‹ Recherches sur les centres nerveux (volume 2)Chapitre 12 sur 29 · Mort le matin · texte numérisé non relu

Mort le matin

Autopsie, — La dure-mère cérébrale est légèrement injectée, mais n'offre pas de fausses membranes ; l'arachnoïde et la pie- mère, œdémateuses à la base, ont une teinte rosée au milieu de l'espace inter-pédonculaire ; elles s'enlèvent partout avec facilité. Les coupes des hémisphères montrent un pointillé fin, mais sans foyer particulier. Les surfaces ventriculaires sont injectées ; de riches arborisations vasculaires se dessinent sur la paroi supérieure de la couche optique et du corps strié, où l'épendyme est un peu épaissi ; à la coupe, on ne découvre lien dans les parties profondes.

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La dure-mère rachidienne paraît normale, l'arachnoïde et la pie-mère sont injectées , surtout à la fin de la région dorsale. Les sections de la moelle font voir une injection notable de la substance grise, mais on n'aperçoit de teinte gélatineuse sur aucune portion des cordons. L'examen microscopique n'y fait point découvrir d'altération.

Les poumons présentent, par places, de larges marbrures allant du rose pâle au rôuge noirâtre ; ils offrent l'aspect des poumons d'enfant mort de broncho-pneumonie. Les portions d'un rouge foncé sont denses, résistantes au toucher, ne crépitent point, vont au fond de l'eau. Sur le poumon droit, à la base, la coupe montre quelques points grisâtres. En suivant avec les ciseaux les divisions bronchiques, on les trouve encombrées de mucosités épaisses, visqueuses, mêlées de sang. Les portions marginales des lobes sont restées rosées presque partout, un peu saillantes au niveau de quelques lobules emphysémateux; les portions noirâtres sont, au contraire, déprimées à la surface. Les cavités droites du cœur sont distendues par du sang liquide mêlé de caillots noirs ; les cavités gauches n'offrent rien de particulier. Le péricarde viscéral offre une teinte opaline, laiteuse au niveau des artères coronaires, surtout à la base.

Le foie est jaunâtre, parsemé de points plus foncés qui, examinés au microscope, sont le siège d'une dégénérescence graisseuse déjà bien accusée.

Les reins sont jaunâtres au niveau de la couche corticale et des prolongements entre les pyramides. La rate parait normale.

L'estomac renferme plusieurs petits cailloux; la surface de la muqueuse est recouverte d'un mucus visqueux, trèsadhérent ; la muqueuse est épaissie, mais ne présente pas d'ulcérations.

Cette expérience offre de l'intérêt par la marche régulière des accidents alcooliques qui se sont développés ici, comme chez l'homme. C'est d'abord une susceptibiUté nerveuse qui

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rend l'animal irritable, très-impressionnable; un peu plus tard, il a des hallucinations, des frayeurs et de l'insomnie ; puis le délire se montre nuit et jour, ce délire devient moins actif vers la fin du quatrième mois, quand Thébétude augmente et que la santé générale s'altère.

Dans le courant du second mois, on remarque une légère excitation avec un peu de gaieté aussitôt après le repas alcoolisé; c'est d'autant plus notable que l'animal, en dehors de cette courte période expansive, est inquiet, triste et effrayé.

Les troubles de la motilité dépendant de l'action prolongée de l'alcool apparaissent au second mois de Tintoxication ; le tremblement, d'abord dans les pattes, gagne le tronc et la tête, il augmente en durée, en étendue et en intensité, puis il reste stationnaire, mais sans rétrograder ; Tintelligence, de son côté, semble plus obtuse, quoique le délire ait perdu de son acuité.

