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. IV: A un autre patient on introduit une pince dans Ja bouche
pour lui prendre la langue : « Otez-moi donc cette cigarette, » dit-il
aussitôt. |
V. Dans une amputation du pied, au moment où l’on accomplit la ligature des artères, on passe une barbe de plume sous le nez du sujet: - « Ne me chatouillez done pas les narines, » dit-il.
VI. Un jeune homme à qui on liait le cordon spermatique entendit sonner une demie et dit tranquillement: « Voici 11 heures et demie. »
VII. Dans une résection partielle du pied, le patient avoue qu'il sentait tout ce qu'on lui faisait, mais que c'était comme sur (une jambe de bois ».
VIII. Une hystérique de 14 ans, soumise au chloroforme Do UE redresser sa jambe et la mettre dans un appareil, conserve toute son
intelligence, a les yeux ouverts et répond très nettement à toutes les
pos ; mais elle n’accuse aucune douleur.
Dans la pratique obstétricale, on a és souvent recours aux inhalations chloroformiques, sans dépasser la période avalgésique. On administre la substance anesthésique suivant le mode appelé chloroforme à la Reine. Au début de la contraction utérine, on fait respirer à la parturiente quelques gouttes de chloroforme, et on continue l’inhalation jusqu’à ce que la contraction ait disparu. On recommence ensuite dès qu’une nouvelle douleur vient à se manifester.
. Ce procédé donne d'excellents résultats. (Ilÿ a d’abord, disent MM. Auvard et Caubet, disparition des douleurs irradiées (période de dilatation) qui ont leur siège dans l'utérus (normalement peu sensible), parce que la douleur est d'autant plus facile à faire disparaître que l’organe qui en est le siège est doué d’une sensibilité normale moins vive.
« Puis vient dons même des douleurs de la . d'expulsion (compression des nerfs sous-jacents
à l'utérus, distension du vagin et de la vulve) plus difficiles à faire disparaitre, parce que leur siège est dans des organes normalement plus sensibles que l’utérus*. »
Dans ces conditions, la parturiente conserve toute son intelligence, sa sensibilité au contact et à la température
n’est pas diminuée, et elle peut, sans difficulté, accomplir
des mouvements variés. Elle éprouve seulement dans
l'abdomen la sensation de quelque chose qui serre et qui presse, mais ne provoque aucune douleur.
Chloroforme et Morphine. — L'association du chloroforme et de la morphine constitue la méthode combinée de Cl. Bernard ou encore la narcose de Nussbaum. Le procédé consiste à faire une injection sous-cutanée de
: chlorhydrate de morphine à la dose de 15 milligrammes,
un quart d'heure environ avait les inhalations chloroformiques.
Cette méthode permet d'obtenir facilement l’analgésie. Le patient qui y est soumis conserve la sensibilité tactile, auditive et visuelle: mais il est insensible à la douleur. Il éprouve une sensation vague d'engourdissement et d'étourdissement. L'intelligence subsiste, sauf qu’elle présente un léger degré d’obnubilation. Il ne se produit pas de contractures musculaires etles mouvements volontaires sont possibles : ilssont seflementun peu plus lents qu’à l’état normal. |
Cette analgésie est précieuse dans les cas où le sujet doit, dans une certaine mesure, prendre une part active à lopération qu'il subit. Il perçoit, en effet, les ordres du
1. AuUvARD et CAUBET, Anesthésie chirurgicale et obstétricale (Biblioth. médicale Charcot-Debove), p. 163-164.
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chirurgien et peut les exécuter, sans cependant éprouver de douleur‘. |
Chloral et Morphine. —,Une-- autre méthode mixte, appelée procédé de Trélat, consiste dans l'association du chloral et de la morphine. On administre une potion contenant, suivant l’âge du sujet, de 4 à 9 grammes d'hydrate de chloral pour 20 à 40 grammes de sirop de morphine dans 120 grammes d’eau. Cette potion est prise en deux fois à 15 minutes d'intervalle. fre
Au bout de 50 minutes environ, l’anialgésie est obtenue. Elle est caractérisée par de la somnolence et de l’engourdissement qui se rapprochent de l'état comateux. La sensibilité cornéenne est diminuée. Les sensations tactiles, auditives et visuelles sont conservées, ainsi que le coût et l'odorat; mais elles présentent un certain degré d’affai-
blissement. Le sujet toutefois peut obéir aux ordres de
l’opérateur. ee
Cet état d’analgésie dure environ une heure et demie *.
