‹ Recherches sur les CupulifèresChapitre 8 sur 22 · DÉVELOPPEMENT ET STRUCTURE DE L'ANTHÈRE · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT ET STRUCTURE DE L'ANTHÈRE

Chez les Corylées, les étamines sont insérées sous des écailles alternes et imbriquées du chaton.

Chaque écaille recouvre deux autres écailles latérales, et sur la ligne d'union de ces appendices foliaires, s’insèrent les filets staminaux bifurqués en Y, dont chaque branche porte une anthère biloculaire. En pratiquant des coupes longitudinales dans des chatons jeunes de Corylus Avellana, M. C. de Candolle (1) constata que les organes floraux résultent, d'un développement secondaire de la bractée dont la base devient le siège d’une nouvelle formation de méristème actif du côté de sa face supérieure. |

La disposition des étamines par rapport aux bractées

1. G. de Candolle, Sur les bractées florifères, loc. cit., p.193.

varie suivant les genres ; chez les Fagacées, elles sont groupées en épis à l'aisselle de bractées et alternes (Quercus), réunies au fond d’une coupe foliaire et lobée (Faqus) ou bien disposées en chatons allongés et grêles à l’aisselle des bractées (Castanea).

Développement de l'anthère. — Si l'on pratique des coupes dans une étamine très jeune du Castanea vulgaris où Corylus Avellana, on voit se produire de bonne heure une différenciation des cellules appartenant à la zone sous-épidermique de l’anthère (fig. 12, PI. IT).

Immédiatement au-dessous d’une série de cellules disposées régulièrement et constituant l’épiderme, on remarque une autre assise cellulaire en voie de division avec cloisonnement, d'abord en direction tangentielle ; on à alors une file de cellules présentant des noyaux très nets et beaucoup plus gros que ceux de la zone épidermique, des cloisonnements radiaux et horizontaux s'établissent bientôt dans cette zone primitive ; en définitive, il reste quatre assises sous-épidermiques et au centre de la future loge de l'anthère apparaissent les cellules mères des grains de pollen.

Ces cellules présentent un contenu protoplasmique abondant et de gros noyaux à plusieurs nucléoles ; leurs dimensions, leurs noyaux très gros, et leurs nucléoles les distinguent immédiatement des cellules voisines. Tout autour des cellules mères se trouve l’assise nourricière dont les cellules contiennent chacune deux

noyaux plus petits ; le protoplasma apparait granuleux et les cellules sont bourrées d’amidon.

La division en quatre de la partie centrale de la loge est bientôt suivie d’une segmentation des noyaux dans toutes les directions. La division continuant à se produire, on arrive au stade de formation des grains de pollen qui s'établit par Le processus commun aux Dicotylédones en général.

L’assise nourricière et celle qui lui est immédiatement contiguë du côté de l’épiderme, se résorbent au fur et à mesure de l’accroissement de l’anthère; à un stade. du développement plus avancé encore, on note la réduction presque complète de ces deux assises sousépidermiques ; leurs membranes s'étirent et il ne reste bientôt plus au moment de la formation du pollen que des filaments cellulosiques ne se reliant plus que faiblement l’un à l’autre et contenant encore, entre les mailles du tissu très lâche qu'ils emprisonnent, de faibles granulations colorées en bleu par l’eau iodée. Cette réduction des assises sous-épidermiques se fait plus ou moins rapidement suivant les espèces. Chez le Quercus, ces deux assises restent visibles presque jusqu’à la maturité de l’anthère sans présenter de déformation appréciable.

La formation des grains de pollen a lieu suivant le mode habituel, par séparation des cellules mères suivie d’une division en quatre dans chaque cellule.

Page 1