‹ Recherches sur les centres nerveuxChapitre 73 sur 93 · C14 DE LA FOLIE · texte numérisé non relu

C14 DE LA FOLIE

Les trois autres accès, qui onl eu lieu en mars.TiîrîR pendant lesquels on n'a pas eu i-ecours h rhjosciae ont été beaucoup plus courts, le premier a duré 48 heures, le second 6 jours, le troisième 9 jours.

l^ sulfate de quinine au déhut do l'iiccés n'a pas donné de résultats appréciables.

Orsbrv&tiok n. — Folie inleraiiUeiile; acci-s inCcnailleiits périodiques, double forme, dvculaire.

M°" D. f" A., flgéo aujourd'hui de 55 ans, est entrée à Sainte-Aone pour la sixième fois le âl juillet 1lj81. I^ mèrt? d fait un séjour momentanô à la Salpèlriève pour un accès de folio puerpérale; sa tanta maternelle avait égnlement été traitée à l'hof^plco de l'Antiquaille i Lyon; un de ses frères a été mélancolique pendant six sï^niaines.

Kile a un lé^r strabisme, mais dune son enfance elle s'est montrée régulière, laborieuse à récole, elle a appris facilement; plus tard elle était bien pondérée, calme, raisonnable. Bile se marie ■ SO ans et l'année suivante elle a, au troisième mois d'une grossesse, une fausse couche qui n'amène aucune modiBcation intellectuelle.

Elle s'occupait régulièrement de son intérieur, le ménage vivail liaureux lorsque en juillet ]868, alors âgée de 33 ans, sana cause appréciable, elle devient Iriste, iaquièlo, se trouve inaarBsante, incapable de travailler, de diriger sa maison, elle craint de tomber dans la misère.

Au bout d'uu mois de dépression mélancolique la tristesse angmenle, dcE hallucinations surviennent; elle entend des menaces, oa la vole; il n'y a autour d'elle que des diables déguisés; elle sa dit damnée, elle ira en enfer; elle ne veut pas rester à charge k sa famille. Soua l'influence de ces idées délirantes, elle forme des projets de suicide et elle tente de se jeter par la fenêtre et dans un puits.

Elle entre à l'asile Saint-Anne le 18 juillet 1B68 en plein délire mélancolique avec hallucinations, démonopathie, scrupules, aul»' culpabilité, idéae de suicide et refus d'aliments.

L'acuité délirante persiste pendant près de cinq mois, l'accès don neuf mois et la mqlade sort guérie de Ville-Évrard en mai 1869.

Elle reprend se place dans le ménage, s'occupe régulièrement de son intérieur, et passe trois ans en benne santé, • sans ancan trouble intellectuel, dit le mari, absolument comme autrefois ■.

Tout marchait bien, lorsque le 20 mars 181S, i table, pendant le dtner, en présence d'un invité, elle s'exalte, s'anime, élève la voix, devient loquace, perle de spiritisme, de Dieu, se dit impératrice, elle veut distribuer de l'argent à tout le monde.

Elle est conduite à l'asile le 23 mars et pendant trois mois et demi

elle reste agitée, ambitieuse, incohérente; elle crie, prononce quelquefois des paroles ordurières et injurie son entourage.

Au commencement du mois d'août le calme et la raison reviennent en quelques jours; elle se tient convenablement, désire travailler, demande avec intérêt des nouvelles des parents et des amis. Au bout de trois semaines de convalescence, elle sort de Tasile et reprend avec la plus grande régularité ses occupations du ménage pendant un an et demi.

Au début d*une grossesse, en septembre 1873, elle change de caractère, elle devient irritable, difllcile à vivre, injurie son mari, se montre brusque à son égard. Vivement préoccupée de sa grossesse, elle s'imagine avoir une bête dans son sein, être enceinte d'un animal. Au mois de mars 1874, à la suite d^une visite M. Nonat qui lui affirme qu'elle a une grossesse régulière, elle se montre moins triste, mais elle reste irritable.

Elle accouche à terme d'un garçon bien portant. Après les couches elle devient plus agitée et, le cinquième jour, elle s'enfuit de la maison; elle est arrêtée dans la rue, où elle crie, gesticule, allaite son enfant et provoque un rassemblement. Elle entre à l'asile, où au bout de trois mois l'agitation cesse rapidement.

Elle reprend sa vie ordinaire et passe six ans chez elle, assez bien portante, sauf toutefois pendant quatre ans, où elle éprouve, au printemps, un court accès d'excitation maniaque.

Dans le courant de novembre, elle devient encore irritable, ne peut supporter aucune observation, repousse et injurie son mari. Huit jours avant l'entrée, l'excitation prend de grandes proportions il survient du délire ambitieux : elle aura beaucoup d'or, elle puisera à pleines mains dans le tiroir: elle veut donner aux voisins ses effets, son mobilier; elle prend les provisions du buffet et les jette par la fenêtre prétendant qu'elle pouvait en acheter d'autres. Elle se dit reine de France, elle aura des ministres, elle se fera conduire dans son château.

Dès son arrivée, elle s'affuble de rubans rouges, de décorations, 86 met sur la poitrine des plaques de fer-blanc, des fonds de boîtes de sardines, elle se dit princesse, reine, présidente; elle parle avec arrogance, donne des ordres; c On doit, dit-elle, lui obéir ».

Elle commence à se calmer au mois d*août, et au bout de quelques jours le délire cesse; elle enlève ses décorations, elle devient tranquille, raisonnable, reconnaît Teireur de toutes ses idées extravagantes.