La température s'abaisse sous l'influence de l'action immédiate de l'alcool, c'est-à-dire pendant l'ivresse, tandis qu'elle n'offre pas de variations notables pendant l'excitation intellectuelle, au moment où les hallucinations et le délire présentent le plus d'activité ; elle s'élève enfin dans les derniers jours avec la phlegmasie pulmonaire qui a entraîné la mort. Ces complications du côté de la poitrine ne sont pas plus rares chez les chiens que chez les hommes alcoolisés, et la plupart des accidents qui ont fait périr nos animaux rappellent les morts accidentelles des ivrognes ^ .

G. — Les lésions anatomiques trouvées dans le foie et les reins de ce chien indiquent une tendance marquée à la dégéxiérescence graisseuse ; d'autre part, nous avons vu des t^races manifestes d'irritation dans le péricarde et les méninges. D'ailleurs, à la suite de l'action prolongée de l'alcool, les animaux présentent des altérations anatomiques

• Maonan, Étude expér. et clin, sur l'alcoolisme, 1871, p. 2i2.

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signalées aujourd'hui par différents auteurs et se rattachant comme fond, d'une manière générale, à la stéatose et à la sclérose.

Le foie devient le siège d'une dégénérescence graisseuse, que nous avons vue déjà assez avancée au bout de deux mois d'empoisonnement alcoolique avec des doses toxiques un peu élevées. Cet organe est généralement jaunâtre, parsemé de points plus foncés. Une coupe fine placée sous le microscope se montre légèrement opaque au niveau des points plus jaunes et transparente dans les autres parties ; les cellules, dans ces portions opaques, ont perdu leur forme : elles sont tuméfiées^ arrondies et infiltrées de granulations et de gouttes de graisse^ Dans une note présentée par M. Cl. Bernard, à l'Institut, M. Pupier indique les lésions anatomiques du foie trouvées chez le poulet et le lapin, à la suite de l'usage continué plusieurs mois de l'absinthe, du vin rouge, du vin blanc et de TalcooP.

tf Pour résumer, dit M. Pupier, il nous a semblé que l'absinthe portait sa lésion primitive sur le stroma, sans toutefois produire du tissu connectif nouveau, ou la sclérose des parois vasculaires ; cette néoplasié extrême n'a pas été confirmée. Quant au vin rouge et au vin blanc, à l'alcool, leur lésion se produirait plutôt dans le plasma, le parenchyme hépatique. :> Cette dernière altération paraît être la dégénérescence graisseuse, si l'on s'en rapporte surtout aux lésions trouvées dans le foie d'un poulet soumis pendant dix mois au vin rouge. « Le foie, d'une couleur jaune clair, est mou, pâteux ; il huile la lame du scalpel. Au microscope, les cellules hépatiques sont considérablement agrandies, plus rondes qu'à l'état normal ; elles sont remplies de granula-

& Maonan, De l'action prolongée de l'alcool chez un chien» communication à la Société de biologie, 14 novembre 1868; in Compte rend, et Mém.t 1869, p. 159. — Paul Ruge, Influence de Talcool sur l'organisme. (Virchow's Archiv., XLIX, p. 237, janvier 1870.)

- Pupier, Dônionstration expérimentale de l'action des boissons dites spirilueuses sur le foie. Compt, rend, de l'Acad. des sciences, 27 mai 1872.

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tions analogues à celles qu'on observe dans Tinflammation parenchymateuse au début ; ça et là de grosses gouttes graisseuses. » L'infiltration granulo-graisseuse des cellules hépatiques est la lésion signalée également par les autres expérimentateurs, et quoique jusqu'ici nous ayons nous-méme trouvé chez les animaux la dégénérescence graisseuse du foie sans traces de sclérose, nous nous garderions bien de conclure que l'alcool doit irrévocablement produire la stéatose du foie à l'exclusion de la sclérose ; la clinique donnerait d'ailleurs à cette opinion un démenti formel, la cirrhose n'étant pas rare, on le sait, chez l'alcoolique chronique.

