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C. — Passage de !Ru(NO)F en) à PRu{NO)(OH) en

ie. de Ru(NO)Fen! en suspension dans 3 em* d'eau a été additionné de 1 cm? 05 d’une solution d'éthylènediamine à 10 0/0 ; à froid les cristaux rouges se sont dissous visible.

ment; à 100° la dissolution fut rapide; après une demiheure, les deux tiers du produit étaient dissous; le résidu prit une couleur brune et resta insoluble malgré un chauffage prolongé; il suffit d'ajouter la moitié de la quantité d'éthylènediamine employée en premier lieu et de chauffer au bain-marie pour faire entrer tout en solution, Par refroidissement la liqueur a donné exclusivement les lamelles jaune d’or du produit de Werner et Smirnoff ; une seule molécule d'éthylènediamine est donc insuffisante pour passer du produit monoéthylènediaminé au produit diéthylènediaminé ; l'amine concourt à la formation du groupement hydroxo et la substitution comporte les deux réactions : [Ru(NO)F en] + H?20 + en > l’{Ru(NO)(L.OH?) en?] 212{Ru(NO)(LOH?) en?| + en > 212 Ru(NO)(OH) en?] + 21H, en

ou bien :

2{Ru(NO)E en] + 2H20 + en > 2[Ru(NO)(0OH)P en] + 21H, en [Ru(NO)(OH)P en] + en > I{Ru(NO)(OH) eu?].

Le changement de couleur du produit primitif avant sa dissolution rend plus vraisemblable le second mécanisme ; le produit brun intermédiaire paraît être [Ru([NO)OH)Fen|.

Les lamelles obtenues dans cette réaction ont été transformées par un excès d'acide chlorhydrique en combinaison chlorhydrique (voir page 245) dont les aiguilles sont plus caractéristiques; un examen minutieux à la loupe et au microscope a confirmé la présence d’une seule sorte de cristaux et par conséquent d’un seul produit de réaction.

D. — Action d'un excès d'éthylènediamine

sur [Ru(NO)l en|.

J'ai mêlé 1 g. de ruthénium-[V-nitrosotriiodure éthylènediaminé, 2 cm° d’eau et 2 cm? d’une solution d'éthylènediamine à 25 0/0; la dissolution, lente à froid, s'est achevée rapidement à l’ébullition en donnant d’abord une liqueur

244 R. CHARONNAT

jaune clair (solution de {Ru(NOXOH) en?}) qui est devenue brune; en évaporant, j'ai obtenu un résidu brun-noirâtre visqueux très soluble dans l'eau et l'alcool. La solution aqueuse ne précipitait plus par l'iodure de potassium ; mais le réactif iodo-ioduré y détermina la précipitation d'un produit noir incristallisable, fusible au-dessous de 1009 et ressemblant au produit d. Je n'ai pas poursuivi l'étude de cette substance mal définie; l'expérience montre que l’action de l'éthylènediamine sur les complexes nitrosés du ruthénium peut aller plus loin que la formation d'une combinaison diéthylènediaminée.

E. — Propriétés du ruthéniam-1V-nttrosotrtiodure éthylènediaminé.

a) Action du chlore : ruthénium-lV-nrtrosotrichlorure éthylènediaminé.

Sous l’action du chlore à chaud en présence de l’eau, le produit [Ru(NO)F en] perd progressivement de l'iode ; il faut prolonger la réaction plusieurs heures pour que le dégagement diode cesse : il ne se forme pas de peroxyde de ruthénium; dans les mêmes conditions [Ru(OH?)CIIK? ou [Ru(C?04))]K° en fourniraient abondamment.

1 g. 20 de [Ru(NO)Fen] en suspension dans 25 em ont été portés à l'ébullition dans un courant de chlore; le chauffage et le courant gazeux ont été maintenus jusqu’à disparition des vapeurs violettes ; la liqueur bouillante jetée sur un filtre n’a laissé qu'un léger résidu inattaqué ; par refroidissement un précipité microcristallin est apparu ; j'ai recueilli og. 5o de prismes brun clair, très peu solubles dans l'eau froide, assez solubles dans l’eau bouillante, insolubles dans l'alcool à 99° froid ou dans l'éther ; la température la plus

favorable pour obtenir des cristaux assez gros est 4o.

Analyse :

Subst. og. 1827; anhydre ; Ru : 34,2; Cl: 35,11: néant; calculé pour [Ru(NO)Cl£en] : Ru : 34,1; CI : 35,7 0/0.

b) Action de l'ammoniaque.

