‹ Recherches sur les AphroditiensChapitre 24 sur 69 · EN · texte numérisé non relu

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Marseille n'est pas un Polyodontes ; et de même, celui dont miss BucHanax [94] a figuré le lobe céphalique n'a été attribué que par suite d’une erreur au genre Polyodontes dont la caractéristique, parmi les Acoëtiens, est précisément de n'avoir que deux antennes.

Peisidicinæ. — Nous placerons ici un genre récemment créé par Jonnsox [97] pour un annélide de la côte californienne; ce genre Peisidice possède des élytres répartis suivant la loi qui caractérise les Acoëtiens, à savoir une paire sur chacun des segments 2, 4, 5 et sur tous les segments de rang impair qui suivent. Mais tous ses autres caractères le rapprochent des Sigalioniens. Par le petit nombre de leurs segments et l'absence de branchies les Peisidice rappellent les Pholoe : elles possèdent en commun avec les Æupholoe et les Psammolyce ce caractère d’avoir le dos et les élytres recouverts de grains de sable solidement adhérents ; enfin, comme tous les Sigalioniens, les Peisidice ont des soies composées.

Ce genre sera pour nous le type d’une tribu nouvelle, celle des Peisidicinæ, dans laquelle doit aussi rentrer, selon toute vraisemblance, la forme décrite par HAswELL [83] sous le nom de Thalenessa microceras et rangée par cet auteur dans la tribu des Sigalioniens. En effet, chez tous les Sigalioniens connus jusqu'ici, tous les segments après le 26° et le plus souvent même après le 22° portent des élytres. Or HASWELL a eu un fragment antérieur comptant 70 segments et présentant dans toute sa longueur l’alternance régulière des élytres et des cirres dorsaux (?) ; ilest permis de supposer que cette alternance se poursuivait jusqu'à l'extrémité du corps. C’est d’ailleurs à tort que l'auteur place cette forme dans le genre Thalenessa qui, comme nous le verrons plus loin, est synonyme de Sigalion Aupouin et H. Mizne-EDwaRDs s. st. KiNBERG, Elle doit, en tout état de cause, à raison de la répartition de ses élytres, être prise pour type d’un genre nouveau ÆHaswellia, que nous rangerons dans la tribu des Peisidicinæ.

Eulepidinæ. — SEMPER a découvert aux Philippines un Aphroditien qui, étudié par Grue [78] et décrit sous le nom d'Æulepis hamnifera, a été jusqu'ici rangé à tort soit dans la tribu des Siga-

—lioniens (GRUBE) soit parmi les Polynoiniens (Mac-INrorH [85 |).

L'Æulepis hamifera présente ce caractère de n’avoir pas de soies composées, ce qui l'éloigne absolument des Sigalioniens, alors que ses élytres ont dans la région postérieure du corps la distribution que l’on connaît depuis longtemps chez les formes de cette tribu (1 paire par segment). Elle a d'ailleurs le corps court et déprimé et son aspect général rappelle beaucoup celui de certains Polynoiniens, des Halosydna KBG. par exemple.

Mac-Inrosu [85] a décrit sous ce nom générique d’Æulepis deux formes certainement très voisines de l’Æ. hamifera GR. mais qui me paraissent devoir rentrer dans un genre nouveau, en raison de la distribution des élytres dans la région antérieure du corps. Chez l'une d’elles l’auteur dit expressément que lés élytres se trouvent sur les segments 2, 3, 4, 6, 8, 10, 12, 14, 16, 18, 20, 23, 26, 29 et suivants ; mais la figure qu’il donne semble plutôt indiquer que la répartition est la suivante : 2,3, 4, 6, 8, 10, 12, 14, 16, 18, 20, 23, 25 et suivants. Quoi qu'il en soit, le fait que dans la région antérieure du corps trois segments consécutifs portent des élytres est caractéristique et doit amener la création d'un genre que j'appellerai Pareulepis. Bien que Mac-Inrosx ne dise rien sur la distribution des élytres chez le second animal, qu'il décrit sous le nom d’Æulepis Challengeriæ, il me paraît probable, à l'examen du dessin qu’il en publie, que cette forme présente la même répartition des élytres que la précédente et doit par suite rentrer, elle aussi, dans le genre Pareulepis.

Les deux genres Eulepis, Pareulepis constitueront la tribu nouvelle des Eulepidinæ, caractérisée par la répartition de ses élytres qui rappelle celle que l’on observe chez les Sigalioniens et par l’absence de soies composées.

Sigalioninæ. — La tribu des Sigalioniens comprend des genres assez nombreux.

KiBerG [55] a montré que les limites assignées au genre Sigalion par la diagnose d’Atpoux et Mizxe-Epwarps [32] devaient être resserrées et il a divisé ce genre en quatre aulres: Sigalion s. str. Sthenelais, Leanira, Psammolyce, admis depuis par la majorité des zoologistes. ScHMARDA [61] a créé un cinquième genre Conconia. MaLMGREN [66] s’est borné à rattacher aux Sigalioniens le genre Pholoe JonstToN qui, pour KINBERG, constituait à lui seul une famille (tribu) distincte.

