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suite d'années leur suffirait à peine pour cet immense travail, et il est probable que, lorsqu'ils pourraient en présenter les résultats, la plupart des faits qu'ils auraient recueillisseraient changés.
Nous ne pensons pas non plus que Ton puisse attendre des enquêtes, opérées comme elles le sont ordinairement chez nous, aucun résultat important. On ne peut guère compter sur des déclarations sincères, lorsque ceux à qui Ton s'adresse ont intérêt à déguiser la vérité, et que l'on manque d'ailleurs de moyens de contrôler leurs allégations.
Nous croyons que l'on ne pourra parvenir & recueillir assez promptement tous les renseignements nécessaires, que par le concours d'un ensemble de moyens dont le gouvernement seul pourrait disposer.
On pourrait employer à la recherche des faits dont il s'agit des agents spéciaux, ayant une connaissance complète des opérations pratiquées dans les diverses industries, et afin que l'on pût trouver plus facilement des hommes possédant ces connaissances^ chacun d'eux n'aurait à observer qu'un seul genre d'industrie.
La nomination de ces agents serait confiée à une commission composée d'économistes , d'administrateurs et d^industriels les plus distingués.
par leurs lumières et leur caractère ; cette commission choisirait, parmi les candidats qui se se-^ raient présentés, les agents qui lui paraîtraient les plus capables; elle remettrait à chacun d'eux des séries de questions qu'ils auraient à résoudre, indépendamment des observations particulières que pourrait leur suggérer l'examen détaillé des opérations industrielles pendant l'accomplissement de leur mission.
Ces agents devraient être rétribués suffisamment pour que des hommes d'un mérite supérieur consentissent à se présenter.
On leur imposerait l'obligation de donner à leurs renseignements toute l'authenticité possible.
L'administration devrait employer tous les moyens pour faciliter leurs recherches : à l'extérieur, elle les aiderait du concours des agents diplomatiquesou consulaires; en France, elleréclameraitl'aide desadminislrationslocales, deschambres de commerce, des sociétés industrielles, etc.
Chaque mois, les agents enverraient à la commission des rapports où seraient consignés, avec preuves à l'appui, les résultats de leurs recherches, et la commission pourrait leur transmettre les instructions nouvelles que ces rapports lui suggéreraient.
11 est un grand nombre d'établissements ap-
partenaDt à certaines catégories de nQ9 braoches de production protégées» qui s^ trouveat placé»» en Franoe» dans des. circonstances à peu près égaleSf^ et il pe açraU piis indispensable d'étudier toutes les opérations de» ,çh^qi|(a^ ^aMiss^ ment en particulier; il suffirait, pwr jegemplQi pour la production des fiU, d'obser^^.qeî^.ojpéri^* tions dans deux ou trois filatures du ^^(igenii^. Quant aux branches de production dont Tinfé* riorité peut tenir principalement à des désavantages naturels, telles que les mines, les fonderies, les forges, couime il n'est peut-être pas deux établissements de ce genre qui se trouvent placés dans des conditions semblables ^ il serait néces^ saire d'étudier chez nous, en particulier, la plupart de ices usines. Les recherches à faire chez les étrangers, pour cette dernière classe d'industries, pourraient porter plus particulièrement sur los exploitations les moins favorisées sous le rapport des avantages naturels, attendu, d'une part, que les procédés industriels y sont probablement aussi perfectionnés que dans les exploitations du même genre, placées dans des circonstances plus favorables ; et, d'autre partv que aos producteurs n'auront qu'à égaler la production des exploitations étrangères les moins avantageuses pour soutenir la concurrence.
SUR LES CAUSES B£ l'IUDIGENGE. — CH. III. 335
Toutes ees recherches devrsdent âtEè faites, au^ tant que possible, simultanément yalSa que Yé* poque où Ton pourrait mettre à prpik-les renseir gnements recueillis ne fût pas asae& retardée pour que le temps amenât des* dian^^ments cour sidérables dans les faits constatés* (
Lorsque tous les agents auraiénfe)teFmiteé leurs recherchés, la commission aurait à faîreieiécater un travail où tous les faits recueillis) seraient coordonnés. On comparerait le^ 4)pé]rMions de chaque groupe d*îndustries , en France, avec celles des mêmes industries chez leéî étrangers: on verrait alot-s en quoi consiste l'infériorité des premières; oti reconnattrain ainsi les industries qui, dans la < suppression graduelle des mesures de protection, auraient besoin deplusou moins de ménagement», selon la nature des causes d'où dépend leur infériorité. Si elle était due uniquement, par exemple, à Timperfection des procédés industriels, il serait utile de ne pas leur ace(M*der un trop long délai pour se mettre en état de soutenir la concurrence étrangère, «fin d'accélérer les perfectionnements ; quant aux industries dont l'infériorité dépend de causes non' modifiables, on pourrait ménager les réformes et l'abaissement successif des droits protecteurs, dé manière à donner aux facultés industrielles qu'elles
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occupent, le temps de se dégager peu à peu et de trouver d'autres emplois. La commission dont nous avonssupposé la formation aurait, d^ailleurs, tous Jes moyens nécessaires de diviser les industries protégées en diverses catégories, auxquelles seraient appliquées des réductions de protection ménagées selon le besoin.
Il nous parait indispensable d'embrasser dans ces recherches Tensemble des industries protégées, afin de pouvoir ensuite appliquer à toutes à la fois les mesures de transition ; car l'autorité publique n'a pu accorder la protection à une seule branche de production sans contracter, en quelque sorte, l'obligation de l'accorder à toutes celles qui la réclameraient, et, par la même raison, elle ne pourrait aujourd'hui, sans partialité, la conserver pour les unes en la supprimant pour les autres. Pour agir équitablement, elle devrait opérer dans le même sens sur toutes ensemble, en leur accordant seulement plus ou moins de ménagements, selon les différences de leur situation respective.
• Les moyens de recherches que nous avons proposés nécessiteraient des dépenses assez considérables, mais le pays en serait amplement dédommagé par l'utilité de leurs résultats, s'ils offraient la possibilité de sortir enfin du système
d'entraves qui arrête Tindustrie et la fait dévier vers des voies ruineuses.
Nous indiquerons, enfin, comme un sujet d'études digne de l'attention des publicîstesé claires, la recherche des matières d'enseignement qui pourraient être ajoutées ou substituées avec avantage à celles en usage dans nos établissements d'instruction.
La question de l'enseignement public a été souvent agitée, et d'éminents publicistes l'ont traitée avec supériorité sous quelques rapports. Il reste peu à dire, par exemple, sur les inconvénients du système qui fait de la faculté d'enseigner une attri* butiondes gouvernements ; qui place le professeur ou l'instituteur dans la classe des fonctionnaires et fait dépendre les avantages qu'ils peuvent obtenir, moins des efforts et des soins qu'ils apportent dans l'exercice de leur profession, que de l'art de solliciter et d'obtenir la bienveillance des supérieurs ; qui leur trace des règles dont ils ne peuvent s'écarter ; qui détermine invariablement la nature de l'enseignement sans tenir aucun compte des changements qui se manifestent dans les besoins ; qui, enfin, anéantit tous