CHAPITRE IV
Des causes d'indigence liées au régime de la liberté industrielle.
Si, tous les travailleurs étant constamment occupés , chacun d'eux obtenait une part des valeurs produites toujours suffisante pour le soustraire à l'indigence , lui et sa famille, il n'y aurait plusd'autres indigents que ceux qui, ne possédant rien, manqueraient des qualités physiques ou morales nécessaires pour travailler, ou ceux qui feraient un emploi mal entendu ou malheureux de la part qui leur serait échue ; mais il n'en est point ainsi : beaucoup d'individus , doués de la volonté et des facultés nécessaires pour travailler , tombent dans un état d'indigence temporaire ou permanent, soit par l'interruption ou la cessation forcées des travaux auxquels ils sont propres , soit à raison de l'insuffisance du salaire qu'ils reçoivent. Nous allons rechercher quelles sont, dans l'organisation et la marche de l'industrie générale, les circonstances qui amènent l'un
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et l'autre de ces deux résultats ; nous étudierons ensuite, sous les mêmes rapports, chacune des grandes divisions de Tindustrie.
Sbctiom Ire. — Des causes d'inlerraption oa de oessation des Uavauz, considérées dans l'ensemble de Pindustrie.
Lorsque Ton fixe son attention sur la masse des opérations productives qui se renouvellent sans cesse chez les nations dont Tindustrie est très-développée , on est particulièrement frappé de la diversité infinie des occupations, de la division de la population laborieuse en une multitude de fractions dont chacune se livre exclusivement à la formation de produits d'une seule espèce. Les avantages de cette division des travaux ont été trop souvent décrits pour qu'il soit nécessaire de les rappeler ici; c'est principalement, à la création d'un grand nombre de professions diverses , formant l'occupation exclusive de ceux qui les exercent, que les peuples industrieux doivent l'abondance de richesses qu'ils possèdent; c'est là une condition essentielle de toute civilisation , et pour trouver des populations chez lesquelles elle n'existe pas, il faut les prendre dans leur état primitif, dans celui ou elles ne savent encore pourvoir à leur subsistance que par la chasse ou par la pêche.^
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Toutefois, on ne saurait méconnaître que cette spécialisation des occupations est Tune des causes principales des interruptions ou des cessations partielles de travaux. En effet, si, d'une part, elle donne aux travailleurs toute Thabileté qui peut résulter de la répétition continuelle des mêmes opérations, de l'autre, elle les empêche d'acquérir des aptitudes diverses et , par suite de ces deux résultats, elle devient un obstacle puissant à l'emploi immédiat de leurs facultés industrielles lorsque leur profession vient à manquer d'occupation : inhabiles à tous les autres travaux, ils ne sauraient y être employés à des conditions égales à celles obtenues par les ouvriers qui déjà y sont exercés ; les professions les mieux rétribuées sont , en général , celles qu'ils peuvent le moins aborder, parce qu'elles exigent un apprentissage long ou coûteux; il ne leur reste donc que les emplois le plus accessibles à la concurrence et par conséquent le moins payés, et comme ils ne pourraient obtenir, dès le début, même dans les professions les plus simples, une rétribution égale à celle des travailleurs qui les exercent habituellement , leur position reste , pendant une certaine durée, plus ou moins inférieure à celle de ces derniers. Il faut, en outre, remarquer que lorsque l'adjonction de nouveaux travailleurs ,
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dans une branche de production déjà en activité, n'est pas due à une extension des besoins ou de la demande , elle a pour effet inévitable l'abaissesement du salaire. Ainsi, les ouvriers qui, faute d'emploi, sont obligés d'abandonner leur profession , ne peuvent se livrer qu'à des travaux faiblement rétribués; en augmentant, sans opportunité , la quantité offerte de ces travaux , ils en abaissent encore le salaire, et de plus, celui qu'ils obtiennent reste au-dessous du taux moyen jusqu'à ce qu'ils aient atteint le degré d'habileté le plus ordinaire dans leur nouvelle profession ; ils ont , en outre , à surmonter la répugnance naturelle que l'on éprouve à se livrer à un labeur tout autre, et presque toujours plus pénible, que celui dont on avait contracté l'habitude, à quitter une profession à laquelle on s'était en quelque sorte identifié et qui était devenue , pour ainsi dire, une seconde nature; ils ont, enfin, à vaincre des obstacles d'une autre espèce : le plus souvent, ils ne peuvent changer de profession sans changer de résidence; il faut alors qu'ils fassent violence à toutes les habitudes contractées , aux affections qui attachent les familles aux lieux où elles se sont développées ; il faut surtout qu'ils puissent se procurer quelques ressources , indispensables à tout nouvel établissement, et qui
leur manquent presque toujours. Tout cela explique pourquoi la plupart des travailleurs placés dans une semblable situation se résignent à rester inactifs pendant plus ou moins longtemps et à épuiser tout ce qui peut leur rester de ressources avant de chercher de nouveaux emplois.