Il faut, du reste, noter pour les animaux la durée relativement courte de l'intoxication alcoolique comparée au long empoisonnement de l'homme, et l'on ne saurait affirmer que le foie, au début d'une dégénérescence graisseuse, ne puisse devenir, sous l'influence plus continue de l'alcool, le siège d'une irritation plus intense, et par suite d'une sclérose. Sous la même influence, on peut, sur le même animal, voir à la fois une dégénérescence graisseuse du foie, et dans d'autres organes des lésions irritatives telles qu'une pachyméningite, une sclérose des cordons postérieurs de la moelle, de l'épaississement et de l'opacité de l'arachnoïde et de la pie-mère, des plaques laiteuses du péricarde, etc.

Les altérations du foie attribuées à l'absinthe ne sont pas netten;ient déterminées par M. Pupier et ne paraissent se rapporter ni à la sclérose, ni à la stéatose. « Le foie est, dit-il, dur, résistant, paraît diminué de volume ; inégalités sur les deux faces ; nombreuses dépressions blanchâtres ; les parties intermédiaires d'un rouge brun. Au microscope, dilatation considérable des vaisseaux remplis de granulations qui s'épanchent à la périphérie des lobules ; compression et dégénérescence extrêmes des cellules hépatiques. » Pour notre part, sur un chien muni d'une fistule gastrique, et à qui nous avons, pendant un mois, donné chaque jour de 60 à 120

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grammes d'absinthe, nous n*avons trouvé à Tautopsie, dans le foie, aucune lésion pouvant rappeler celle qui est signalée par M. Pupier.

Les reins, comme le foie, subissent chez les animaux sou« mis à Faction prolongée de l'alcool un commencement de dégénérescence graisseuse ; la surface reste lisse et unie, la substance corticale et ses prolongements offrent une teinte jaunâtre plus ou moins accusée avec de petites striations plus jaunes ; au microscope, on voit les tubuli légèrement tuméfiés, un peu troubles, remplis d'épithéliums granulograisseux. M. Ruge signale dans quatre cas l'adhérence de la capsule à la substance rénale. Dans trois cas, ce môme observateur a noté la dégénérescence graisseuse du cœur . Les tuniques do Testomac offrent peu d'altération chez les animaux qui prennent Talcool môle aux aliments; chez ceux, au contraire, qui reçoivent l'alcool directement dans l'estomac soit par la sonde œsophagienne, soit par une fistule gastrique, on voit les preuves anatomiques d'une violente gastrite. Dans un cas seulement; nous avons trouvé ohez le chien une sclérose des cordons postérieurs, mais cette lésion serait, sans doute, plus fréquente si l'on pouvait sur l'animal pousser l'intoxication plus loin, puisque les scléroses de la moelle et les myélites interstitielles diffuses ne sont pas rares dans l'alcoolisme chronique de l'homme, ainsi que nous avons eu l'occasion de le constater plusieurs fois.

La pachy méningite, à la suite de Faction prolongée de l'alcool, a été signalée par Krémiansky chez des chiens à qui, pendant quatre semaines, il avait fait avaler des doses considérables d'alcool*. M. Neuman (de Kœnisberg) a eu l'occasion d'observer le même fait, après une intoxication alcoolique également de quatre semaines ; mais, d'autres fois, il n'a trouvé aucune altération des méninges sur des chiens

*■ Krémiansky, De la pachyméningite hémorrhagique interne chez l'homme et chez le chien. (Vircbow*s Arcb.y Xïïï, p. 129, 1868.)

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soumis pendant plusieurs mois à une ivresse quotidienne. Chez le chien dont nous avons relaté l'observation, l'arachnoïde et la pie-mère étaient œdémateuses à la base et offraient une légère teinte rosée ; dans d'autres cas, nous avons noté de Tépaississement avec infiltration et opacité de l'arachnoïde et de la pie-mère,mais sans néo-membranes sur la dure-mère. M. Ruge, de son côté, n'a observé dans la dure-mère qu'une dilatation des vaisseaux, et dans la piemère de l'injection et de l'œdème.

