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grès des «autres branches de production; enfin^ presque toutes les entreprises de quelque importance Comptent plusieurs personnes explidtément associées aux chances des opérations, et celles par actions intéressent directement à leurs résultats ua grandi niMïîbre de familles.
Les demandes opposées que font à Tàiùtorité publique^ d'une part, les industries qui désirent plus djQ liberté dans les échanges internationaux ; de J'autte, celles qui inrétendent ne pouvoir se maintenir qu'à l'aide démesures restrictives', sont moins le résultat d^une opposition d'intérêts entre ces industries que celui des fausses impulsions données par les régimes prohibitif ou protecteur à quelques branches de la production nationale. Tout porte à croire que la plupart des industries qui réclament avec tant d'instances des garanties contre la concurrence étrangère, pourraient aujourd'hui se passer de toute protection spéciale, si, dès l'origine, on ne les eût dispensées: de faire lés efforts nécessaires pour ne pas rester dans un état d'infériorité relative. On ne pourrait. invoquer, comme une conséîqUence du régime deJa liberté industrielle, des oppositions qui sont, au contraire, le résultat de la violation de cette liberté ; mais, lors même que l'on devrait en tenir compte, on ne saurait méconnaître
que rimportance des intérêts collectifs s'accroît, tous les jours, et que les lieus qui unissent les intérêts individuels sont plus nombreux ejt plus putssemts qu'ils ne Tout jau^ia été*: Aucun. 0ci& différents états par Iqsquels les populations ont passé ne pourrait soutenir la comparaison avec la situation wtuel^ : ce n'e$t pas, sans doute, aux époques où el}Q$.,étfdent diyi|3ées en ca^te^. asservies les .unes aux autres, et sou$ les régiuïes caractérisés par Tesclavage; domestique, par le serrage, par la féodalité, par les privilèges ou le$ corporations, que Ton pourrait trouver moi^s d'hostilités, de violences et de causes de désunion qu'il n'en existe aujourd'hui. Aucune époque connue n'a présenté, chez les populations qui nous ont précédés, des liaisons, des communautés d'intérêts aussi fortes et aussi générales que celles que nous venons d'observer.
ïlien ne paraît donc justifier, dans notre état social, les craintes manifestées sur le progrès de l'isolement des intérêts, et l'on peut facilement se convaincre que nous faisons plus largement application du principe de l'association, que toutes les générations qui nous ont devancés, en com* parant ce qui existe sous nos yeux avec le tableau du passé.
Nous avons à rechercher maintenant si, dans
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ces associations ou unions dMntérêts, la participation de chacun se trouve réglée d*une manière Aussi avantageuse pour tous qu'il serait possible de l'obtenir ; nous bornerons cet examen à ce qui concerne Tordre industriel.
Les services nécessaires à toute opération productive sont réunis par les soins de Tentrepreneur. Lorsqu'il dispose de fonds productifs appar* tenant à autrui, il règle ordinairement d'avance avec ceux qui les lui fournissent le prix de l'usage qu'il en fait : il paie aux propriétaires d'immeubles une rente ou un loyer; à ceux qui lui fournissent des capitaux mobiles un intérêt, et aux ouvriers qu'il occupe un salaire. Tous sont intéressés à la réussite de ses opérations, parce qu'elle assure l'emploi constant de leurs fonds ou de leurs facultés industrielles, ainsi que le paiement régulier du prix convenu ; mais le principal intéressé est l'entrepreneur lui-même. Si la A^aleur produite est supérieure à celle assignée à tous les 4>bjets et à tous les services consommés ou employés dans l'opération, l'excédant entier devient sa propriété ; si, au contraire, cette valeur est insuffisante, il est obligé de couvrir le déficit sur ce qui lui appartient, ou de manquer à ses engagements.
Serait-il possible et avantageux de changer ces
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conditions, d'établir un mode de répartition des résultats de Tentreprise plus favorable aux différents services qui y concourent ; d'attribuer aux fournisseurs des immeubles ou des capitaux, et aux ouvriers, une part dans les chances des opérations plus importante que celle qu'ils y prennent aujourd'hui, et de réduire en conséquence celle de l'entrepreneur?
