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RÉGION ANTÉRIEURE DU SOMA

Tout ce qui précède s'applique aux segments somatiques typiques. Mais, chez tous les Aphroditiens, il y a lieu de faire une étude spéciale des segments antérieurs, qui sont assez profondément modifiés à cause de leur position au voisinage de la tête.

- L'on attribue souvent au premier segment somatique une dénomination spéciale, en le désignant sous le nom de segment buccal. Comme ViqurEr et MALAQUIN, mais non pour les mêmes raisons, je n emploierai pas cette dénomination. Les auteurs précités admettent, on le sait, que la bouche est portée par le lobe céphalique ei l'on s'explique dès lors qu'ils ne parlent pas d’un segment buccal appartenant au soma. Pour moi je considère comme démontré par les études embryologiques, ou anatomiques et morphologiques que la bouche marque la limite entre la tête et le soma qui forment respectivement ses bords antérieur et postérieur. Néanmoins il n’y a pas lieu, à mon avis, de distinguer par un nom particulier le premier segment somatique. Tout d’abord, le nom qu'on lui a donné semblerait indiquer qu’il porte la bouche. ce qui n’est pas exact. En second lieu, l'emploi d'un terme spécial pourrait encore se jusüfier si le premier segment présentait toujours el était loujours seul à présenter des modifications plus ou moins considérables. Mais il n'en est pas ainsi. Chez certains Hésioniens les deux ou trois premiers anneaux du corps sont profondément modifiés. Chez quelques Phyllodociens (Phyllodoce leres MALMGREN) ce n'est qu'à partir du quatrième segment que le parapode acquiert sa forme normale et nous allons voir maintenant que chez les Aphroditiens. les deux premiers anneaux, au moins, méritent une description spéciale.

Premier segment. — Examinons d'abord le premier segment somatique.

Sur la face dorsale, la partie centrale, non parapodiale de ce segment, refoulée en quelque sorte par le développement de la

Ne

tête qui s'enfonce comme un coin à la partie antérieure du soma, cesse souvent d’être visible, en sorte que le lobe céphalique paraît venir au contact du bord antérieur du deuxième segment et que l'existence du premier anneau n’est alors révélée, quand on examine l’animal dans la pronation, que par la présence de ses parapodes (voir par exemple la figure 24).

A la face ventrale, le segment étudié forme, comme toujours, le bord postérieur de la bouche ; les parties latérales de ce bord inférieur s’épaississent ponr former deux grosses masses charnues, que nous désignerons sous le nom de lèvres latérales.

Mais il se produit en outre ici une seconde modification.

Reportons-nous à la figure 15 qui représente l'extrémité antérieure d’une Lagisca extenuata GR. vue dans la supination ; nous retrouvons là une apparence déjà signalée par tous les auteurs qui disent en général, qu’une petite languette triangulaire brune (LP. s. c.) descend du bord frontal de la tête vers l’orifice buccal. C’est admettre implicitement que cette languette triangulaire appartient au lobe céphalique et n’est qu’une crête marquant le milieu de la face ventrale de la tête, face dont on apercevrait encore une partie

Par IS FASe

FiG. 15. — Lagisca extenuata Gr. Région antérieure. Supiraton.

assez importante, sous la forme d’un triangle curviligne limité par les lèvres latérales (Z{) et le contour apparent de l'animal. Cette interprétation est imexacte. La languette triangulaire brune et les parties adjacentes sont, en réalité, des dépendances du premier segment somatique.

Représentons schématiquement un Annélide typique avec sa tête T et ses segments successifs I, I, III (fig. 16 A). Chaque anneau somatique entoure une portion du tube digestif et peut être

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