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SIGNES ESSENTIELS

que des nuances dans les allures, les habitudes, le caractère, la porlàe intellectuelle des malades.

Mais quelque dilTicile que suit celte élude, il faut ce.oendanl la faire avec le plus ^rand soin; c'est surtout au début de la maladie qu'il est bien important d'établir le diagnostic, dans l'intérêt du malade, de la famille et du médecin luimême.

N'est-ce pas, en effet, à celte période que l'on est en droit d'espérer une rémission? N'est-ce pas à ce moment ausa que le médecin doit développer toutes les ressources de la thérapeutique et surtout écarter les thérapeutiques intempestives? Il nons arrive quelquefoifi des paralytiques dont la pi'emiôi'e période a été activée par l'application intempestive de riiydrothérapie.

Que de désastr^is, en oulie, dans bien dos cas, n'aurail-ûn pas empêchés, si l'inlervenlion suffisamment HAlive des médecins était venue avenir la famille que telles spéculnlions aventureuses, que telles hai-diesses commerciales, que telles entreprises projetées, loin d'être le résultat île combinaisons adroites et injîénieusos, n'étaient que le fruit d'une imagination maladive! Que do ruines n'aurait-on pas évitées! Que de malades, sous le coup de la loi, n'aurail-on pas affranchi des rigueurs de la justice! Vous ne saurien croire, Messieurs, de combien d'événements fâcheux est cause celte période initiale de la paralysie générale, période qu'on aui'ait presque le droit de désigner sons le nom de médico-légale. Les malades avec les apparences de la saiilé et de la raison commettent quelquefois les actes les plus répréhensibles; plus tard, quand la maladie a progressé, on a moins â redouter les accidents de ce genre, parce que le paralytique, en raison même de son état, est soumis h une surveillance plus allenlive. Au bureau central d'admission, où nous voyons un nombre considérable de malades, nous sommes à chaque instant appelés à enregistrer des faits de ce genre.

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Passons donc à Télude de ces troubles înlelloclucls, de cette démence particulière du paralytique, différonlo connno caractères de la démence des vieillards, do la dômonco consécutive aux vésanies, de la démence liée à répilopsio, on un mot de toutes les autres espèces de démences, cl (\m présente, comme degrés, toutes les nuances de TalTaiblissoment intellectuel, depuis la simple diminution do la mémoire jusqu'à Tabolition complète de toutes les facultés. Kh bien! au début, que trouve-t-on?

Une aptitude moins grande au travail, une fatigue plus facile, des conceptions plus lentes, une sorte do torpeur intellectuelle qui pèse sur toutes les opérations do Tiritolligence; d'autres fois, au contraire, une activité très grando, mais une activité irrégulière, désordonnée, vagabonde^ sans portée sérieuse, une activité qui enfante des projeln nombreux,quelques-uns possibles, mais toujours mal coordonné».

Nous n'aj)précierons bien ces changemenlrt que chez Ic^ malades dont la position sociale exige certains efforU (Ut Tesprit. Il en est de ces syrapl^jimes comme des sympiômei^ physiques; nous ne remarquons de bonne heure les troubles de la motilité des bras el des mains que chr^z U:% niala/les qui ont besoin joumellemcnl \f^mr Uinrs lrav;iux *Vîmn certaine habileté. Au»«i, esl^^^f en vain t{ws non» rcjcli/^rche* rions ces modifîcatioas inU;\U*f:Uie\lm ihfm le^ HuU*A'M(niin du malade occufié à des Iravaux krÀU^n, Umjoum Ur« Ui^nf$f:k^ qui exigent fj"^'U d'iîiilwliv^?: Ur^i ffi^la^frh^ pHrïtHhtÏHfUt^ ta quelque i?orte. Cfjuiiriifffii à hSifuimiU^r iHA^tez t/i/m ^Ut U^$f tâche: mai'^, uf^^a^Atxk ^ ^t^ tusêinfU^ fi*$%'iuikit0':^ ^ é^mi les orcwfj^Jfty/a^ ^iti^'^jt hu WûAfi ^r^f'yfil (iwt»r$^/^'Mr!l,. *Jî^j^r#> çoîvenl AfT^» ^r'^f: l^r^^r tt.*.<nJjy/;f*: -fr^^^l t:i//.u^ ^/f^-ria^-: *^'^ v/î4

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Celle diminution de la mémoire est un symptôme très importanl, et si, au commencement, on peut regarder ces légers changements comme des faits de la vie ordinaire, leur persistance, leur reproduction, leur fréquence de plus en plus grande, malgré tout le soin du malade pour les éviter, indiquent une cause plus profonde, un changement radical et non un accideiit passager.