Une autre cause, bien connue, de discontinuation des travaux est la substitution de Faction des machines au travail humain. On sait qu'il en résulte, dans presque tous les cas, une suppression ou une réduction temporaire d'emploi pour les travailleurs dont Faction est en partie remplacée. A la vérité, il arrive fréquemment que, par suite de Fextension que Fapplication des machines peut donner à la consommation, en abaissant le prix des produits, le temps amène, dans les opérations industrielles où elles sont introduites, plus de travail humain qu'elles n'en demandaient auparavant ; mais ces résultats ne se manifestent presque jamais immédiatement, et, en attendant, les travailleurs remplacés manquent d'occupation, à moins qu'ils ne parviennent à en trouver dans d'autres branches de production.
Nous signalerons, comme Fune des causes les plus puissantes des cessations partielles de travaux, les changements de procédés industriels,
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qui, sans dimmuer la quantité du travail humain employée à une époque donnée, en modifient amsidérablement Tapplication; il s'agit ici de tous les changements plus ou moins importants qui ont lieu journellement dansles opérations productives et qui, sans réduire la somme totale du travail humain, ont pour efifet d*en reporter une certaine quantité d'une classe de travailleurs à une autre, et cela, en pourvoyant à la satisfaction d'un même besoin, par des procédés assez diflférents de ceux précédemment employés pour qu'ils ne puissent plus appartenir aux mêmes professions. Ainsi, par exemple, la production du gaz qui sert à l'éclairage de nos villes emploie autant, et plus peut-être, de travail humain, pour l'extraction et le transport de la houille, pour la construction et l'entretien des usines, des condmts de tous les accessoires, et pour la fabrication du gaz, que n'en exigeait auparavant la production de la quantité d'huile qui se trouve / remplacée; mais les classes de travailleurs employées ne sont plus les mêmes, et il n'existe même aucune analogie entre les professions qui se rattachent à l'une et à l'autre de ces productions. Si l'on tient compte de tous les travaux mis en activité par la navigation à la vapeur, et par l'exploitation des chemins de fer, on reconnaîtra
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peut-être que ces procédés n'emploient pas beaucoup moins de travail humain que les anciens modes de transport remplacés ; mais la nature des opérations est si différente, que la plupart des services industriels, occupés par les anciens pro^ cédés, ne sauraient trouver de remploi dans les nouveaux. Il en est de même de la substitution, dans Tusage général, d'un genre d'étoffes ^à un autre, des chapeaux en soie aux chapeaux en feutre, des lits de fer aux lits de bois, de la bière au vin, et d'une multitude d'autres changements, que l'industrie apporte sans cesse dans la ma-* nièxe de satisfaire nos divers besoins.
On a quelquefois attribué à une surabondance dans la production générale l'interruption ou 1q ralentissement des travaux ; il y avait ^reur dans cette opinion, car une production généralement abondante ne peut jamais être qu'une cause d'activité pour toutes les industries, et s'il était besoin d'insister sur cette vérité, devenue élémentaire en économie politique, il suffirait de rappeler que les produits, en définitive s'échangent les uns contre les autres ; que l'activité d'une production spéciale est en raison de l'étendue des débouchés qu'elle trouve ; que lesdébou* chés ne sont, en dernière analyse, que des moyens d'échange et qu'ils sont d'autant plus multipliés,
qu'il y a eu plus de produits obtenus dans toutes les branches de travaux, puisque chacun de ces produits est un moyen d'échange, un débouché de plus pour tous les autres. On comprend, toutefois, que dans certaines industries prises en particulier, il est possible de pousser la production au delà des limites du besoin existant, eu égard aux moyens que possèdent pour y pourvoir les consommateurs auxquels on s'adresse ; et, de fait, cette surabondance relative se manifeste fréquemment, surtout parmi les nations qui ont organisé une partie considérable de leur industrie manufacturière en grandes entreprises et qui fabriquent beaucoup pour l'exportation chez les populations étrangères ; mais loin d'affecter l'ensemble de la production, cette surabondance partielle n'est, au contraire, jamais plus marquée que lorsque les produits en général, ou les plus importants d'entre ,eux, comme ceux de l'agriculture, ont été peu abondants.
