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avait à ce moment quatorze ans — elle a saisi son frère âgé de deux ans et Ta tenu un moment suspendu au-dessus de la bouche d*un puits : c Je ne voulais pas, dit-elle, lui faire du mal, mais c*est une idée qui m'est venue et dont je n*ai pu m'affranchir ; du reste, s'il m^eût échappé dçs mains, je me serais moi-même jetée dans le puits. » Actuellement elle éprouve encore parfois T impulsion à frapper.
Comme syndrome épisodique de la folie héréditaire. G... (Clotilde) a présenté encore des anomalies sexuelles qu'on ne doit pas passer sous silence. De très bonne heure, elle s'est livrée à des pratiques d'onanisme qu'elle a continuées jusqu'à dix-huit ans. Elle a souvent essayé de résister à cet appétit du centre génito-spinal, mais sans succès; ce besoin, dit-elle, était trop impérieux. Plus tard, elle a été prise de violents désirs de copulation, sans que ces désirs aient eu pour objet une personne déterminée; elle s'est abandonnée, pour l'unique satisfaction des sens, à plusieurs individus qu'elle n'aimait pas. Enfln, elle a eu, dit-elle, il y a plusieurs années, une véritable afTection, mais elle n'a pas pu épouser l'homme qu'elle aimait ; elle distingue elle-même ces difTérents états et se trouvait tout autre suivant qu'il s'agissait d'un besoin purement local ou de désirs basés sur les sens ou sur les sentiments. Elle s'est donc montrée, ainsi que nous l'avons déjà vu, dans les anomalies, les aberrations et les perversions sexuelles, successivement spinale, spinocérébrale postérieure et spino-cérébrale antérieure.
De quinze à vingt ans, se sont produits passagèrement des phénomènes d'un autre ordre, des attaques convulsives avec perte subite de connaissance et des vertiges suivis quelquefois d'accès de délire inconscient. Un jour, son père l'envoie acheter des provisions chez un épicier; elle sort et se dirige vers la boutique d'un cordonnier; arrivée là, elle prononce quelques phrases incohérentes, ajoute quelques mots grossiers et se retire. Au moment de rentrer à la maison, revenant à elle, elle s'aperçoit que la commission n'est pas faite
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^t s'enxprèsse de se rendre chez Tépicier poui^ faire ses achats. Le lendemain, elle est fort surprise lorsque, en entrant chez le cordonnier, on lui fait part delà singulière visite de la veille, elle n'en conserve aucun souvenir et n'y croirait pas sans les affirmations formelles de deux personnes qui se trouvaient dans la boutique au moment où elle est entrée. Aucune manifestation épileptique n*a reparu depuis UQe dizaine d'années.
C... (Clotilde) fait de temps à autre des excès de boissons et à diverses reprises, depuis trois ans, elle a été prise de cauchemars, d'insomnie et bientôt d'hallucinations pénibles surtout la nuit; elle voyait des chats dans la chambre, de grandes figures qui défilaient, elle apercevait les différents membres d'une môme famille^ rangés suivant leur taille, les uns à côté des autres.
En dehors de ces accès de délire alcoolique de très courte durée,^ elle est prise parfois de tristesse, elle croit qu'on lui en veut, qu'on cherche à l'empoisonner, elle s'imagine qu'on l'écoute, qu'on l'épie à travers la serrure; un jour, elle jette les aliments préparés pour le repas de ses parents et leur dit : € Si vous mangez, vous serez empoisonnés. » Sous l'influence de ces préoccupations pénibles, elle a fait deux tentatives de suicide, elle a voulu se noyer dans une baignoire, une autre fois elle a cherché à se pendre.
Si nous jetons un coup d'œil sur les nombreux troubles névro-psychiques présentés par cette malade, nous constatons un état complet de déséquilibration de tout Taxe cérébro-spinal.
En dehors de Tétat mental, se manifestent les syndromes épisodiques les plus caractéristiques : les mouvements simples et complexes ; la mimique des expressions passionnelles, échappant à la volonté; les obsessions; les phénomènes inhibitoires; les impulsions; les anomalies sexuelles, sans compter les accès mélancoliques, à évolution rapide, suivis de tentatives de suicide.
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Avec cette prédisposition si profondém'ent névrosiqne, il a suffi de quelques excès de boissons jpoiir faire surgir lé délire alcoolique. Enfin Falcoolisme de la grand'mère pater-^ nelle et du pore semble, parmi les conditions étiologiques, avoir à sonactif les accidents épileptiques manifestés pendant quelques années. La folie héréditaire, le déliré épileptique^ le délire alcoolique ont évolué côte a côteV sans se confondre; chacun d*eux se présentant avec ses caractères spéciaux. '
Observation. — Dégénérescence mentajle; de 18 à 36 ans, trois accès de dépression mélancolique; dans le cours da dernier accès désir irrésistible de manger : sitiomanie (1).
Il s'agit d'une malade âgée de 36 ans, qui se sent par intervalles poussée à absorber des quantités considérables d'aliments. Si Ton s'en tenait à ce seul symdrome, sa maladie pourrait être qualifiée de sitiomanie; quoi qu'il en soit, voici son histoire : le père était un original à caractère un peu vif, c'estlà tout ce que l'on sait sur les antécédents héréditaires. Elle-même a toujours été fantasque, orgueilleuse et prétentieuse à l'excès ; vers dix-huit ans, elle traversa une période de tristesse pendant laquelle elle se sentit prise de découragement, d'apathie, d'indifférence, sans pouvoir se livrer à aucun travail. Mariée à 21 ans, elle eut deux enfants et n'offrit rien d'extraordinaire jusqu'à 28 ans; elle eut alors une nouvelle période de dépression mélancolique qui dura deux ou trois mois. En novembre 1884, à trentesix ans, elle devient encore une fois triste sans savoir pourquoi et, à la fin de janvier de Tannée suivante, elle fut toute surprise des sensations étranges qui l'envahissaient : cette femme qui ne s'intéressait à rien, éprouva tout à coup un
(1) Maonam (Com. à la Soc. médico-psycli., Arch. de neurol., t. X, n* 28, juUlat 1885, p. 115.)
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désir insatiable de manger. Tous les aliments lui étaient bons : pain, viande, légumes, fruits, fromage, peu lui importait pourvu qu^elle mangeât; elle avait beau se lamenter, se reprocher sa gloutonnerie, elle ne s'en corrigeait pas : les journées et les nuits se passaient à manger. Cette existence lui devint si intolérable qu'elle demanda à être placée dans un établissement où on l'empêcherait de satisfaire son appétit; elle eut même, dans ces derniers temps, des idées de suicide qui décidèrent sa famille à prendre cette résolution, c Voilà la cause de mon malheur, i dit-elle, chaque fois qu'elle voit un morceau de pain. Semblable affection n'estelle pas en tous points comparable à la dipsomanie? Aujourd'hui l'accès touche à sa fin.