Le ruthénium-IV-nitrosotriiodure-éthylènediaminé se dissout rapidement dans l’ammoniaque concentrée en donnant une solution jaune qui, évaporte, laisse des lamelles analogues à celles de l'iodure de Werner et Smirnoff ; la nouvelle combinaison doit être lRu(NO)(OH)en(NH*}|, intermédiaire entre I{[Ru(NO\OH) en°! et 7 Ru(NOXOH)(NH)*].

c) Aclion de la pyridine.

[Ru(NO)[ en} se dissout également dans la pyridine; la solution jaune précipite par addition d’eau ou cristallise par refroidissement en aiguilles ou lamelles jaunes qui doivent correspondre également à une tétrammine

P[Ru(NO)(OH) en py?].

Action des hydracides sur [?Ru(NO)(OH) en?].

L'iodure de ruthénium-IV-nitrosohydroxodiéthylènediamine est très peu soluble dans un acide faible comme l'acide acétique, mais il se dissout bien dans les solutions concen-

trées des hydracides.

Action de l'acide chlorhydrique sur F[Ru(NO) OH) en°|. Remarques sur les sels aquo.

o g. 80 de {Ru(NO) OH) en°] bien purifié et 5 cm* d'acide chlorhydrique concentré (d — 1,19) ont été chauffés au bainmarie bouillant ; la solution jaune a foncé rapidement et pris

246 R. CIHARONNAT

une couleur orangée; par refroidissement, j'ai obtenu de belles aiguilles monocliniques orangées qui ont été lavées à

l'alcool fort, puis à l’éther et séchées à l'air.

Analyse :

Subst. : o g. 2338; perte en 24 heures dans le vide sur acide sulfurique : 3,46 0/0; Ru : 18,35; (1,CI)Ag : 108,2 0/0; calculé pour {Ru{NO)Clen?],H?20 : Ru : 18,19; 2ÏAg + ClAg 109, 6 0/0 ; H20 : 3,21 0/0.

D’après l'indication de Werner, cette substance orangée est un sel aquo; bien que la molécule d’eau soit éliminée dans le vide dès la température ordinaire, et rapidement à 1300, 1l faut la considérer comme de l’eau de constitution; la déshydratation s'accompagne en effet d’un changement de coloration; un cristal orangé de 1 cm. de longueur et pesant o g. 2991 a été chauffé 2 heures à 130°; ilest devenu opaque et jaune clair; la perte (4,03 0/0) ne s’est pas accrue par un chauffage ultérieur de 3 heures à 130°; elle dépasse un peu la valeur théorique 3,21 0/0, un gros cristal retenant inévitablement de l’eau d’interposition.

0 g. 1393 de sel orangé dissous en 10 cm° d’eau froide ont été additionnés de 12 cm$ de solution 0,1 N de nitrate d'argent et de deux gouttes d'acide nitrique concentré; au bout d'une demi-heure, le précipité jaune a été séparé, lavé, calciné ; il était constitué par de l’iodure d'argent ne contenant pratiquement pas de chlore et représentait 84,2 0/0 du produit initial (calculé pour 21Ag : 83,9 0/0).

Le filtrat additionné d'un excès d'ammoniaque a été porté à l'ébullition pendant un quart d'heure; Fexcès d’ammoniaque évaporé, un précipité blane est apparu ; j'ai renouvelé le traitement par l'ammoniaque et ébullition et J'ai acidulé finalement par l'acide nitrique; le précipité blanc a été séparé, lavé, calciné ; il ne contenait pas d'iode et représentait 25,3 0/0 du produitinilial (caleulé pour 1CIAg :.25,6 0/0).

Le chlore est donc bien dissimulé dans cette combinaison

complexe ; il ne précipite pas par le nitrate d'argent, en présence d'acide nitrique à froid ; il n’est libéré que sous l’action de l’'ammoniaque ; par contre l’iode est à l'état d'ions libres.

Ni la formule d’un sel aquo CIP[Ru(NO)(OH?) en°?}, ni la formule PRu(NO)CI en°?},H°0, qui tient compte de la dissimulation du chlore, ne représentent donc toutes les propriétés

de la nouvelle combinaison. Le chlore et la molécule d’eau doivent figurer dans l'ion complexe et la formule doit être P[Ru(NOY(CI.OH?) en°|.