En outre de l'atteinte portée aux forces intellectuelles, de la diminution de la mémoire, on trouve encore une pei^ version des facultés affectives el morales.

Le cnraclère change quelquefois d'une façon complètent présente les oppositions les plus marquées; ainsi tel individu, prodigue Jusque-iâ, devient parfois d'uneavarice sordide. l,a femme du paralytique avec intoxication saturnine, que vous avez vu, m'a raconté que, depuis quinze mois, Sun mari mettait tout sous clef, qu'il avait fait placer des serrureâ nouvelles à toutes les armoires, que, si elle n'était intervenue h plusieurs reprises, il se serait privé lui-même des choses les plus nécessaires a la vie.

Dans d'autres cas, au contraire, à des habitudes parcimonieuses succèdent des goûts de dépense inusités; les malades ont changé, ils ne sont plus les mêmes, comme disent les parents. Mais ce qui est encore plus remarquable, ce sont les oppositions, le désaccord entre les différents actes du malade; ainsi, le paralytique fera des dépenses considérables pour des objets futiles, tandis qu'il refusera d'acheter des objets de première nécessité; il deviendra irritable et se mettra en colère pour de simples oppositions, tandis qu'il acceptera les contradictions les plus graves; il se montrera blessé pour une observation bienveillante et ne s'offensera point des reproches les plus amers ; il résistera avec une opiniâtreté désespérante aux instances les plus pressantes et se laissera, un moment après, diriger avec une docilité enfantine. A cette période de la maladie, vous le verrez aussi commettre des actes indélicats, des faux en

écriture, des vo!s, des délits accomplis avec une souveraine imprévoyance. Le paralytique prend, fréquemment, aux étalages, des objets insignifiants qu'il emporte tranquillement sous les yeux de tout le monde, et il parait profondément étonné quand on vient l'interpeller et lui reprendre ce qu'il a dérobé. D'autres fois, il monte dans une voiture qu'il ne peut pas payer, entre dans un restaurant quand il n*a pas d'argent, et semble fort surpris ensuite, quand on lui réclame la dépense qu'il vient de faire. Ce sont des faits de ce genre qui, pour le dire en passant, provoquent assez souvent leur séquestration.

Vous le voyez, Messieurs, on aperçoit déjà, dans la manière d'être du paralytique, les caractères généraux qui se décèlent plus tard, que Ton retrouve dans leurs diverses formes de délire, et que M. J. Falret a bien indiqués en disant que les idées délirantes des paralytiques sont multiples, mobiles, non motivées, contradictoires entre elles, absurdes.

Voilà, Messieurs, le tableau de la période initiale de la paralysie générale, non seulement de la paralysie générale simple, dans laquelle toutes ces modifications intellectuelles sont à l'état d'ébauche, mais aussi de toutes les autres formes de paralysie qui, suivant la prédominance plus marquée de telle variété de délire, mettront en relief, dès le début, des changements de l'intelligence en rapport avec sa forme délirante.

Mais il ne faut pas perdre de vue, cependant, qu'en raison de la mobilité et de la variété des idées délirantes qui peuvent toutes se succéder, se croiser en quelque sorte irrégulièrement chez le même malade, on peut trouver aussi , réunies à la fois, chez le même sujet, toutes les modifications dont je viens de parler. Ces modifications, qui se trouvent toujours, soit en totalité, soit en partie, chez les paralytiques, doivent être considérées comme constituant des caractères commuas fondamentaux, plutôt que

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des caraclères se rattachant à une forme déterminée.

On a parlé â plusieurs reprises de l'oxcitation génésique des paraljliques; ne trouvant pas d'une façon prédominante dans leur délire des idées relatives aux fonctions sexuelles, j'ai voulu savoir par des familles ce qui se passait tout à fnil au début de la maladie; si, dans quelques cas, j'ai pu noter une salaciléplus ou moins vive, quelquefois, au contraire, les renseignements indiquaient une frigidité notable, el le plus souvent rien de particulier n'avait élé remanpié. !1 en est donc de ces troubles fonctionnels comme des autres; il y a que!r[Ucfois perversion . mais non prédominance constante dans un sens déterminé.

