DEUXIÈME CHAPITRE
Préparation des matières premières.
Les méthodes que je décrirai dans ce chapitre sont connues ; mais, à la plupart des préparations, j’ai apporté un changement, parfois à l’appareillage, parfois au mode opératoire ; de plus, j’ai pu tirer de mes nombreuses expériences des petits détails, parfois précieux.
Les matières premières dont, j’ai eu besoin, pour effectuer mes condensations, sont : le propène, l’isobutylène et le cyclohexène comme oléfines ; les acétates de chlorométhyle, d’a-chloro-éthyle, d’«-chloro-isobutyle et d’«-chloroheptyle comme corps oxygénés à chlore mobile.
Je diviserai ce chapitre en deux parties :
A) Préparation des Eydro-carbures éthyléniques. B) Préparation des acétates «-chlorés.
À. Préparation des hydrocarbures éthyléniques.
19 Le propène : CH,— CH = CH,.
J'ai obtenu cet hydrocarbure en dirigeant des vapeurs d’alcool propylique ou isopropylique sur du kaolin, en morceaux, chauffé à une témpérature convenable (1).
a) Appareil (voir schéma).
L'appareil se compose d’un four électrique à température réglable. Le tube à catalyse, entouré d’une gaine d’amiante repose dans un tube de porcelaine de diamètre très légèrement supérieur au dia-
(1) SenxDERENS, Ann. Chim. Phys., 1912, 8, 25, 494; IPATIEV, Ber., 36,
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mètre du tube à catalyse. Celui-ci est en verre pyrex et contient, comme catalyseur de déshydratation, du kaolin en morceaux. Le tube à catalyse communique, en avant, avec une boule à brome de
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forme spéciale ; celle-ci est munie d’un compte-gouttes. Fait suite au tube à catalyse, un réfrigérant très efficace construit à cet effet. Celui-ci permet de récupérer à sa partie inférieure l’eau et l’alcool non décomposé. Par sa partie supérieure le réfrigérant est relié à deux laveurs disposés en opposition comme l’indique le schéma. L’un des laveurs est vide, l’autre contient de l’eau. A ces laveurs fait suite un gazomètre stockeur (30 L.) d’hydrocarbure, celui-ci communique avec un gazomètre mesureur. Comme l’indique le dessin, le gazomètre stockeur est relié par le bas à un robinet d’eau et à un trop plein déplaçable ; le gazomètre mesureur est relié par le bas à un flacon déplaçable, contenant de l’eau, par l'intermédiaire d’un tube en caoutchouc. Font suite au mesureur, deux dessécheurs à chlorure de calcium anhydre ; ceux-ci sont reliés à l’appareil de condensation dont je parlerai plus loin. Chaque gazomètre est muni
d’un robinet à trois voies ; l’utilisation de ces robinets ressort du dessin.
b) Mode opératoire. — Puisqu’il s’agit d’un gaz, l'appareil doit être étanche. On remplit la boule à brome avec de l’alcool propylique ou isopropylique et règle le four vers 350 degrés, si on utilise l’alcool propylique. Cette température étant atteinte, on laisse couler goutte à goutte l’alcool. Celui-ci tombe sur une gaine d'amiante placée en avant, à l’intérieur du tube à catalyse, cette gaine d'amiante ayant pour fonction de permettre une évaporation progressive de l’alcool et d’éviter son contact avec le verre. L’alcool s’évapore, se décompose au contact du kaolin et l’hydrocarbure qui se dégage est recueilli dans le gazomètre stockeur.
Il ne se forme que des traces d’aldébyde, qu’on n’observe d’ailleurs pas, si l’on a pris soin de chasser l’air de l’appareil.
On apprécie le débit de l’oléfine gazeuse d’après le débit de l’eau qui s’écoule par le trop plein du stockeur.
20 L’Isobutylène : SE CA, Es CAS
IpaTiEv (1) a montré que, si l’on dirige de l’alcool isobutylique en vapeur sur de l’alumine calcinée et chauffée à 500 degrés, il se forme de l’isobutylène pur et homogène.
Après avoir démontré, que toutes les expériences faites montrent sans aucun doute que l’hydrocarbure obtenu par déshydratation catalytique de l’alcool isobutylique était de l’isobutylène pur et homogène, il établit que l’élimination de l’eau de l’alcool isobutylique ne peut se faire que dans une seule direction :
CH
CH=CH,0H —+ H,0 + De CH,