J'ai déjà uoté une observation analogue pour le ruthénium-[V-nitrosoaquotrichlorure dipyridiné

[Ru(NOXOH?)CE py?|.

D'autre part, pour Joly (3), la combinaison Ru(NOXOH)(NH:)CI,HCI l que Werner a considérée comme un sel aquo

CE[Ru(NOXOH?)(NH3)]

doit être envisagée non pas comme un « hydrate de trichlorure », mais comme un « chlorhydrate d’oxydichlorure », parce qu'elle perd à l’étuve de l'eau et de l'acide chlorhydrique. La perte d’eau et d'acide chlorhydrique ne peut être simultanée pour une molécule; chaque molécule perd soit de l'eau, soit de l'acide chlorhydrique, ce qui suppose que Cl et H?0 ou CIH et OH sont dans la même sphère d'action. La combinaison de Joly est analogue au complexe diéthylènediaminé et doit être formulée

CL{Ru(NO)(CL.OH?)(NH)'].

Dans les trois cas 1l n’est pas nécessaire de faire appel au nombre de coordination 7 que rien ne justifie, mais la coordinence 6 impose une seule place de coordination pour Cl et OH*; on peut admettre que dans ces sels aquo ammoniés, éthylènediaminés ou pyridinés, la molécule

248 R. CHARONNAT

d'acide chlorhydrique est liée par une valence secondaire à l'oxygène de l’oxhydrile.

l'oxygène ayant ainsi une tricoordinence qui apparaît dans de nombreux composés d’addition :

RS RINE x] Mel 0€ : ClSn re

Sa R

Les complexes aquo cités sont alors des chlorhydrates d'hydroxydes :

Cl[Ru(NO)(CIH. OH)(NHP)#]; F[Ru(NO)(CIH.OH) en°|; (Ru(NO)(CIH.OH)CPpy?];

on s'explique ainsi que la molécule puisse perdre soit OH?, soit CIH.

On peut aussi admettre que l’atome de chlore, lié au métal central, est lié d'autre part à la molécule d'eau par une

H ‘valence secondaire — cL...0€ ; certains atomes ou groupes

H d’un ion complexe pourraient retenir d'autres molécules dans leur zone d'influence ; l'eau fixée ainsi doit être plus ou moins mobile suivant la nature de l'atome qui la retient et suivant la nature des autres groupes ou atomes de l'édifice. Je rappelle que cette conception des sels aquo peut expliquer la présence d'une molécule d’eau en sus de l'hexacoordination dans de nombreux sels complexes (voir page 177 et page 203), surtout lorsque celte eau se comporte comme de

l’eau de constitution.

Le chlorhydrate d'iodure de ruthénium-IV-nitrosohydroxodiéthylènediamine peut être nommé iodure de ruthénium-IV-

nitrosochlorhydroxo - (ou chloraquo) - diéthylènediamine ;

pour simplifier, je nommerai par la suite cette substance le diiodure chloro et de la même manière les composés analogues.

Action de l'acide bromhydrique sur FRu(NO)(OH) en?! : diiodure bromo.

1 g. de PRu(NOYOH) en? a été dissous à chaud dans 2 cm* d’acide bromhydrique concentré (d — 1,37); un précipité rouge en petits grains étant apparu, j'ai ajouté 6 cm? d’eau pour dissoudre le tout : la solution a été filtrée, évaporée lentement à froid ; j'ai obtenu des lamelles rouges quadratiques de 1 à 2 mm. de côté ; les eaux-mères concentrées au bain-marie bouillant ont fourni une poudre cristalline rouge orangé; les deux récoltes ont été lavées à l’eau, à l'alcool, puis à l’éther, et séchées. Elles n'ont rien perdu dans le vide au-dessus de l'acide sulfurique, ni en 2 heures

Analyse :

Subst. : o g. 1710; Ru : 17,20; Br : 13,75; I : 43,07 0/0;

calculé pour I{Ru(NO)Br en?] : Ru : 17,37; Br : 13,65; I : 43,36 0/0.

Action de l'acide iodhydrique sur Ru(NO) OH) en?! : ditodure 1odo.

1 g. de FRu(NO) OH) en*) bien pur a été dissous dans 5 cm° d'eau bouillante et additionné de 5 cm? d'acide iodhydrique concentré (d — 1,94); la solution, évaporée rapidement dans le vide sur l'acide sulfurique, a donné 0 g. 95 de lamelles rouge orangé, denses, mal cristallisées, qui ont été lavées à l’eau, à l'alcool, puis à l’éther où elles sont peu solubles ou insolubles. Elles n’ont rien perdu dans le vide, au-dessus de l'acide sulfurique, ni en 1 heure à 1259.

