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les avantages qui auifaieht pu résulter de la li-^ berté et de la concurrence, seules efficaces pour donner aux efforts individuels le degré de puissance nécessaire aux progrès, et pour les diriger dans le sens le plus convenable à Tétat des besoins. Les écrits déjà publiés sur cette partie de la question, nous paraltraiient suffissoits pévEC éclairer ^ropinion et pour ébranler les bases des institutions qui régissent, chez nous, renseignement, si le public se préoccupait davantage rde cet important objet (1). •
Mais il nous semble que de nouvelles études seraient nêcessaiires pour reconnaître quels sont les objets qui, même avec le régime actuel de nos établissements d'instruction secondaire, devraient former la partie essentielle de l'enseignement. Si Ton admet que le choix de ces objets doit être déterminé par la considération dé Fé^ tat de la civilisation et des besoins, et que Ton ddît chercher à donner aux élèves les éléments des connaissances qui peuvent leur être le plus utiles' dans le cours de leur vie, il sera difficile de trouver de bonnes raisons pour justifier le main-
(1) f^oir : Smith, kkhesse des Nations , liv. 5, chap. !«% sect. 5, § â et 3; De la liberté du travail, par M. Dunoyer, liv. 9, chap. 4 et 5 ; et un autre écrit du même auteur, publié en 1818, dans le Censeur européen, t. 6, p. 50 à 12i.
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tien de ce qui forme aujourd'hui la base de renseignement dans nos collèges : Tétude du latin et du grec. Ce sera à coup sûr un sujet d*étonnement pour les générations qui nous suivront, qu'au milieu du vaste ensemble de connaissances que nous possédons, nous ayons pu persister peu* dant si longtemps à consacrer presque unique-^ ment nos établissements d'instruction à renseignement de deux langues mortes, ayant assez peu de rapports avec nos besoins pour que les neuf dixièmes des élèves ne puissent en tirer aucun parti et pour que la plupart d'entre eux oublient complètement, après quelques années, cette prétendue instruction , faute d'avoir à en faire le moindre usage.
L'indication des matières d'enseignement que l'on pourrait substituer avec avantage à de semblables études ne saurait faire éprouver d'autre embarras que celui du choix; il n'est pas une de nos connaissances qui ne fût préférable sous le rapport de l'utilité.
Comment n'a-t-on pas encore compris, par exemple, la convenance de faire étudier, dans les collèges, les principales lois qui nous régissent et les motifs qui leur servent de base ? Il ne s'agirait pas ici d'études complètes comme celles que l'on peut suivre dans nos écoles de droit, et
qui sont spécialement destinées à préparer à l'exercice des professions du barreau; mais d'un bon enseignement des notions les plus essentielles, de celles que tous les citoyens devraient connaître pour apprécier sainement leurs droits et leurs obligations, au milieu de la société dans laquelle ils sont appelés à vivre. Est-il besoin d'insister sur l'utilité d'un pareil enseignement ?
Des notions étendues sur les différents services publics du pays, sur leur objet, leur organisation, leur importance, leur origine, etc., ne devraient-elles pas former encore une partie essentielle de l'enseignement des collèges ? ne seraitce pas le moyen de propager dans notre population une chose qui lui manque généralement aujourd'hui, l'entente des affaires publiques ? n'y aurait-il pas de grands avantages à introduire encore dans ces établissements, l'enseignement, au moins élémentaire, de l'économie politique ? est-il une branche de nos connaissances qui puisse mieux préparer les élèves à devenir de bons citoyens, à apprécier sainement les intérêts collectifs du pays, à distinguer avec sûreté ce qui lui est utile de ce qui peut lui nuire, et à suivre, dans les diverses carrières qu'ils pourront embrasser, la ligne de conduite la plus sage et la plus profitable ?
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Sans chercher à enseigner les sciences médicales, ne pourrait-on donner dans les collèges, et même dans les écoles inférieures, des notions d^hygiène assez complètes pour disposer les élèves à suivre pendant leur vie les habitudes les plus favorables à la santé ?
Enfin, sans aborder, l'instruction professionnelle, qui ne peut être enseignée que dans des établissements spéciaux, ne conviendrait-il pas de donner aux élèves des collèges des connaissances élémentaires sur les principales industries, sur les procédés qu'elles emploient, sur leur importance relative, sur les conditions de leur perfectionnement, etc., de leur apprendre à connaître les principaux produits, à distinguer leur composition, leurs qualités, leurs imperfections, en un mot de leur donner les notions qui pourraient les empêcher d'être souvent trompés dans leurs acquisitions comme consommateurs ?