Bromure d'éthyle. — D'après M. Poitou-Duplessy?, le bromure d’éthyle, employé seul, serait un bon analgésique; d'autre part, des inhalations de cette substance, immédiatement suivies d’inhalations chloroformiques, entraineraient l’anesthésie totale.
En tant qu'analgésique, le bromure d’éthyle donnerait
1. Cf. DasrRe, Les Anesthésiques, p. 236; Auvarp et CAUBET. op. cit., p. 170-171; Guiverr, De l’analgésie obtenue par l’action combinée de la morphine et du chloroforme, C. R. Académie des Sciences, t. LXXXV, p. 967.
FAC DASTRE, 0p. cit., p. 251-252; Auvanp el CAUBET, op. cit, p. 175.
9: Porrou-DupLessy, ne de médecine de Paris, 12 juin 1892; CE. AuvarD et CAUBET, op. cit., p. 180 sqq.
des résultats avantageux en obstétrique. La parturiente serait placée dans un état de demi-insensibilité; elle ne ressentirait plus les douleurs de l’enfantement, tout en conservant la conscience de ce qui se passe autour d'elle.
Aneésthésiques locaux
Les substances employées pour produire l’anesthésie locale présentent la plus extrême variété. La plupart d’entre elles cependant n’offrent pas un grand intérêt. Aussi ne parlerons-nous que de la cocaine et de l’antipyrine. | ES . Cocaïne. — Le chlorhydrate de cocaine possède un pouvoir analgésique considérable. Il s'emploie généralement en injections sous-cutanées. :
Il provoque d’abord une agitation qui dure peu et à laquelle succède une analgésie plus ou moins absolue, périphérique et limitée à la surface injectée". s
La cocaine est d’un usage fréquent. Elle donne des résultats satisfaisants dans la pratique de l’art dentaire et dans le traitement d'un grand nombre de maladies internes. Elle permet toutes les opérations chirurgicales de moyenne importance. En obstétrique enfin, elle calme ou supprime les douleurs de l'accouchement, mais, d’après Auvard et Caubet, « son action doit être réservée pour la période d'expulsion et limitée aux organes génitaux externes”».
1, DasTRe, Les Anesthésiques, p: 214-221.
2. AuvakD et CAUBET, Anesthésie chirurgicale et obstétricale, p. 235; ci, d’ailleurs p. 215-245:
d’obstétrique, I, 499.
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Antipyrine. — L’antipyrine est douée de propriétés analgésiques très marquées qui lui ont valu la seconde dénomination d'analgésine. e
À dose élevée, elle provoque des phénomènes d’excitation bientôt suivis de paralysie. Injectée sous la peau, elle-produit une analgésie absolue dans le membre intéressé et souvent du côté opposé. D’après Lauder Brunton, elle diminuerait les réflexes concomitants à une impres-
sion douloureuse‘.
L’antipyrine est communément employée contre. les migraines. On l’administre aussi en potion, en lavements
et en injections hypodermiques dans les périodes douloureuses de l’accouchement. MM. Queirel, Lielski, Imbert
de la Touche et Fauchon ont obtenu d’excellents résultats dans ces conditions*. Les expériences entreprises par M. Auvard n'ont pas été aussi favorables, et d’après lui, l’antipyrine « semble produire un soulagement réel, mais le plus souvent léger; ... dans la majorité des cas, son action est nulle; ..… et son heureuse influence sur les douleurs de l’accouchement doit être considérée comme très inconstante*. »
1.R. Lépine, Lyon médical, 15 août 1886, p. 501, et Arch. de méd.
eæpérim., 1 janvier 1890, p. 152.
2. QueiReL, Semaine médicale, 14 mars 1880; Ligzski, Ne Orléans
med. and surg. Journal, 1888, p. 233; Ius. DE LA Toucue, Bulletin de
thérapeutique, 30 juillet 1885; Faucnon, Bull, de thérap., 30 sep-
tembre 1888.
3. AUVARD €t CAUBET, 0p.:cit., p. 814-215; cf. Auvanb, Travaux