250 R. CHARONNAT Analyse :

Subst. :08, ab273 Ru : 19,99 :1:59,80; subste 1 327hmE N Horvi4 o/65tcalcoléspour - ÆRa(NO)DMent} RufeSr6/08E 1E00 208 NET 00:

Le diiodure iodo a été obtenu aussi en traitant le diiodure chloro par l'acide iodhydrique concentré ; à froid la transformation ne se fait pas en quelques minutes; il faut chauffer plusieurs minutes à l'ébullition pour voir apparaître la coloration plus foncée du diiodure 1odo et obtenir par refroidissement une précipitation de petits cristaux ; ceci est une nouvelle preuve de la dissimulation du chlore dans le diiodure chloro ; le diiodure iodo, étant beaucoup moins soluble, devrait précipiter immédiatement à froid s'il s’agissait d'un simple échange d'ions. La solution du diiodure chloro ne précipite pas non plus par addition d’un excès d'iodure de sodium, mais, après une ébullition prolongée, se forment des aiguilles jaunes de P[Ru(NO)(OH) en°] provenant d'une hydrolyse.

Le diiodure bromo et le diiodure iodo se distinguent donc du diodure chloro par la facilité avec laquelle on les obtient anhydres ; cependant ils existent aussi sous forme hydratée ; j'ai obtenu le diiodure bromo en cristaux monocliniques à une molécule d'eau, ressemblant au diiodure chloro, en précipitant le dibromure bromo par un excès d’iodure de sodium à froid. Recristallisé à froid en milieu peu acide, le diiodure iodo a fourni, soit des cristaux rouge orangé foncé, monocliniques, à une molécule d’eau (perte à 1250 : 2,6; calculé : 2,70 0/0), soit de grandes aiguilles rouge clair de 1 em. de longueur sur 2 mm. de largeur, efflorescentes, à 2H°0 (perte à 1290 : 4,9; calculé : 5,39 0/0). Par contre, le diiodure chloro par cristallisation lente à 0° ou à 1007, ou par cristallisation rapide d'une solution sursalurée, n'a donné que des aiguilles monocliniques à une molécule d'eau.

Dibromure bromo.— Ce sel a été préparé en traitant o g. 00

de diiodure bromo par 1 g. de bromure d’argent fraîchement précipité el 5 cm d'eau avec digestion d’une heure au bainmarie; l'iodure d'argent formé et l’excès de bromure d’argent ont été éliminés et le filtrat, évaporé à la température ordinaire, a donné des lamelles carrées rouge orangé.

Analyse :

Subst. séchée à l’air : o g, 1225; Ru : 20,90; Br : 48,60; calculé pour Br? {Ru(NO)Br en?]|; Ru : 20,69 ; Br : 48,78.

Dibromure 1od0o. — Ce sel a été préparé comme le précédent avec 1 g. de diiodure iodo et 2 g. de bromure d'argent; le filtrat évaporé à la température ordinaire a donné des lamelles carrées rouge orangé, analogues à celles du dibro-

mure bromo.

Analyse :

Subst. séchée à l'air : o g. 3062; perte à 135° : sensible- MENU RUE TO OSEO BTE 0 0e cCaleulenpour BR u(NO)Dent leu ré 86 UE 25/57 0b5:#120,08.

Dichlorure chloro. — 1 g. 20 de FTRu(NO)XCIHOH) en°}, 1 g. de chlorure d'argent fraîchement précipité et ro cm* d’eau ont été soumis à une digestion d’une heure à 100, l’iodure d’argent formé a été éliminé; le filtrat évaporé dans Île vide a donné deux sortes de cristaux prismatiques qui ont été séparés à la pince; les uns, beaux cristaux rouge orangé monocliniques, se sont effleuris en quelques minutes et leur hydratation n’a pas été déterminée; les autres, en apparence quadratiques, ne se sont pas effleuris. Ces derniers ont perdu dans le vide au-dessus de l'acide sulfurique en trois jours ou à 1399, 5,05 o/o de leur poids; calculé 1H?0 pour CP[Ru(NO)XCIHOH) en?] : 4,78 0/0.

Analyse :

Subst. : og. 1978; Ru : 26,99; CI : 28,37 0/0; calculé pour la formule ci-dessus : Ru : 27,04 ; CI: 28,29 0/0.