D'où vient cette différence dans les résultats pour des expériences analogues ? La cause nous paraît résider dans la production, sur quelques animaux seulement, d'hémorrhagies méningées pendant l'ivresse. Sans chercher à soulever ici l'intéressante question des hémorrhagies méningées et des pseudo - membranes consécutives, nous rappellerons cependant que M. Laborde, en piquant le sinus longitudinal supérieur chez de jeunes chiens, obtenait dans la cavité arachnoïdienne des épanchements de sang, entourés déjà d'une néo-membrane dès le deuxième jour^ Plus récemment, M. Sperling, opérant sur le lapin, injecte du sang frais dans la cavité arachnoïdienne. Huit jours après l'opération, on observe le début de Torganisation d'une néo-membrane et celle-ci est complètement organisée au bout de deux ou trois semaines ; dans tous les cas, on peut; au bout de trois semaines, constater une nouvelle formation de vaisseaux. Ces néo-membranes sont tout à fait analogues à celles qu'on trouve dans la pachyméningite hémorrhagique. L'organisation du sang s'établit à la convexité du cerveau et sur la surface interne de la dure-mère sans adhérences avec l'arachnoïde^

Dans la séance de la Société de biologie du 6 avril 1872,

1 Laboadc, Sur la paihogénie des hémorrhagies ménl figeas intra-arachnoïdiennes. Bail» delà Socanat., 1864.

« Sperling, Expérience sur la pachyméningite hémorrhagique. CeûhàlbUé, 1871. Anal, dans Qax.bebd*, 12 janvier 1872.

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M. Vulpian, rapportant des expériences faites avec M. Philîppeau, signale Tenkystement, par une fausse membrane, du sang tiré de la crurale d'un chien et injecté aussitôt dans la cavité pleurale d'un autre chien. Les injections de sang dans l'arachnoïde ont amené aussi une formation rapide de néomembranes et le caillot ainsi développé est resté appendu à la dure-mère.

Tous ces faits militent en faveur de Finterprétation que nous voudrions donner de Texistence des néo-membranes chez quelques chiens alcoolisés, c'est-à-dire la production accidentelle dans quelques cas d'hémorrhagies pendant rivresse ; mais il ne faut pas perdre de vue que la pachyméningite peut survenir sans hémorrhagie préexistante, dans le cours de certaines affections chroniques des centres nerveux, telles que la paralysie générale, la démence sénile, l'alcoolisme chronique, maladies dans lesquelles le système nerveux, dans son ensemble, devient, par moment, le siège d'un processus irritatif très-intense. En résumé, l'expérience physiologique, en ce qui touche l'étude de l'alcoolisme, permet d'assister au développement successif des troubles physiques et intellectuels ; elle nous montre, de plus, dans les centres nerveux, dans le tube digestif, le foie et les reins, dans l'appareil respiratoire et circulatoire, des altérations anatomiques d'autant .plus utiles à bien préciser qu'elles représentent les premiers degrés des désordres plus profonds auxquels succombe l'homme aux périodes ultimes de l'intoxication.

§ II. A. — Nous venons de voir que l'alcool a besoin d'agir un certain temps pour qu'aux symptômes habituels d'ivresse s'ajoutent du tremblement et du délire. Il n'en est plus de même de l'absinthe qui, d'emblée, peut produire du délire et des attaques d'épilepsie.

Depuis longtemps déjà, les auteurs avaient reconnu des propriétés spéciales à cette substance. MM, Trousseau et Pidoux, dans leur Traité de thérapeutique y disent en par-

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lant de son action : « Il est certain que la liqueur connue sous le nom d*eau ou de crème d'absinthe enivre très-facilement, produit des vertiges et un état nauséeux qui n'appartient pas à l'alcool, mais à l'absinthe \ > MM. Bouchardat et Gubler reconnaissent aussi à cet agent des qualités distinctes de celles de l'alcool.

M. Meynier, rapprochant l'essence d'absinthe de l'essence de camomille, lui trouve une action antispasmodique et anesthésique, action, comme nous le verrons, bien différente de celle qu'elle possède réellement *.