Plusieurs causes peuvent occasionner les excédants de production dont il s'agit : lorsqu'ils ne proviennent pas d'un accroissement Inopportun dans les quantités produites, ils ne peuvent être attribués qu'à des réductions dans la demande ; et les circonstances qui peuvent amener ce dernier cas sont très-multipliées ; les changements
d*habîtudes, de goûts, de modes, tout ce qui peut atteindre fortement la masse des revenus, comme les mauvaises récoltes, les maladies contagieuses, les guerres, la mauvaise administration, etc. ; et enfin, les productions nouvelles qui, aux époques de progrès, se substituent fréquemment aux anciennes, modifient continuellement l'étendue des débouchés offerts aux diverses branches de production. Il est à remarquer, qu'en général, Taction exercée par la plupart de ces circonstances, sur la nature ou l'étendue des consommations, ne peut être empêchée, ni facilement prévue par les producteurs, et que cette difficulté de prévision qui, dans certains cas, équivaut à une impossibilité, entraîne des maux très-graves; mais il faut observer, en même temps, qu'aucune organisation artificielle de l'industrie ne saurait fournir, mieux que le régime de la liberté, les moyens de maintenir constamment l'équilibre entre les quantités produites et celles demandées de toutes les espèces de produits, car, quel que fût le régime adopté, il ne pourrait empêcher les besoins de varier, ni dispenser d'engager une certaine somme de facultés industrielles et de capitaux dans chaque classe de travaux, et ces fonds productifs, une fois engagés, ne pourraient plus être employés (du moins pendant une certaine durée) ,
qu'au genre de production auquel on les aurait destinés; si donc, la demande venait à diminuer relativement à cette production spéciale, il y aurait nécessairement, comme dans rorganisation actuelle, ralentissement ou suspension d'emploi.
Le maintien d'un équilibre constant, entre les productions et les consommations de chaque espèce, est donc impossible, avec la condition du libre développement des besoius ; mais il ne fapdrait pas en conclure que la prudence des entrepreneurs d'industrie et la connaissance de toutes les chances appréciables de leurs entreprises, ne puissent avoir aucune influence sur le maintien d'un état plus ou moins rapproché de l'équilibre parfait; il est certain, au contraire, que l'imprévoyance ou l'ignorance d'un grand nombre de producteurs contribuent puissamment au défaut d'équilibre; seulement, il faut se rappeler que ces causes de perturbation ne sont pas, ainsi qu'on Ta souvent affirmé, une conséquence de la liberté industrielle ; elles tiennent à la nature des choses et à l'imperfection des hommes et elles se reproduiraient sdus tous- les régîmes imaginables.
Les accidents atmosphériques, tels que les gelées, les sécheresses, les inondations, etc., sont aussi des causes de suspension d'emploi, puisqu'ils mettent obstacle à la continuation des tra-
vaux de Tagriculture, du conunerce de transport et des u^nes mues par Teau; majis^ lorsqu'il n'ont pas pour effet de réduire définitivement les besoins et les moyens d'y pourvoir, les interrup^ tions qu'ils occasionnent sont {Hresque toujours compensées par un surcrc^t d'activité qui se mar nifeste dès que les obstacles sont levés.
Nous signalerions enfin, parmi les causes principales de la disccmtinuation des travaux, lesévé^ nements potitiqucfs, leschangenients dans les in^ stitutions gouvernementales où administratives, qui peuvent troubler la sécurité générale! ou seulement apporter des perturbations notables dans ' les conditions de certaines opérations prôduc^ tives.
Section 3. — Des causes de l'insufiisanee des salaires j considérées dans la généralité des industries.
Nous avons signalé plus haut Ijes Idis qui président à la répartition des valeurs produites entre tous ceux qui concourent à les créer par leur industrie, leurs capitaux ou leurs fonds de terre. Le salaire est la portion de ces valeurs attribuée au travailleur qui ne fournit que son industrie, sans s'associer aux chances des opérations.
L'insuffisance des salaires peufc provenir de deux causes différentes : 1^ de l'insuffisance de
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la production elle-même ; 2*" de la trop grande inégalité dans la répartition des produits.
Elle peut tenir à Tinsuffisance de la production, dans les cas nombreux où les résultats des opérations industrielles dépendent essentiellement, du service d'agents naturels dont le concours est éventuel; cela a lieu principalement dans la plupart des travaux de l'agriculture, dans les exploitations de mines, de carrières, dans les grandes entreprises de navigation, de pêche, etc. Une même quantité de travaux obtient rarement deux fois de suite, dans les opérations de cette nature, une même somme de valeurs, et lorsque la valeur obtenue est faible, la part de chacun de ceux qui ont concouru à la créer est nécessairement bornée; la réduction porte alors, soit sur la part du propriétaire ou du capitaliste, soit sur celle du fermier ou de l'entrepreneur, soit enfin sur celle de l'Quvrier ; mais elle atteint plus fré- <[uemment ou plus fortement celle de l'entrepreneur ou de fermier, parce que les parts du propriétaire, du capitaliste et de l'ouvrier sont généralement déterminées d'avance et indépendamment des résultats de l'entreprise : toutefois, les intérêts des ouvriers sont toujours plus ou moins liés au succès des opérations, attendu qu'il leur offre la meilleure garantie du paiement
SUE LBS CAUSES DB l'IHDIGENGE. — GH. IV. 105
régulier et de remploi constant de leurs services et que les entreprises qui réussissent le mieux, dans chaque branche de production, donnent, en général, des salaires plus élevés tpie Les autres.