Pendant près de deux ans, de septembre 1880 à juin 1882, elle reprend sa vie ordinaire, sans aucun trouble mental. Vers le mois de juillet 1882 elle commence à s'exciter, devient remuante, elle s*exalte, bavarde, fait des visites, néglige son ménage, est très irrégnlière en toute chose. De novembre 1882 à février 1883 le tableau

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avaiiir, alla anâat da maafoar da toal, alla n^ÉUgi le mèmigè^ m

.iMiiifa paa^ aa laoMila; [^ia^la apaifoll^da» iMaMwa la anHi aUa

attiand daa maoaaaa; os la Iraila da paatifétféa» '

raia eitlM à 8aiaia-Aaaa la Si juillet 1884. V«aaèad»dé^ aoliqiia aonttniia paadairt aix noia; nala à daiut raprieaa sttrviaali aana nallo eaaaa apprédablai une boniéa dMmalle |^e;tiMil à aaap aile a'aaimai la.racard dafiaiil biiUaal|Ja'^^^>M^ e^i^jeela; il fan aaaiUa qna tant loi appatUanl, aadiliiaaa d'âne grande iuiiiile,aila dennara dea fêlaa dana la aliâlaaa, 'dUia larala bonhaiir de teney aUa aattTam la paya; el| pendant une danMiavrai «lie wanifeiite la joia par daa chanta, dan danaaa, dee paralaa Ueniraillanlen» puis tantaa aaa idéaa brillantaa diapandaaenl, lfeati«ité mnaeelake diminna at la inalada rateniba dans ean état mélaneaUfae. , Bn janvier aunriaaft nn aeaia de mai^iiai ne dâpaaea pan Teinlta» liim ai^tti.eat aulTl, an iivrier, d'ona longneplMae de dépreanaa .mélanooUque d'une durée de hait mois, traversée de temps à antre par de très courtes et brusques phases d'excitation avec délire ambitieux.

Du mois d'octobre 1885 à juillet 1887 elle reste excitée avec les mêmes idées ambitieuses, mais de temps à autre, brusquement, survient une bouffée mélancolique de quelques heures, pendant laquelle D. f" A. s'attriste, pleure, se préoccupe de sa santé, prétend qu'elle va mourir, qu'on lui en veut, qu'elle est damnée. De juillet à décembre 1887 elle tombe dans un accès mélancolique avec des hallucinations, des idées de ruine, de damnation, la crainte d'être brûlée vive. Le délire reste très actif jusqu'au commencement de 1888, où la malade est triste, déprimée, mais plutôt apathique et sans conceptions délirantes très accusées. De temps à autre, sur ce fonds général de tristesse, survient une bouffée ambitieuse, mais très courte et moins active qu'eu 1884 et 1885. Les facultés paraissent en outre légèrement s'affaiblir et Tintelligence baisser.

Observation III. — Folie intermittente ; accès mélancoliques^ sains d'accès à double forme^ alternes, circulaires.

M. V... K... négociant, ftgé de 62 ans, fils d'une mère névropathe, a une sœur aliénée, en traitement dans une maison de santé. Quint

à lui, très intelligent, il a fait de brillantes études et, de très bonne heure, il a été envoyé aux colonies où il s^est occupé avec beaucoup de succès d*affaires considérables.

En 1851, à 26 ans, il a été pris rapidement et sans cause appré* ciable, d'un accès de mélancolie avec idées et tentatives de suicide qui dure quatre mois. De 1851 à 1870 deux autres accès se produisent semblables au premier, mais un peu plus pi*olongés.

Ces accès sont séparés par de longs intervalles de lucidité, de calme et de raison, sans modifications des sentiments ni des penchants, sans changement du caractère. Dans cet espace de 20 ans M. V... se marie et, par son intelligence, son travail, sa prudence et son activité, se crée à Java une position importante.

A partir de 1870, la maladie mentale prend des allures plus graves; un accès maniaque de quatre mois est suivi de dépression mélancolique pendant cinq mois.

Deux autres accès à double forme (manie-mélancolie) évoluent de 1871 à 1873; ils sont plus rapprochés, laissant entre eux, des intervalles de lucidité plus courts et moins complets.

Les huit années qui séparent 1873 de 1881, sont marquées par deux périodes délirantes, séparées par un intervalle lucide d*un mois à peine.

La phase d'exaltation maniaque très violente est relativement €Oui*te, la période mélancolique est, au contraire, fort longue et dure la première fois deux ans et demi, et plus de quatre ans dans le second accès.

Dans ces derniers accès, le stade dépressif non seulement se prolonge, mais il perd les caractères de la mélancolie simple, il est fréquemment entrecoupé de bouffées d'excitation, pendant lesquelles le malade, d*une irritabilité extrôme, se répand contre tout et contre tous, en récriminations aussi méchantes que peu justiûées; on voit en outre survenir des préoccupations hypochondriaques qui donnent lieu à de bruyantes manifestations. Après un mois d'accalmie un nouvel accès maniaque se produit, suivi d'un stade dépressif de près de trois ans. Puis encore, sans intermittence appréciable, se montre l'excitation, qui nécessite la séquestration du malade dans un établissement de Paris.

Dans le cours de ces quinze années, de 1870 à 1885, pendant les périodes d'exaltation, M. V... K..., mettant ses aptitudes intellectuelles au service de son activité maladive, a su accumuler à son actif les incidents les plus variés : écrits multiples à toutes les autarités, enquêtes nombreuses, actes extravagants, dépenses et prodigalités absurdes ayant à la fin provoqué Tinterdiction ; violence ou tentative de corruption sur les domestiques, évasion avec leur complicité, etc.

De mars 1885 à octobre 1887, après une période expansive de

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