LES IMPULSIONS BT LES ACTES
les plus diverses, leur empruntant d'ailleurs les caractères particuliers qui le distinguent : Timpulsion de Fépileptiqoe est différente de celle qui pousse Talcoolique, de celle aussi qui parfois entraîne le mélancolique» etc. Nous reviendrons plus loin sur ces caractères distinctifs. Normalement, la plupart des actes ont à Torigine un certain degré d'instinctivite que l'expérience et la raison tendent progressivement i corriger. Chez l'enfant, en effet» les impressions et les idées du moment entraînent, la volonté en l'ab^nde du contrepoids que le souvenir agréable ou pénible des impressions passées fournit à un flge plus avancé, c L*enfant, dit Ferrier, qui a acquis le contrôle distinct de ses mains est poussé à toucher et à manier tout ce qui attire vivement sa vue. La vue d'une flamme brillante excite le désir de la toucher. Cet acte est suivi d'une douleur physique aiguë, et une associa* tion s'établit entre le contact d'un certain objet brillant et le sentiment cT une vive douleur. Le souvenir vivace de la douleur éprouvée dans une circonstance passée suffit pour contre-balancer la tendance qui pousse l'enfant à la manipulation de Tobjet quand il se retrouve dans les mêmes conditions. Nous avons ici un simple cas de conflit des motifs, et la défaite ou neutralisation d'un motif par im autre plus puissant. L'acte, s'il s'en produit un, est conditionné par le motif le plus fort, c (Les fonctions du cerveau, p. 452). »
Dans la folie, les éléments de cette opération mentale qui consiste à enregistrer les acquisitions douloureuses ou agréables se trouvent faussés ou annulés; le jugement est altéré et l'impulsion dominatrice exerce son action sans rencontrer une force suffisante pour lui résister. C'est en effet, ce qui se produit à un degré remarquable, vous le savez, dans celte forme particulière de mélancolie impulsive désignée à tort sous le nom de dipsomanie. Nous avons eu l'occasion Tannée dernière d'examiner ensemble plusieurs dipsomanes, et tous, Vous vous en souvenez, attristés, se lamentent au début de Taccès ; ils font des efforts inouïs pour résister^ pressentant
les conséquences douloureuses pour eux-mêmes et pour leur famille qu'entraîne cette fureur de boire. Parmi ces malades, une femme obsédée par ce besoin impérieux, en arrive, pour augmenter sa répugnance, à mélanger des matières fécales et du pétrole à Teau-de-rvie qu'elle vient d'acheter, Maiç toutes ces précautions sont inutiles, le breuvage est avalé, malgré le profond dégoût qu'il inspire.
Dans cette étude des impulsions et des actes des aliénés, quelle méthode devons-nous suivre? Nous pouvons examiner chaque maladie séparément, et faire ressortir dans •chacune d'elles ce que ces phénomènes présentent de particulier. Ou bien faut-il avec certains auteurs décrire une monomanie suicide, homicide, la kleptomanie, la pyromanie, l'érotomanie, la nymphomanie, etc., sans compter l'agoraphobie, la claustrophobie, la topophobie de plus récente création? A ces dernières variétés de délire, nous pourrions en ajouter encore beaucoup d'autres et particulièrement la bélonophobie^ la peur ou la terreur des épingles, car j'ai déjà eu l'occasion d'observer plusieurs malades chez lesquels cette préoccupation était le signe prédominant et en apparence le seul délire.
Chez une dame, âgée de 30 ans, appartenant à un rang élevé de la société, la peur des épingles avait suffi pour lui créer Texistence la plus malheureuse. Constamment poursuivie par la peur qu'une épingle ne se fût introduite dans la bouche, elle passait des heures entières à se frotter les gencives, toute la muqueuse buccale, qu'elle ensanglantait par ses frottements réitérés. A table, chaque plat était Tobjet de ses investigations les plus minutieuses ; souvent, après avoir avalé une ou deux cuillerées de potage, elle faisait entendre tout à coup un bruit guttural comme pour repousser un corps étranger, et elle rejetait le contenu de la bouche*, aucun sentiment de convenance ne pouvait Tari^êter et elle crachait ainsi dans l'assiette devant tout le monde. Pour les aliments solides, elle les divisait en parcelles infiniment
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iDô^^t où il allait frànèMr te phàrynxi Qiiaiiit tes Xkkàsmi, IfrUait^ le tl^é, réau rôôgiô^ èUe^ f^ij^Iuiéaii le "viMpe ett k lâÂeÀ et À^ traoïpait leà lèyree^qa^aj^tSe le débôrâeiiieiil 4a mstf pcHtr ètM bkin i^liré ipie rieti tfétait- MBté à là mafytii. Ses d[ome8tic[ues ne j^tiiodMt iqp][>i^i^ dtei k taUb poinrk tféi^pqtie les màitohes re&ou^éés JâÉi|ii^èn Imé^ du liras et ^e-mdme relevait les manches jas<|a%itxe(mdeii.^(aiaMii "dans son entourage se pliiût à scié foi^toâsieë j^ôtiT'tiiiléÈiâer à prendre qttel(iue:iioâinritarèi mai^elle^e faisaii jMttis ds wpascomplet; ; t r - . r .xr.^ ^î-î- . -i* .-^^ -.