Nous bornerons là ces indications, qui nous paraissent suffisantes pour faire apprécier l'importance des recherches proposées. 11 n'est guère possible de douter des avantages qu'offrirait la substitution de ces diverses matières d'enseignement à l'étude des langues mortes ; mais cette substitution amènerait de grands changements dans nos établissements d'instruction, elle ren-
drait inutiles les connaissances longuement et péniblement acquises par les professeurs actuels ; il y a là de nombreux obstacles qui ne pourront être surmontés que lorsque l'opinion générale se sera assez bien pénétrée de la nécessité des réformes pour les réclamer vivement ; c'est alors seulement que l'on pourra y procéder graduellement.
L'étude du latin et du grec, si chère à quelques esprits, ne serait point pour cela abandonnée; on continuerait à s'y livrer dans des établissements spéciaux qui seraient suivis par tous ceux qui se proposeraient de faire de cette étude un usage quelconque, ou seulement de satisfaire à cet égard leurs goûts particuliers.
Si l'on veut bien réfléchir à l'inutilité absolue de la connaissance de ces langues pour la plupart des élèves qui sortent des collèges, et aux fréquentes applications qu'ils pourraient faire, au contraire , dans tout le cours de leur vie , des autres études que nous avons signalées , il sera difficile d'hésiter longtemps sur la préférence à accorder à ces dernières.
L'enseignement des vérités les plus essentielles de l'économie politique, et celui des principales lois et de leurs motifs, nous paraîtraient surtout
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deYoir.pprter d'heureUl fraife, Méîs, poHf q«e l'on fùt\ d^snré^rXiexTeiirer de.hi.généràlisatioa de ces ocmimissajEtfieâ ^ que >des . Fésultat$^<a?ailitageuK ; il ne faudrait enseignerque des Botièis&tteiptaineè:^ des vérités démontrées par des observations bien fait0s, etihoii des opiniei^ fevjidées) sur des bases arbitraires 'OU conté^f^bles; Cet enseignisment s'agirandîTcrît à mesure ^que de nouvelles notions importantes du même - ordre Sdnriveraîenlî à ^l'état d'axiome. •. •' '.:..' ^' • :.• !.: •• - . • .«
En restreignant l'enBeignemeiit purement lit** téraire auque) on a donné en France une importance si exagéi'ée , on pourrait encore multiplier les écoles spéciales propnes à fournir des^^ agents babiles eft éclairés à la production matérielle^ comme on l'a fait dans plusieurs Éta.ts de f Allemagne et de l'Amérique du Nord , où l'on paraît comprendre qu'il n?est pas fort raisonnable de vouloir former un peuple de littérateurs. ^
La nécessité de ces dernières modifications commence à être sentie chez nous. On paraît, enfim, avoir reconnu qu'en dirigeant une multi*» tude d'individus vers les études littéraires^ on les éloignait trop des autres professions utiles; que Ton rendiÀt ainsi u® grand nomb?e d'entre eus: incapablesi^He pourvoira leuï^îeoListeiicepar.dés moyens, hmnêtésv et«pie l'on en^ ftiiewit soUvent
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des agents de désordre. Il faut espérer que cette considération contribuera à amener dans la na* ture de renseignement les modifications que réclament nos besoins actuels.
Nous espérons que les esprits pratiques qu'il ne faut pas, sans doute, confondre avec les esprits routiniers, ne verrimt, dans le choix des questions t[ue nous avons indiquées comme siqets d'études^ aucune tendance à Putopie. Nous avons eu , dès le débuts le soin d'expliquer que les réformes qui nous ont paru désirables trouveraient de grands obstacles dans la force des habitudes contractées, dans les nombreux intérêts liés au maintien de Tétat actuel des choses, et surtout dans les préjugés, ou le défaut de lumières de la masse de la population : aussi, sommes-nous loin de penser qu'elles fussent immédiatement praticables, mais nous croyons fermement que la plupart d'entre elles seront opérées dans l'avenir, et que des études complètes et consciencieuses sur les sujets que nous avons indiqués hâteraient leur réalisation.
Au surplus, si l'on considère la multitude des changements bien ou mal entendus qui , depuis cinquante ans, ont été opérés dans la nature et dans les applications de nos institutions gouver-
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nemeotales et admimstratives, on se convaincra facilement que les faits de cet ordre et, par conséquent, les causes de misère qui peuvent s'y rattacher, ne sont pas immuables.