Mais la réussite des opérations productives n'est pas la seule condition nécessaire pour que la production générale soit suffisante; il faut encore que le nombre des copartageants ne soit pas plus considérable que ne le comporte Timportance de cette production; si la population se développe plus rapidement que les fonds productifs, Tindustrie la plus active et la mieux dirigée, la répartition la plus équitable des valeurs produites ne sauraient procurer à la plupart des salariés un revenu suffisant pour les garantir de Tindigence; nous établirons plus loin la vérité de cette assertion (1).
Lorsque la production est généralement abondante, et que son importance est en rapport avec celle de la population aux besoins de laquelle elle doit pourvoir, Tinsufifisance des salaires, si elle se manifeste encore, ne peut plus être attribuée qu'à des inégalités trop considérables dans la répartition des valeurs.
Diverses circonstances peuvent amener dans ce
(I) roir chap. 8.
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parts^e, même sous le régime de la liberté industrielle la plus complète, des inégalités telles, que les prélèvements opérés par quelques-uns absorbent une partie du produit total assez considérable, pour ne plus laisser à d'autres les moyens d'assurer la satisfaction régulière de leurs besoins les plus urgents.
La question qui se présente ici, celle de l'appréciation des faits généraux qui déterminent l'importance relative des parts que prélèvent sur la valeur produite les propriétaires, les capitalistes, 1^ entrepreneurs et les ouvriers, est, panni toutes celles qu'embrasse l'économie politique. Tune des plus compliquées, et en même l^nlps des plus importantes ; nous n'en ferons qu'un examen sommaire, afin de ne pas trop étendre le cadre de cet écrit,, mais nous tâcherons de faire porter nos observations sur les faits les plus essentiels.
Ainsi que nous l'avons vu, chacun obtient dans les résultats de la production une part proportionnelle à la valeur des services productifs dont il a pu disposer, et cette valeur est en raison du rapport existant entre les quantités offertes et celles demandées de chaque espèce de services; or, si l'on observe comparativement les termes de ce rapport, dans chacune des diverses clauses de ser-
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vices productifs, on reconnattra qu'ils sont affectés diversement, et souvent en sens opposé, par une même circonstance ; ainsi, par exemple, dans les pays anciennement cultivés, Taccroissement de la populati(m, en mètnetemps qu'il augmente V offre des services industriels, accroît nécessai* rement la demande des services de fonds de terres, en sorte que toutes choses restant d'ailleurs égales , il en résulte une augmentation dans le revenu des propriétaires fcmciers et une diminution dans celui des classes qui ne disposent que de services industriels. Les capitaux sont, sous ce rapport, dans les mêmes conditions que les facultés industrielles ; ils peuventse multiplier indéfiniment ; mais la part qu'ils obtiennent dans les valeurs produites ne se proportionne pas exactement à leur accroissement ; à mesure qu'ils deviennent plus abondants, le prix de leurs services baisse et les parts obtenues par les autres fonds productifs deviennent relativement plus considérables. Quelques développements sont nécessaires pour faire comprendre que les fonds de twre, en ce qui concerne le partage des résultats de la production, ne sont pas placés dans les mêmes conditions que les capitaux et les facultés industrielles. Tous les fonds de terre actuellement exploités n'ont pas été mis en culture simultanément, et il
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est fort probable que Tordre dans lequel se sont opérés successivement les défrichements autour du lieu où chaque population avait fixé son premier établissement, a été déterminé par les avantages que présentaient, à différents degrés, les divers terrains, tant sous le rapport de leur situation, que sous celui de leur fertilité ; ceux qui offraient le plus d'avantages ont dû être cultivés les premiers ; la population s'accroissant et les produits des meilleures terres devenant insuffisants pour ses besoins, il a fallu cultiver des terres relativement inférieures, c'est-à-<lire, produisant moins pour la même quantité de travaux; on est arrivé ainsi à cultiver, en dernier lieu, les terrains les moins fertiles ou ceux dont la situation était la moins avantageuse. Dans nos climats,lesdéfrichementsparaissentavoircommencé généralement dans les parties inférieures des vallées et s'être développés successivement, en remontant de proche en proche, jusqu'aux parties élevées du sol. On peut encore observer, en France, la marche de ce développement : on voit, chaque année, dans nos contrées montagneuses, les. cultures se rapprocher des points culminants, et le plus souvent aux dépens de bois ou forêts dont l'intérêt général exigerait la conservation, en sorte que l'on peut affirmer qu'à part quelques super-
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ficies relativement peu considérables, notre territoire national ne permet plus Textension des cultures.