,^ Cette prar des épingles était ohés ^tedàme fallait domi^ iinat ; {Kmriifa famille elle n'était paslallii elle n'âvaitqà'uiie -idée bizeare; mais un examen complet permettatt de s*as*imrer q[tfô ce n'était là qu'une des manifêrtatioiis d'un étal -nôàladif profond^ qui d'ailleurs prenait son origine dans rhé*
r ' L'étude dés impulsions et des actes dans les diverses vâ^
riétés aymptomatiques aurait ravantage de fixer rattention sur une série de faits intéressants sans doute, mais ces faits euxrmêmes ne sont qu'un épisode de Thistoire de la maladie, et il faudrait pour chacun d'eux passer successivement en 4*evue les variétés d'aliénation dans lesquelles on les observe, répéter ainsi les mêmes descriptions a propos de chaque monomanie et surtout les rapprocher des états pathologiques qui n'ont absolument rien de commun entre eux. Prenons un exemple, le suicide : quelle différence entre le suicide do malade affecté de mélancolie, qui, poursuivi par une idée de ruine, de déshonneur, dé damnation, etc., est poussé à se détruire et fait avec ténacité plusieurs tentatives, et le malade alcoolisé, qui, sous Tinfluence d'une hallucination active, pressante, actuelle, se précipite brusquement par la fenêtre ou se jette à l'eau! Là, rien n'était prévu, et, l'hallucination cessant, il n'y aura point de nouvelle tentative. Mettes À
côté le délirant systématisé dont la mort aura été préparée de longue main; qui paliemraenl, comme le malade dont parle Tardieu, aura li-availlé pendant deux ans, à l'insu de tout le monde, à dresser, de sa propre main, la guillotine à l'aide de laquelle, au momenl voulu, il se décapitera. (Étude médico-légale sur la folie, 1873, p. 375.)
Peut-on comparer ces suicides à celui de l'épileptique dont l'acte d'une souveraine inconscience arrive brusquement, subitement, de la façon In plus automatique, comme tous les phénomènes qui se produisent dans la grande névrose paroxystique? Mû par un penchant aveugle, l'épileptique se plonge un couteau dans la poitrine, il se jette à l'eau, se précipite par la fenêtre, et s'il ne succombe pas, l'acte est non avenu pour lui; il regarde avec élonnemenl sa blessure, il est surpris d'avoir été retiré de l'eau et sans les preuves manifestes qu'on lui fournit, il croirait volontiers qu'on lui parle d'une histoire qui ne le touche point. Si nous voulons un contraste encore plus frappant, nous n'avons qu'à jeter les yeux sur le paralytique; lui aussi veut quelquefois se tuer, mais il le fait à sa manière, Il se laboure la peau avec un vieux couteau ramassé dans un coin; il essaie de s'étrangler en serrant son cou avec une cravate devant tout le monde; ou bien encore, allumant un réchaud dans sd chambre et couché sur le lit, il se lèvera pour ouvrir la fenêtre parce que la fumée noircirait ses rideaux. Il suffit de ces exemples pour montrer qu'un acte, quelque grave qu'il soit, quelle que soil sa nature, ne peut servir de base à une classification et ne peut suffire k constituer une formé mentale. C'est co qu'a pensé également le docteur Zabé n propos des aliénés incendiaires, et c'est aussi ce qu'a fait ressortir le docteur Gorry dans sa thèse sur ta kleptomanie (1).
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I) Zabé, De» aliénit incendiaire» deeartt U» TrUunauso (TbËBa di ' I, 1853.) — CoRitv, De» aliéTii!» eolcuri; noit-exittence de la [kleptomanie el det moiiomanies en g^nt'i-al comme entité» morbide» (ThtsB 1870, a> £âS.)