‹ Recherches sur les AphroditiensChapitre 60 sur 69 · INTESTIN · texte numérisé non relu

INTESTIN

Si l’on ne tient pas compte du petit repli antérieur dont nous avons déjà signalé l'existence en étudiant le mécanisme de la projection de la trompe, l'intestin s’étend en ligne droite depuis la fin du ventricule jusqu'à l’anus. Sa partie terminale, le rectum, qui dérive du proctodeum de la larve, est seule d’origine épidermique ; l'intestin proprement dit et les cœcums qui en dépendent reconnaissent une origine endodermique.

Cette portion du tube digestif occupe toujours dans le corps une position axiale. Elle présente la forme « en chapelet » bien souvent signalée par les auteurs et qui résulte de l’existence, dans chaque segment, d’une constriction annulaire plus ou moins marquée ; chez la plupart des Annélides, c'est au point où il traverse le dissépiment que l'intestin à son diamètre minimum; chez les Aphroditiens, il ma semblé au contraire que, dans la plupart des cas la partie la plus large du tube digestif se trouvait au niveau de cette cloison intersegmentaire.

La structure des parois de l'intestin proprement dit est toujours très simple: sous un épithélium qui peut, ou non, former des papilles, on trouve une couche musculaire très réduite, enveloppée par le péritoine. La couche des muscles est composée de fibres circulaires internes et de fibres longitudinales externes.

Quant à l’épithélium, il ne présente rien de bien particulier : il est

formé de cellules cylindriques plus ou moins allongées ; un grand nombre de ces éléments sont bourrés dans leur partie périphérique de petits sphérules d'aspect huileux, dans lesquels il faut sans doute voir des prod uits de la digestion absorbés par l’épithélium intestinal.

Le rectum est cilié dans toute son étendue et sa paroi est ornée de nombreuses papilles, dues à la formation de plusieurs couches de cellules en dessous de la couche limitante ciliée. J’ai observé une fois, dans ces papilles, de gros amas jaunâtres qui étaient certainement des produits d’excrétion; des amas analogues se retrouvaient d’ailleurs au voisinage du rectum, dans des dépendances de la cavité générale. L'animal sur lequel à été faite cette observation était un Lepidonotus clava Moxr. Peut-être faut-il voir là l'indication de ce fait que dans certains cas le rectum peut jouer un rôle excréteur analogue à celui de l'intestin urinaire des Syllidiens. Cette observation doit être rapprochée de celle, tout à fait analogue, faite par CLAPAREDE [68] sur P. (Harmothoe) spinifera Eur.

CŒCUMS.

Les cœcums, à contenu brunâtre ou d’un jaune clair ont été considérés par beaucoup d’observateurs comme des glandes hépatiques; mais la plupart de ces auteurs n’ont donné, à l’appui de l'opinion qu’ils émettaient ainsi aucune preuve physiologique, ni aucune démonstration basée sur l'histologie du cœcun.

La première tentative sur ce sujet est, je crois, due à SELENKA [73]; il ar eprésenté dans la figure 8 de la planche IV de son mémoire les cellules du cœcum d’Aphrodite aculeata 1. ; elles auraient, d’après lui, une forme cubique et seraient pourvues d’un énorme noyau brun; elles renfermeraient en outre de petites concrétions, dont chacune est entourée d’une zone plus claire de protoplasme.

KALLENBACH [83] a étudié fort rapidement les cœcums et leur épithélium glandulaire qu’il a d’ailleurs mal vu, on peut l’affirmer à l'examen de la figure qu'il en donne.

Enfin HasweLz [83] a publié une description anatomique et histologique des cœcums des Aphroditiens ; je me contente de signaler ici ce travail, car j'aurai à revenir sur les résultats obtenus par cet auteur.

Forme. — La disposition et la forme des cœcums sont trop. connues pour qu’il soit nécessaire d'insister longuement sur ce sujet; on sait que, dans la région occupée par l'intestin proprement dit, chaque segment renferme une paire de ces organes; il y a cependant quelques exceptions à cette règle: chez certaines formes il existe des cœcums dans des segments qui précèdent celui où commence l'intestin ; l’'Aphrodite aculeata L. est dans ce cas; on trouve déjà une paire de cœcums dans le huitième anneau, alors que l'intestin commence au quatorzième seulement ; TRAUTZSCH | 90] dit que, chez les Polynoiniens, il a toujours trouvé des cœcums à partir du huitième segment. KALLENBACH [83] a vu, par contre, chez Polynoe cirrata O. F. Muzrer le premier de ces organes dans le treizième anneau; et DE ST-Josepx [88] considère, avec raison selon moi, comme exceptionnel le cas de la forme qu'il a décrite sous le nom d'Harmothoe cæliaca, laquelle possède des cœcums dans le neuvième segment et dans tous ceux qui suivent, la région proboscidienne du tube digestif s'étendant d’ailleurs jusqu'au douzième anneau ; Chez la plupart des formes que j'ai étudiées, Lepidonotus clava Mont., Z. squamatus L., Harmothoe areolata Gr. HT. impar JonsT., Lagisca extenuata Gr., L. rarispina M. Sars,. Acholoe astericola DELLE CHIAIE les cœcums n'apparaissent que dans l'anneau où se termine la trompe. Mais, chez Hermadion pellucidum Ex., on les trouve à partir du dixième segment alors que l'intestin n’apparaît qu’au onzième.

Quoi qu'il en soit, chaque cœcum s'ouvre latéro-dorsalement

dans l'intestin par une boutonnière bordée de cils gigantesques. De cette boutonnière part un co! plus où moins long qui conduit

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