252 R. CHARONNAT

Isomérie des iodures de ruthénium-IV-nitrosoiododiéthylènediamine.

a) Transformation de F[Ru(NO)CI en°] par chauffage à 1909.

1 g. d'iodure de ruthénium-IV-nitrosochlorodiéthylènediamine a été dissous dans 5 cm* d’eau froide; la solution jaune, neutre au papier de tournesol, après deux heures de chauffage à l'autoclave à 130°, était devenue rouge et acide; 2 heures de chauffage supplémentaire n’ont apporté aucune modification nouvelle, La liqueur a laissé déposer spontanément des pelits cristaux rouge foncé, très peu solubles dans l’eau, même à chaud, en trop faible quantité pour l'analyse ; par concentration j'ai obtenu des cristaux brillants, noir rougeâtre, groupés en oursins et en dernier lieu des cristaux orangés monocliniques du sel primitif.

Les cristaux brillants ne changèrent pas de poids en 4 heures de séjour à l’étuve à 120°; ils ne contenaient que des traces de chlore.

Analyse :

Subst. : og. 1982; Ru : 16,195; I : 59,45 calculé pour P{Ru(NO)l en?]|: Ru : 16,07 ; 1 : Go,1 0/0. La teneur en iode est un peu basse l’iode étant, pour une faible part, remplacé par du chlore.

La substance obtenue était donc un diiodure iodo différent du diiodure 1odo signalé précédemment.

Dans cette réaction le chlore dissimulé a cédé sa place à l'iode moins électronégatif, suivant une règle très générale (5). Cet échange d'halogène entre le cation complexe et les ions extérieurs étant susceptible de provoquer un remaniement de la molécule, j'ai soumis au même traitement le diiodure 10d0.

COMBINAISONS COMPLEXES DU RUTHÉNIUM 253 b) Transposttion de l{Ru(NO)l en?! par chauffage à 1309. (e

0 g. 00 d'iodure de ruthénium-[V-nitrosoiododiéthylènediamine anhydre, obtenu avec le sel hydroxo et l’acide iodhydrique, ont été dissous en 5 cm°; après 2 heures de chauffage à 130°, la solution est devenue acide et plus foncée. Evaporée dans le vide au-dessus de l’acide sulfurique concentré, elle a donné o g. 103 de cristaux rouge très foncé fiodure 5) de la couleur des fruits de cassis, puis o g. 130 de prismes rouge orangé (iodure «) ayant la forme de FTRu(NO)(CL HOH) en°}, puis un mélange de ces deux iodures, enfin des aiguilles jaunes de [*Ru(NO){OH) en°.

Dans une autre expérience où 2 g. de diiodure iodo ont été chauffés 6 heures à 1309, j'ai pu isoler o g. 78 d’iodure £ à côté de o g. 37 d’aiguilles jaunes de [{Ru(NO)\(OH) en?!

Le diodure iodo en aiguilles à deux molécules d’eau, chauffé 2 heures à 130°, a donné une cristallisation abondante de petits prismes de l'iodure £.

Analyse :

Iodure x Prismes rouge orangé 0 g. 1298 subst. séchée à l'air

Iodure &

Houppes rouge cassis 0 g. 0984 subst. séchée à l'air

Calculé : E[Ru(NO)I en?],H20 Calculé : F{Ru(NO)I en?] trouvé cale trouvé cale.

H?0 (perte à 130°), . 2,62 2,179 néant (même à 150°) — RE I ER 15,41 15,63 15,85 16,07 RE 7. 1 -0D8,92 58,55 60,4 60,2

D'après ces résultats, les deux iodures diffèrent par la présence d’une molécule d’eau dans le sel orangé. En vérité cette molécule d’eau dépend des circonstances de cristallisation ; le sel x desséché, dissous à basse température, évaporé dans le vide à la température ordinaire a cristallisé, avec une molécule d’eau; la solution aqueuse du sel & hydraté, chauffée au bain-marie bouillant, a donné le sel « anhydre rouge orangé. Une molécule d’eau dans le sel & ne suffit donc pas pour expliquer les propriétés différentes des deux combinaisons. 2

20/4 R. CHARONNAT

L'iodure 8 recristallisé dans l’eau donne exclusivement la forme qu'on a dissoute et non l’iodure x et cela, même si on concentre à la température ordinaire, dans le vide, une solution diluée chauffée longtemps pour faire disparaître les germes cristallins; o g. 5o d'iodure 8 chauffés 2 heures à 1300 ont recristallisé sous leur forme primitive ; le passage de l'iodure « à l'iodure 8 n’est donc pas réversible.

c) Comparaison entre les deux diiodures todo.

