps ; elle a de 76 à 100 élytres ; sur les