IMPORTANCE CHIRURGICALE DES BRANCHES LONGUES
Lorsqu'on opère par le vagin, et qu’on se propose de lier isolément ces vaisseaux, les branches peuvent, quand elles sont grosses, induire en erreur. On croit avoir lié le tronc principal alors qu’on n’a lié que des branches, importantes il est vrai. Il faudrait creuser plus profondément, pour trouver l’utérine proprement dite. M. Fritsch (1) qui a décrit un procédé de ligature des artères utérines, parle vagin n’a pas méconnu l'existence des branches longues. Il recommande de les chercher avant d'essayer d’atteindreletronc. Mais il avoue lui-même (communication écrite) qu'il considère cette technique comme incertaine, car le tronc utérin est toujours placé haut dans le pédicule vasculaire et une grosse branche de division peut donner l'illusion du tronc lui-même. D'ailleurs, la recherche de l’artère et de ses branches est vraiment pénible par la voie vaginale.
On comprend donc l'avantage présenté par la ligature en masse de la gaine vasculaire avec son contenu. Elle enserre dans son étreinte, le troncet les branches, c'est-à-dire toute l’utérine. Cette ligature est théoriquement préférable à celle de l'artère à l’origine puisque les branches fournies par l’utérine sont anastomosées avec celles de la vessie et du vagin notamment. Évitant le retour du sang dans le territoire de l’utérine par ces branches, elle est plus hémostatique que la ligature du tronc à l’origine et doit être préférée à cette dernière, si l'on se propose de déterminer l’atrophie de l'utérus par anémie. Elle est du reste beaucoup plus facile.
Les grosses branches longues peuvent naître presque contre la paroi pelvienne, témoin le beau dessin que donne Hyrtl (2) d'un cas de ce genre.
Les branches vésicales fournies par l’utérine sont généralement mal décrites. Elles passent aisément inaperçues lorsqu'on
étudie des utérus injectés après extirpation du bassin. Cela tient
(1) FRITSCH (Heinrich), — Die Lageveränderungen und die Entzündungen der Gebärmutter. Deutsche Chirurgie. Lief. 56. Stuttgart, 1885, S, 342-343, (2) HYRTL, — Loc, cit., Taf. XIII.
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à ce qu'elles naissent souvent très près de l’origine de l’utérine et qu'on sectionne l’utérine au-dessous d’elles en enlevant la pièce. Bien développées chez le fœtus et chez l'enfant (revoyez les fig. 14 et 15), elles le sont aussi chez l'adulte, quoique assez variables. Nous en reproduisons un beau type (fig. 21, PI. V).
Leur caractéristique est d'être longues, de naître loin de l’utérus, soit de l’utérine, soit d’une de ses branches longues (aussi, M. Ricard (1) dénomme-t-il ces dernières vésico-vaginales). Elles sont également importantes et méritent d'être connues du chirurgien. En effet, si celui-ci, au cours d’une opération sur l'utérus, désire une hémostase parfaite, il devra, selon notre conseil, lier le tronc de l’utérine loin de l'utérus, c'est-à-dire près de l’origine. Il risque de tomber dans l’écueil que nous avons déjà signalé à propos des cervico-vaginales longues. Le sang peut refluer par les vésicales comme par les cervico-vaginales, car elles s’anastomosent richement avec les autres artères de la vessie.
Nous avons presque toujours trouvé des branches uretérales, fournies par le tronc de l'artère ou une de ses branches, au moment du croisement. Ces artérioles ne pénètrent pas immédiatement l’uretère, ce qui explique qu'on peut décoller assez facilement celui-ci de l'artère utérine. Elles se bifurquent en T, sont longues et sinueuses, s'appliquent à l’uretère, avec de grosses veines satellites.
Nous en représentons un beau type, d’après une fille de 2 ans, analogue d’ailleurs à celui de l'adulte (V. fig. 20, PI. ID).
La portion juxta-utérine de l’utérine, si flexueuse, émet de nombreuses branches pour le corps de l'utérus, les unes antérieures, les autres postérieures. On dit généralement que les postérieures sont plus volumineuses que les antérieures (2). Nous avouons que
cette disposition ne nous a point frappé.
(1) RicarD. — De quelques rapports de l’artère utérine et de l’uretère, etc. Semaine médicale, Paris, 1887. p. 39-40.
(2) HENLE. — Loc. cit., Gefüsslehre, S. 181.
DAVIDSOsN (S.) — Ueber die Arteria uterina, u. 8. w. Morph. Arb, v. G. Schwalbe, Lena, 1893, Bd, IT, Hft. 3. $. 663-671. Taf. XXII.
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