J'ai préparé avec chacun de ces iodures anhydres une solution contenant o g. 10 de sel en 5 cm* d'eau et, à des prises d'essai de o em° 5 placées dans de petits tubes, j'ai ajouté divers réactifs. Voici le tableau comparatif de quelques réactions obtenues.

lodure 8 rouge cassis

Solution rouge orangée

lodare « rouge orangé

Réactif ; : Ë Solution orangée

rgoulte/IrGISINa?r/ro|Précipité rouge-brun|Précipité chamois vomicrocristallin ai-| lumineux;seréduit guillé, 4 à 5 fois] enun précipité brun plusabondantqu’a-| microcristallin à vec l’iodure $. grains très fins.

igoutte [Ru(NO)CIFIK°|Précipité de lamelles|Précipité d'aiguilles 1/10 brunes très nettes! rougeûtres.

ayant la forme d’un hexagone allongé.

1 goutte du réactif de Aiguilles verdàtres comme avec Bouchardat (FK) F'Ru(NO)X(OH) en ?]

1 goutte d'unesolution|Précipité roux cristal-[Pas de précipité avec d'FHgdansiKaut:/30! lin se formant im-| 1: goutte de réactif, médiatement. ni immédiatement avec » gouttes ; en 15 minutes cristaux assez gros sur pa-

rois.

gouttes d'une solu-|Précipité jaune-serin,|Précipité chamois, tion aqueuse satu-| soluble à chaud,| moins abondant rée d'acide picrique| cristallisant par re-[ qu'avec le sel a, froidissement en cristallisant aussi lames parallélo-| en lames parallélogrammiques. gramm,. mais moins

obliques.

d) Faible dissimulation de l'iode dans l'iodure 8.

Dans le diiodure chloro, les deux atomes d’iode précipitent facilement par le nitrate d'argent, l'atome de chlore plus difficilement. Le diiodure iodo qui en provient cède facilement presque tout son iode à 6o?.

Du nitrate d'argent o,1 N a été versé goutte à goutte dans une solution maintenue à Go° de o g. 1709 d'iodure £ en 20 cm? d'eau, jusqu'à ce que la précipitation cesse; après 2h heures de repos à la température ordinaire, j'ai recueilli 0 g. 1836 d'iodure d'argent correspondant à 58,04 0/0 d'iode dans la substance traitée (calculé 60,2 0/0).

e) Essai de transposition de I[Ru(NOYXOH) en?].

J'ai chauffé 8 heures à 130° o g. 50 de cet iodure dissous en » em* d’eau; la solution abandonnée à la cristallisation lente a fourni une seule sorte de cristaux identiques aux cristaux primitifs. Le produit d'une préparation semblable traité par l'acide iodhydrique a donné un diiodure iodo unique. Les lamelles jaunes primitives et les lamelles jaunes obtenues après chauffage prolongé ont été traitées dans les mêmes conditions par

[rCL]Na?, [Ru(NO)CE/K?, [Hgl]K?, CIO'H,

et par l'acide picrique ; j'ai obtenu des sels bien cristallisés identiques pour les deux iodures.

En résumé, le ruthénium-[V--nitrosopentachlorure de potassium se transforme sous l’action de l’éthylènediamine, puis de liodure de sodium, en [Ru(NO) en}, puis en FRu(NOXOH) en°}. La subsütution de l’amine dans l'ion complexe se fait avec entrée simultanée d'une molécule d’eau : elle accroît la tendance à la formation de composés hydroxo.

256 R. CITARONNAT

L'iodure de ruthénium-IV-nitrosohydroxodiéthylènediamine P[Ru(NO)OH) en?] se combine avec les hydracides XH en donnant des combinaisons P[Ru(NO)(XH.OH) en°?] qui peuvent perdre, soit OH?, soit XH ; la mobilité de la molécule d’eau dépend de la nature de X ; elle est plus grande avec l'iode qu'avec le chlore.

L'action directe de l’éthylènediamine sur [Ru(NO)I5}K? ne donne pratiquement qu'une série de composés diéthylènediaminés ; la série isomère s'obtient par chauffage prolongé de. l’iodure P?Ru(NO)I en°] correspondant à la première

série.

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