‹ Recherches sur les causes de l'indigenceChapitre 9 sur 22 · BECU£11CH£S · texte numérisé non relu

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très accidente, comme les inoadations, Tabondanqe des neigea, etc., peuvent inler^ompre les transports par terre; mais ces stelgaations teim** ppr^i^re^ sont presque. toujours compenâées par un syrcroit d'activité qui se manifCMSie dès que lesipbstackS'Sont levés. . . n . .

. }\ n'y^ a pas dans ces opérations un, rap|)ort toujours égal entre la quantité produite (ou les tr^oisports effectués) et, celle des services employés.; les transports maritimes surtout ont besoin du concours d'agents naturels qui n^agissent pas constamment au gré des entrepreneurs et qui influant considérablement sur les résultats ; il est à remarquer que, dans la navigation, la substitution des moteurs à vapeur , qui sont dirigés par Thom^ me» à la force des vents sur la direction desquels notre volonté est sans pouvoir, tend à rendre la production commerciale plus régulière et moins incertaine, à la proportionner plus exactem^it à la quantité des services employés. Le concours plus ou moins favorable des agents naturels dans le commerce de transport influe principalement sur les intérêts des entrepreneurs ; ceux des travailleurs salariés en sont moins affectés.

Les entreprises que comprend cette série de travaux sont en grand, nombre, mais elles présentent, dans leur importance relative, depuis

les modestes exploitations du porte-balle et du muletier, jusqu'aux grandes entreprises de messageries, de canaux, de chemins de fer, etc. , d'énormes différences. La tendance à la suppressiondes petitesexploitations est encore plus marquée dans le commerce de transport que dans les manufactures ; si Fon considère que tous les voituriers possédant un équipage sont entrepreneurs, on pourra se faire une idée de la multitude de petites entreprises qui peuvent être supprimées & la suite de rétablissement d'une ligne importante de canaux ou de chemins defer ; certaines branches de cette industrie peuvent être accaparées par un très-petit lîombre'd- établissements. Le transport des voyageurs sur les routes principales de >a Franceest ofkéré depuis plusieurs anooées par deux compagnies qui ont fait éefaoueritOQtes les entrei»îaes rivales (i); elles ont, eoqiêché sur les lignes qu'elles parooiurent toute : autres • cono currence que oelle que peuvent leur. fid(rB: les maîtres <de poste et un petit nombre d^autres sei^ vices établis pour de courtes distances; toutes les autrea <»ntreprise6< pour Je transport des voya^ n geurs n'exploitent que des routes secondaires (2).

(i) La compagnie Laffilte et Gaillard et celle des Messageries générales.

(2) La concentration des entreprises commence à se manifester

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Il résulte de ces diverses conditions que, dans la classe de travaux qui nous occupe, la répartition de la valeur produite s*opère d'une manière fort inégale; toutefois, dans sa situation actuelle, les entrepreneurs s'y trouvent encore en grand nombre; beaucoup d'agents salariés y sont à l'état de domesticité, et parmi les autres, la plupart Qnt leur rétribution assurée pour l'année ou pour plusieurs mois ; si l'on excepte la classe assez nombreuse des porte-faix, le commerce de transport emploie peu de travailleurs salariés à la journée ou à la tâche : ce sont là autant de garanties contre l'insuffisance des salaires et contre l'indigence qui peut en être la suite.

En résumé, nous avons cherché à établir, dans ce chapitre et dans le précédent, que les causes d'indigence qui existent dans l'organisation et la marche de l'industrie, sous un régime de liberté, se rapportent toutes à deux ordres de faits ayant pour conséquence, soit la discontinuation du travail, soit l'insuffisance des salaires. Parmi lescauses principales des interruptions ou cessations de

dans une autre branche de l'industrie commerciale : la fondation récente , à Paris, d'un petit nombre de magasins considérables, pour la vente au détail , a déjà occasionné la suppression d'une multitude de petites entreprises du même genre.

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travaux, nous avons signalé la spécialisation des services industriels, la substitution de l'action des machines au travail humain, les changements de procédés industriels, qui substituentune classe de travailleurs à une autre, en pourvoyant par deâ moyens nouveaux à un même besoin, la suppression ou la réduction de certaines consommations par suite de changement dans les habitudes, les modes, etc., ou d'un déficit dans la masse des revenus, enfin, la surabondance de la production dans certaines branches de travaux. Nous avons indiqué comme causes principales de Tinsufflsance des salaires, lorsqu'elle se manifeste malgré l'activité des travaux , d'une part, l'insuccès des opérations productives occasionné par le dé-

. faut de concours des agents naturels dans les industries où ce concours est éventuel, et la surabondance delà population générale; d'autre part, les grandes inégalités qu'amènent dans la repar-^

- tition des valeurs produites, soit l'engagement d'un trop grand nombre d'ouvriers dans certaines branches de travaux, soit la concentration des propriétés et des entreprises.

' Eh dernier lieu, nous avons essayé de donner' une idée de l'action de ces causes sur chacune des trois grandes divisions de la production matérielle : quoique cette partie de nos recherchëà

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eût exigé de plus longs développements, lerai»de exposé qui pi^cède suffira peut«être pour faireappréder Tutilité de semblables études. U serait assurément à désirer que la connaissance des con« ditions les plus générales auxquelles se trouvent soumises sous ce rapport les différentes industries^ se répandit suffisamment pour que la plupart des travailleurs connussenty avant d'embrasrser une profession, les chances probables qu'ils auront à courir. Il y aurait ainsi moins d'attentes trompées et peut-être, àw& les moments de prospérité, plus de prévoyan<îe, plus de disposition à faire des réserves pour Tavenir.

