L* ALCOOLISME ET SON ACTION SUR L* INTELLIGENCE
soumis à raotîon constante du poison, celui-ci a édifié peu à peu son œuvre. A la longue, on ne voit plus seulement des troubles fonctionnels, des modifications passagères, ne laissant comme traces de leur passage qu'un léger malaise ; une action plus profonde s'est produite, la nutrition est altérée dans tous les organes, tous les systèmes, tous les tissus; la cellule elle-même vit d'une autre vie. Sous Fintluence de l'alcool, un double processus s'est développé ; l'organisme dans son entier a été frappé, comme on l'a dit, d'une vieillesse précoce, et a subi la dégénérescence graisseuse ; mais la stéatose n'est pas seule ; avec elle se produit une tendance aux irritations chroniques diffuses double processus (sclérose et stéatose), qui devient la caractéristique de Talcbolisme chronique \ Selon la prédominance, dans les centres nerveux, de l'une ou de l'autre de ces lésions, nous voyons l'alcoolique chronique marcher vers la démence (stéatose et athérome) ou vers la paralysie générale (sclérose interstitielle diffuse). Ces altérations organiques, d'ailleurs, se présentent avec les mêmes caractères dans les muscles, les glandes, et pour le foie, en particulier, on sait que la cirrhose ou la dégénérescense graisseuse sont l'apanage de l'alcoolisme chronique.
Mais revenons aux phénomènes intellectuels. Nous trouvons dans l'alcoolisme chronique la mémoire affaiblie, le jugement moins sûr, incapable de discernement, l'imagination éteinte, la faculté d'association des idées très-amoindrie, n'empêchant plus Tincohérence, la sensibilité morale enfin très-émoussée. Apathique^ indifférent, hébété, l'alcoolique chronique n'a aucun soin de sa personne, ne prend nul souci de sa famille ; il a baissé dans toutes ses facultés intellectuelles, morales et affectives, et se trouve livré sans défense aux caprices de ses appétits instinctifs. C'est à ce moment que l'on peut répéter le proverbe : Qui a bu boira;
* Voyez Tarticle Alcoolisme, par Lancoreaùx, dans le Dictionnaire ency* clopédique des sciences médicales*
132 l'alcoolisme et son action sur l'intelligence.
le malade y est poussé de diverses manières, sans que la raison apporte le contre-poids suffisant à Tarrêter. Les abus de boissons sont devenus une habitude ; excité, en outre, par ses tendances hypochondriaques, le vieil alcoolisé renouvelle ses excès pour porter remède à ses maux, reprendre des forces, faire cesser Tincommode pituite du matin. Les résultats de cette médication ne se font pas attendre, le malaise augmente ; de là ce cercle vicieux d'où ne sort le malheureux patient que pour tomber dans la démence la plus absolue. Dans les dernières périodes, l'intelligence est frappée de nullité ; insensiblement toutes les saillies délirantes disparaissent, les préoccupations hypochondriaques, tous les troubles sensoriaux s'effacent peu à peu. Il survient parfois de la sensiblerie analogue à celle des déments apoplectiques ; il est fréquent, d'ailleurs, de voir se produire en ce moment des étourdissements, des vertiges, des attaques apoplectiformes ou épileptiformes, des paralysies partielles, en rapport avec les désordres organiques révélés par l'autopsie dans les centres nerveux.
DE L'HÉMIANESTÏIÉSIE