Nous rappellerons ici que l'espèce typique du genre Sigalion (sensu KiNBERG) est le Sigalion Mathildæ Au. et H. M. Epw. tel qu'il a êté décrit et figuré dans le tome 27 des « Annales des Sciences naturelles > ow encore dans les « Recherches pour servir à l'histoire naturelle du littoral de la France » {ome II (1834) H. Mixxe-Epwarps a donné plus tard dans une édition du « Règne animal illustré > (1856-1841) une nouvelle figure bien différente de la première et qui ne se rapporte pas, quoi qu’il en ait dit, au même animal. Le prétendu Sigalion Mathildæ du « Règne animal illustré > est en effet une Sthenelais à laquelle DE QUATRE- FAGES [65 | a imposé le nom de Sthenelais Audouini.

BaiRD [69] n'ayant eu qu’une connaissance imparfaite de ces faits, a pris pour type du genre Sigalion la Sthenelais Audouwini DE Qres et a dès lors été conduit à créer pour les Sigalions. str. KBG un genre nouveau Thalenessa qui doit disparaître, si l’on tient compte de ce qui précède. /

Mais Mac-[xrosx [85] après avoir constaté que le nom créé par Baimp était imutile l’a repris, tout à fait comme s’il élait nouveau (all of which are new) pour désigner un genre qu’il établissait [Thalenessa BamD ch. em.]. On aurait donc à ajouter aux six genres précédemment énumérés le genre T'halenessa ; mais les règles de la nomenclature s’opposant à ce qu'un nom, fut-il caduc, soit employé à nouveau nous changerons la dénomination employée par Mac-Inrosx en celle d’'Euthalenessa.

Il faut aussi tenir compte du genre Æupholoe Mac-INrosn (85).

La tribu des Sigalioniens se trouve donc, à l'heure actuelle, composée des huit genres suivants : Sigalion Avpoux et H. MIrxE- EpwaRps s. str., KINBERG, Pholoe JonnsToN, Sthenelais KiNBERG, Leanira KIiNBERG, Psammolyce KiNBERG, Conconia SCHMARDA, Euthalenessa (Thalenessa sensu Mac-Ixrosx) et Eupholoe Mac- INTOSH. ’

Je ne liens pas compte, dans cette revision, du genre E’usthenelais

créé par Mac-Inrosx | 760] ; LEVINSEN [83] a montré en effet que les genres Æusthenelais et Leanira n'étaient pas distincts. . En outre, je noterai que Pruvor [95] fait mention d'un genre Pholoides sur lequel je n’ai pu trouver aucun autre renseignement. L'espèce qu'il attribue à ce genre (Ph. dorsipapillata) a d'ailleurs été décrite, par Von MARENZELLER [93], sous le nom générique de Pholoe.

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Parmi les genres énumérés plus haut il en est quatre (Sigahon, Pholoe. Ewpholoe, Euthalenessa) qui me paraissent définis sans ambiguïté possible. On ne saurait en dire aulant des quatre autres, dont les diagnoses me semblent manquer de la netteté désirable. Je laisse de côté, pour le moment, le genre Conconia, si insuffisamment caractérisé par SCHMARDA, et ne m'occupe que du groupe formé par Sthenelais, Leanira, Psammolyce.

Les dernières diagnoses publiées pour ces trois genres sont dues à GRUBE [78] qui a modifié, d’une facon fàcheuse à mon sens, celles que KINBERG [55 4 57 | avait établies en créant les genres précités. GRURE a en effet retranché d’un côté, ajouté de l’autre aux descriptions de KINBERG. Qu'a-t-il ajouté ? Quelques remarques sur les saies ; je n’en vois pas l'utilité: les Sihenelais, les Leanira, les P:ammolyce sont des Sigalioniens; c’est dire que les formes rentrant dans ces genres ont à la rame ventrale des soies composées ; qu'il se trouve ou non des soies simples mêlées aux soies composées, c'est un détail qui a d’autant moins d'importance que dans un même genre (Sthenelais) on peut observer les deux cas (rame ventrale portant des soies composées exclusivement ou, à la fois, des soies simples et des soies composées. L'on peut donc supprimer des caractéristiques établies par GRUBE ce qui à trait aux soies el dès lors on résumera de la facon suivante les diagnoses qu’il donne. ,

Sthenelais. Antenne médiane avec lobules (ctémidies antennales) à la base. Elytres mous, lisses, recouvrant le milieu du dos.

leanira. Antenne médiane sans clénidies. Elytres mous, lisses, ne recouvrant pas le milieu du dos dans la région antérieure.