Mais c'est depuis 1864, époque de nos premières recherches à Bicétre avec notre regretté maître Marcé, que différents IraAraux sont venus successivement déterminer avec plus de précision les propriétés toxiques de l'absinthe, et ont fait ressortir ainsi la part qui revient à ce poison dans les troubles physiques et intellectuels dont s'accompagne l'alcoolisme chez l'homme ^.

Les deux expériences suivantes, dans lesquelles les effets se sont manifestés avec une égale intensité du côté de l'intelligence et de la motilité, donneront une juste idée de l'action complète du poison.

Exp. IL — 8 heures 30 min. Injection avec la sonde œsophagienne de 2 gr. .50 d'essence d'absinthe dans l'estomac d'un chien jeune, bien portant, du poids de 8 kilogrammes.

« Trousseau et Pidoux, Traita do thérapeutique et de mat. médic.j t. II, p. 494.

s Meynier, Recherches sur l'action toxique de quelques essences. Thèse de Paris, 1859.

5 Marge, Note sur l'action toxique de Tessence d'absinthe; Comp. rend, des séanc. de J'Acad. des scionc, 1864, t. LVIII, p. 628. — Magnan, Accidents déterminés par l'abus de la liqueur d'absinthe. Union mêdic,^ 4 et 9 novembre 1864. — R. Amory, Expériences et réflexions sur l'absinthe et l'absinthisme ; the Boston med, and surg. Journ.^ 5 et 12 mars 1868. — Chal- LAND, Étude expérimentale et clinique sur l'absinthisme et l'alcoolisme. Thèse de Paris, 1871. — Magnan, Note sur Talcoolisme aigu, épilepsie causée par l'absinthe, etc. Comp. rend, des séances de VAcad. des sciences, 5 avril 1869. — Magnan, Etude expérimentale et clinique sur l'alcoolisme. Paris, 1871.

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8 heures 55 min. Mouvements rapides et irréguliers des oreilles, petites secousses dans les muscles du cou avec soulèvement brusque de la tâte, répété quatre à cinq fois; frémissements dans les muscles du dos avec contractions rapides, brusques, d'un ou de plusieurs faisceaux musculaires ; secousses convulsives dans les épaules, soulevant une patte quand elles agissent isolément et toute la partie antérieure du corps quand elles ont lieu des deux côtés à la fois. L'animal parait inquiet, se lève, tourne sur lui*méme, se couche, se relève, se couche encore. Après deux minutes de repos, les secousses se reproduisent irrégulièrement dans les oreilles, le cou et les épaules.

9 heures 10 min. Le chien est debout, marche d un air indécis, avance, revient en arrière, s'assied, se relève aussitôt, fait quelques pas, s'arrête tout à coup, les pattes de derrière légèrement écartées, le regard sans expression, la queue basse, la tête pendante; il reste immobile, ne répondant pas à l'appel, tout à fait étranger à ce qui l'entoure. Au bout d'une minute, il redresse la tâte et reprend son attitude inquiète.

9 heures 20 min. Des secousses continuent a se produire irrégulièrement dans les muscles de la tête et des épaules ; l'animal s'arrête encore une fois subitement, reste immobile, la tête baissée et reprend au bout de 50 secondes son allure ordinaire. Légère odeur d'absinthe à l'expiration.

10 heures. Retour à l'état normal.

Exp. III. — Chien vigoureux, âgé de deux ans, pesant 14 kilogrammes ; température rectale avant l'expérience : 38« 4/5.

9 heurea 15 min. Injection par la sonde œsophagienne de 5 grammes d'essence d'absinthe dans l'estomao. L'animal s'efforçant de vomir est maintenu pour empêcher l'expulsion de l'essence, suspendu par les pattes de devant, à une hauteur permettant aux pattes postérieures de reposer sur le sol. Détaché, l'animal va et vient en tous sens, a des

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