‹ Recherches sur les AphroditiensChapitre 39 sur 69 · ELYTRES · texte numérisé non relu

ELYTRES

Historique. — Les appendices, spéciaux aux Aphroditiens, que l’on désigne sous le nom d’élytres ont été pendant longtemps considérés à tort comme des organes respiratoires ; l’on admettait, en effet, qu'ils étaient creusés d'une cavité et certains auteurs déclaraient même avoir vu, dans cette sorte de sac que constituait d’après eux l’élytre, des produits génitaux flottant dans le liquide de la cavité générale.

Ces idées erronées sur la structure des élytres ont eu cours jusqu’à une époque assez rapprochée de nous, puisqu'on les retrouve encore explicitement exprimées dans le mémoire de GRUBE [78] sur les Annélides des Philippines. Et il est permis, en passant, de s'étonner que DE BLAINVILLE, EHLERS, CLAPAREDE aient soutenu la théorie de l’homologie du cirre et de l’élytre alors qu'ils se faisaient de la structure de ce dernier une idée telle que celle qui vient d’être exposée.

HASWELL [s3| à constaté le premier qu'il existait toujours entre les deux couches épidermiques constituant la paroi du prétendu sac élytrare un tissu de fibres diversement disposées qui, morphologiquement, représentent pour lui la couche musculaire des téguments ; 1l ne considère plus les élytres comme des appareils respiratoires.

JOURDAN [85 et s7] a étudié la structure de cet appendice chez Hermione hystrix Sav., chez la Polynoe (Harmothoe) lorquala

Czpp. et chez la Polynoe Gr'ubiana Cipv. (1) ; il s’est surtout occupé du plexus nerveux et des terminaisons sensitives ; en ce qui concerne les fibres déjà signalées par HAswWELL entre les deux épidermes, il dit qu’elles vont d’une cuticule à l’autre et qu’elles ont la forme d’un fuseau très délié renflé à ses deux extrémités en un petit cône terminal qui traverse l’épiderme et s'applique par sa base sur la face interne de la cuticule ; ces fibrilles ont un aspect vitreux, une cassure nette, se colorent comme la cuticule et se comportent comme celle-ci vis-à-vis de la potasse caustique, de l’acide osmique et de l'acide azotique. En conséquence, JourpaN considère les fibrilles comme des éléments anatomiques différents à la fois du tissu musculaire et du tissu conjonctif, comme des produits épithéliaux qu'il rangerait volontiers à côté des capsules, des basales, des membranes limitantes et des fibres de soutien de la rétine.

SOULIER [91] a fait des éléments anatomiques qui composent l’élytre chez Aphrodite aculeata et chez Harmothoe lorquata CzPD. une étude rapide, sur laquelle je reviendrai plus loin.

Structure. — Comme l’on voit, tous les auteurs ont étudié l’élytre pris en lui-même, sans se préoccuper de ses relations avec le reste du corps de l’animal ; et l’on s'explique ainsi pourquoi l’on ne trouve nulle part affirmé d’une façon catégorique ce fait, essentiel pourtant, que l’élytre est un organe exclusivement épidermique.

L'étude de coupes en série permet de l’affirmer d’une façon certaine: l’élytre est tout entier compris entre la basale et la cuticule. L'examen des dessins de la fig. 43 suffira à nous en convaincre ; l’on voit en outre quelques différences dans le mode d’attaches de cet appendice sur son support; chez les Sigalioniens où l’autotomie ne se produit que d’une façon tout à fait exceptionnelle (2) la base d'insertion est très large : elle comprend toute la surface de l’élytrophore (fig. 43 A); chez les Polynoiniens 1l s’est produit une poche intraépidermique en sorte que l’élytre n'est plus rattaché au corps que par une mince membrane annulaire; encore

(1) Polynoe Cirubiana Crpp. est une des nombreuses espèces qui tombent en synonymie avec Lepidonotus clava Moxr.

(2) J'ai eu entre les mains plus de 100 échantillons de Sigalioniens appartenant à des espèces très diverses et fixés soit par l'acide acétique glacial soit par les liqueurs de FLEMMING, de PERENYI, de RABL., soit par le sublimé acétique; aucun d’eux n'avait perdu un élytre.

faut-il établir une différence à ce point de vue entre Lepidonotus clava Moxr., forme à élytres assez solidement adhérents, et

FiG. 43. — Mode d'insertion de l'élytre.

A. Chez Leanira Giardi n. sp.

B. Chez Lepidonotus clava Moxr.

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