L. Eulalia J. M., née le \â février t
Antécédents héréditaires : la mèro a eu une hémiplégie droite i Age de 6>4 ans. Morte un an après cotte hémiplégie.
Bien à eonstater chez les oollatéi'aux.
Une nila morte à l'Age de 3 ans et demi en nourrice.
Une nile mariée, ftgéo de 38 ans, est névropathe, elle est tantdt déprimée, tantôt surexcitée, mais n'n jamnit présenté aucun trouble menlal.
Un (ils bien portant.
Antécédents personnels : La malade n eu une jeunesse indemne de tout accident nerveux, sa sanlé phvsique b été toujours bonnu el elle se porte encore bien malgré un Hj^o Iras avancé.
H""" L. fit néo le 13 février ^â20. Jeune fille, elle avait un carsclère très heureux, était toujours gaie et, comme elle le dit elle-même, • chantait même en mangeant. >
Ce n'est qu'à l'âge de 24. ans qu'apparaissent les premiers signes d'un trouble mental qui devait passer à l'état chronique et qui maintenant encore poursuit son évolution. A cette époque, c'est-à-dire vers le mois do juin 1844, la malade s'était fiancée avec un homme veuf qui était père d'un enfant. La malade l'épousa de son plein gré, et le mariage se faisait dans des conditiona tout à fait normale. Malgré cola, à l'époque des fiançailles, la malade devient tout à coup triste, elle voit tout son avenir en noir, il lui semble qu'elle est vouée au malheur, qu'elle ne pourra jamais faire son devoir, soigner l'enfant de son mari et être utile à co dernier. Ce découragement subit, non motivé, était si profond, qu'il fit naître en elle des idées de suicide; sa volonté était si faible qu'elle n'a pas eu la force de ne pas laisser paraître son chagrin et elle on parlait à ses parents et disait même à son futur mari : " Il vaudrait peul-Stre mieux pour nons de nous jeter à l'eau que de nous marier. »
Cet état a duré plusieurs jours au bout desquels la malade a recouvré toutes ses facultés morales et est redevenue elle-même.
Le mariage eut lieu le 25 juillet 1844. Un mois s'est écoulé i
peine quand la malade fut prise tout d^un coup d^un accès de stupeur. Les circonstances dans lesquelles s^est produit cet aecès méritent d^ôtre rapportées. Le mari a trouvé un jour (le 21 août 1844) sa femme dans un état de prostration complète, ne parlant pas, ne donnant presque pas signe de vie. Le médecin appelé en toute hftte croyait avoir affaire à une congestion cérébrale grave et lui fit mettre des sangsues derrière les oreilles. Il était tellement persuadé que la malade était sans connaissance quUl s^est cru autorisé à formuler un pronostic devant la malade.
€ Je voyais et j^entendais tout ce qui se passait autour de moi •>! nous raconte la malade, « et j^ai entendu prononcer ma condamnation ». La prostration morale la rendait tellement anéantie que cet arrêt de mort n'a fait sur elle aucune impression et qu'elle est restée aussi immobile qu'auparavant.
Cet état a duré deux jours, au bout desquels la malade sort de sa stupeur, mais reste déprimée pendant deux mois. Au bout de ce temps elle revient à son état normal; elle s'occupait de son intérieur et secondait d'une façon très active son mari dans son commerce de papiers peints. Elle montrait beaucoup de courage et avait de Ténergie pour elle et son mari qui était un peu bonasse et n'avait pas assez de fermeté.
En 1848 elle est devenue enceinte pour la première fois et accoucha d'une fille au mois de mai 1849. Cette fille fut placée en nourrice, la mère étant trop absorbée par les affaires pour pouvoir la nourrir elle-même. — L'enfant n'a vécu que trois mois et demi. Cette mort a vivement impressionné la mère et lui a occasionné un violent chagrin. Mais cette douleur morale était une douleur physiologique et, comme dit très bien M°^^ L., ne ressemblait en rien à cet accablement et à ce découragement qu'elle a éprouvé à l'époque de ses fiançailles et après son mariage. — Au bout d'un an environ, nouvelle grossesse et la malade accoucha d'une seconde fille au mois de mars 1851. Elle ne l'a pas non plus nourri, mais cette fille a vécu et a maintenant 38 ans.
Cet accouchement s*est effectué dans des conditions tout à fait normales et n'a pas eu de suites fâcheuses, mais il marque une époque à partir de laquelle la malade commence à avoir une série d'accidents pathologiques.
En effet, à partir de ce moment, la malade a eu plusieurs accès d'excitation et de tristesse. Il est impossible de retrouver les dates exactes pour tous ces accès ; cependant pour quelques-uns qui correspondent aux événements saillants de la vie, nous avons pu obtenir des renseignements, et sur leur durée approximative et sur leurs caractères ; d'ailleurs la malade a uue mémoire encore maintenant de beaucoup supérieure à la moyenne.