Chez les populations qui ont à leur disposition un vaste territoire cultivable, dont toutes les parties ne sont pas encore occupées, la faculté d'obtenir soit gratuitement , soit en payant à l'Etat une faible redevance, des terrains non défrichés, empêche que le prix du service des terres cultivées ne s'élève au delà de certaines limites. Il n'en est pas de même parmi les nations dont tout le territoire cultivable est approprié et exploité, comme dans plusieurs des états de l'Europe ; ici, la quantité des services que peuvent fournir les fonds de terre est arrivée plus près de la limite qu'elle ne peut dépasser; si les forces productives de ces fonds peuvent encore être accrues par le perfectionnement des procédés industriels et par l'engagement de nouveaux capitaux, cet accroissement a un terme, et, à mesure que l'on, s'en rapproche, l'addition des capitaux devenant moins profitable devient aussi moins fréquente. Dans cette situation, l'offre des services de fonds de terre ne peut s'étendre que dans un cercle restreint, tandis que la demande peut s'accroître beaucoup plus rapidement si la population augmente, en même temps que les richesses obtenues
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parriadustriemanufacturièreetparlecommerce; la valeur des terres ou de leurs services produotifs s'élève alors, d'autant plus, que l'étendue et la fertilité du territoire sont plus bornées, relativement à l'importance de la population et au degré de développement de ses besoins. C'est ainsi que les fonds de terre et leurs services peuvent recevoir un accroissement de valeur échangeable, sans qu'il y ait augmentation ou amélioration dans la quantité ou dans la qualité des objets à la production desquels ils concourent, sans offrir les moyens de satisfaire plus amplement les besoins auxquels *ils sont destinés; seulement, ces besoins, dans le cas dont il s'agit, deviennent plus coûteux ; chacun ne peut y pourvoir qu'en y aJBfectant une plus forte part de son revenu particulier, et cet excédant de dépenses, imposé à tous les consommateurs, va augmenter, dans des proportions très-diverses, le revenu des différentes classes de personnes qui disposent des services de fonds de terre.
Il résulte de ces notions que, dans les pays où la population trouve facilement, à proximité des lieux où elle s'est établie, de nouveaux terrains fertiles à défricher, le partage des valeurs produites est plus favorable aux services industriels et à ceux des capitaux qu'à ceux des fonds de
terre, tandis qu'il est plus favorable à ces derniers services dans les pays entièrement cultivés et habités par une population nombreuse. On trouve des exemples du premier cas aux États-Unis de TAmérique du Nord, où les salaires et l'intérêt des capitaux sont incomparablement plus élevés qu'en Europe ; l'Irlande, où la rente des fonds de terre est excessive, en présence de la misère extrême des cultivateurs, est un malheureux exemple du second cas.
Ainsi, l'accroissement de la population, sur un territoire circonscrit et déjà entièrement cultivé, peut devenir une cause principale d'inégalité dans la répartition des valeurs produites dans de semblables conditions ; la part, de plus en plus considérable, prélevée par les propriétaires fonciers, peut beaucoup contribuer à empêcher les classes inférieures de salariés d'en obtenir une uffisante (1).
(i) La vérité de cette assertion a été contestée dans un rap* port fait à TÀcadémie des sciences morales el politiques , sur le concours relatif au prix Beaujour , par M. Hippolyte Passy.
L'opinion d'un juge aussi éclairé devait nous engager à réflé^ chir de nouveau sur la question dont il s'agit , sa solution nous paraissant importante dans Tintérét de la science; mais, après mûr examen, nos convictions n'ont pas changé, et nous croyons devoir développer les raisons sur lesquelles elles sont fondées.
Voici d'abord les observations de M. Passy :
« Une opinion économique de l'auteur (du Mémoire n<* 6),
112 REGHEHGHES
Ce résultat est inévitable» si le développement progressif de la population ne s'arrête pas, mais il peut être atténué ou aggravé par différentes
assez répandue maintenant, el qui pour tant n'en est pas mieux fondée , est celle qui place au nombre des causes de l'indigence ce fait , qu^à mesure que la population et les capitaux mobiliers prennent de l'accroissement, les prélèvements opérés par les propriétaires foociers , s'élèvent de manière à ce qu'il reste moins à partager entre les salariés et les capitalistes.
