‹ Recherches sur les AphroditiensChapitre 3 sur 69 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Dans la classification linnéenne le groupe des Vers comprenait un genre Aphrodita caractérisé par son corps aplati et ovalaire, en opposition avec les Néréides à corps grêle, cylindrique et filiforme. En raison même du peu de précision de sa diagnose, ce genre devait comprendre des animaux trop dissemblables pour qu'on pût lui conserver l'extension que lui avait donnée Lan el dès 1789, BRoGUIÈRE, dans l'Encyclopédie Méthodique, le divisa en deux autres Aphrodita L. s.str. et Amphinome BRUG. SAVIGNY [20] démembra à nouveau le genre Aphrodita tel qu’on le comprenait depuis BRUGUIÈRE et créa la famille des Aphrodités, composée des trois genres Halithea Sav.(— Aphrodita L. s.str.), Polynoe Sav. et Palmyra Say.

Aupotin et H. MiLne-EpwaRps | 32] découvrent aux îles Chausey un certain nombre de types nouveaux qui viennent se ranger dans la famille des Aphrodités, dont ils changent le nom en celui d’Aphrodisiens. En raison de la diversité des formes connues grâce à leurs recherches et à celles de leurs prédécesseurs, ils se trouvent conduits à subdiviser en tribus la famille des Aphrodisiens, dès lors assez nombreuse en genres. Examinons rapidementleur classification; mais rappelons d’abord que les Aphrodisiens sont pour eux des Annélides errants caractérisés par ce fait que-les anneaux successifs composant le corps sont dissemblables, certains appendices mous apparaissant et disparaissant alternativement dans une certaine étendue du corps ; Le dos est, en général, recouvert par des appendices squammiformes, les élytres, propres à la famille. Les Aphrodisiens, ainsi définis, se divisent en trois tribus. Tout d’abord, certains d’entre eux sont dépourvus d’élytres ; ce sont les Aphrodisiens nus, représentés par le seul genre Palmyra Sav.; les autres, les Aphrodisiens à élytres, comprennent les Aphrodisiens ordinaires, chez lesquels ces élytres alternent avec des cirres dorsaux et des branchies rudimentaires (genres Aphrodite L. s.str.,

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Polynoe SAy., Polyodontes Rex.) et les Aphrodisiens vermiformes, dont le corps est franchement allongé et chez lesquels les élytres coexistent soit avec un cirre dorsal (genre Sigalion Avup. ct H. Mine-Epw.) soit avec un lubercule branchial (genre Acoëtes Aup. et H. MiLNE-Epw).

Gruge [51] admet la classification que nous venons de résumer.

KigerG [55 et 57] donne la description d’un grand nombre de genres nouveaux ; il croit devoir élever au rang d'ordre la famille des Aphrodisiens et reconnaît dans cet ordre sept familles dont les six premières comprennent tous les Aphrodisiens à élytres; la septième (Palmyracea) correspond par suite exactement à la tribu des Aphrodisiens nus, définie plus haut d’après Aupoun et H. MILes- EDwARDS. |

ScHmarDa |61] assigne enfin au groupe qui nous occupe ses limites actuelles ; il réunit dans une seule famille, celle des Aphroditacea, les six premières de KINBERG, en conservant la septième (Palmyracea) avec les limites que lui avait assignées le savani suédois.

La plupart des auteurs ont, depuis 1861, adopté sur ce point la manière de voir de SCHMARDA et, par suite, la famille des Aphroditiens comprend aujourd’hui exclusivement les Polychètes errants chez lesquels certains segments sont pourvus d’élytres et qui présentent, au moins dans la partie antérieure du corps, une alternance de formes dans les appendices de l'anneau.

’est de la famille très naturelle ainsi délimitée que nous nous occuperons désormais.

Certains zoologistes ont cependant continué à considérer comme autant de familles distinctes ce que nous définirons plus loin comme des tribus. C’est ainsi, par exemple, que Mac-Inrosx, dans tous ses travaux faunistiques, parle de la famille des Aphroditidæ (tribu Hermioninæ) des familles des Polynoidæ, Sigalionidæ, Acoëtidæ.

I me paraît plus logique de réunir dans un même ensemble tous les Annélides pourvus d’élytres et je me range à l'avis de CLapa- RÈDE, d'A. DE QUATREFAGES, d'EHLERS, de GRUBE, en considérant les Aphroditiens comme constituant une famille, dont les limites ont été indiquées pour la première fois par ScHMARDA [61].

Nous avons vu que, pour KiINBERG, les Aphroditiens (sensu SCHMARDA) Constituaient six familles ;.des subdivisions ainsi établies dans ce que nous appelons la famille des Aphroditiens, quatre

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seulement devaient subsister après les travaux de MALMGREN [66] et de GRuBE [75]; et si on laisse de côté deux genres fort rares d’ailleurs, les Aphroditiens peuvent, d'après GRUBE [75] se grouper en quatre lribus autour des types suivants: Aphrodite L. s.str.. Polynoe Sav.. Sigalion Au. et H. M. Enw., Acoëtes Au. et H. M. Epw.

Nous adopterons, à litre provisoire, la classification de GRURE, et résumerons dans le tableau suivant les caractères distinctifs de tribus établis par lui dans la famille des Aphroditidæ.

A. — Des segments avec des élytres, et d'autres, intermédiaires aux précédents, avec des cirres dorsaux.

ay. — Entre deux segments pourvus d’élytres, il s'intercale toujours, dans la partie antérieure du corps un segment avec des cirres dorsaux (1): dans la partie postérieure du corps, ou bien les élytres manquent, ou bien, entre deux segments à élytres, s’intercalent deux segments consécutifs pourvus de cirres dorsaux.

x. — Corps trapu, { antenne seulement....... Hermioniens. 42. — Corps ovale ou vermiforme, 2 ou 3 antennes. Polynoiniens. u>. — Entre deux segments pourvus d’élytres, il n’y a jamais qu'un seul segment pourvu de cirres dorsaux, et il y en a toujours un Doom Spies en a, | TT LU coëliens.

B. — Les segments de la partie antérieure du corps qui portent des élytres alternent avec ceux qui sont nus (1). Dans la partie postérieure du corps, tous les segments portent des élytres.......... Judo Sigalioniens.

C. — Tous les segments portent des élytres........ .... Polylepidiens.

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