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GÉNÉRALE

Si l'embarras de la parole est un symptôme constant de la paralysie générale, les troubles du langage, au contraire, sont assez rares, et Taphasie, en particulier, est un phénomène exceptionnel. Il en est de l'aphasie comme des paralysies partielles dans le cours de la paralysie générale ; elle peut, comme elles, se présenter passagèrement à la suite d'une attaque épileptiforme ou apoplectiforme, elle peut aussi, à titre d'exception, comme dans les deux cas dont je vais parler, persister d'une manière permanente après l'ictus dont s'accompagne l'attaque; plus rarement encore elle peut se développer lentement, progressivement, et, de même qu'on voit un paralytique général faiblir peu à peu d'un côté, s'incliner à droite ou à gauche et devenir hémiplégique, de même l'aphasie peut, chez les paralytiques, se développer d'une façon lente et progressive ; c'est ce qui s'est produit chez une femme de mon service atteinte de paralysie générale et dont le vocabulaire, progressivement restreint, en est réduit aux mots : oui, oui, za, za, ({u'clle emploie avec des signes marqués d'impatience et de désappointement toutes les fois qu'on lui adresse une question ou qu'elle désire elle-même parler. Cette disposition particu-

(1) (Corn, à la Soc. de Biol., 8 nov. 1879,

■i&BlTX CAS D-APHASIE

"lîère An caractère, cette irritabilité se rencontraient chez l'aphasique paralytique dont M. Hanot a coçimuniqué l'observation à la Société (I). Toulcroîs, chez les paralytiques généraux aphasiques, les facultés étant plus aFTaiblies que dans l'nphasie simple, on voit beaucoup moins accusés l'état moral des aphasiques, leurs mouvements de dépit, d'impatieuce devant la difÛculté de traduire la pensée par la parole. Chez les deux malades dont nous allons relater l'observation, dans le eus de M. Hanot et dans un quatrième fait rapporté par M. Billod, il n'y avait pas.auniveau de la troisième circonvolution frontale gauche, de lésion différente de celle de la paralysie générale, mais l'encéphalite interstitielle diffuse offrait, sur la région fronlopariélaic gauche son développement le plus complet.

Obb. I. — Paralysie générale aveo hémiplégie droite et aphasie. Eaeéphalite chronique iaterslilielle diffuse prédomiuaot sar FbélaiaphÈre gauchv au niveau de la troisième ciroeavalatiou froattle et on pourlaar de la scissure sylvienne.

M. Ëraest, âgé de ai bds, gagtsle su Mont-de-Piëlè, est entré i l'asile Sainle-Aiine le t ooùl 1879. Depuis plus d'un un sa femme avait remarqué un airaiblissement dca facultés, et il était survenu, i plusieurs reprises, des attaques apoplectiformes qui oal été, dès le début, suivies de paralysie du côte droit et de difficulté considérable de la [larole et du langoge; il ne pouvait répondre aux questions qu'on lui adressait el faisait des signes pourexpliquer ce qu'il voulait dire. 11 était calme liabituelloment : mais dans les derniers mnis, s'étanl mis à boire du vin pup, il s'excitait et avait des frayeurs.

A son arrivée, les faculté-i paraissent alT.iiblics, il semble comprendre \n plupni-1 des questions, mais ne répond que par des signes et parfois ajoute lo mot merci. Les pupilles sont inégales, le cité droit (iu corps est paralysé.

Après une .'ittaqiic apoplecliforme, il a de la lièvre, reste dans un état demi-comntoux, sa respiration s'embarrasse, il s'aETaiblil promp- Ument et meurt le 7 aoilt.

Autopsie. — Les méainges sont épaissies, laiteuses par place, el

(l) H.vNOT. Aphasie chez une paralytique générale. {Compte» rendus et niéiiwirci de la Soc. de Biol., 1872, t. J\', de la 5' série.) Billo». CoQlribution à l'étude de l'aphasie. {Ann. niétiico-piij/chot., 5* séri«, t. XVII, mai 1877.)

plus purliculièrement au niveau de la scissure sylvienae gauche. L'hémisphère droit pëee 570 grammes, le gauche 525 grammes. Sur l'hémisphâre gauche, au pourtour de la scissure sylvienae, tes méninges sont entièrement soudées à la couche corticale; dans toute cotle région l'écorce reste ailhérenle à la pio-nière, quelles que soient les précautions prises pour les détacher. La surface des circonvolutions, après l'ablation des méninges, est profondément ulcérée dans ta moitié postérieure de la troisième Frontale, dans les deitx tiers inférieurs de la frontale ascendauta et de la paiiélale ascendante, dans la moitié inférieure du lobule parielal inférieur et sur toute l'étendue delà première temporale, en un mot, sur les plis limitant la scissure sylvienae (Jig. 7, a). Des adhérences moias éten-

dues et plus fiiiblos existent aussi sur la première et la deuxième frontale. Les méninges, moins épaisses au niveau de l'insula, lèchent simplement la couche corticale. Le lobe pariétal supérieur, le pli courbe, la deuxième et la troisième temporales, ne présentent que de raies ndhéicnces irrégulièrement distribuées; il en est de môme de la surface interne de l'hémisphère; sur le lobe occipital, les méninges s'enlèvent très facilement. I^b conpes, pratiquées perpeudiculairement dans toute l'étendue de l'hémisphère, ne laissent découvrir dans les centres aucune lésion en foyer. La couche corticale est mince sur tout l'hémisphère et principalement sur les lobes frontaux. L'hémisphère droit, dans sa moitié antérieure, présente quelques adhérences superficielles peu étendues comme on en trouve au début de la paralysie générale, et contraste ainsi avec l'hémisphère gauche dont les lésions répondent par leur intensité à la troisième

