II. — CHLORURE PRÉPARÉ SELON LA MÉTHODE
DE KRrauss Er KÜükENTHAL.
J'ai préparé l'hydroxyde en partant de { g. de ruthénium pur et suivant strictement les indications des auteurs ; j'ai obtenu 3 g. d’hydroxyde noir qui a été séché dans le vide à la température ordinaire.
Analyse :
Subst. : o g. 1880; Ru : 66,2 0/0; Cl: traces.
La teneur en ruthénium correspond bien avec la formule (HO)* Ru que lui attribue Krauss (24) (cale. Ru : 660/0); mais ceci ne prouve rien puisque de nombreux hydroxydes existent sous une forme plusou moins déshydratée : l'analyse correspond également à la formule (HO = Ru — O
Dans l'acide chlorhydrique dilué, cet hydroxyde se dissout bien en donnant d’abord une coloration brun verdâtre qui correspond à quelque chlorure hydraté; il faut plusieurs heures à la température ordinaire, quelques instants à la température de l'ébullition pour que la solution prenne la couleur brun-jaune; 0 g. 1540 d'hydroxyde dissous dans un excès d'acide chlorhydrique, additionnés de 200 em* d'eau et de og. 5o d'iodure de potassium ont libéré de l’iode qui a été
dosé avec du thiosulfate o,1 N en présence d'empois d'amidon ;
7,1 cm° de thiosulfate ont été employés, équivalant à 0,71 atome d'iode par atome de ruthénium; les 3/4 de l’hydroxyde correspondaient donc au ruthénium tétravalent.
0 g. 2223 d'hydroxyde ont été chauflés dans un courant de gaz chlorhydrique bien sec et bien purgé d'air; la température a été portée à 1200 en l’espace d’une heure; j'ai observé un dégagement abondant de vapeur d’eau; la température a été maintenue 1/2 heure et le courant gazeux conservé pendant le refroidissement; la substance avait augmenté de poids (o g. 2300), était devenue hygroscopique (0 g. 0022
fixés en 15 minutes);
Analyse :
o g. 1127 Ru; og. 1105 Cl, soit : Ru : 48,0; CI : 49,5 0/0; calculé pour CBRu : Ru : 48,87; CI : 51,13.
Un autre échantillon de chlorure préparé de la même façon s’est dissous immédiatement dans l’eau avec une coloration brun jaunâtre foncé; en présence d’acide chlorhydrique, la coloration ne s’est pas modifiée en 1 heure; chauffée légèrement, la solution, passant par une coloration intermédiaire verte très fugace, est devenue rouge orangé foncé, ce qui n’est pas la couleur des solutions acides de chlorure de ruthénium-IIl.
Le même chlorure a été chauffé dans le gaz chlorhydrique bien exempt d’air, d'abord à 1200, puis à 4oo° pendant une heure au moins ; le produit résiduel était presque insoluble dans l’eau et dans l'acide chlorhydrique dilué.
La méthode de Krauss ne conduit donc pas au trichlorure de ruthénium bien pur, mais à un mélange de CFRu et (HO)CFRu ; il faut chauffer très longtemps dans le gaz chlorhydrique pour éliminer l’hydroxyle et l’eau et alors on tend, comme pour le chlorure brut, vers un trichlorure insoluble dans l’eau.
Je ne crois pas que la présence de ruthénium-IV dans
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l'hydroxyde soit due seulement à l'oxydation pendant la dessiccation ; dans le milieu alcalin, où il précipite en présence de l'air, l'hydroxyde de ruthénium-lIT attendu peut se transformer immédiatement en hydroxyde de ruthénium-IV. IL faut remarquer que l’eau formée par réaction entre l’'hydroxyde et l'acide chlorhydrique s'échappe à basse température, tandis que l’eau primitivement combinée au chlorure ne part qu’à une température beaucoup plus élevée.