Nous avons vuquePindustrie agricole est bien moins exposa que les autres aux réductions ou cessations imprévues de travaux; que, l'impor*tance des entreprises s'y trouvant étroitement limitée , le nombre des entrefureneurs y est tr^considérable relativement à celui des cultivateurs salariés; cette dernière circonstance est surtout favorable à l'élévation des familles par un mouvement ascendant modéré, car il est, en général, indispensable qu'elles sortent de la position des salariés pour avoir les moyens de faire des âccumuktipns de quelque importance. Dès qu'un cultivateur laborieux et inteUigent est parvenu à affermer et à exploiter pour son compte le

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moindre domaine, il a à sa dispo^tion plusieurs lUoyeQs licites d'améliorer sa situation;! il peut» par des travaux actifs et des opérations bien «^ tendues, parla veÈUte opportune de ses, denrées et de aesbestiaui^, ra:Kire les cultui^es (tlus pi^o*duetives et réaliser des^ bénéfices, supérieurs au taux ordmairedes salaires; tant qu'il reste à Té^ tat de salarié , il a pmne à tirer de son labeur et delà capacité doAt il peut être doiié des ressources plus que suffî^nte^ pour sa subsistance de tous les jours. «

Le salaire du cultivateur joiuiialier est phiè assuré que celui des autres ouwiôrs, mais, il est généralemeniplus&ible* parce que sa profession est Tune des plus accessibles à la concurrence^, aussla-t-on remarqué qute beaucoup d'ouvriéH agricoles abandonnât leurs travaux pour ceux des manufactures, malgré les mauvaises chances aux*quelles ils sont exposés dans cette dernière position, tandis qu'on ne voit presque jamais lès ouvriers manufacturiers revenir à l'agriculture. Et cependant, nonobstant cette inférioritédu salaire, la classe des cultivateurs journaliers parait plus heureyse et moins tourmentée que celle dôs. ouvriers attachés à l'industrie manufacturière; cela tient à ce que les premiers sont plus isolés, à ce qu'ils ne sont pas exposés à des chômages, im-

prévus, i ce que chacun d'eux peut plus facilement arriver à la position d'entrepreneur et à ce que leurs besoins, moins excités, sont moins développés et moins coûteux ; le séjour des villes, siège ordinaire de la production manufacturière, augmente les dépenses des ouvriers, non-seulement parce que la plupart des objets de consommation y sont plus chers, mais encore parce qu'il surexcite le développement de leurs besoins.

Nous avons reconnu que les causes de discontinuation des travaux, en agissant fortement sur les griandes entreprises manufacturières, rendent très-précaire le sort des ouvriers qu'elles occupent, et que la concentration de certaines branches de production dans un petit nombre d'établissements s'oppose à ce qu'ils parviennent à la position d'entrepreneur. Ce sontlà de très-graves inconvénients, mais ils ne sont pas sans compensations. La fabrication en grand, à laquelle se joint toujours l'emploi des machines expéditives, peut abaisser considérablement les frais de production; et lorsque la concentration des entreprises ne va pas jusqu'à permettre d'établir des prix de monopole, elle met les produits à la portée d'un plus grand nombre de consommateurs et tend ainsi à réduire les privations ; d'un autre côté, elle offre de puissants moyens d'accumula-

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tion de richesse qui, aux époques de progrès et de développement nouveaux, et avant que les en-* treprises aient acquis de trop grandes proportUmSy sont ouverts, même aux simples ouvriers ; en France, les travaux de cette classe ont notablement contribué à l'élévation des familles qui, depuis quarante ans, sont arrivées à Taisance et même à la possession de richesses considérables, en partantde la condition des travailleurs salariés. Ces observations peuvent donner une idée de la difficulté de juger du plus ou moins de faveur que méritent, sous le point de vue de l'intérêt général, les diverses branches de l'industrie. Les avantages et les inconvénients, propres à chaque classe particulière de travaux, sont si nombreux, que l'observation la plus attentive réussit difficilement à les saisir dans tous leurs détails et à apprécier avec justesse leur importance relative. Toutefois, nous croyons pouvoir conclure que les branches de l'industrie les plus favorables à l'amélioration régulière du sort du plus grand nombre des familles, sont celles où les entreprises sont le plus multipliées et où il est le moins possible d'en diminuer le nombre en augmentant l'importance de quelques-unes. La concentration de certaines productions dans un trop petit nombre de grands établissements entraîne des

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m^va, bien supérieuos aux avantages qu*eUe peut offrir, même lorsque ces avantages prdltent aux consommateurs. En réservant toutes les chances d'accroissement de fortune, tous les profits que peuvent donner les opérations à un petit nombre delamilles, elle tend. à accroître rapidement Finégalité des conditions^elle interdit à.une multitude ^fomilles d'ouvriers la possibilité des' élever, elle les maintient dans un état d'infériorité et de dépendance qu'elle tend à perpétuer, et cette situation inspire aux classeï^ laborieuses un méc6n~ tentementt d'autant plus vif, que leurs besoins sont plus développés et qu'elles sont plus éclaiirées* C'est là, peut-être, le plus grave des inconvénients attachés à la liberté industrielle et le seul qui puisse donner quelque valeur aux plaintes dont elle est l'objet. NoUs aurons à indiquer plus loin un moyen de mettre obstacle à cet aocaparement des profits par un petit nombre d'entreprises, dans les branches de production où il ^t possible.

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