« Tout ce qui est vrai k cet égard , c'est qu a mesure que la population s'amasse, le prix des subsistances s'élève assez pour permettre d'étendre la culture sur des terres moins fertiles que celles qui d'abord en avaient reçu le bénéfice , et que , dans ce mouvement de la production , les propriétaires fonciers gagnent le montant de la plus-value des produits qu'ils récoltent ou reçoivent à titre de fermage. S'ensuit-il que les autres classes y perdent quelque chose? S'il en était ainsi, on ne les aurait pas vues s'enrichir progressivement dans tous les pays où le développement des arts et de l'industrie , en multipliant la population , amenaient l'accroissement de là valeur des denrées. Toutes les fois qu'un fait général contredit une opinion , c'est la preuve que cette opinion pèche par quelque côté important, el ici tel est le cas.
c C'est un mal que Fart agricole, malgré les perfectionnements qu'il réalise , ne puisse constamment arrêter la hausse de produits dont la demande augmente, mais ce mal se lie à des circonstances dont le bénéfice suffit naturellement pour en en dédommager largement la société. Les populations ne croissent régulièrement que sous Timpulsion de progrès industriels qui étendent leurs ressources, et leur accumulation même, en rendant leurs travaux plus actifs et plus féconds , leur assure des avantages qui l'emportent sur les inconvénients inhérents k l'élévation du prix de subsistances qu'il faut tirer , en plus grande partie , de fonds moins productifs. D'un autre côté, l'addition de revenu obtenue par les possesseurs des terres le plus anciennement exploitées, en favorisant la formation
circonstances. Si la population est industrieuse, elle peut trouver dans les produits de ses manulectures, de son commerce, etc. , les moyens d'ob-
c des épargnes et des capitaux contribue à assurer aux classes c ouvrières des occupations plus nombreuses et mieux rétric buées. Voilà pourquoi d'ordinaire les pays les plus peuplés
< sont les plus florissants et ceux où les salaires , la nourriture
< payée , permettent aux masses d'être mieux vêtues , mieux
< logées , mieux meublées que partout ailleurs. En Angleterre , c par exemple , le prix des subsistances est de âO k 25 pour cent « plus élevé que dans la plupart des départements de la France, c et les salaires, en revanche, le sont en moyenne d'au moins 40.
c L'auteur cite et met eu regard les Etals-Unis d'Amérique
< et l'Irlande, comme s'il n'y avait rien d'exceptionnel dans la c situation de ces deux contrées. Aux États-Unis , la population c joint , aux avantages résultant de la possession d'un sol à peu « près sans valeur vénale , ceux de pouvoir appliquer à ses tra c vaux les arts et les connaissances que le vieux monde n'a c acquis qu'au prix d'immenses labeurs et à mesure que ses c habitants s'y sont entassés , et de là sa prospérité sans exemc pie. En Irlande , au contraire , des siècles d'oppression ont. c pesé sur un peuple vaincu ; des lois ennemies, en ruinant sys-
< tématiquement son industrie , l'ont dépouillé de la plupart des c moyens de subsistance dont il disposait ; mais si l'auteur, au c lieu de comparer l'Irlande avec l'Amérique, avait songé à c l'Angleterre , il aurait vu que là les salaires, rapprochés du «c prix des denrées et du taux des fermages, assurent aux simc pies ouvriers un excédant qu'ils sont bien loin d'obtenir en c Irlande. »
Ainsi qu'on a pu le renmrquer , le fait , que les prélèvements opérés par les propriétaires fonciers , sur la masse des valeurs produites , s'élèvent à mesure que la population et les capitaux mobiliers prennent de l'accroissement , n'est pas contesté; on nie seulement qu'il s'ensuive une perte quelconque pour les autres classes ; mais cette conséquence nous paraît forcée, car s'il est vrai que les propriétaires puissent obtenir ainsi des prix de plus en plus élevés pour des services qui pourtant n'augmentent ni
tenir des nations étrangères les denrées alimentaires ou les autres produits agricoles qui lui manquent* Le prix de ces dorées s'^élàyera d'au-