Autour de ces troubles inlellectuels essentiels qui, avec les troubles physiques essentiels, constituent le fond de la maladie, viennent se grouper diverses variétés de délire, dont quelques-unes, en raison de leur fréquence et surtout des caractères généraux qu'elles empruntent au terrain même sur lequel elles se développent, ont fait admettre des formes différentes de paralysie i^éncrale; mais, comme il ne peut y avoir rien de précis dans ces divisions, puisque les variétés de délire peuvent successivement se présenter toutes chez le même malade, se succéder irrégulièrement, disparaître pour se montrer de nouveau, il est arrivé nécessairement que ces divisions arbitraires ont varié avec les auteurs.

Ainsi, M. J, Falret admet quatre formes de paralysie, deux basées sur la prédominance des signes physiques, les formes congestive el paralytique, deux autres basées sur la prédominance des signes intellectuels, les formes mélancolique et expansive. Cette dernière forme, qu'on désigne habituellement du nom de forme ambitieuse, est celle, vous le savez, qui se présente le plus fréquemment à l'obserration, celle qui pendant longtemps avait eu seule le privilège de fixer l'attention des médecins.

M. Linas, dans sa thèse, admet également quatre formes

basées sur les caractères du délire, et une cinquième forme mixte dans laquelle on peut trouver, diversement combinées, les formes précédentes.

Mais ces divisions sont loin de répondre aux exigences d'une analyse un peu rigoureuse, et M. Galmeil, daps son traité des maladies inflammatoires du cerveau, divise en dix séries les modes ou les aspects sous lesquels la paralysie générale peut se présenter au début. Cette division, quoique renfermant la majorité des cas, laisse encore échapper un assez bon nombre de faits qui semblent à première vue très différents de tous les autres. Ajoutez encore à ces formes diverses de paralysie générale celles qui sont basées sur Tétiologie, les paralysies générales pellagreuse, saturnine, alcoolique, etc., et vous obtiendrez ainsi des divisions qui n'auront plus d'utilité pratique. Ceci montre une fois de plus, quelle variété d'aspects présente cette maladie au début, et c'est pour nous retrouver au milieu de ce dédale que je me suis efforcé de vous montrer Ten- Bemble des signes essentiels qui existent dans tous les cas. Si, au commencement de la maladie, vous en voyez manquer quelques-uns, vous ne tardez pas à les apercevoir au bout d'un certain temps, et vers la tîn de la première période, il est rare qu'ils ne se montrent pas tous à la fois. C'est, du reste, par leur marche progressive que les symptômes essentiels s'accusent chaque jour davantage, tandis que les symptômes accessoires, d'abord plus saillants et plus bruyants, ne tardent pas, au contraire, à diminuer d'intensité, tout en s'imprégnant de ce cachet de démence qui finit par envahir toutes les manifestations intellectuelles.

NOTE sua LES ATTAQUES SPINAI.RS EPILEPTIFORMES OU CONVULSIVES ET APOPLECTIFORMES. A^EC ÉLÉ- VATION UE TEMPÉRATURE, DANS CERTAINS CAS DE PARALYSIE GÉNÉRALE (I)

On sait que la lésion analomîque tlatla paralysie générale csl une mcningo-encêphalile inlerslitielle dilTuse, mais, fréquemment, le cerveau n'esl pas seul intéressé et la moelle, porlicipant à l'ail ération, devient le siège d'une raénjnj;omyélite interstitielle diffuse. L'inHammation du cerveau, l'inflammation de la moelle, quoique étant deux faits connexes et de même nature, ne marchent pas toujours d'une façon parallèle et, si quelquefois elles se développent simultanément, souvent, au contraire, elles ont une évolution différente; tantôt, c'est le cerveau qui est atteint le premier, d'autres fois c'est la moelle; d'autres fois la lésion, restant stationnaire dans l'une des deux parties de l'axe cérébrospinal, continue son évolution dans l'autre partie, et celle marche différente du processus pathologique dans le cerveau ou dans la moelle se traduit, suivant les cas, par une prédominance marquée, soit des troubles cérébraux, soit des troubles médullaires. Ce qui se passe pour les symptômes habituels de la paralysie générale se produit également pour les

(1) Maonan. {Compt. rendu» de la Soeiété de Biologie. Janvier 1876, P.Î5J

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