Psammolyce. Antenne médiane sans cténidies. Elytres épais, incrustés de grains de sable et de débris de coquilles fixés sur des papilles adhésives. La ligne médiane dorsale reste à nu sur toute la longueur du corps.

GRUBE, on le voil, a recours à trois crdres de caractères: la présence où l'absence de cténidies antennales, la structure des élytres, les dimensions relatives de ces élytres et du corps; de ces trois caractères un seul a une valeur réelle; c'est le premier ; introduire les autres dans les diagnoses c’est vouloir accroître sans fin le nombre des genres. Des découvertes, pour la plupart

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postérieures au travail de GRuBE [78], montrent en effet qu'il existe :

1° Des Sigalioniens pourvus de cténidies antennales, avec des élytres laissant à nu le milieu du dos dans la région antérieure du corps | Leanira (Sthenelais) magellanica, L. (S.) lævis, I. (S.) areolata, L.(S.) japonica, décrites par Mac-Inrosx [85]; Sihenelais simplex EuLers [87]]. Je puis en outre ajouter que j'ai reçu de Plymouth un certain nombre d'échantillons de Sthenelais Iduncæ RATHKE dont quelques-unes avaient la ligne médiane dorsale à découvert dans la région antérieure.

2 Des Sigalioniens pourvus de cténidies antennales, avec des élytres qui s’entrecroisent sur la ligne médiane dorsale mais sont munis de papilles adhésives absolument comparables à celles des Psammolyce et incrustés de grains de sable (Sthenelais minor Pruvor et RACOVITZA | 95 |).

3° Enfin peut-être aussi des Sigalioniens sans cténidies antennales mais dont les élytres recouvrent complètement la ligne médiodorsale (Sth. dendrolepis CLP [68 |).

11 faudrait donc créer ici deux et peut-être trois nouveaux genres, à moins que l’on ne se décide à supprimer complètement des diagnoses génériques les caractères tirés de la structure et de la taille des élytres. Nous avons eu déjà l'occasion, à propos des Acoëtiens, de constater le peu de valeur de ces caractères.

Mais, après avoir réalisé cette suppression qui s'impose, l’on se trouvera fort empêché d'établir, d’après les seules diagnoses de GRUBE, une différence quelconque entre Leanira et Psammolyce. Ces deux genres sont dépourvus de cténidies antennales, ce qui les différencie de Sthenelais. À quel criterium avoir recours pour les distinguer l’un de l’autre? Reportons-nous aux ,diagnoses de KImBerG [57]; tandis qu’il retenait, comme nous venons de le voir, des caractères sans valeur, GRUBE en a complètement négligé d'autres que KiNBERG avait cependant placés en première ligne et qui sont tirés du mode d'insertion de l'antenne impaire. Chez les Sthenelais et Leanira ïl existe un cératophore très net, bien distinct du lobe céphalique et qui s’insère sur la face dorsale de la tête. Chez les Psammolyce au contraire le bord frontal du lobe céphalique présente en son milieu une légère saillie à l'extrémité de laquelle s'implante l'antenne en sorte qu’il

est ici impossible de distinguer la limite entre le cératophore et la tête. Mieux que de longues explications les trois figures ci-jointes feront comprendre combien considérable est la différence à ce point de vue entre Psammolyce et Leanira.

Fir. 21. — Mode d'insertion des antennes latérales : A. Chez une Leamra. — B. Chez Psammolyce fijiensis. — G. Chez P. occidentulis (B et C d’après Mac-INTosH.

En résumé, il faut, à mon avis. dans les diagnoses de KiINBERG 57] retrancher ce qui a trait aux élytres et mettre bien en évidence au contraire les caractères tirés du mode d'insertion de l'antenne impaire ; il faut, en outre, naturellement, modifier ces diagnoses dans le sens exigé par les découvertes récentes sur la morphologie externe de la région antérieure des Sigalioniens: on sait aujourd’hui que les lobules de la base de l'antenne impaire, chez les Sthenelais sont des organes vibratiles et non des antennes latérales ; on sait aussi qu'il existe chez les Sthenelais, les Leanira, les Psammmolyce trois antennes dont les deux latérales sont soudées aux parapodes du premier segment somatique.

Quant au genre Conconia on peut le supprimer. SCHMARDA [61], n’admettant pas la classification de KINBERG réunit en un seul, Sthenelais, les trois genres dont nous venons de parler; et il dit que les Conconia se distinguent des Sthenelais par les caractères suivants : elles sont dépourvues de mâchoires et elles ont à la rame ventrale des soies de plusieurs sortes, simples et composées. Or, aucune espèce de Sfheneluis n’est émaxillée et parmi les Sthenelais décrites par KiNBERG [57] il en est qui ont à la fois, à la rame ventrale, des soies simples et des soies composées. ScHMARDA dit aussi que les Conconia se distinguent des Sthenelais en ce qu’elles

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