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période àe lo maladie. L'ôpeDdyme est épaissi aa oiveaa da qottrième ventricule, montre etquclijues saillies pap il li formes dans le.s angles externes; le bec du c^lamus est au contraire libre; l'épeDdymo des ventricules latéraux est légèrement épaissi, et (]uelque» granulations se devinent le long de la lame forDée. Le cœur est mou, Raeque, chargé da graisse ; les pai'ois amincies offrent de petites plaijues d'un brun jaunâtre, l^ surface interne de l'florte prébeolc dès son origjue aux valvules sygmoïdes des marbrures d'un rose foDoo qui ne disparaisse ut pas au lavage, la séreuse est légèremeal fiaillaoto â oe niveau, l'injectioD péa6tre profondément jusqu'à la tunique moïenno. Cette endartcrite va eu diminuant â partir de la

Lus reins sont Jaunâtres dans toute la couuhe corticale, et les i^olonnes de Berlin, les pyiumides de Mnipighi sont restées rouges. Le foie, d'un volume normal, est gras par places. Les poumons sont eugouCB à la buse des deux câlos. Lu raie, un peu grosse, oUre une couleur et une consistance normales.

La marche de l'hémiplégie droile cl de l'aphasie chez ce malade indiquait que l'on avait affaire aux lésions habitoelles de la paralysie générale, plus accusées sur rhémisphère gauchu, comme on le voit dans les cas ordinaires. Les aymplômes se sont progressivement a?;^ravés à ta suite d'attaques apoplectiformes successives; d'abord les phénomènes consécutifs aux attaques duraient peu, puis ils se sont ptMjIongés et finalement les troubles du langage se sont maintenus de même que la faiblesse prédominante du côlé droit. En d'autres termes, l'encéphalite interstitielle diffuse, progressivement plus accusée dans la région fronto-pariétale gauche, a provoque parallèlement l'hémiplégie droite et l'aphasie.

Chez ce malade, comme dans l'observation suivante, existait une légère endartérite de l'aorte, la tunique interne d'un rouge vif conservait sa coloration après le lavage, et à la coupe, on voyait la tcinle pénétrer dans toute l'épaisseur de la membrane. L'endartérîte n'est pas un fait rare dans les phénomènes ultimes fébriles de la paralysie générale. Dans quelques cas, en effet, la fièvre s'allume avec ou sans attaques convulsives ou apoplectiformes, sans lésions aiguës

d'organes et sans autres altérations, pour Taxe cérébrospinal, que rinflamraation chronique habituelle, sans production purulente et souvent même sans injection très notable. Est-ce cet état particulier des artères qui est le point de départ de la fièvre, ou bien, au contraire, cette endartérite est-elle la conséquence d*un état particulier du sang encore inconnu? C'est là un problème clinique d'autant plus important, que des traces manifestes d'endartérite se montrent dans le délire aigu et dans les accidents suraigus qui s'associent soit à l'alcoolisme^ soit à la démence sénile, soit à l'état puerpéral et même à des états vésaniques.

Obs. il — Paralysie générale avec aphasie incohérente et paralysie iaciale droite. Encéphalite chronique interstitielle diffuse plus accusée sur rhémisphère gauche et principalement au niveau du lobe frontal de la troisième frontale et des circonvolutions cornmissurales sylviennes.

D. Léontine, âgée de 37 ans, cuisinière, entre à Sainte-Anne le i6 novembre 1878. Cette malade avait depuis longtemps contracté des habitudes alcooliques et à plusieurs reprises avait été trouvée couchée sur le carreau de la cuisine dans un état complet d'ivresse. Depuis plusieurs mois, ses facultés s'affaiblissaient, elle ne pouvait plus s'occuper de son ménage. A son arrivée, l'intelligence paroît très affaiblie; elle écoute quand on lui parle, paraît comprendre quelques questions, mais ne répond que par des mots incohérents n'ayant entre eux aucune liaison : « Ce n'^est rien^ de rien, que rien, je n'ai que ça, •> et répète fréquemment ce dernier membre lie phrase : « Je n'ai que ça. » Quelquefois elle prononce, avec dos intonations variées comme dans une conversation, des séries de mots n^ayant aucun sens : «• Je ferai du chrétien, du son, des saints, cest une femme, ce sont des salons, c'est rien des personnes, je sais que mariée, deux trois sous, c*est pour ça, plus rien. » Par moments, elle s'impatiente en parlant, d'autres fois elle sourit et fait des signes, indiquant qu'elle ne peut pas s'expliquer; toutefois, plutôt apathique qu^active, elle est loin de présenter la mimique expressive des aphasiques simples. La parole est hésitante, la pupille gauche est plus large, la commissure droite est légèrement abaissée; toutefois, le bras et la jambe du côté droit ne paraissent pas plus faibles qu'à gauche.

Pendant dix mois l'intelligence baisse légèrement, mais Tétnt physique n'est pas sensiblement modifié. A plusieurs reprises, la malade s'excite, pousse des cris, parait hallucinée et devient violente

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