Telle est la question que nous nous proposons d'examiner.
Le mode de participation qui attribue exclusivement à l'entrepreneur les bénéfices ou les pertes résultant de l'opération, et qui réserve aux autres services une part fixée d'avance et indépendante du résultat, peut-être modifié à l'égard des services de capitaux ou de fonds de terre engagés dans l'entreprise : les fournisseurs de ces services, au lieu de céder l'usage de leur instrumerU pour un prix déterminé d'avance et garanti par l'entrepreneur, peuvent stipuler avec ce dernier, que les résultats, quels qu'ils soient, seront partagés entre eux d'après diverses proportions; et, de fait, il existe dans les entreprises agricoles, manufacturières et commerciales, une multitude d'associations de ce genre. Mais il est moins facile d'en former de semblables entre l'entrepreneur et ceux qui ne lui fournissent que des ser-
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vices industriels d'une faible valeur. Goacuttent serait-il possible, par exemple, d'étendrouoe mode de participation aux services: dés simpleS' ouvriers? Leur salaire suffisant à* peine à leui^ besoins journaliers, commet restrepraneur pourrait-il s'assurer de leur participation ^ aux pertes qui pourraient résulter, des opératicmsfi Où trouverait-on des entrepreneurs disposée à admettre des associés qui ne devraient participer qu'aux bénéfices? Dans beaucoup d'entrepiiaes^ certains employés reçoivent à la vérité, indéfiendammant d'un traitement fixe^ qui leiir osi^garanti dans tous les cas, une part dans les bénéfices obtenus; ïnaid il est évident que cet avantagiez ne leur estaccordéqu'enraison delà valeursupériewe de leurs services ; que la ehaace d'entrer en partage des bénéfices fait partiSe de leur traitement, et qu'ils abandonnent cette partie aux éventualités de l'opération. Le salaire des ouvriers i>rdj[naires n'est pas assez élevé pour qu'il soit possible d'en rendre ainsi aléatoire une portion de quelque importauce.
Admettons, néanmoins, la posi^lité^' associations semblables entre les entrepreneurs et les ouvriers. Quels avantages en obtiendrait-on? les opérations seraient-elles mieux conduites? l'excédant des valeurs produites sur les valeurs con-
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sommées serait-U plus crasidérable? le sort des ouvriers' seraitr-il amélioré ?
En gëiDéral^ tes entreprises dont les résultats âmtent ôti^ partagés par un très-grand nombre d^assoeiésne sont pas les plus fructueuses. Dans toute opération productive, le succès dépend {M'in^ cipalement de la direction donnée à. tous les serf vices employés/ de la surveillance, des soins et de réconomie apportés dans chaque opération partielle et dans l'ensëmUe de l'entreprise; en un mot^ de Faction du gérant. Si cet agent prin^ cipal opère pour son compte e^tclusivement, s^il a sa fortune engagée dans Tentreprièe, si la ruiné ou la prospérité de sa famille sont entièrement attachées aux résultats de ses opérations, toutes ses facultés sei^ont stimulées aussi vivement que possible par ce grand intérêt; et il est à croire que sa gestion sera plus active, mieux entendue et plus efficace que s'il devait en partager le résultat avec un grand nombre d'intéressés. L'expérience confirme la vérité de cette remarque; l'on peut s'en assurer en comparant, par exem* pie, la plupart des entreprises par actions, avec celles gérées pour le éompte d'un ou de deux en-* treprenèurs: à quelques exceptions près, on reconnaîtra que l'avantage est rarement du côté des grandes compagnies, et que le succès de
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quelques-unes tient beaucoup plus à ce qu'elles restreignent la concurrence, en concentrant d*im* menses capitaux, en supprimant les petites entreprises, ou en opérant sur des objets dont Texploitation, limitée par la nature, constitue un monopole de fait, qu'au mérite et à Féconomie de la gestion.
