‹ Recherches sur les centres nerveuxChapitre 35 sur 93 · DE L»0N0MAT0MAN1E · texte numérisé non relu

DE L»0N0MAT0MAN1E

Un malade de M. Maudsley, qui, avec la folie du doute, présentait de rarithmomanie et de la coprolalie, avait fini, pour ne pas prononcer des mots obscènes, par se résoudre à immobiliser la langue avec les dents.

€ Excepté lorsque mon esprit est tout entier occupé à une affaire, je suis forcé, comme par une nécessité physique, de proférer des blasphèmes ou des paroles obscènes. Quand Je passe dans les rues ou que quelqu'un entre dans Tappartement où je me trouve, une de ces paroles se présente à mon esprit, et demande, pour ainsi dire, à être exprimée; tout effort conscient semble augmenter le mal, et. évidemment, bien que je sois forcé de me surveiller constamment, mon excitation augmente. Je ne sais parfois si j'ai parlé ou non, car, quelque bizarre que cela semble, la pensée se présente avec tant de force à mon esprit, et le malaise qu'elle produit absorbe tant mon attention que je ne sais qui croire de mes oreilles ou de mes lèvres. La seule assurance que je puisse me donner, c'est de fixer littéralement ma langue, de la mordre avec mes dents et de la rendre ainsi physiquement incapable de prononcer un mot distinct. ». (Pathologie de F esprit, p. 235.)

La malade M..., femme H..., dont nous allons résumer l'observation, est une dégénérée avec folie morale et accès mélancoliques. Son intempérance a été suivie de délire alcoolique, mais elle n'a présenté qu'un seul syndrome à base d'obsession et d'impulsion, la coprolalie.

Observation XV. — Dégénéreacenee mentale. Perversions morales. Accès mélancoliques alternant avec du délire alcoolique. Coprolalie.

M..., femme H..., âgée de cinquante deux ans, entre à Tasile clinique (Sainte Anne) le 19 mars 1885.

Bicarré, extravagante, toute sa vie, elle s'adonnait à rivrognerie. Elle a eu neuf enfants, dont six sont morts en bas âge ; des trois survivants, Tun est faible d^esprit et blôsc. Dépourvue de tout sens moral, elle envoyait ses enfants voler à Tétalage, et elle donnait, rendait ou se servait des objets volés. Elle a été prise, à diverses

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reprises, de délire alcoolique avec hallucinaliQns effrayantes, elle voyait des tètes de singe, des bétes féroces, des serpents, quelquefois les cadavres de ses enfants.

Plusieurs fois elle a eu des accès de mélancolie, elle était découragée, sans force, se sentait incapable de tiavailler, et, dans ces moments, elle se reproehait sa conduite et voulait se suicider. Plusieurs fois aussi, elle se sentait poussée à tuer ses enfants, elle ne sait comment ces idées lui Tenaient, mais elle en était vivement affectée.

Depuis quelque temps, elle est tout à coup poussée à prononcer des mots grossiers qu'il lui est impossible de retenir.

Dans la dernière observation de ce groupe, nous trouvons réunis le déliré hypocondriaque, la folie du doute et Tonomatomanie.

Observation XVI — Dégénèresœnce mentale, Scrupales. Préoccupailions hypocondriaques. Folie du doute. Interrogations mentales fréquentes, Onomatomanie, Mots obsédants, Cùprolalie,

M»* R...^ âgée de vingt^six ans, dont le père, beaucoup plus âgé que la mère, est affecté d^un tic de la face, s*est montrée scrupuleuse et très méticuleuse dès Tftge de douze ans. Elle habitait la campagne, et, de très bonne heure, elle donnait des conseils aux paysans poor leur santé, et les traitait par Thoméopathie. Quand les malades no guérissaient pas, elle se reprochait de les avoir mal soignés, s'imaginait être cause de raggravatioq de leur mal, et en éprouvait une vive inquiétude.

La mort subite d'un de ses parents provoqua, chez elle, une violente émotion, et fit naître dans son esprit la crainte delà mort. Elle surveillait les battements de son cœur et redoutait les moindres palpitations, même celles que pouvait provoquer un exercice un peu actif. Ln nuit elle s'efTorçait de ne pas dormir trop profondément, afin de pouvoir surveiller ce qu'elle appelait Tartère du sommeil — une des carotides — les battements pouvaient, disait-elle, s'arrCter subitement et entraîner la mort. Elle redoutait aussi un ténia imaginaire dont elle se croyait atteinte.

Depuis longtemps elle se sentait poussée à rechercher la solution de questions qu'elle se posait, sans cesse, sur l'origine du monde, sur la Trinité, sur Dieu, etc. Dans ses interrogations fatigantes, elle ne trouvait pas une solution satisfaisante, elle était prise d*an goisse, la sueur couvrait son front, le cœur battait avec force, ell se sentait oppressée et sur le point de se trouver mal.

Fréquemment, elle était obsédée par l'apparition, dans sa pens démets grossiers, injurieux, qu'elle se sentait poussée à répétera c^étaient, le plus souvent, les mots « cochon, diable » et parfois le mo*^

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« Dieu » qui surgissàif à cdté des premiers; c^était, dît-elle, comme un blasphème. Pe môme, un jour le mot « cochon » était- sur sçs lèYrea au moment où elle mangeait du pain béait; elle en. était exirômement émue, mais ne pouTait pas s^empêcher de le prononcer.

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