‹ Recherches sur les centres nerveuxChapitre 32 sur 93 · DES ANT1VIVISECTI0NN18TE · texte numérisé non relu

DES ANT1VIVISECTI0NN18TE

cheval qui ne veut pas entrer dans les brancards de la charrette ; elle le supplie de ne plus frapper Tanimal ; puis elle s'approche elle-même de la rosse, lui parle doucement, la caresse, Tembrasse et finit par l'installer dans les brancards. Avant de se retirer, elle demande au charbonnier l'heure où il attelle, et le lendemain, à Theure indiquée, elle est là, demandant la faveur de s'occuper de la bête ; sa requête est accueillie en riant par le charbonnier. Elle revient plusieurs jours de suite, jusqu'à ce que l'animal plus docile se laisse atteler sans résistance.

N'ayant nul souci des témoins ni du lieu où elle se trouve, elle invective les cochers qui frappent leurs chevaux : « Je préférerais, dit-elle, recevoir le coup, que de le voir donner à l'animal. ^

Si elle voit tomber un cheval, elle accourt aussitôt et force le conducteur à dételer l'animal pour qu'il puisse se redresser plus facilement. Si l'on refuse, elle s'assied sur la bête, prévenant qu'elle ne bougera pas avant que Ton ait dételé.

Lorsqu'elle aperçoit un cheval grièvement blessé, elle

s'empresse de lui porter secours : t Je ne me rends compte,

dit-elle, de rien; je ne vois même pas la foule qui m'entoure

qui souvent m'est hostile. Je ne reste pas inactive, ajouta-t-

elle, je vais chercher à l'animal de l'avoine, des carottes, de

la luzerne, de l'eau; je lui donne à boire moi-même, je lui

soulève la tête, je lui lave les naseaux avec mon mouchoir,

je lui mets de la paille sous sa pauvre tête, je fais tout ce que

je peux pour adoucir ses derniers moments, et je le protège

contre les foules lâches et cruelles. La pauvre bête a, à

ses derniers moments, ce qui lui a manqué toute sa vie, un

<Euni! »

Un jour, elle offrait mille francs pour qu'on achevât sur

^lace et qu'on ne fit pas souffrir, en le transportant chez

l'équarrisseur, un cheval qui avait une patte cassée. Elle

achète une autre fois cent cinquante francs un vieux cheval

exténué, elle le place en pension moyennant soixante-dix-

MAOMAK. I. 18

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