en quantité ni en qualité, qui ne satisfont pas mieu^ les besoins, il est clair que ceux qui sont obligés de consacrer à Tacquisitioa des produits créés au moyen de ces services de plus fortes portions de leur revenu y perdent incontestablement, puisque , à mesure que le coût de ces produits s'accroît , il leur reste moins k appliquer à d'autres besoins. Les propriétaires fonciers disposent de forces productives dont l'extension est limitée par la nature des choses , l'offre de leurs services ne peut toujours s'accroître daus la môme proportion que la demande, et l'on ne peut méeonnaître qu'ils jouissent ainsi d'une sorte de monopole ayant , quant au partage des valeurs, des résultats de la même na* ture que ceux produits par les monopoles artificiels. Les faits , dit-on , contredisent celle opinion ; l'addilion de revenu obtenue par les possesseurs de terres , en favorisant l'accumulation des capitaux, a fourni aux classes ouvrières des occupations plus nombreuses et mieux rétribuées; les richesses se sont accrues progressivement partout où la.valeur des denrées s'est élevée, et d'ordinaire les pays le plus peuplés sont le plus florissants et ceux où les salaires, la nourriture prélevée, permettent aux masses d'être mieux pourvues qu'ailleurs des ressources nécessaires aux autres besoins. Nous ferons d'abord observer que cette dernière assertion manque d'exactitude; l'exemple des États- Unis et de tous les établissements agricoles peu anciens prouve que les salaires sont souvent plus élevés, dans les pays où la valeur des terres et de leurs produits est relativement faible, que partout ailleurs ; mais lors même qu'il serait généralement vrai que les pays où les salaires, prélèvement fait du prix de la nourriture, sont le plus élevés, sont en même temps ceux où les services de fonds de terre ont le plus de valeur échangeable , s'ensuivraitril que le premier de ces faits est la conséquence du dernier? Nullement, ce nous semble; car l'élévation du taux des salaires tient k d'autres causes qu'à la cherté des denrées , surtout en ce qui concerne la portion de salaire qui dépasse le coût de la nourriture , et pour lever tous les doutes à cet égard
tant moins , dans le pays qui les acquiert ainsi , qu'il sera plus à proximité des lieux de production oit elles surabondent, que son industrie corn-
il suffirait de faire observer les différences considérables qui , dans le même lieu , existent entre les salaires reçus par les ouvriers de diverses classes. L'exemple de l'Angleterre et du haut salaire qu'y obtiennent certaines catégories d'ouvriers, ne suffît donc pas pour conclure que les services industriels sont d'autant mieux rémunérés que le prix des services fonciers est plus élevé; le haut salaire obtenu par un grand, nombre d'ouvriers anglais tient assurément, en grande partie, au perfectionnement de leurs facultés industrielles, h une habileté généralement reconnue, et beaucoup moins commune chez les autres nations ; il tient aussi à l'étendue el à la nature de leurs besoins, plus développés que ceux des ouvriers des autres peuples , et qui leur font une nécessité d'un revenu plus élevé. Si la cherté des services fonciers était , en Angleterre , une cause de prospérité pour les ouvriers , verrait-on les classes laborieuses de ce pays poursuivre avec tant d^ardeur la réforme des lois qui teudent à y élever le prix des denrées? Les verrait-on surtout fournir chaque année des armées d'émigrants qui vont chercher dans le Nouveau-Monde de meilleures conditions d'existence, et principalement des services fonciers moins coûteux ?
Quant à l'accumulation de capitaux que permet l'excédant de revenu obtenu par les propriétaires fonciers, il est à remarquer qu'il n'y a pas ici création, mais simple déplacement de valeurs, el que l'accumulation aurait pu être la même si l'excédant de revenu, au lieu de devenir exclusivement le partage des propriétaires fonciers , fût resté à la disposition des autres classes de la population.
Nous persistons donc k croire que l'opinion exprimée dans le texte est conforme à la vérité ; mais nous n'avons jamais eu la pensée que l'on dût en tirer la moindre conclusion contre le maintien de la propriété ou contre la libre fixation du prix des produits fournis par l'agriculture; seulement, elle nous semblç propre k ajouter k la force des motifs qui doivent engager les populations k ne pas se raulliplier outre mesure , a ne pas étendre
merciale sera plus perfectionnée, et que la liberté des échanges sera moins entravée. Néanmoins, les meilleures conditions, sous ces différents rapports, ne sauraient annuler Teffet de l'accroissement de la population, car les denrées venues de l'extérieur n'arrivent au consomnaateur qu'avec l'addition de prix résultant des frais et des risques du transport; et, d'ailleurs, l'augmentation de la demande accroît le prix des denrées sur le lieu même d'approvisionnement.