Il est donc à présumer que, s'il était possible d'associer les ouvriers aux résultats des entreprises, en les faisant participer aux pertes et aux bénéfices, et en réduisant ainsi l'intérêt des entrepreneurs, cette association diminuerait les chances de succès et rendrait les pertes plus fréquentes. Le surcroît d'intérêt qu'auraient les ouvriers à la réussite des opérations ne saurait compenser ce qui manquerait à l'action du gérant; car ils ne pourraient participer en rien à la direction de l'entreprise, à moins que l'on ne voulût entraver sa marche, la rendre plus versatile et plus incertaine, et renoncer aux avantages de Tunité de gestion, si essentielle au succès. L'application de moyens semblables, loin d'améliorer le sort des ouvriers, n'aboutirait donc qu'à le rendre plus misérable ; l'excédant de rémunération qu'ils pourraient obtenir en cas de réussite des opérations serait peu important pour chjacun d'eux, et il serait loin d'établir une compen-
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sation suffisante pour leur participation aux chances de pertes accrues, dans ce système, par Taffaiblissément de l'intérêt des gérants. Quel que fût, d'ailleurs, le mode de participation que Ton voulût adopter pour les ouvriers, il faut bien remarquer qu'il n'est pas possible d'augmenter d'une manière durable, par des moyens artificiels, la valeur échangeable de leurs services ; de faire que cette valeur soit plus forte que ne le comporte l'état de l'offre et de la demande de leur travail. L'on peut affirmer que, si, au lieu de leur attribuer une part certaine et fixée d'avance, on les associait aux résultats des opérations, la masse des rémunérations qu'ils obtiendraient ne leur procurerait pas, en moyenne, unrevenu plus important que celui qu'ils trouvent dans leurs salaires actuels, alors même que l'on ne tiendrait pas compte de l'affaiblissement des chances de succès qu'entraînerait ce mode de participation. Dans de semblables conditions, le revenu des ouvriers serait seulement plus variable, plus incertain, et ils auraient besoin de plus de prévoyance, qu'ils n'en manifestent ordinairement, pour réserver l'excédant des bonnes années à la compensation du déficit des années mauvaises. N'est-il pas évident que le mode actuel, en leur procurant tout au moins la même somme de revenus, et en
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loin d*améliorer la position de ces derniers, la rendrait encore plus mauvaise; enfin, que Tinsuffisance des salaires, dans les branches de travaux où elle se manifeste, tient k la surabondance des services industriels, et qu'il n'est pas possible d'en élever le taux tant que cette surabondance existe.
Aucune classification arbitraire des intérêts ne saurait donc remplacer avec avantage celles qui s'établissent naturellement sous un régime de liberté; et, si le principe de l'association pouvait encore recevoir, sous le rapport de la production et de la distribution des richesses, des applications nouvelles et utiles, ce ne serait pas en dehors de la condition d'une libre participation de chacun; mais la puissance de l'intérêt personnel, qui a constamment poussé les hommes à rechercher sans cesse les moyens de tirer le meilleur parti possible des forces dont ils disposent, ne laisse, aux spéculations scientifiques et au génie de l'invention, que de bien faibles chances de trouver des combinaisons d'actions et d'intérêts, plus favorables aux populations que celles qu'elle a formées jusqu'ici avec le concours de toutes les intelligences et de toutes les volontés. 11 n'est donc pas à espérer que l'on puisse réduire l'indigence au moyen de nouveaux modes d'associa-
lions entre les divers services qui concourent directement à la production matérielle.
Quant aux associations de Tordre politique, c'est-à-dire celles qui ont pour objet la gestion des intérêts collectifs, elles demandaient, pour être combinées, et pour fonctionner de la manière la plus avantageuse pour tous, plus de lu-mières que n'en ont possédé jusqu'à présent les masses de la population, et il est hors de doute qu'elles pourraient recevoir partout , sinon dans leur organisation, du moins dans les applications que Ton en fait, des modifications nombreuses et utiles. Nous présenterons sommairement quelques observations à ce sujet dans l'un des chapitres suivants; mais nous exposerons, en premier lieu, les résultats de nos recherches sur les applications que l'on pourrait faire du principe de l'association volontaire, dans le but d'atténuer les puissantes causes d'indigence qui tiennent aux habitudes privées.