. La position des propriétaires fonciers, pour le partage des valeurs , est d'autant plus avantageuse, relativement à celle des autres classes de la population, que la propriété est plus concentrée, et cette observation s'applique également à la centralisation des capitaux, à leur accumulation dans un petit nombre de mains; si cette concentration de la prppriété des instruments de l'industrie ne diminue pas la quantité des services qu'ils peuvent fournir, ni leur importance, elle rend leur emploi intégral moins urgent pour ceux qui en disposent et, par conséquent, l'offre
sans cesse la demande de produits dont l'offre est naturellement restreinte , ce qui a pour eflTet de rendre la production totale insuffisante , non-seulement parce qu'alors les besoins , pris dans leur ensemble, sont relativement trop multipliés, mais parce que e partage des valeurs qui y sont affectées , s'opère d'une manière plus inégale.
qu'ils en font est moins pressante, tandis que celle des services industriels s'accroît d'autant plus que, dans ces conditions, la population renferme une moindre proportion de propriétaires, ou de capitalistes. Si, au contraire, la propriété est très-divisée, l'oflfre du service des fonds de terre et des capitaux devient plus pressante, attendu que le besoin d'employer intégralement ces fonds est plus urgent pour ceux qui n'en possèdent que des portions peu considérables, et d'un autre côté, l'offre des services industriels est alors plus restreinte, en raison de ce que les travailleurs non propriétaires sont relativement moins nombreux, beaucoup possédant, dans ce cas, quelques ressources indépendantes de leur travail. La division des fonds de terre et des capitaux en un grand nombre de petites propriétés est donc favorable aux services industriels et particulièrement aux classes salariées.
Cependant plusieurs publicistes, et, entre autres, Malthus, ont soutenu l'opinion opposée. L'auteur de l'Essai sur le principe de la population affirme que la division du sol en un grand nombre de petites propriétés privées favorise outre mesure la population et devient une cause de misère ; il s'appuie à ce sujet (liv. û, chap. 10) du témoignage d'Arthur Youngqui, dans son voyage
en France, signale, « les suites fâcheuses de l'ex- « ces de population qu'a fait naître dans ce pays « une trop grande division des propriétés fon- « cières. » Nous croyons cette opinion, contraire à la vérité. La concentration de la propriété du sol n'empêche nullement la division des exploitations, elle ne réduit pas nécessairement la popu- " lation, et Ton n'a pas remarqué que les cultivateurs-propriétaires eussent des familles plus nombreuses que les cultivateurs-fermiers ou journaliers; les classes ouvrières attachées aux grandes entreprises manufacturières sont, en général, celles qui multiplient le plus, et cependant, sauf de rares exceptions, elles ne sont pas propriétaires. Depuis l'époque du voyage d'Arthur Young, la propriété foncière s'est considérablement subdivisée en France, la population s'est accrue et néanmoins le sort des cultivat'eurs s'est amélioré. On peut raisonnablement conclure, des observations que nous avons présentées, que la hausse considérable qui s'est manifestée depuis 1789, dans le taux du salaire de nos cultivateurs journaliers, doit être attribuée, en partie, au fractionnement des vastes propriétés territoriales qui existaient à cette époque.
Il nous reste à signaler les faits généraux les pins essentiels qui, prélèvement fait de la rente
des terres et de l'intérêt des capitaux, déterminent le partage de ce qui reste, entre les différentes espèces de services industriels. Nous avons déjà vu que la part obtenue par les facultés industrielles de chaque espèce est généralement plus élevée, à mesure qu'elles sont moin9 comhmunes, qu'elles exigent plus.de capacité, qu'il est plus diffitile de les acquérir ; ces causes produisent des différences notables dans les rétribua tions obtenues par les ouvriers des diverses professions; cependant, tant que les travailleurs restent à l'état de salariés, tant qu'ils ne partici-^ peut pas aux chances des opérations, il est rare que leurs salaires soient assez élevés pour leur permettre de faire des accumulations importantes; sauf un très-petit nombre d'exceptions, on ne voit pas, dans la production matérielle, des travailleurs n'ayant qu'un salaire fixé d'avance faire ce que l'on nomme de nos jours une modique fortune ; pour arriver là, il est presque toujours indispensable qu'ils soient entrepreneurs.
Dans toutes les branches de travaux, laposition de l'entrepreneur est généralement beaucoup plus avantageuse que celle de l'ouvrier, alors même que le premier ne possède aucun autre fonds productif que son industrie, et que les capitaux ou les fonds de terre dont il dispose ne lui ap-
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pàrtiennent pas ; si cette position Texpose à des pertes, elle lui procure plus fréquemment des bénéfices bien supérieurs au taux moyen des salaires et qui, par leur accumulation, forment bientôt de nouveaux capitaux dont le service accroît ses revenus.
Les conditions les plus favorables à la masse . des travailleurs sont donc celles qui leur permettent d'arriver le plus facilement à la position d'entrepreneur, et les difficultés qui s'opposent à ce qu'ils y parviennent varient, ainsi que nous le verrons bientôt, selon la nature des travaux, selon le plus ou moins de possibilité de les concentrer dans un petit nombre d'entreprises, et enfin, selon le degré de confiance que chaque travailleur peut inspirer, par sa moralité ou sa capacité, aux personnes qui possèdent les capitaux ou les fonds de terre dont le service est nécessaire à toute entreprise.